Ces dernières années, l’Église a été confrontée à de nombreux cas de défaillances morales catastrophiques impliquant certains de ses dirigeants les plus doués et les plus en vue. Mais il n’y a pas que les pasteurs célèbres et très respectés qui chutent.
Cela arrive à toutes sortes de pasteurs, qu’ils exercent dans des Églises de grande, petite ou de taille moyenne. Ils viennent de tous les pays et de toutes les branches de la chrétienté. Leurs péchés enfreignent toutes sortes de normes bibliques -et pas seulement les plus évidentes, comme l’abus de pouvoir et le péché sexuel ; certains abandonnent la foi, déshonorent les autorités, mettent fin à leurs jours, rompent leurs vœux, détournent des fonds, plagient, convoitent, et bien plus encore.
Pourquoi tant de pasteurs échouent-ils de cette manière ? La déchéance morale chez les pasteurs est-elle vraiment aussi répandue qu’elle le semble ? Comment pouvons-nous avoir confiance en nos dirigeants au milieu de toutes ces mauvaises nouvelles ?
Nous allons nous pencher sur ces questions en évoquant quatre propositions d’explications possibles. Deux d’entre elles, quoique non dépourvues de mérite, ne touchent pas, je crois, au cœur de la question ; les deux autres, selon moi, s’en approchent et nous aident à comprendre les enjeux réels du pourquoi et du comment des pasteurs chutent, ainsi que du rôle de l’Église dans ce processus.
Explication #1 : les pasteurs ne sont pas nombreux à chuter. La presse et les réseaux sociaux nourrissent l’illusion qu’il y a un problème.
Il est tentant de blâmer la presse de faire de la publicité pour ce problème. L’argument se présente ainsi : la plupart des pasteurs sont fidèles et dignes d’honneur et les problèmes sont surmédiatisés parce que la presse aime les scandales, particulièrement s’ils impliquent des dirigeants reconnus. La montée de l’antipathie envers l’Église rend également les accusations d’hypocrisie attrayantes pour les éditeurs. De plus, selon cet argument, notre fascination actuelle pour les victimes incite à publier des allégations d’abus qui s’avèrent parfois fausses. Et les réseaux sociaux diffusent des allégations incertaines, même si celles-ci ne paraissent jamais dans la presse traditionnelle.
Il y a une part de vérité dans ces arguments, et dénoncer la corruption et l’oppression, d’où qu’elles viennent, a longtemps été une part essentielle de la vocation de la presse. Mais même ainsi, trop de pasteurs échouent tant sur le plan moral que spirituel. Et les dirigeants d’Églises ne sont pas les seuls dont les défaillances sont largement diffusées ; on entend également parler de celles des politiciens, des athlètes, des chefs d’entreprise et des artistes. L’Église ne peut pas se plaindre d’un traitement discriminatoire.
Le fait est que nous avons un vrai problème. Oui, la plupart des pasteurs sont des hommes pieux, mais j’en ai connu certains qui ont mis fin à leurs jours, trois autres qui ont été pris en flagrant délit d’adultère, un ou deux qui étaient des tyrans, un qui a dérobé des fonds et certains qui étaient des menteurs. On ne peut blâmer la presse si des dirigeants d’Églises violent les règles qu’ils prétendent défendre.
L’Église ne devrait jamais tolérer de tels manquements moraux chez ses dirigeants -mais elle doit s’y attendre. La Bible relate clairement et ouvertement les péchés d’Abraham, de Moïse, de David, de Salomon, de Pierre et de bien d’autres, nous préparant ainsi à rencontrer des dirigeants qui s’égarent. Certains peuvent être réintégrés dans leurs fonctions même après une faute, comme ceux de la liste ci-dessus ; d’autres ne pourront l’être. De même, Paul demande à Timothée, à Tite et aux anciens d’Éphèse de s’attendre à une opposition impie venant de l’intérieur. Par conséquent, bien que nous ne tolérions jamais la défaillance morale, nous pouvons la reconnaître et l’examiner.
L’Église ne devrait jamais tolérer de tels manquements moraux chez ses dirigeants -mais elle doit s’y attendre.
Il est difficile de suivre la carrière complète d’un groupe quelconque, pasteurs inclus, mais certaines statistiques d’une association dont je fais partie nous aideront à y voir plus clair. Entre les années 2005 et 2022, des 80 membres du bureau et du conseil de cette organisation, tous, à l’exception de cinq ou six, sont encore fidèlement engagés dans leur ministère ou sont honorablement partis en retraite. Parmi les hommes qui ne le sont plus, un a maintenant abandonné l’Église ; quelques-uns ont vu leur appel cesser, apparemment pour des défaillances dans l’accomplissement de leur devoir ou ont été destitués pour abus de pouvoir ; une situation supplémentaire est en cours au moment où j’écris ces lignes.
