Après l’album « En toutes choses, Pt. 1 », la seconde partie est en préparation. Les chants abordent des thèmes de la vie chrétienne rarement présents dans nos répertoires : la Parole comme unique fondement, les doutes et la foi, l’amour fraternel, l’attente de l’éternité, ainsi que notre engagement à vivre pour Dieu en toutes circonstances.
Vous pouvez soutenir la création de ce nouvel album via la campagne « GoFundMe ».
Adrian responsable du collectif Écriture musique, répond à quelques questions.
Pourquoi écrire encore aujourd’hui de nouveaux chants pour les Églises ?
C’est une question légitime que nous avons dû nous poser[1], étant donné le temps l’argent et l’énergie que la composition et la production de nouveaux chants demandent ! Mais nous sommes pleinement persuadés que ce ministère en vaut la peine.
Le paysage évangélique en francophonie est dominé par deux recueils : Sur les ailes de la foi (ou son successeur À toi la gloire) et les J’aime l’Éternel. Nous remercions le Seigneur pour le service qu’ils rendent aux Églises, mais deux recueils ne peuvent pas couvrir toute la richesse de la vérité biblique. Certains thèmes très présents dans la Bible y sont peu représentés. Combien de fois avons-nous écouté une prédication qui aborde des sujets tels que la Parole, la confession du péché, la sanctification, l’amour fraternel, la mission, ou la souffrance, et pourtant très peu de chants du répertoire semblent convenir ? Nous rendons aussi grâces à Dieu pour les artistes francophones contemporains qui cherchent à communiquer la Parole fidèlement, mais la plupart de cette musique est destinée à l’écoute et n’est pas très abordable pour une assemblée. On y ajoute notre conviction que la Bible nous appelle à chercher à transmettre l’Évangile sous une forme qui est accessible au plus grand nombre (p. ex. 1 Co 9.22-23), ce qui exige de nous que nous repensions continuellement notre manière de communiquer la vérité.
Pour toutes ces raisons, nous avons voulu apporter notre contribution au répertoire de chants qui transmettent toute la richesse des Écritures, qui sont relativement chantables pour les Églises, et qui sont écrits dans un style qui est compris par notre culture, qui reflète la diversité du corps de Christ et qui réunit les générations.
La grâce de Dieu est toujours nouvelle. Elle nous pousse constamment à chercher de nouveaux moyens d’exprimer sa grandeur.
Enfin, la Bible nous appelle à « chanter un cantique nouveau » (Ps 33.3, 96.1, 98.1, 149.1, Es 42.10) – ce sera même le cas au ciel (Ap 5.9) ! La grâce de Dieu est toujours nouvelle. Elle nous pousse constamment à chercher de nouveaux moyens d’exprimer sa grandeur. Pourrons-nous un jour achever la tâche de composer des chants en l’honneur de sa grâce infinie ?
Qu’apprend-on des chants que l’on trouve dans la Bible ?
La Bible est remplie de chants. On pense d’abord aux Psaumes, bien entendu. Mais nous pourrions aussi évoquer les chants de Moïse (Ex 15 et Dt 32), celui de Déborah et Barak (Juges 5), celui de David (2 Sam 22), ceux d’Esaïe (Es 5 et 26), tout le livre du Cantique des Cantiques et les chants au ciel (Ap 5, 14, 15). On y ajoute la prière poétique d’Anne (1 Sam 2) et celle de Marie (Luc 1.46-55), sans mentionner l’énorme quantité de textes prophétiques écrits sous forme de poésie. Enfin, on entend parler à maintes reprises de chants et de chanteurs, sans qu’on ne nous fournisse les paroles. On ne peut pas résumer succinctement tout ce que l’on y trouve – ce serait le sujet de tout un livre ![2] Mais voici quatre constats (qui sont vrais dans l’Ancien ainsi que dans le Nouveau Testament) :
- Les chants sont profondément théocentriques. Que ce soit sa bonté, sa justice, sa puissance, ses œuvres de salut ou ses jugements, ils ne cessent de rappeler le caractère et les haut faits de Dieu. Le chant est avant tout un moyen de communiquer toute la richesse de sa vérité. Nous constatons que cela reste le cas, même au ciel !
