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Comme tout le monde, j’ai entendu parler du véganisme depuis quelques années déjà et le sentiment de base qui en ressortait était plutôt négatif à cause de son extrémisme. Cette manière de vivre à contre-courant de la société nous entraîne à voir les véganes au mieux comme des doux illuminés et au pire comme des forcenés prêts à des actes à la limite de la légalité pour dénoncer ce qu’ils voient comme de la cruauté envers les animaux.

Ainsi, la venue d’un livre traitant du véganisme à la lumière de la Bible ne pouvait que bien tomber afin d’avoir des clés pour se positionner en tant que chrétien sur le sujet.
L’auteur, Joël Favre, commence par clarifier les termes en donnant la définition du véganisme qu’il faut, entre autres, différencier du végétarisme et du végétalisme. Un végane va exclure tous les produits d’origine animale de son alimentation (viande et poisson, mais aussi produits laitiers, œufs, miel…), de son habillement (cuir, laine, soie…) ou de tout autre domaine (cosmétiques, loisirs…). Il ne s’agit pas que d’un régime alimentaire, mais d’un mode de vie.

Ce phénomène de société influence forcément l’église. Et en plus de raisons éthico-pratiques (souci de l’environnement, des animaux, de la santé humaine) de ce courant de pensée, certains cherchent des raisons théologiques pour devenir végane. Le principal argument biblique en faveur du véganisme repose sur le régime alimentaire d’Adam et Eve avant la Chute (chap. 1 et 2 de la Genèse). Puisque l’intention première de Dieu était que l’Homme se nourrisse de végétaux, les chrétiens devraient revenir à ça. Cependant, l’auteur explique que l’on peut voir à travers la révélation progressive de la Bible, que Dieu ne demande pas toujours à ce que l’on vive selon son intention première dans le jardin d’Éden. Ainsi, les chrétiens ne sont pas obligés de se marier ou bien de vivre tout nus ! De plus, avec les écrits de Paul (1 Timothée 4 et Romains 14) on comprend qu’en matière d’alimentation le chrétien est libre, le fait de manger de la viande ou non est un choix neutre du point de vue moral.

Véganisme

Véganisme

Véganisme

Éditions Clé. 67 pages.

Un chrétien devrait-il être végane ? Est-ce un choix moralement neutre ? Quelle idéologie sous-tend le véganisme ? Qu’en dit la Bible ?

Depuis plusieurs années, le véganisme connaît un véritable essor et ses adeptes sont de plus en plus nombreux. Certains vont jusqu’à dire que tous les chrétiens devraient être véganes.

Joël Favre explore les arguments avancés par les défenseurs du véganisme chrétien et les examine à la lumière de la Bible. Il nous donne ensuite des outils pour discerner les dangers du mouvement végane mais souligne aussi les préoccupations légitimes qui en sont la source. Il se penche ainsi sur les questions controversées du bien-être animal et de la protection de l’environnement et nous invite à réfléchir à la façon dont la foi chrétienne devrait influencer nos modes de consommation. Mais au final, il oriente nos regards vers les promesses de Dieu qui a un plan parfait pour sa création.

Éditions Clé. 67 pages.

Cependant, si le chrétien est libre de manger ce qu’il veut selon sa conscience, il est bon de se renseigner sur l’idéologie que sous-entend le véganisme : l’antispécisme qui prône une égalité de valeur entre toutes les espèces vivantes. Or, cette vision du monde ne concorde pas avec la vision biblique pour 3 raisons :
— L’homme se distingue des autres espèces animales par sa capacité morale supérieure, ce qui rejoint l’enseignement biblique de l’homme fait « à l’image de Dieu » contrairement aux autres créatures.
— Les antispécistes ont tendance à voir l’homme comme un parasite du vivant, il n’est pas égal aux animaux, mais inférieur et ne mérite pas d’être protégé. Finalement, l’humanité devrait diminuer et voire disparaître, c’est pourquoi l’avortement comme l’euthanasie sont fortement défendus.
— Cette idéologie est une religion de substitution où l’Homme prend la place de Dieu pour faire de la terre un nouveau paradis en éradiquant la souffrance, la maladie et même la mort grâce aux nouvelles technologies.

Ainsi, si le militantisme végane basé sur l’antispécisme n’a pas sa place dans l’Église, il est bon de se pencher sur les questions légitimes que soulève le véganisme concernant le bien-être animal et la protection de l’environnement.

On voit à de nombreuses reprises dans la Bible que Dieu se soucie des animaux et de sa création dans sa totalité. Il a donné à l’Homme la charge d’en prendre soin, mais il faut avouer que c’est un échec. La souffrance animale est plus que présente dans les élevages industriels intensifs tout comme dans beaucoup d’abattoirs. Et la consommation de viande qui a explosé ces dernières années provoque une pollution de l’air, des eaux et est la principale cause de la déforestation. Nous devons prendre conscience que l’industrie agroalimentaire nous a fait miroiter la promesse mensongère que nous pourrions avoir de plus en plus de viande de moins en moins chère.

Face à ces deux problèmes, l’auteur donne des solutions pratiques. Si nous souhaitons continuer à manger de la viande, il faut commencer par en manger moins et qui viennent de filière respectueuse des animaux et de la nature, les labels peuvent nous aider (par exemple le Label rouge). De même privilégier le local plutôt que le bio (40 % des produits bio viennent de l’étranger) permettent de limiter la production de CO2.

Pour conclure, je dirais que le contenu de ce petit ouvrage de 67 pages est pertinent et permet de donner de bonnes bases pour tout chrétien qui se poserait des questions sur son mode d’alimentation d’un point de vue biblique. Il propose quelques solutions pratiques et contient à la fin 5 pages de questions pour ceux qui souhaiteraient discuter de ce sujet en groupe.

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