D’autres pasteurs de renom ont été critiqués ou accusés d’erreurs dans leur leadership, voire même contraints de démissionner ; pourtant, en l’absence d’accusations officielles ou d’enquêtes, il est difficile d’évaluer le bien-fondé de ces allégations. Il arrive parfois que ces accusations soient fausses, malveillantes ou infondées. De plus, si l’on reprochait à tout dirigeant d’avoir commis des « erreurs de jugement », chacun d’entre eux pourrait plaider coupable.
Un pasteur peut être fidèle et imparfait en même temps.
Il est tout aussi difficile de répondre à la question : « Ce pasteur a-t-il été fondamentalement fidèle tout au long de son ministère ? » Un pasteur peut être fidèle et imparfait en même temps. Les pasteurs sont confrontés à d’amères accusations pour avoir prodigué des conseils pastoraux inefficaces, ou pour ne pas avoir mené à leur terme des projets planifiés, voire même pour ne pas avoir effectué suffisamment de visites à l’hôpital. Et comment prendre en considération les pasteurs qui ont quitté leur ministère du fait de leur épuisement ?
Il est donc difficile de procéder à une analyse statistique, mais il semble probable que (1) l’Église soit effectivement confrontée à un problème et que (2) la presse soit plus encline à rendre compte des scandales qu’à publier des éloges à l’égard d’hommes discrets mais vertueux.
Explication #2 : l’Église attire à son service des hommes imparfaits.
Nous pouvons dire sans hésiter que l’Église attire des hommes imparfaits- tout simplement parce qu’il n’existe pas d’autres types d’hommes. En effet, il faut se reconnaître pécheur ne serait-ce que pour se joindre à l’Église, sans parler de la diriger. Affinons donc la question : l’Église attire-t-elle particulièrement des hommes aux problèmes spécifiques, tels que le narcissisme ou la soif de pouvoir ?
Les instituts bibliques détectent rarement une soif de pouvoir parmi les étudiants qui s’y inscrivent. Dans les cours de formation pastorale, on demande aux étudiants d’identifier leurs défauts et d’y remédier ; ceux-ci semblent généralement disposés à le faire. Dans ce contexte, rares sont ceux qui avouent une soif de pouvoir. Les professeurs la remarquent rarement, et la littérature spécialisée n’en fait pratiquement pas mention. En revanche, les adultes apprennent vite ce qu’est le pouvoir. Ils comprennent l’importance de l’autorité liée à la fonction, des connaissances spécialisées, des compétences, du statut social et d’autres atouts. Les pasteurs ne font pas exception.
En Matthieu 23:1-15, Jésus déclare que les hommes recherchent le statut que confère la position de dirigeant spirituel. Les enseignants ont autorité pour commander, et ceux qui les suivent les honorent de titres tels que « rabbi » et « père ». Tous les dirigeants ne recherchent pas un tel statut pour lui-même, mais les organisations religieuses peuvent certainement attirer des hommes assoiffés de pouvoir, et ceux qui recherchent spécifiquement ce type de pouvoir sont plus enclins à s’égarer et à égarer les autres. Et l’Écriture est pleine d’avertissements sur le fait que Dieu déteste ceux qui égarent les autres.
Mais l’Église attire-t-elle particulièrement ceux qui aspirent au pouvoir ? Ou bien les pasteurs apprennent-ils à rechercher le pouvoir parce qu’ils se sentent souvent impuissants, puisqu’ils ont autant de patrons qu’il y a de membres dans leur Église ?
Certains suggèrent que le narcissisme est particulièrement répandu chez les pasteurs. C’est assurément un vice que de nombreux observateurs estiment en augmentation dans la société occidentale, et les pasteurs, comme n’importe qui d’autre, peuvent y succomber. Dans la liste des vices dressée par Paul, dans 2 Timothée 3:2-5, l’apôtre place l’amour-propre en tête : « Les hommes seront égoïstes, amis de l’argent, vantards, orgueilleux, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, …calomniateurs, …, amis du plaisir plutôt que de Dieu. Ils auront l’apparence de la piété mais renieront ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces gens-là ».
Cette liste commence et termine avec les faux amours : les gens s’aiment eux-mêmes, l’argent et le plaisir plutôt que Dieu. C’est ce qui alimente et explique les péchés qui s’ensuivent : l’arrogance, la brutalité et l’égocentrisme. Un de mes anciens collègues a un jour fait remarquer avec perspicacité : « La corruption morale découle d’un amour mal orienté ». On peut se demander si l’accent mis aujourd’hui sur les pasteurs narcissiques n’est pas exagéré, comme c’est souvent le cas avec les tendances, mais Paul dénonce bel et bien ceux qui se placent au premier plan parce que c’est eux-mêmes qu’ils aiment plus que tout.
