Dans cet épisode 8 de Parents pour le plaisir, Nicolas et Rachel poursuivent leur exploration de la pensée de Julie Lowe, conseillère biblique pour enfants et adolescents, en présentant les « activités expressives » : des jeux et activités créatives (figurines, dessin, livres) qui aident l’enfant à exprimer son monde intérieur autrement que par le simple « question-réponse ». Ils illustrent le principe avec une anecdote tirée de Building Bridges, où une fillette révèle, à travers l’histoire d’un petit chiot, sa souffrance de ne plus voir son père, ce que sa mère ignorait, puis avec l’activité de « l’étiquette de soins » pour les préados.
Ils insistent sur le fait que les parents ne s’improvisent pas thérapeutes : il s’agit d’observer et d’écouter avec intention, sans pression, car même sans révélation, c’est un bon moment partagé. Ils rappellent que le parent reste l’expert de son enfant, soutenu par le Saint-Esprit, et que Dieu lui-même, en Christ, se met à notre niveau (Hébreux 4.15-16).
- Max Lucado : Tu es précieux,
- Julie Lowe : Child Proof : parenting by faith, not formula, (2018) New Growth Press
- Julie Lowe : Building Bridges : Biblical Counseling Activities for Children and Teens, (2020) New Growth
Transcription
Chloé (00:08)
Bienvenue au podcast Parents pour le plaisir, un podcast pour les parents parfois en galère qui veulent trouver la joie dans leur journée.
Nicolas (00:21)
Bonjour Rachel.
Rachel (00:22)
Bonjour Nicolas.
Nicolas (00:24)
Et comme tu le sais très bien, pendant cette deuxième saison du podcast, nous mettons l’accent sur la communication qui facilite notre communion en famille.
Rachel (00:34)
Exactement. Nous voulons favoriser le genre de connexion qui renforce notre amour et notre attachement entre parents et enfants.
Nicolas (00:42)
Dans cet épisode numéro 8, nous continuons notre découverte de la sagesse de Julie Lowe, qui est spécialisée dans le counseling biblique pour les enfants et les adolescents. Elle est un soutien énorme pour les parents. Pendant les épisodes 6 et 7, nous avons examiné ce que cela veut dire de devenir l’expert de son enfant.
Rachel (01:03)
Voilà. Aujourd’hui, et dans le prochain épisode aussi, ce qui va nous intéresser en particulier, c’est de découvrir ensemble et d’apprendre à nous servir de ce que Julie Lowe appelle « l’activité expressive ». En fait, l’expression en elle-même, ce n’est pas elle qui l’a inventée : c’est connu dans le milieu de toutes les personnes formées pour s’occuper des enfants et les accompagner. Une activité expressive, c’est une manière de désigner diverses stratégies ludiques et engageantes pour aider l’enfant à exprimer ce qui se passe dans son être intérieur.
Donc, comme je le disais, cette appellation n’est pas utilisée seulement par Julie Lowe en tant que conseillère biblique. Elle est connue dans le monde de la thérapie par le jeu. On utilise donc l’activité expressive dans beaucoup de contextes différents et pour des raisons différentes, mais avec un but commun : proposer à l’enfant ou à l’ado des manières d’exprimer ce qu’il vit intérieurement par d’autres canaux que le canal classique, on va dire, de « je te pose une question, tu me réponds, et comme ça je sais ce qui se passe ». Je pense qu’on est d’accord pour dire que ça a ses limites, surtout lorsqu’il s’agit de parler de ressenti, et parfois de souffrance.
