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Depuis le début de l’année 2020, la pandémie de COVID-19 a fait plus de 700 000 morts, dont plus de 160 000 personnes aux États-Unis. Alors que la mort est devenue un sujet de préoccupation quotidienne pour beaucoup de français, nous sommes souvent peu au clair quant aux termes et concepts les plus à même de définir la mortalité, la fin de vie, ni sur comment savoir quand une maladie a causé une surmortalité, ou si l’on peut encore mourir de « vieillesse ».

Pour aider à dissiper une partie de cette confusion, voici 9 choses à savoir sur la mort et la fin de vie (aux USA).

1. Pendant une grande partie de l’histoire moderne, le critère médical retenu pour déterminer le décès était le critère cardio-respiratoire, c’est-à-dire l’absence définitive de respiration et de circulation sanguine. Mais au milieu du XXesiècle, cette conception a dû évoluer. Comme l’a dit un jour le bioéthicien chrétien C. Ben Mitchell : « une technologie en apparence peu prometteuse [les tubes souples] a bouleversé le monde de la médecine… » Cette technologie était celle des tubes souples en plastique, qui ont rendu la respiration artificielle et l’alimentation par voie intraveineuse possibles. « Avant l’avènement des technologies actuelles, l’arrêt cardio-respiratoire était le critère absolu et universel pour déclarer la mort », a déclaré en 1981 la Commission présidentielle pour l’étude des problèmes éthiques en médecine et en recherche biomédicale et comportementale. « Aujourd’hui, cependant, certains processus organiques peuvent être maintenus artificiellement, même si le corps ne retrouvera jamais sa capacité à respirer spontanément, à intégrer durablement ses fonctions corporelles, à avoir une conscience ou à vivre d’autres expériences humaines. »

2. Dans les années 1960, des progrès en ce qui concerne la capacité à maintenir la respiration et la circulation ont pu permettre de garder en vie des personnes qui avait subi des dommages irréversibles au cerveau et qui allaient rester en permanence dans le coma. Un comité de la Harvard Medical school réuni en 1968 a retenu le coma irréversible comme nouveau critère de décès. Les critères dits « de Harvard », relatifs à la « mort cérébrale » sont rapidement devenus la définition, couramment utilisée, du décès dans les hôpitaux américains. En 1981, la Commission présidentielle, en collaboration avec l’Association du barreau américain, l’Association médicale américaine et la Conférence nationale des commissaires sur l’uniformisation des lois des États a recommandé une nouvelle définition pour déterminer le décès :

Une personne qui a subi, soit (1) l’arrêt irréversible des fonctions circulatoires et respiratoires, soit (2) l’arrêt irréversible de l’ensemble des fonctions de tout l’encéphale, y compris le tronc cérébral, est considérée comme décédée. La confirmation de la mort doit être faite conformément aux normes médicales reconnues.

Cette définition proposée, connue sous le nom de Détermination uniformisée de l’acte de décès (UDDA), est devenue une loi modèle pour les États.

Aujourd’hui, certains processus organiques peuvent être maintenus artificiellement, même si le corps ne retrouvera jamais sa capacité à respirer spontanément, à intégrer durablement ses fonctions corporelles, à avoir une conscience ou à vivre d’autres expériences humaines.

3. De 1981 à 2014, l’UDDA a été promulgée dans 41 États, ainsi que dans le District de Columbia et les Îles Vierges américaines. Même les États qui n’ont pas officiellement adopté l’UDDA ont toutefois tendance à appliquer des critères similaires. Pourtant, comme l’a fait remarquer le médecin Ryan Montoya, il n’existe pas de norme uniforme pour déterminer le décès à travers les États-Unis. Par exemple, la Caroline du Nord ne prévoit pas de critère cardio-respiratoire, tandis que « la Louisiane et le Texas excluent complètement la notion de mort cérébrale totale de leurs définitions hospitalières de la mort. L’expression « conformément aux normes médicales reconnues » est absente de la législation en Géorgie et, selon Montoya, apparaît sous des formes tout aussi vagues dans le Minnesota (« normes médicales généralement acceptées »), le Maryland (« normes courantes de pratique médicale ») et la Floride (« conformément aux normes médicales actuellement acceptées »).