Chuck DeGroat, dans son livre When Narcissism Comes to Church: Healing Your Community from Emotional and Spiritual Abuse [Quand le narcissisme s’invite à l’Église : guérir votre communauté des abus émotionnels et spirituels], affirme que le narcissisme est spécialement répandu parmi les pasteurs, peut-être parce que les pasteurs principaux et les théologiens connus du public jouissent d’une grande notoriété dans leurs milieux. Selon DeGroat, les pasteurs narcissiques inspirent leurs congrégations en leur fixant des objectifs pastoraux élevés, puis les induisent en erreur en véhiculant des mythes grandiloquents du type « nous sommes exceptionnels ». S’ils sont doués, leur assurance leur permet de lancer des mouvements, mais leur égoïsme finit par anéantir ces mêmes mouvements.
Les narcissiques ont envie de pouvoir, d’admiration et… d’une estrade. Dépourvus d’empathie, ils exploitent, dévaluent et découragent les autres. Dépourvus d’humilité et de conscience de soi, les narcissiques pensent qu’ils ne font jamais rien de mal. Par conséquent, si quelqu’un demande des comptes à un pasteur narcissique ou le presse de se repentir, cela est perçu comme une attaque gratuite, ce qui déclenche la colère du pasteur. Parallèlement, explique DeGroat, les Églises qui tirent profit du charme et des talents des narcissiques peuvent se mobiliser pour les défendre, parfois par intérêt personnel, parfois par amour pour un pasteur qui a servi l’Église avec abnégation dans des moments difficiles.
Certains enseignants et prédicateurs sont des prophètes vaniteux, narcissiques et autoproclamés. Cela n’a rien à voir avec l’autorité que Dieu confère aux pasteurs lorsqu’ils prêchent ou parlent en son nom (Actes 5:42 ; Actes 9:15 ; Romains 10:14-15 ; 1 Timothée 2:11). Ainsi, Paul ordonne à Timothée -dont le défaut était la timidité, et non la vanité- « prêche la parole, insiste en toute occasion, qu’elle soit favorable ou non, réfute, reprends et encourage. Fais tout cela avec une pleine patience et un entier souci d’instruire » (2 Timothée 4:2). Paul dit également que les gens prêchent si Dieu les équipe et les appelle à le faire : « Nous sommes donc des ambassadeurs pour Christ, comme si Dieu adressait par nous son appel » (2 Cor. 5:20).
En outre, Ésaïe 6, Jérémie 1 et Amos 7 nous montrent que des prophètes pouvaient être des plus résistants à l’idée de devenir des porte-parole de Dieu. Jusqu’à ce jour, bien des pasteurs attestent qu’ils ont longtemps résisté à l’appel de Dieu. Donc, il n’est pas approprié, ni juste, de dire que le pastorat attire spécifiquement des personnes narcissiques.
Il est vrai que certains évoquent la nécessité de ce qu’on a appelé un « narcissisme sain », caractérisé par la confiance plutôt que par la certitude, ainsi que par l’empathie, la clarté, l’humilité et la curiosité. Bien qu’utile, l’expression « narcissisme sain » peut sembler être un oxymore. Comment évaluer cela ? Si un athlète professionnel affirme qu’il est plus fort et plus rapide que la plupart des gens, fait-il preuve de narcissisme ou énonce-t-il simplement un fait ? Si des avocats et des politiciens affirment qu’ils sont intelligents et qu’ils savent bien s’exprimer, s’agit-il de narcissisme ou de réalisme ?
Il n’est pas approprié, ni juste, de dire que le pastorat attire spécifiquement des personnes narcissiques.
Dans son ouvrage influent intitulé The Denial of Death [Le déni de la mort], Ernest Becker affirme qu’« un niveau de narcissisme fonctionnel est indissociable de l’estime de soi, d’un sentiment fondamental de valeur personnelle ». Les psychologues associent le narcissisme sain à une protection de soi adéquate, à un sentiment d’autonomie, à la sécurité, à un respect de soi suffisant et à la volonté de faire des projets.
Les narcissiques sains peuvent penser qu’ils sont légèrement exceptionnels, ce qui nous donne à réfléchir. Pourtant, chacun est exceptionnel en ce sens que chaque personne, homme ou femme, possède un mélange de dons et d’expériences qui lui permettent de pratiquer la justice, d’aimer la miséricorde et de vivre dans la fidélité. Peut-être les psychologues sont-ils trop enthousiastes à l’égard d’un narcissisme sain, mais une estime de soi saine semble nécessaire pour les dirigeants dans toutes sortes de professions essentielles.
Les pasteurs, en particulier, ont besoin de confiance, d’intrépidité et d’une grande force de caractère, de peur de s’effondrer sous le poids des nombreuses pressions et critiques souvent cinglantes auxquelles ils peuvent être confrontés. Ils ont besoin de confiance et d’une capacité à gagner la sympathie des gens pour pouvoir se tenir debout en public et prêcher et enseigner chaque semaine. Bien que ces traits de caractère et ces compétences puissent certainement être détournés, et le sont parfois, ils ne sont pas mauvais en eux-mêmes.