Nicolas (02:26)
Tout à fait. Et on reconnaît à quel point mettre des mots sur ce qui se passe à l’intérieur de nous n’est pas seulement un défi pour les enfants, mais aussi pour les adultes. Même juste en tant qu’homme, quand je vois cette notion d’activité expressive, je me dis : « Ça peut me faire du bien à moi aussi. »
Rachel (02:46)
Ah mais clairement, oui ! Ce sont des choses qu’on peut utiliser pour nous aussi, pourquoi pas. Je pense aussi qu’on utilise déjà, sans se le dire exactement comme ça, une forme d’activité expressive quand on saisit une occasion : on est en train de faire une activité avec notre enfant, il se passe quelque chose que nous n’avions pas prévu, et dont on va pouvoir se servir. Mais l’intérêt, c’est vraiment de chercher à structurer cette pensée, pour pouvoir utiliser toutes les ressources qui sont devant nous afin d’améliorer toujours plus notre communication.
Nicolas (03:25)
Oui. Et ce que j’ai moi-même apprécié en lisant Julie Lowe à ce sujet, c’est la notion d’intentionnalité. Pour elle, c’est dans un contexte plus thérapeutique, mais elle se sert du jeu, de différents types d’activités créatives (on va en parler), et parfois même de livres. Et pas seulement pour passer un bon moment avec l’enfant : elle a une intention pédagogique, et même une stratégie réfléchie, avec certains objectifs en cours de route. En lisant ce qu’elle dit à ce sujet, je me dis : « Mais moi aussi, en tant que parent, je peux faire pareil. » J’ai l’impression que l’un de ses objectifs, justement, est de nous équiper en tant que parents, n’est-ce pas ?
Rachel (04:12)
Oui, exactement. Et cela passe déjà par le fait de pouvoir faire de bons constats, en tant que parents. Un premier constat pourrait être de reconnaître ce que nous n’arrivons pas toujours à bien faire. Mais aussi qu’en tant que parents, nous pouvons avoir des attentes trop élevées sur ce que nous pensons que notre enfant est capable de dire ou d’exprimer. Surtout une fois qu’il y a un peu plus de langage installé, nous allons peut-être parfois trop nous contenter d’un « ouais, ça va » en réponse à notre question, ce qui nous fait passer à côté de certaines choses. Ce n’est pas parce que l’enfant ne les a pas exprimées qu’il ne se passe rien.
Nicolas (04:55)
Oui, je reconnais qu’il peut vraiment y avoir un danger : une certaine paresse parentale, qui consiste à accepter une première réponse comme si c’était tout ce que l’enfant avait à dire. Ou même, parfois, une réaction que nous n’apprécions pas trop, et nous prenons cette réaction comme le message principal que l’enfant veut communiquer, sans réaliser qu’il y a autre chose derrière. Si je mets ma casquette de curiosité, je peux creuser, peut-être avec l’aide de certains outils, pour chercher à mieux comprendre ce qui se passe à l’intérieur.
J’ai aussi apprécié l’association qu’elle fait entre cette notion d’activité expressive et l’idée de projection : il y a la possibilité d’une forme de révélation. Ce genre d’activité peut révéler différents aspects de la vision que l’enfant a de lui-même, en passant par quelque chose de ludique et de créatif, sans que l’enfant réalise que nous cherchons à mieux comprendre son être intérieur.
Rachel (06:07)
Et n’est-ce pas aussi, là encore, un reflet de la manière dont Dieu est avec nous ? Dieu s’approche de nous en Christ, il se met à notre niveau. Il utilise des images qui sont à notre portée, des manières de s’adresser à nous qui nous permettent de comprendre qui il est, et aussi de réaliser comment nous fonctionnons. Dieu fait tout cela en prenant en compte nos faiblesses et nos limites, tout en voulant avoir la connexion la plus proche et la plus profonde possible.