4. Quand une personne est confrontée à une menace potentiellement mortelle (par exemple, une maladie ou une blessure), son état peut être réversible ou irréversible. S’il est réversible, il existe des interventions et des traitements médicaux appropriés susceptibles de permettre à la personne de retrouver un état où elle n’est plus en danger de mort imminent. En revanche, si aucune intervention ou traitement efficace n’est possible, l’état est irréversible (c’est-à-dire terminal), et entraînera le décès. C’est ce que l’on entend lorsque l’on dit qu’une personne est en train de mourir ou qu’elle est entrée dans le processus de fin de vie. Bien que nous ne puissions pas en être certains, nous pouvons souvent déterminer à quel point une personne est proche de la mort, si celle-ci est imminente ou non. On parle d’imminence lorsqu’on s’attend à ce qu’une personne décède dans un délai relativement court, tel que quelques heures, quelques jours ou quelques semaines. Si l’on ne s’attend pas à ce qu’une personne décède avant des mois ou des années, alors la mort est considérée comme non imminente. (D’un point de vue chrétien, le processus de fin de vie est la dernière étape du processus de la vie, puisque ceux qui sont en train de mourir sont toujours en train de vivre. Ceux qui sont en fin de vie doivent donc être traités avec le même respect et la même considération que tous les êtres humains vivants).

5. La mort est décrite en fonction de son mode, de son mécanisme et de sa cause. Le mode de décès désigne la manière dont la blessure ou la maladie a entraîné la mort. On distingue généralement 5 façons de décéder : mort naturelle, accidentelle, suicide, homicide et cause indéterminée. La mort de causes naturelles résulte d’un processus pathologique, comme une infection, un cancer ou une maladie cardiaque, tandis que les autres modes de décès ont des origines externes. Le mécanisme de décès désigne le dérèglement physiologique immédiat provoquant la mort, comme une hémorragie ou une arythmie cardiaque. Un même mécanisme de décès peut résulter de diverses causes. La cause du décès est la maladie ou la blessure spécifique (quel que soit son mode) qui a entraîné la mort.

6. Dans l’étude des problèmes de santé au sein d’une population, le terme « mortalité » fait référence au nombre de décès causés par l’événement sanitaire étudié. La mortalité est généralement exprimée sous forme de taux pour 1000 habitants, également appelé « taux de mortalité ». (Ce taux se calcule en divisant le nombre de décès survenus au cours d’une période donnée pour une population donnée par la population totale.) Le terme « morbidité » désigne l’état de maladie, d’infirmité ou de mauvaise santé. La morbidité est généralement représentée ou estimée à l’aide de la prévalence, c’est-à-dire la proportion de la population présentant un symptôme ou un trouble donné. La comorbidité est la présence simultanée de 2 maladies ou troubles chroniques chez un patient. Connaître les taux de morbidité et de mortalité permet de déterminer le taux de surmortalité, qui est généralement défini comme la différence entre le nombre de décès observés au cours de périodes spécifiques et le nombre de décès attendus au cours des mêmes périodes. Selon les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), le nombre total de décès excédentaires prévus entre le 1erfévrier et le 3 juin 2020 aux États-Unis se situe entre 148 482 et 202 836.

