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Vers la mi mai, un nouveau débat est apparu, presque de lui-même, sur certains sites, et a été rapporté par Le Figaro. Depuis plusieurs semaines, Monoprix avait mis en vente tout un ensemble de tablette de chocolat, pour tous les goûts… jusque là tout a l'air bien innocent.

Sauf que voici ce qu'on trouve sur les emballages de plusieurs variétés de chocolat :

Les réseaux sociaux se sont emparés de ce que beaucoup ont vu comme étant du racisme passif, latent. Ainsi sur Twitter : 

« Racisme ordinaire chez @Monoprix lol »

« Dites @Monoprix vous auriez pu nous mettre un albinos sur la tablette de chocolat blanc. »

« Merci Monoprix pour ce moment postcolonial intense en clichés. » 

« Chez Monoprix, le bon vieux temps des colonies est de retour ! » 

Et rapidement, 20 Minutes, La Dépêche, France TV, ont tous repris ce débat. Bien sûr, aucun de ces journaux n'a rien dit de plus que les autres ! 

De la responsabilité d'interpréter les faits

L'un des problèmes avec la réaction de certains médias, c'est la prétention à rapporter des faits, et à s'en tenir à cela. « Les faits, rien que les faits ». Certains s'en sont donc tenus à une simple observation, comme La Dépêche. Vous allez me dire, n'est-ce pas le job des médias, de rappeler objectivement ce qui se passe dans le monde ? Certainement, les médias doivent tenir un rôle d'information. Et cependant, ce serait trop vite oublier que toute information est communiquée par une personne. Et cette personne a toujours un avis. Que nous le voulions ou non, nous interprétons toujours ce que nous voyons ou lisons. Même le journaliste qui essaie de rapporter le plus fidèlement l'information en question. 

Le problème, c'est refuser de relier l'information à son interprétation. D'autres médias l'ont par contre fait. En y regardant de plus près, nous voyons que les emballages en question sont de deux types. Tout d'abord, il y a un emballage pour une marque de produit équitable qui présente deux personnes, je cite : « un jeune homme noir pour le chocolat noir, une jeune femme à la peau mate pour le chocolat au lait ». Raciste ! Sauf que pour le fameux emballage du chocolat blanc, il est question d'une marque, disons « normale » : pas de commerce équitable, rien. Certains médias revenant sur cette différence ont souligné avec raison qu’on trouve cela un peu partout comme chez Malongo, pour le café !

C'est donc à un non-débat que nous avons assisté. Ce dernier met en lumière la nécessité d'interpréter ce que nous voyons, lisons, et même disons. Ainsi dans notre évangélisation nous ne faisons pas que dire notre foi : nous l'expliquons. Nous l'interprétons pour les autres afin de leur faire comprendre l'espérance qui est en nous. Mais nous devrons parfois revenir sur l'interprétation que nos contemporains font de notre foi. Il est question par exemple de la violence des religions, particulièrement lors des croisades ! Nous devrons peut-être rappeler que, même si celles-ci ont été des épisodes tragiques dans l'histoire chrétienne, elles n'ont pas été le génocide que certains voudraient en faire !

De même il est important de corriger l'interprétation faite de la foi de certains scientifiques. Vous entendrez dire du côté des philosophes athées militant que ces scientifiques ont fait de grandes découvertes, malgré leur foi. Là aussi ils interprètent l'Histoire d'une manière particulière. Dans ce cas, il faut revenir vers des scientifiques tels que Albertus Magnus, Pascal, Kepler. Leur foi était un moteur, non un frein à leur entreprise scientifique ! Nous sommes tous porteurs de cette responsabilité d'interpréter ce que nous disons, voyons, ou lisons. 

La banalisation du péché

Mais il y a quelque chose de plus important encore. Cette non polémique souligne la banalisation du péché. Cela a déjà été dit, mais la banalisation du terme « racisme » fait oublier que c'est quelque chose de sérieux, d'inacceptable, en particulier dans la communauté chrétienne. D'ailleurs l'un des tweets précédents est presque choquant :

« Racisme ordinaire chez @Monoprix lol »

lol ? Soit c'est réellement un racisme ordinaire. Et en ce cas, c'est loin d'être une blague ! Ou alors ce n'est pas du racisme. Et dans ce cas, en faire une blague est tout aussi inacceptable ! Le problème c'est que le cœur humain a toujours tendance à se rire du péché. Nous le prenons à la légère, nous en rions. Pendant ce temps, Satan se déguise en ange de lumière. Il se fait défenseur du droit alors qu'il opprime. Il se fait lumière alors qu'il nous plonge dans les ténèbres. Il nous donne l'illusion d'être « comme tout le monde » alors qu'il nous isole. 

La société tend à amoindrir le côté tragique du péché. Et nous aussi. Consciemment, et le plus souvent sans y prendre garde. Parfois c'est parce que nous voulons bien faire. Nous crions « au loup ! » en nous lançant tête baissée dans une dénonciation banale. Et dans ce cas, le résultat peut être tragique. Quand racisme il y aura, nous ne le verrons plus. Quand injustice il y aura, nous ne la verrons plus. Le plus tragique, c'est que le péché tue. Symboliquement, socialement, physiquement. Le péché fait souffrir tout le monde autour de lui : celui qui le fait, ceux qui le subissent. 

La présence chrétienne dans le monde, dans notre société, est une présence qui dénonce les idoles, le péché, les oppressions. Mais c'est aussi une présence qui doit dénoncer les vrais esclavages. Il nous faut donc discerner les vrais problèmes. Et dénoncer les faux débats, les faux problèmes. Vous savez, ceux qui nous servent à cacher les vraies idoles, les vrais esclavages dans notre monde. Il ne faut pas s'y tromper, l'apologète doit parfois faire œuvre de « prophète » et dénoncer l'injustice au milieu de sa propre société. C'est à ce prix que nous pourrons annoncer, proclamer, et vivre une vraie et totale libération. 


Note éditoriale : Monoprix a par ailleurs répondu à la polémique sur Twitter : 

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