Nicolas (06:51)
Ce qui nous donne un fondement, un ancrage pour cette pensée, c’est le passage d’Hébreux 4, versets 15 et 16, qui parle de Jésus-Christ comme d’un grand prêtre. Et, oh, quelle bonne nouvelle : nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses. Ce n’est pas seulement une bonne nouvelle pour nous en tant que parents, c’est aussi une bonne nouvelle pour nos enfants. « Au contraire », continue le texte, « il a été tenté en tout point comme nous, mais sans commettre de péché ». Et puis il y a un encouragement à la lumière de cette bonne nouvelle : « Approchons-nous donc avec assurance du trône de la grâce afin d’obtenir compassion et de trouver grâce pour être secourus au moment opportun. »
Je suis frappé, en étudiant ce sujet de l’activité expressive, de voir à quel point les idées de compassion, de grâce, de quelque chose qui rassure, sont présentes. Ce sont des activités qui facilitent la proximité, le désir d’être proche. En tout cas, je trouve que c’est un outil pour nous permettre de vivre un peu la même dynamique que celle qui se trouve au cœur de ce passage : grâce à Jésus-Christ, nous pouvons nous approcher de notre Père céleste sans peur. Il a créé un lieu, un contexte sécurisant. Et Jésus comprend tout à fait ; en Jésus-Christ, le Père comprend tout à fait ce que nous sommes en train de vivre.
Rachel (08:16)
C’est vraiment un magnifique rappel. Et le fait de bénéficier déjà de cela nous-mêmes peut augmenter notre motivation à le vivre mieux aussi dans nos foyers.
Nicolas (08:33)
Peux-tu nous donner un exemple concret ? On a posé le fondement, mais concrètement, quand on parle d’activité expressive, ça ressemble à quoi ?
Rachel (08:44)
Oui. Je pense à un exemple qui illustre vraiment bien cela, que Julie Lowe explique dans un de ses livres, Building Bridges (nous donnerons le titre aussi dans les annexes). Elle raconte l’anecdote d’une femme qui vient avec sa fille, dans un foyer monoparental. La maman veut que sa fille rencontre Julie parce qu’elle pense que sa fille est maltraitée à l’école. Elle veut pouvoir explorer cela avec une thérapeute, quelqu’un qui est formé pour parler de ce genre de choses plus facilement.
Dans son bureau, Julie a toutes sortes de choses à utiliser avec les enfants. Entre autres, une étagère avec plein de figurines, tous ces petits objets avec lesquels on joue quand on est enfant, des petits animaux en plastique, etc. Julie montre à la petite fille des figurines en forme d’animaux et lui dit : « Choisis-en quelques-uns, on va jouer ensemble. » La fillette choisit un groupe de petits chiens, les arrange sur une petite table, s’assoit, et elles commencent à jouer. Julie, la thérapeute, commence à raconter une petite histoire avec les chiens. Elle les fait parler, comme nous l’avons tous fait, comme nos enfants l’ont tous fait avec des Playmobil ou autres. Elle part sur le thème de l’école, puisque c’est de l’école dont la maman a parlé, avec le potentiel souci de maltraitance.
Mais la petite fille ne réagit pas du tout à cela. Elle commence avec un petit chiot, et dans son histoire, elle parle d’un papa. Elle dit que le petit chien pense à son papa, parce qu’il ne l’a pas vu depuis très longtemps. Julie se dit : « Tiens, on n’avait pas parlé de cela au départ. » Elle essaie donc de rediriger le jeu, et donc la discussion, vers l’école, pour faire ressortir des choses à ce sujet. Mais la fillette revient toujours à la situation avec le papa. Le chiot a peur que son papa soit fâché, qu’il oublie à quoi il ressemble, parce qu’il ne le voit jamais, etc. Elle fait dire plein de choses au petit chien à propos de son papa.
Et là, la maman commence à pleurer. Car elle est dans la pièce, elle assiste à la séance, elle fait partie du moment. En voyant sa fille dire toutes ces choses, elle découvre ce qui se passe dans le monde intérieur de son enfant, dont elle n’avait pas connaissance. Effectivement, la petite fille n’avait pas vu son père biologique depuis longtemps, et la maman n’avait aucune idée qu’elle y pensait autant, que c’était si présent dans son monde intérieur. C’est une anecdote qui illustre très bien l’intérêt de ce type d’activité.