7. La mortalité est également classée à partir des causes de décès les plus fréquentes parmi celles qui peuvent faire l’objet d’un classement. Les dernières données disponibles aux États-Unis (2018) montrent que les maladies cardiaques (655 381), le cancer (599 274), les blessures accidentelles (167 127), les maladies chroniques des voies respiratoires inférieures (159 486), les accidents vasculaires cérébraux (147 810), la maladie d’Alzheimer (122 019), le diabète (84 946), la grippe et la pneumonie (59 120), les maladies rénales (51 386) et le suicide (48 344) étaient les 10 principales causes de décès. 7 d’entre elles étaient des maladies chroniques. Si le même nombre de décès dus à la COVID-19 s’était produit en 2018 et n’avait inclus que le nombre de décès enregistrés à ce jour (5 août), la maladie causée par le nouveau coronavirus aurait été la 4èmecause de décès pour l’ensemble de l’année.

8. Contrairement à ce que l’on dit couramment, personne ne meurt de « vieillesse ». Quand une personne âgée décède, c’est généralement à cause d’une maladie sous-jacente, d’une infection ou d’une blessure ayant entraîné un arrêt respiratoire et circulatoire. « Ce n’est pas comme si, en vieillissant, votre cœur ralentissait progressivement jusqu’à ce qu’un soir, tard, il cesse soudainement de battre », explique David Casarett, docteur en médecine et chef du service de soins palliatifs à la Faculté de médecine de l’université Duke. « Le vieillissement biologique est le principal facteur de risque d’une multitude de maladies chroniques, allant du cancer à la démence qui, prises individuellement, peuvent chacune s’avérer mortelles. Mais il ne faut pas incriminer la vieillesse ». Si l’on ne peut pas mourir de « vieillesse », on peut en revanche « mourir de peur » ou « de chagrin ». La peur ou toute autre émotion forte peut provoquer une production excessive d’hormones de stress, telles que l’adrénaline, qui peuvent être toxiques pour des organes comme le cœur, le foie, les reins et les poumons. Vous en avez un exemple dans la cardiomyopathie de Takotsubo ou syndrome du cœur brisé, dans laquelle un stress émotionnel aigu provoque un affaiblissement soudain et temporaire de la partie musculaire du cœur.

La mort est tellement contre-nature que Dieu a offert son Fils unique en sacrifice afin que nous puissions avoir la vie

9. Selon la Bible, la mort est commune à tous les hommes – seuls Hénoc (Heb. 11:5) et Élie (2 Rois 2:11-12) n’ont pas connu la mort – mais elle n’est pas naturelle. La mort est entrée dans le monde à cause du péché d’un seul homme (Rom. 5:12) mais elle a été vaincue par la mort et la résurrection de Jésus (1 Cor. 15:21). La mort est tellement contre-nature que Dieu a offert son Fils unique en sacrifice afin que nous puissions avoir la vie (Jean 10:10 ; Apo. 1:18). La mort doit être de ce fait considérée comme un ennemi, mais un ennemi vaincu. Même si cet ennemi peut remporter sur nous une victoire temporaire, ceux qui connaissent Jésus seront finalement victorieux. Nous pouvons donc lutter contre la mort en sachant que, lorsque nous perdrons la vie, nous la retrouverons lors de la résurrection. Nous n’avons pas à craindre la mort, ni à nous accrocher trop fermement à la vie. Nous pouvons avoir confiance que Dieu est aux commandes et que, pour ceux qui aiment Dieu, toutes choses concourent à leur bien (Rom. 8:28). Cependant, nous ne devons pas non plus agir de manière imprudente ou irresponsable au point de précipiter inutilement la mort, qu’il s’agisse de la nôtre ou de celle de notre prochain, car nos vies ne nous appartiennent pas. Comme le dit Paul en Romains 14:7-8 : « En effet, aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même : si nous vivons, c’est pour le Seigneur que nous vivons, et si nous mourons, c’est pour le Seigneur que nous mourons. Ainsi, soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons au Seigneur ».

Nous pouvons donc lutter contre la mort en sachant que, lorsque nous perdrons la vie, nous la retrouverons lors de la résurrection.

Pour en savoir plus : Remember Death: The Surprising Path to Living Hope [Le chemin surprenant vers une espérance vivante] de Matt McCullough

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