Certains prédicateurs aiment être le centre de l’attention, mais beaucoup ont une relation d’amour-haine avec la prédication, et sont en agonie chaque samedi soir et chaque dimanche matin car ils pensent : Pourquoi est-ce qu’on m’écouterait ? Il est certain que ce sermon est tellement décousu, banal, inconsistant et insipide qu’on va enfin me démasquer. La plupart des pasteurs semblent être en proie à des doutes similaires, voire à des reproches qu’ils se font à eux-mêmes. Mais ils persévèrent car ils sont convaincus que Dieu les a appelés à cette mission.
En résumé, il est mal approprié de se concentrer sur le narcissisme et de négliger son antithèse habituelle : un manque de confiance en soi paralysant. Peut-être faut-il chercher plus loin pour trouver une explication plausible à l’échec pastoral.
Explication #3 : dans sa recherche d’un pasteur, l’Église se concentre souvent sur la recherche des dons pastoraux ou des talents au lieu de mettre l’accent sur un caractère pieux.
L’Écriture exige que les dirigeants d’Église potentiels manifestent un caractère pieux. Malheureusement, la maturité d’un pasteur peut suivre le même chemin que sa maîtrise des langues bibliques : solide au départ, puis en déclin constant. Parallèlement, les Églises se préoccupent trop souvent des compétences et des aptitudes visibles d’un futur pasteur, sans accorder suffisamment d’importance à la capacité de discerner -et de contribuer à promouvoir et à favoriser- la croissance dans la piété de son pasteur.
La Bible nous en dit beaucoup sur les qualifications pastorales. Dans l’Ancien Testament, quand Dieu a fait d’Israël sa nation sainte, il a établi un code moral élevé. La loi mentionne rarement des qualifications morales supplémentaires pour les prophètes, les prêtres ou les rois, peut-être à cause du fait que les fonctions de prêtre et de roi étaient héréditaires et que c’était le Seigneur lui-même qui appelait les prophètes.
Mais la Torah met l’accent sur les tâches ou les devoirs liés à ces fonctions, et Deutéronome 17:14-20 stipule que les rois ne doivent pas vivre pour les privilèges ou la richesse, tels qu’ils se manifestent par les chevaux, les femmes, l’or ou l’argent. Les rois doivent respecter la loi et ne doivent pas s’exalter eux-mêmes. Proverbes 31:4-5 impose aux rois une norme plus élevée ; au lieu de se livrer à leurs plaisirs (en particulier aux boissons fortes), ils doivent se priver afin de ne pas « oublier les lois et porter atteinte à la cause des plus malheureux ».
Les Évangiles mêlent harmonieusement le caractère et les compétences. Jésus met l’accent sur le caractère de tous les disciples, et pas seulement sur celui des Douze. Ce qu’il dit à chacun s’applique aux dirigeants, mais Jésus a spécifiquement « établi douze […] pour qu’ils soient avec lui, et pour les envoyer prêcher » et qu’ils apprennent à exercer leur ministère en suivant son exemple (Marc 3:14). Puis, lorsqu’il les envoie proclamer le royaume, il leur demande de suivre son exemple (Matthieu 10:25).
Le livre des Actes, en attendant, met l’accent sur la tâche des apôtres ; ils rendent témoignage à la personne et à l’œuvre de Jésus (Actes 1:8, 22). Cependant, quand l’Église choisit des diacres, le livre met l’accent sur les traits de caractère : sagesse et plénitude de l’Esprit (6:3, 5). Nous retrouvons la même double insistance sur les tâches et le caractère dans les épîtres pastorales, mais 1 Timothée 3:1-7, la longue description que Paul fait des dirigeants, met davantage l’accent sur le caractère que sur les aptitudes ou les dons :
Si quelqu’un aspire à la charge de responsable, c’est une belle tâche qu’il désire. Il faut donc que le responsable soit irréprochable, fidèle à sa femme, sobre, réfléchi, réglé dans sa conduite, hospitalier, capable d’enseigner. Il ne doit pas être buveur, violent [ni attiré par le gain], mais au contraire doux, pacifique et désintéressé. Il faut qu’il dirige bien sa propre maison et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et un entier respect. En effet, si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu? (vv. 1–5)
Quand Paul fait mention de la « tâche » d’un responsable, il dresse une liste de 11 traits moraux et ne nomme que 2 aptitudes. Cela implique que la première tâche d’un dirigeant est la formation de son caractère
Quand Paul fait mention de la « tâche » d’un responsable, nous nous attendrions à une description des devoirs mais, en fait, il dresse une liste de 11 traits moraux et ne nomme que 2 aptitudes. Cela implique que la première tâche d’un dirigeant est la formation de son caractère. Pour Paul, pour faire cette œuvre on doit d’abord être l’homme qu’il faut.