Nicolas (11:29)
Oui. Ce qui m’a frappé en la lisant (j’avoue que j’ai été un peu ému), c’est que j’ai réalisé, en tant que papa, combien il est facile pour moi d’être complètement à côté de la plaque, en imaginant que je comprends pourquoi mon enfant se comporte ainsi, et en étant assez certain de ma lecture de son comportement. Alors que là, on découvre, grâce à cette activité qui libère un peu la parole de l’enfant et l’aide à travers le jeu, en se projetant dans cette petite figurine de chiot, un aperçu de sa réalité intérieure. Je me dis : « Wow, c’est vraiment très beau. » Cela nous donne un bel aperçu de la puissance de telles activités.
Rachel (12:23)
Exactement. Et on pense partir avec quelque chose au départ, mais le rôle de l’adulte, à ce moment-là, c’est de ne pas tout diriger pour amener l’enfant là où on pensait aller avec les éléments dont on disposait. L’enfant est en train de nous dire plein de choses.
Nicolas (12:41)
Oui, tout à fait.
Rachel (12:47)
Il faut aussi bien préciser qu’on n’est pas pour autant en train de faire de la thérapie par le jeu. Il y a des rôles clairement définis : on ne s’improvise pas thérapeute. On n’est pas en train de dire : « Maintenant, je vais être le thérapeute parce que j’utilise des outils utilisés en thérapie par le jeu. » On n’est pas, par exemple, en train de dire : « Je vais demander à mon enfant de faire un dessin, puis je vais analyser ce dessin pour en faire ressortir des choses. » Non, le mot « expressif » est vraiment très important : on utilise simplement des ressources pour faire exprimer l’enfant, et nous, on observe, on écoute, on ne pose pas tous nos a priori.
Et l’autre versant, c’est que tous ces outils ne sont pas à usage exclusif des thérapeutes. La question, c’est : quelle est mon intention, comment vais-je choisir de l’exploiter ? L’activité me renseigne-t-elle sur mon enfant, ou pas ? Julie Lowe aime d’ailleurs expliquer que s’il ne ressort rien de cette activité expressive, ce n’est pas un problème : on réfléchira peut-être avec un autre outil, car sur le moment et avec cet enfant-là, celui-ci n’a pas fonctionné. Ce n’est pas une recette de cuisine non plus.
Nicolas (14:08)
Oui, et c’est rassurant, Rachel. Déjà, entendre ce que tu viens de dire est rassurant pour un certain nombre d’entre nous qui peuvent se demander si ce genre d’activité ne devrait pas être réservé exclusivement à un contexte professionnel, thérapeutique. Mais tu as raison, on est dans le contexte du jeu : jouer avec des figurines, lire des livres, dessiner. Ce sont des choses que nous faisons avec nos enfants à la maison. Ou si nous ne les faisons pas, nous entendons parler de ces choses et nous disons : « J’aimerais bien le faire plus souvent avec mon enfant. » Et on peut aussi se dire : faisons cette activité ensemble ; s’il n’en ressort rien de très concret, ou si je n’ai pas de révélation, de toute façon, j’ai passé un moment agréable avec mon enfant dans le jeu. Il n’y a donc presque pas d’enjeu, c’est gagnant-gagnant. Et j’apprécie beaucoup cela dans cette démarche.
Rachel (15:09)
Oui, exactement. Il ne s’agit pas de transformer chaque moment où on joue avec notre enfant en moment hyper intentionnel où l’on va faire ressortir plein de choses.
Nicolas (15:16)
Voilà, ça mettrait beaucoup de pression sur nos épaules.
Rachel (15:20)
C’est ça. Mais il y a ce que l’on vit, ce que l’on peut mettre en place en famille, et le fait qu’en tant que parents, nous avons un vrai but derrière la mise en place de cette activité.
