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Reprenons cette définition :

« Un leader est, dans le contexte biblique, une personne qui possède une capacité reçue de Dieu, qui assume une responsabilité confiée par Dieu et influence un groupe spécifique du peuple de Dieu, pour que celui-ci atteigne les objectifs de Dieu pour ce groupe ».

 

Comment les capacités ou dons, des uns et des autres, des jeunes en particulier, sont-ils reconnus, discernés ?

Comment une personne se voit-elle confier des responsabilités dans l’Église ?

Cette question me semble intimement liée à la compréhension de la formation de disciples, comme à la question du mentorat spirituel.

 

Une saine formation de disciples

Je crains, – beaucoup de responsables d’églises le reconnaissent volontiers- que celle-ci soit trop souvent devenue, un catéchisme évangélique qui assure l’acquisition de connaissances théologiques, plutôt qu’accompagnement spirituel à vivre comme le Maître et poursuivre son œuvre. Ce qui est la véritable définition du disciple de Jésus.

Le modèle donné par Christ, au travers de la formation de ses disciples, révèle qu’il a accompagné ceux-ci dans une formation en 4 étapes. Selon le schéma ci-dessous.

Je ne vais pas détailler ces étapes ici. Je vous renvoie à explication pertinente donnée par Raphaël Anzenberger sur l’excellent site Disciples.fr [1].

Je veux juste relever que la formation de disciples est vue, à tort, comme une formation linéaire, « Je passe du collège, au lycée et du lycée à l’université… », au lieu d’être comprise comme une formation circulaire favorisant tout à tour la croissance, l’enracinement, l’équipement et l’engagement du disciple de Jésus.

Quant à ceux qui forment des disciples ils devraient absolument être des accompagnateurs qui incarnent ce qu’ils transmettent et font avec ceux qu’ils forment comme disciples.

Un des résultats de cette compréhension faussée de la formation de disciples, est que ceux qui sont ainsi formés ne sont pas amenés à découvrir leurs dons spirituels.

 

L’ignorance des dons spirituels

Il suffit de poser à un jeune, même parfois à un leader (!), la question : « Connais-tu tes dons spirituels ? », pour mesurer l’étendue de cette ignorance.

« Dans notre église nous n’avons pas d’évangélistes ! » me déclaraient des responsables. Lors d’un week-end avec cette église j’ai proposé aux participants de réaliser un test pour discerner leurs dons spirituels. Plusieurs jeunes se sont révélés être des évangélistes ! Bien sûr leur don n’était du coup ni reconnu, ni valorisé, et ces évangélistes n’étaient pas accompagnés.

C’est pourquoi une question revient fréquemment : comment reconnaître ses dons spirituels ? J’ai consulté une dizaine d’articles sur le sujet. Certains sont excellents, comme celui de D. Mattioli [2] dans la revue Servir en l’attendant ou celui de la revue Promesses [3].

 

Qu’observe-t-on ?

  • La recherche des dons spirituels a tendance à devenir une question individuelle, même si l’on encourage à demander conseil, éloignée d’une vision et d’une dimension communautaire,
  • La question des dons spirituels tend à se réduire à une question théologique,
  • La question vitale de l’accompagnement dans la découverte et pratique des dons n’est même pas évoquée dans certains articles…
  • Il n’est pas rare dans les églises que l’on confie une responsabilité à une personne qui n’a pas les dons, et que celle qui a le don ne soit pas encouragée à le pratiquer…
  • Le mentorat n’est donc pas compris comme pouvant se développer dans l’église locale. [4]

 

Exemple : un des responsable d’une église proche de chez moi a demandé à effectuer un test pour discerner ses dons [5]. Après l’avoir effectué sa réaction a été : – J’en étais sûr : on m’a confié des responsabilités pour lesquelles je n’ai pas les dons !

 

La redevabilité

Toujours sur le site Disciples.fr vous pourrez lire : « La redevabilité spirituelle (ou la qualité d’être redevable à quelqu’un pour sa vie de disciple) est un concept peu développé en France. Pourtant la redevabilité spirituelle est un élément critique dans la formation de disciples. Sans redevabilité, pas ou peu de croissance (cf. Neil Cole). [6] » Effectivement la notion de redevabilité n’apparaît dans aucun des articles que j’ai consultés !

 

Le besoin d’accompagnement mentoral

Si un disciple a été accompagné durant sa formation, il sera naturellement désireux d’être accompagné par un mentor dans la poursuite des « responsabilités confiées par Dieu et influence un groupe spécifique du peuple de Dieu, pour que celui-ci atteigne les objectifs de Dieu pour ce groupe. »

Si un disciple a appris la redevabilité, il sera désireux d’être redevable. Il sera parfaitement conscient du besoin d’avoir un mentor pour la poursuite de son ministère, quels que soient les types de responsabilités qu’il assume dans l’Église, qu’il soit à plein temps ou bi-vocationnel.

 

Ainsi naturellement un disciple de Jésus comprend que la relation mentorale est indispensable à sa croissance spirituelle, à son service pour Dieu et pour le corps de Christ.

 

Addendum : et les femmes ?

Je cède la parole à Jennifer Williamson, présidente de l’association ELAN [7] et mentor :

« Le rôle des femmes dans l’Église est souvent compliqué. Il n’est pas toujours évident de discerner quelles sont celles qui sont des leaders. Je trouve que c’est souvent au travers d’un accompagnement mentoral que les femmes découvrent leurs dons et leur place dans un ministère. S’il faut attendre que des femmes se considèrent « leader » avant de chercher un mentor, ce sera manquer l’opportunité d’encourager, valoriser, et autoriser les femmes de prendre leur place dans le Royaume de Dieu et l’Église. Pour moi le mentorat est utile pour tous ceux et celles qui voudraient s’investir intentionnellement dans un projet, – dans l’Église ou en dehors- qui aura un impact pour le Royaume de Dieu. J’ai parmi mes protégées ; une femme qui travaille au CNEF, une pharmacienne qui s’implique dans l’implantation d’église, une femme qui développe un projet centré sur les Droits de l’Homme en République Centre Africaine… Ces femmes n’ont pas forcément le rôle ni le titre d’un leader dans leur église. Mais elles ont le cœur d’un leader ! »


[1] http://www.disciples.fr/accompagnement-spirituel, consulté le 6 mars 2018

[2] http://www.servir.caef.net/?p=7377 consulté le 6 mars 2018

[3] https://www.promesses.org/les-dons-spirituels/ consulté le 6 mars 2018

[4] Un article sera consacré au choix de son mentor

[5] D. Mattiol, dans l’article cité en référence, recommande le test de A. Schwartz

[6] http://www.disciples.fr/redevabilite. Consulté le 6 mars 18

[7] http://www.elanmission.org/ Consulté le 6 mars 18

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