On remarque également que les qualités décrites dans 1 Timothée 3 correspondent aux fruits de l’Esprit énumérés dans Galates 5. Aucun mot grec n’apparaît dans les deux passages à la fois, mais les termes désignant la maîtrise de soi et la douceur se recoupent à tel point que les traductions utilisent souvent les mêmes termes pour les désigner. Plus important encore, nous voyons le fruit de l’Esprit s’exprimer dans l’action en 1 Timothée 3:1-7, 2 Timothée 2:24-25 et Tite 1:5-9.

Cela suggère que Paul attend des responsables qu’ils vivent l’expérience du fruit de l’Esprit et qu’ils manifestent ce fruit publiquement. Les dirigeants manifestent aussi leur caractère dans le monde. Paul énonce ces exigences quant au caractère d’un responsable dans une lettre publique. Parce que Paul a rendu cette liste publique, l’Église peut demander à ses dirigeants de rendre des comptes.
Les pasteurs démontrent leur intégrité morale en public par la manière dont ils traitent leur famille. Un homme doit bien « dirige(r) sa propre maison et (tenir) ses enfants dans la soumission et un entier respect. En effet, si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’Église de Dieu ? » (1 Tim. 3, 4-5). Les pères peuvent obtenir l’obéissance par la force et les menaces, mais les pères pieux sont bienveillants ; ils gagnent l’affection de leurs enfants par un amour qui suscite le respect, y compris une obéissance sans murmure.
Pour l’apôtre Paul, pour accomplir cette œuvre, on doit d’abord être l’homme qu’il faut.
Un responsable doit également être « mari d’une seule femme ». Si cela pourrait laisser entendre qu’un ancien ne peut être célibataire, divorcé, remarié ou polygame, le texte grec dit littéralement qu’il doit être « un homme d’une seule femme » ou « un homme fidèle à une seule femme », ce que la plupart des exégètes interprètent comme signifiant qu’il doit être un mari fidèle et exemplaire. Tout ce que Paul dit sur la parentalité et le mariage s’applique également à la direction de l’Église : un homme qui ne sait pas prendre soin de sa propre famille, qu’il connaît le mieux et qu’il aime le plus, ne peut pas diriger l’Église de Christ.
Si 1 Timothée 3:1-7 implique que « le caractère passe avant tout », alors 1 Timothée 4:12-16 implique que le caractère, les compétences et les devoirs vont de pair. Ce passage montre que l’Église recherche à juste titre des dirigeants compétents. Paul exige de Timothée, son protégé, qu’il fasse preuve à parts égales de caractère et de compétence. La solution au problème des dirigeants hautement compétents mais de faible caractère consiste à former des dirigeants dotés à la fois de compétences et de caractère. 1 Timothée 4:12-16 cite trois compétences (la parole, l’encouragement et l’enseignement) et trois vertus (l’amour, la foi et la pureté) :
Que personne ne méprise ta jeunesse, mais sois un modèle pour les croyants par tes paroles, ta conduite, ton amour, [ton esprit,] ta foi, ta pureté. En attendant que je vienne, applique-toi à lire les Écritures dans l’assemblée, à encourager, à enseigner […] Veille sur toi-même et sur ton enseignement.
Il est clair que « paroles » et « conduite » parlent autant de tâches que de caractère. La parole est essentielle, puisque les pasteurs parlent beaucoup et beaucoup en public. Ainsi, une bonne conduite renforce la parole du pasteur, ce qui peut constituer un point sensible pour certains. Nous flattons nos amis, calomnions nos adversaires absents et modifions nos positions pour plaire à ceux qui nous écoutent. Lorsque nous sommes pris en flagrant délit de péché, nous inventons des histoires pour nous disculper et ignorons nos accusateurs. Si nous confessons nos fautes, nous promettons de nous soumettre à la discipline, puis nous y soustrayons. Ces péchés exigent la repentance, et les pasteurs devraient être les premiers à se repentir.
Paul charge également Timothée de se consacrer « à lire les Écritures dans l’assemblée, à encourager, à enseigner » (v. 13). Ce sont là des tâches pastorales essentielles qui comprennent l’étude, la compréhension et la réflexion sur les Écritures, ainsi que la capacité d’exhorter les gens à les suivre. Pour prêcher et enseigner efficacement, les pasteurs doivent embellir leurs paroles d’un caractère pieux.
Les exhortations de Pierre aux anciens ont la même double insistance sur les tâches et le caractère : ils doivent : « pren(dre) soin du troupeau de Dieu … [en veillant sur lui] non par contrainte, mais de bon gré, … non par recherche d’un gain, mais avec dévouement ; non en dominant sur ceux qui [leur] sont confiés, mais en étant les modèles du troupeau » (1 Pi. 5:2-3). Telle est la voie du Seigneur.