J’aimerais donner un autre exemple. J’anime un groupe de préados dans mon église, et je me suis dit que certaines activités expressives collaient très bien. Pas parce que j’aurais décidé de m’occuper de leurs problèmes et de prendre le rôle de leurs parents, mais simplement parce qu’en tant qu’animatrice de ce groupe, nous passons du temps à parler de notre relation avec Dieu. Une activité en particulier, très simple à faire, s’appelle « l’étiquette de soins ». Tu sais, sur nos habits, il y a toujours une petite étiquette qui dit comment les laver, quel cycle, attention, ça ne passe pas au sèche-linge, etc. C’est-à-dire comment prendre soin de l’habit pour qu’il ne s’abîme pas et reste en bon état.
Pour cette activité, on a juste besoin d’un stylo et d’un papier. On peut dessiner, si on veut, le format d’une étiquette comme celles de nos habits, mais ce n’est pas obligatoire. C’est une activité très bien pour les préados (on peut l’envisager dès 6-7 ans), et pour les ados en particulier. On leur dit : « Si tu avais une étiquette de soins accrochée dans ton dos, qu’aimerais-tu qu’il y figure ? Comment prend-on soin de toi ? Comment vois-tu que quelqu’un se soucie de toi ? » Ensuite, une fois que le préado l’a écrit, on peut lui poser d’autres questions : « Qui prend soin de toi de la manière dont tu l’as décrit ? » Par exemple, s’il a répondu « mon papa » : « Comment vois-tu que papa prend soin de toi de cette façon-là ? As-tu déjà vu comment Dieu prend soin de toi par rapport à cela ? », etc. On peut poursuivre en parlant de notre attitude les uns envers les autres, de la manière dont nous prenons soin les uns des autres, du fait que nous ne nous estimons pas supérieurs aux autres, que dans nos relations nous avons le souci les uns des autres.
Cela part juste d’une activité très simple et ouvre la porte vers d’autres choses. Avec les préados de mon église, je peux aussi faire un jeu où je leur demande quel est leur sport préféré, et c’est bien aussi. Mais avec ce genre d’activité, on va dans des recoins plus précis où l’on n’arriverait pas forcément à aller en posant des questions plus larges.
Nicolas (17:58)
C’est excellent. Quand tu parles de quelque chose qui a lieu dans le contexte de l’église, je mets ma casquette de pasteur et je me dis : c’est intéressant de réfléchir au-delà du simple fait de proposer des activités, que ce soit dans un groupe de jeunes ou lors d’un temps d’enseignement adapté à l’âge de l’enfant, comme l’école du dimanche, où des animateurs et animatrices préparent un enseignement pour l’enfant. Ce que tu dis nous pousse à aller plus loin (et peut-être Julie Lowe aussi dans son enseignement) en nous demandant : c’est bien de mettre ces choses en place, mais comment équiper les parents à se servir de ces outils ? Cette étiquette, par exemple, c’est quelque chose qu’on pourrait faire à la maison. On peut très bien la vivre avec un groupe d’enfants, mais cela peut aussi rester dans ce groupe, sans que les parents soient vraiment au courant de ce que l’enfant a vécu, et sans que le parent puisse s’en servir pour continuer à progresser dans la connaissance de son propre enfant, en devenant expert de son enfant. C’est donc une question intéressante pour nous, responsables d’Église : comment structurer notre ministère auprès des enfants et des jeunes pour fournir des outils, des stratégies, des principes de ce genre, afin d’aider les parents de notre Église à bien faire ce travail eux-mêmes ?
Rachel (19:32)
Exactement, oui. C’est aussi central dans toute la pensée de Julie Lowe sur la manière d’aider nos enfants à s’exprimer : les parents sont toujours au centre de toutes les démarches. On aurait peut-être tendance à se dire : « Chacun son rôle ; si j’emmène mon enfant voir tel ou tel spécialiste, je n’ai pas été formée, donc ce n’est pas à moi de le faire. » Effectivement, je ne vais pas faire les séances d’orthophonie avec mon enfant, c’est sûr. Par contre, en tant que parent, je reste toujours l’élément central de toute la démarche, de A à Z, en ce qui concerne mes enfants. D’autant plus pour tout ce qui concerne leur être intérieur, leur vie spirituelle, leur marche avec Dieu : l’encouragement est de toujours nous voir comme experts de notre enfant. Même si elle passe dix heures avec un enfant à jouer et à comprendre son monde, Julie Lowe dira toujours que c’est le parent qui le connaît le mieux. Et sa démarche, c’est que le parent n’ait plus besoin d’elle : elle peut l’équiper pendant un temps, l’aider pendant un temps, pour qu’au final il n’ait plus du tout besoin d’elle.