- Les chants sont un moyen d’adorer. Tous ces constats à propos de Dieu et de ses œuvres amènent les chanteurs encore et encore à faire ses éloges. Les chants débordent d’expressions de joie, de reconnaissance et de louange.
- Les chants sont communautaires. Il y a bien sûr des exceptions, mais la grande majorité des exemples ont lieu lors de (ou sont destinés aux) rassemblements du peuple de Dieu. Chanter ensemble est un moyen de se fortifier mutuellement dans notre foi.
- Les chants se servent des arts. La musique et la poésie sont des bonnes créations de Dieu dont on peut se servir pour renforcer le sens des paroles, y compris les expressions culturelles de l’époque de l’Ancien Testament, comme le langage figuré ou les instruments. Si le Nouveau Testament ne contient aucun appel explicite à faire de même, nous croyons que l’enseignement de Paul (p. ex. 1 Co 9) encourage l’utilisation sage de formes culturelles qui aident à communiquer l’Évangile.
Qu’est-ce qui fait la spécificité d’un chant écrit pour les Églises ?
Notre réponse à la question précédente nous aide à cet égard. En effet, le verset phare en matière de chant dans l’Église (Col 3.16) reprend nos 3 premiers constats. Le chant est avant tout un moyen de faire demeurer en nous la « parole de Christ » (le message de l’Évangile, le centre des Écritures) « dans toute sa richesse ». Cela se fait lorsque les chants nous permettent de louer Dieu ensemble en réponse à sa grâce et de nous instruire les uns les autres par la Parole. Un chant d’assemblée doit donc être, au minimum, vrai ! Mieux ; un chant (ou au moins l’ensemble de nos chants) devrait communiquer toute la richesse de la vérité biblique, surtout la centralité du Christ et du salut (p. ex. En Jésus seul). Les paroles sont plus efficaces lorsqu’elles enseignent et appliquent la vérité à nos vies (p. ex. Devant le trône) et lorsqu’elles nous donnent les mots pour exprimer notre adoration en réponse à la vérité (p. ex. Dieu tout-puissant).
Ces trois constats (parole, instruction mutuelle, adoration) ont aussi des implications pour la forme poétique et musicale. Puisque les chants sont au service de la Parole, la poésie et la musique devraient servir le contenu des paroles. Par exemple, si le sujet est une célébration du salut, le choix des mots et le style de la musique peuvent renforcer (ou miner) une ambiance de joie. Et puisque les chants sont au service de l’Église, la forme doit aussi faciliter la participation de l’assemblée. Par exemple, le langage doit être compréhensible, et la mélodie chantable.
Quels seront les thèmes abordés dans la deuxième partie de l’album « En toutes choses » ?
Comme nous avons noté dans notre réponse à la première question, nous sommes souvent motivés à aborder des sujets qui sont très présents dans la Bible mais peu représentés dans les répertoires actuels. C’est surtout le cas pour ce nouvel album, qui traite de sujets liés à la vie chrétienne. Après avoir présenté l’essentiel de l’Évangile (notre premier album éponyme) et la centralité du Christ (notre deuxième album, « Contemplez Christ »), il nous a semblé assez naturel d’explorer l’impact de l’Évangile sur nos vies. C’est donc un album plus personnel et pratique, sans perdre de vue Christ !
La première partie (qui est sortie au mois de mai) est plutôt axée sur l’impact de l’œuvre de Dieu sur notre identité et notre mentalité (quelles que soient nos circonstances extérieures, nous sommes sous la grâce, en Christ, remplis de l’Esprit et scellés dans les bons desseins de Dieu). La deuxième partie est plutôt un appel à l’action en réponse à la grâce de Dieu. Un thème récurrent est la Parole, sur laquelle nous devons construire notre vie face aux doutes et aux tentations. Un autre thème clé est la sanctification : en tant que peuple racheté, nous voulons consacrer nos vies entièrement à la gloire de Dieu, que ce soient les attitudes de nos cœurs, nos relations dans l’Église, nos activités quotidiennes ou notre témoignage dans ce monde. Nous reconnaissons donc nos faiblesses et nos échecs, mais nous nous appuyons sur sa grâce qui nous pardonne sans cesse et nous motive à poursuivre la route. Enfin, plusieurs chants nous invitent à lever les yeux vers la fin de la course, où la foi sera remplacée par la vue, le péché par la perfection et la souffrance par la joie.