Le témoignage biblique, quant au fait que le caractère est central, est clair. L’Église le sait et recherche généralement des hommes de caractère, pourtant, bien des pasteurs chutent encore moralement. Comment cela se fait-il ?
Explication #4 : l’Église manque souvent d’exercer cette attention constante qui nourrit la fidélité de longue durée et prévient le déclin moral ou spirituel.
Un homme que je connais pour ses décennies d’expérience en tant qu’ancien m’a dit un jour : « Les pasteurs ressemblent aux hommes politiques : ils débutent avec un désir sincère de réformer le système et ils terminent compromis et corrompus par lui ». Mon expérience en tant que professeur et pasteur corrobore cette observation. Demandons-nous donc : Les pasteurs trébuchent-ils parce que des faiblesses latentes refont surface lorsqu’ils accèdent à l’autorité ? Ou bien les Églises agissent-elles d’une manière qui corrompt leurs pasteurs ? Il est certain que les deux affirmations sont vraies dans une certaine mesure.
Les pasteurs trébuchent-ils parce que des faiblesses latentes refont surface lorsqu’ils accèdent à l’autorité ? Ou bien les Églises agissent-elles d’une manière qui corrompt leurs pasteurs ?
Les Églises peuvent certainement maltraiter leurs pasteurs. Ces dernières années, par exemple, les conflits au sein de l’Église autour de la politique et des vaccins ont conduit beaucoup de gens à se retourner contre leurs pasteurs. Pourtant, les pasteurs ont toujours été confrontés à de vives critiques. Après 20 ans de ministère fidèle et fructueux, un pasteur respecté à l’échelle internationale était tellement las des attaques de sa congrégation qu’il en est venu à conclure qu’il devait ériger un mur entre lui et ses fidèles ou quitter le ministère. Cette expérience trouverait un écho chez bien trop de pasteurs.
Mais même en dehors de telles attaques, les pasteurs peuvent trébucher et perdre le goût de la sainteté. Dans son ouvrage intitulé Un appel dangereux, Relever les défis du ministère pastoral, Paul Tripp les compare à des hommes d’âge mûr qui affirment vouloir rester en forme mais prennent deux kilos et demi par an : l’écart entre leurs valeurs déclarées et leurs valeurs réelles est à la fois flagrant et néfaste.
La perte de la douceur, qui est un caractère essentiel pour le ministère pastoral (Gal. 6:1 ; 2 Tim. 2:25) illustre les deux aspects de l’enjeu. Dans un effort pour se protéger eux-mêmes contre les critiques, bien des pasteurs s’endurcissent eux-mêmes afin de tenir bon, mais cet endurcissement finit par les rendre durs envers les autres. Certains cherchent du réconfort dans l’adultère, la tromperie ou l’intimidation ; d’autres tombent simplement dans ces péchés de leur propre chef. Ils répondaient probablement aux critères de 1 Timothée 3 au début de leur ministère, mais quelque chose a mal tourné. Comment les Églises peuvent-elles aider leurs responsables à rester fidèles ?
Tout d’abord, nous pouvons intervenir lorsque nous voyons des pasteurs, aussi talentueux soient-ils, commencer à s’égarer. Un jour, je suis arrivé pour prendre la parole lors d’une conférence de pasteurs et j’ai appris que le fondateur et directeur de la conférence avait été renvoyé quelques jours plus tôt après une longue liaison avec une collaboratrice. Les autres responsables de l’événement se sont reproché d’avoir vu des signes de mauvaise conduite pendant des années sans vouloir les reconnaître. Leur responsable était talentueux et charismatique. Il les avait formés, et ils s’étaient donc convaincus d’avoir mal interprété des signes d’inconduite qui, rétrospectivement, étaient pourtant évidents. La volonté de la part des responsables de confronter honnêtement de tels péchés est nécessaire pour la santé du pasteur et de l’Église.
Il est difficile de corriger un pasteur rebelle quand il n’y a pas de structure qui exerce la surveillance et qui peut demander des comptes. Des Églises qui sont reliées entre elles et ont une hiérarchie disposent de plus de ressources, mais elles peuvent aussi ignorer et cacher les problèmes. Le conseiller Dan Allender affirme que l’Église a besoin de prophètes pour clamer haut et fort que l’empereur-ce dirigeant talentueux qui s’égare- est nu, dépourvu de toute piété. Les prophètes doivent démolir les discours fallacieux qui servent les dirigeants corrompus ou narcissiques, tels que celui-ci : « Je suis un grand homme, mais ma femme m’en veut de ma position et ne sait pas apprécier mes compétences ni le poids de mes responsabilités. Mais voilà, j’ai trouvé une admiratrice, et elle, elle reconnaît ma supériorité. Elle est tendre et encourageante ». Cela peut mener à des relations extraconjugales, qu’elles soient émotionnelles ou physiques. Les Proverbes décrivaient déjà il y a longtemps le flatteur séducteur et ses tristes conséquences (Prov. 5:3).