Nicolas (20:46)
Waouh, c’est excellent. Mais cela représente aussi un vrai défi, Rachel, surtout pour les parents d’aujourd’hui. Car expertise, dans n’importe quel domaine, veut dire temps investi. Il y a un côté formation : on cherche des entraîneurs, des professeurs pour nous accompagner. Mais il faut aussi que nous mettions de côté le temps, déjà pour nous informer, puis pour structurer notre travail et faire le boulot. Malheureusement, nous sommes tellement pris par un tas d’activités que nous pouvons avoir du mal à dégager le temps, l’énergie et la disponibilité d’esprit pour vivre ce genre d’expérience avec nos enfants. Un autre objectif, même pour les Églises locales, est donc de continuer à nous rappeler la vision biblique de la parentalité, de la vocation d’être parents, et à quel point nous voulons que notre parentalité reflète [le caractère de Dieu].
Rachel (21:58)
Oui, c’est vrai. Et aussi de pouvoir garder confiance quand nous sommes découragés, car cela arrive : Dieu nous a donné ces enfants, et il sait ce dont nous avons besoin pour nous occuper spécifiquement d’eux. Il ne nous laisse pas démunis face à cette grande responsabilité, belle et passionnante. Il ne nous laisse pas sans outils, et je pense vraiment à l’aide précieuse du Saint-Esprit, qui nous donne du discernement et nous aide. Parfois, sur le moment, on se rend compte qu’on n’a pas saisi une occasion ou qu’on n’a pas bien répondu, mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas reprendre la conversation le soir ou le lendemain. Entre-temps, on a eu du temps, on a prié, et Dieu nous a permis de voir certaines choses : on va simplement les reprendre et continuer. Je pense que c’est aussi l’avantage de ce genre d’activité : on n’a pas besoin d’imaginer des choses très élaborées qui demandent énormément de temps de préparation.
Nicolas (23:06)
Oui, tout à fait. Et quand tu ajoutes cet élément de dépendance de l’Esprit Saint, c’est très rassurant pour moi en tant que parent. Il y a en effet un décalage important entre la capacité d’un thérapeute, d’un conseiller biblique, de quelqu’un qui est formé et expérimenté, à faire une activité et à bien en exploiter le fruit, et la nôtre. Pour moi, ce n’est pas si évident. Je peux faire la même activité avec mon enfant et avoir quand même du mal à bien l’orienter, à bien comprendre, à bien écouter. Il y a donc un aspect de formation : on apprend avec le temps, on développe nos compétences. Mais ce que tu viens de dire est aussi rassurant : nous avons l’Esprit de Dieu avec nous, et dans la prière, nous pouvons demander son aide pour profiter au maximum de ces activités.
Il va falloir que nous terminions pour aujourd’hui, mais nous n’avons parlé que de deux types d’activités expressives. Je sais qu’il y en a d’autres. Peux-tu nous donner un petit teaser pour les prochains épisodes, Rachel ?
Rachel (24:16)
Oui, c’est sûr qu’il y en a vraiment plein d’autres. D’ailleurs, à force d’en utiliser quelques-unes, des idées peuvent nous venir aussi, à nous parents, avec notre propre créativité. Mais au prochain épisode, j’aimerais prendre le temps (car c’est un peu plus long à expliquer) de vous parler d’une idée à partir d’un livre que tu connais peut-être, et que nos auditeurs connaissent peut-être aussi : Tu es précieux, de Max Lucado. À travers ce livre, il parle justement du fait que nous sommes créés par un Dieu qui nous aime, qui nous a formés, comme nous l’avons aussi évoqué dans l’épisode 7.
Nicolas (24:57)
Oui, oui.
Rachel (24:58)
En partant de la lecture de ce livre, avec juste quelques autocollants (des gommettes) et une feuille de papier, il y a une idée pour parler à notre enfant et avoir un aperçu de ce qui est important pour lui, de là où il trouve sa valeur. Honnêtement, je n’ai pas fait cette activité expressive avec mes enfants, même si j’ai beaucoup lu ce livre avec eux, mais je pense que c’est possible même avec de jeunes enfants. C’est l’expérience de Julie Lowe : elle peut voir certaines choses chez un enfant encore trop petit pour dire lui-même : « Moi, je trouve beaucoup de valeur dans le fait qu’on me dise que je suis un super bon coureur, que je cours super vite », par exemple. Concrètement, cela peut être quelque chose qui ressort de ce genre d’activité. Et c’est cela que je trouve vraiment passionnant.
Nicolas (25:48)
Ah, c’est génial, j’ai hâte de voir ça. Moi-même, j’ai envie de creuser ce sujet plus en profondeur et d’avoir plus d’outils dans notre boîte d’activités expressives.
On va s’arrêter pour aujourd’hui, mais j’aimerais quand même demander l’aide de Dieu par son Esprit Saint, comme nous l’avons dit tout à l’heure, et prier pour les parents qui écoutent cet épisode. Prions.
Seigneur notre Dieu, nous voulons te remercier pour ta grande créativité. Merci parce que tu nous as faits à ton image et que tu nous donnes cette capacité d’être créatifs, de produire, d’imaginer. Merci, Seigneur, parce que cette capacité nous aide aussi à nous découvrir mutuellement et à mieux te connaître. J’aimerais prier pour les parents qui nous suivent, qui écoutent ce podcast : que tu les équipes, Seigneur, déjà avec une grande confiance en toi. Comme l’a dit Rachel, tu as la capacité de nous accompagner, de nous équiper par ton Esprit Saint, de nous donner du discernement et de la sagesse. Aide-nous, Seigneur, à trouver la force de demander de l’aide, et à t’inviter à nous accompagner dans les temps que nous passons avec nos enfants et face aux différents défis qui viennent par-ci par-là. Seigneur, augmente notre connaissance de nos enfants. Fais de nous des experts de nos enfants, et que nous soyons des outils entre tes mains pour que tu te révèles à chacun d’eux, pour la connaissance de Jésus-Christ et pour le salut. C’est en son nom, au nom de Jésus, que je prie. Amen.
Rachel (27:34)
Amen. Alors, la suite dans l’épisode numéro 9.
Nicolas (27:39)
À très bientôt.
Rachel (27:40)
À bientôt.
Chloé (27:46)
Merci d’avoir écouté cet épisode du podcast Parents pour le plaisir. Notre prière, c’est que tu connaisses concrètement cette semaine le plaisir d’être toi-même enfant de Dieu.
Rachel Yates est missionnaire à Besançon avec son mari. Elle coordonne les initiatives auprès des femmes à Évangile21, et œuvre principalement dans l’enseignement de la Parole et la création de ressources pour mieux connaître la Bible . Elle a un fardeau pour l’accompagnement des personnes en souffrance. Elle se forme au counseling biblique depuis plusieurs années.
Nicolas VanWingerden se forme depuis deux décennies à l’école familiale avec l’aide de sa femme, Annie, et leurs 4 enfants. Les membres de l’Église Grenoble Est, où il est pasteur depuis 2018, contribuent aussi énormément à l’œuvre de Dieu dans sa vie. Diplomé d’un Masters of Divinity (Moody Graduate School, Chicago) et d’un Masters of Science of Education (Valparaiso University, Indiana), il est passionné de l’intersection de la pédagogie, la parentalité et le ministère pastoral dans le contexte de l’église locale et de la société qui l’entoure.
