Il est plus facile de corriger un dirigeant qui a une position inférieure. Par exemple, dans les premières années où j’étais seul pasteur dans une petite Église, je jouais au basket avec des membres de mon Église dans un championnat local. Je ne mesurais que 1,85 m, mais j’avais une excellente détente à l’époque, ce qui me permettait de contrer les tirs. Lors d’un match, j’ai réussi cinq contres incontestables en 30 minutes. Malheureusement, l’arbitre principal était du genre indolent, incapable de rester concentré. Lorsque son attention faiblissait et que le jeu l’obligeait à prendre une décision, il se fiait à des suppositions sur ce qui avait pu se passer. Quand je bloquais des tirs, il semblait se dire : « Pas très grand, c’est sûrement une faute ». Après chaque contre, il sifflait. Mes coéquipiers grognaient ; nos adversaires s’excusaient même de cette injustice. Pourtant, après cinq contres parfaits et cinq mauvaises décisions, j’avais officiellement été exclu du match pour faute.
En quittant le terrain d’un pas rageur, j’ai lancé en direction de l’arbitre : « Tu sais, ce serait bien si tu essayais de regarder le match. Comme ça, tu verrais peut-être ce qui se passe réellement, au lieu de deviner et de siffler à tout va ». (Je précise que j’ai effectivement commis des fautes sur deux autres actions, mais les arbitres ne les ont pas vues non plus.)
Un diacre m’a aussitôt réprimandé : « Tu ne peux pas crier comme ça sur l’arbitre ». J’ai protesté : « Cet arbitre est nul. Tous mes contres étaient corrects ». Il a répondu : « On le sait, mais tu es notre pasteur ». J’ai fulminé : « Quand je suis sur le terrain, je suis un basketteur, pas un pasteur ». Le diacre m’a corrigé à nouveau : « Oui, sur le terrain, tu es un joueur de basket. Mais tu es toujours notre pasteur ». Comme le diacre était plus âgé et plus sage, il m’a réprimandé, et j’ai reconnu le fait qu’il avait raison.
À titre d’exercice de réflexion, imaginez que, au cours de la décennie suivante, cette Église connaisse une croissance rapide. Supposons que je bloque à nouveau cinq tirs, que je sois victime de cinq mauvaises décisions d’arbitrage et que je m’emporte. Quelle serait la probabilité qu’un ancien ou un diacre me reprenne rapidement alors que je dirige une grande Église ? On peut imaginer différents commentaires : « Notre pasteur est toujours aussi athlétique et passionné ! Cet arbitre ne sait-il pas qui il a en face de lui ? » En bref, la performance obscurcit facilement le jugement, surtout si nous nous focalisons sur la croissance.
Nous partont souvent du principe que la croissance de l’Église est une preuve de mérite. Comme les prédicateurs, les enseignants et les musiciens doués stimulent la croissance, les Églises recherchent des personnes possédant ces compétences. Personne n’a l’intention d’ignorer les problèmes de caractère, mais nous nous persuadons qu’avec un encadrement approprié, nous pouvons corriger les jeunes responsables imparfaits afin que l’Église puisse bénéficier de leurs dons. De nombreuses preuves récentes montrent à quel point les responsables d’Église peuvent être apparemment aveugles aux défauts d’un pasteur talentueux.
Malheureusement, les dons conduisent à une ascension rapide et les défauts peuvent causer une chute tout aussi rapide. Bien des serviteurs de Dieu ne se remettent jamais. C’est pourquoi, ne serait-ce que pour des raisons pragmatiques, l’Église devrait mettre l’accent sur la qualité du caractère ; mais nous devrions surtout le faire parce que Dieu le fait.
Les Églises s’intéressent souvent au caractère lorsqu’elles examinent les candidats à l’ordination et lorsque les pasteurs ordonnés se préparent à un nouvel appel. Ces entretiens portent généralement sur des thèmes traditionnels : la famille, les disciplines spirituelles et le sens de la vocation. Nous demandons rarement si les responsables tiennent leurs promesses, maîtrisent leur colère, aiment la richesse, cherchent la réconciliation après des ruptures relationnelles ou pratiquent l’hospitalité.
Le futur responsable est-il capable à la fois de diriger et de suivre ? Sait-il travailler dur, mais aussi se reposer ? A-t-il des amis ? Que se passe-t-il lorsqu’il est en désaccord avec quelqu’un ? Prie-t-il à ce sujet ? Écoute-t-il suffisamment l’autre partie pour formuler le problème en des termes que celle-ci acceptera ?
L’Église, avec raison, relève les abus d’autorité et les péchés sexuels, mais nous ne devrions pas passer à la légère sur les péchés plus ordinaires. Les problèmes peuvent commencer de façon tellement ordinaire.
Regardons l’exemple d’un pique-nique qui suit le second culte du dimanche matin. Le sermon a incité les fidèles à rechercher le conseil ou la prière du pasteur, ce qui fait que celui-ci est le dernier dans la file de distribution de la nourriture du pique-nique. Comme il doit animer un événement qui commence peu après, il s’attend à devoir sauter le déjeuner (encore une fois). Une femme attentionnée s’en rend compte et lui cède sa place dans la file, mais un grincheux lance d’un ton sarcastique : « Je croyais que les pasteurs étaient censés faire passer les autres avant eux ! »
L’Église, avec raison, relève les abus d’autorité et les péchés sexuels, mais nous ne devrions pas passer à la légère sur les péchés plus ordinaires.
Cela pourrait passer pour une plaisanterie, mais le pasteur y perçoit de la colère et frémit en lui-même. Ses partisans le protègent et le défendent. Peu à peu, des barrières se dressent, et rares sont ceux qui osent le corriger. L’équipe diaconale décide également de lui apporter la nourriture à son bureau pour éviter tout problème lié aux repas. Au début, il est très reconnaissant de ces repas, mais avec le temps, il en vient à les attendre, puis à les exiger. Lorsqu’il voyage, il se tourne également vers des chambres d’hôtel de plus en plus luxueuses ; il a besoin d’un sommeil réparateur pour remplir ses fonctions, n’est-ce pas ?
Cela peut arriver à n’importe qui. Lorsque j’ai pris mes premières fonctions de direction, un conseiller m’a dit : « Maintenant, tu es important. Les gens voudront faire des choses pour toi ; laisse-les faire ». S’il voulait dire « Fais bon usage de ton assistant administratif », il avait raison. Mais les gens offrent aussi des billets pour des événements sportifs et l’utilisation de résidences secondaires pour les vacances. Ces cadeaux viennent de personnes qui connaissent les charges de leur pasteur et son modeste salaire. Le responsable est reconnaissant, mais s’il n’y prend pas garde, il peut en venir à considérer ces faveurs comme acquises. Le problème est réel, même si sa cause est la négligence et non une mauvaise intention.
Recommandations
En considérant les causes qui sont à l’origine des échecs pastoraux, nous rejetons l’idée que nous assistons à un pseudo-problème alimenté par les médias. De nombreux dirigeants ont séduit des fidèles, sont devenus d’un égoïsme sans bornes ou ont abusé de leur pouvoir.
Mais nous doutons également que l’Église attire particulièrement les abuseurs et les narcissiques. Cette affirmation mérite d’être étudiée, mais nous devons distinguer le « narcissisme sain », ou la confiance en soi, du « narcissisme malsain ». En revanche, l’Église semble effectivement privilégier les compétences ou le talent plutôt que le caractère, et trop de pasteurs semblent bien commencer puis vaciller, peut-être de leur propre chef, peut-être parce que l’Église les détruit. Cela mérite également une étude plus approfondie.
À la lumière de tout cela, il semble approprié de faire mention de quelques moyens existants pouvant contribuer à renforcer la piété chez les responsables.
Tout d’abord, l’Église doit veiller à ce que les candidats au ministère pastoral aient des conseillers qui s’informent régulièrement de leur caractère et le valorisent. En gardant à l’esprit 2 Timothée 3, demandons-nous si les candidats aiment Dieu et leur prochain, ou s’ils ne s’aiment qu’eux-mêmes et ne recherchent que leur propre plaisir. Demandons-nous s’ils sont capables à la fois de diriger et de suivre, si les gens sont heureux de faire partie de leur équipe, s’ils savent travailler, se reposer et comment gérer les conflits.
Les pasteurs ont besoin d’amis qui les connaissent, qui les aiment et les corrigent avec douceur
En second lieu, les pasteurs ont besoin d’amis qui les connaissent, qui les aiment et les corrigent avec douceur (Gal. 6:1). De tels amis s’assureront que les pasteurs ont du temps pour se reposer et pour réfléchir et les protégeront contre les attaques personnelles et les critiques dépourvues de sens. Cela peut exiger une intolérance pieuse envers les mécontents dont la vie est en contradiction avec l’Évangile (Gal. 2:11-14). En tout temps, l’Église doit prêter attention à ceux qui professent la vérité et s’opposent aux ennemis de la paix. Nous avons également besoin de prophètes pour remettre en question les flatteurs qui s’élèvent en louant les dirigeants puissants de l’Église.
Au mieux, les pasteurs mèneront une vie exemplaire qui réduira au silence leurs détracteurs. La paix intérieure leur donnera le temps de rechercher la piété et d’accomplir leurs tâches- enseigner, prêcher, faire des disciples, prier- par amour pour Jésus et pour son peuple, et non par soif de pouvoir ou de prestige à des fins personnelles.
