Dieu dissimule l’avenir pour qu’on lui fasse confiance

Image par Daniel Reche de Pixabay

Dieu n’a pas seulement été là lors du choc de la terrible nouvelle. À divers moments le long du chemin, quand j’étais prêt à les entendre, il a donné d’autres paroles de réconfort, d’encouragement et d’éclaircissement. Une de ces paroles provient de ce qui peut sembler être une étrange source de réconfort : un passage de l’Ecclésiaste. La leçon à en tirer est que Dieu nous dissimule l’avenir pour que nous soyons obligés de lui faire confiance. Le texte dit :

Regarde l’œuvre de Dieu : qui pourra redresser ce qu’il a courbé ? Au jour du bonheur, sois heureux, et au jour du malheur, réfléchis : Dieu a fait l’un comme l’autre, afin que l’homme ne découvre en rien ce qui sera après lui (Ec 7.13,14).

Le contexte de ces versets est important. Les chapitres 6 et 7 de l’Ecclésiaste contiennent une série d’aphorismes ou de proverbes, même s’il n’est pas toujours facile de voir comment ils peuvent aller ensemble. En général, le chapitre 7 se concentre sur les choses qui peuvent sembler indésirables de prime abord, pour montrer qu’elles présentent en réalité un certain avantage. Le chapitre 6 montre que les choses qui semblent bonnes au départ ont aussi un mauvais côté. Le message ultime est qu’on ne peut pas toujours se fier aux apparences et qu’on ne devrait pas croire non plus qu’on peut toujours comprendre ce qui arrive. Si cela est vrai des choses que nous faisons et vivons, c’est d’autant plus vrai de Dieu et de ses voies !

Quand il n'existe pas de réponses simples Un regard différent sur Dieu, la souffrance et le mal
FEINBERG JOHN
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IMPACT. 192.

Comment un Dieu d’amour peut-il permettre que des choses terribles arrivent dans nos vies ?

Les chrétiens pensent souvent qu’ils sont outillés pour faire face aux tragédies qui peuvent survenir dans leur vie. Cependant, comme la plupart des gens, ils pensent qu’ils n’auront sans doute jamais à passer par ce type d’expériences. Que se passe-t-il lorsque nous suivons la volonté de Dieu au meilleur de nos capacités et que nous avons le coeur brisé par les épreuves ? Sommes-nous toujours sincères lorsque nous prions en demandant à Dieu qu’il accomplisse sa volonté ? Faisons-nous confiance à Dieu seulement lorsque tout va bien ou lorsque nos épreuves sont supportables ?

John Feinberg est bien placé pour nous entretenir au sujet des épreuves et de la souffrance. En 1987, sa femme a reçu un diagnostic de maladie génétique incurable. Sa femme, Patricia, et lui ont été éprouvés dans leur foi et leur approche de la bonté de Dieu face au fléau de la souffrance. De plus, ils ont découvert à quel point leur communauté chrétienne comprenait mal comment soutenir les personnes en crise.

Ce livre présente le problème de la souffrance sous tous ses angles. En se basant sur son expérience, l’auteur aborde la question de la justice de Dieu en examinant la nature de Dieu et de la grâce. Il explore les raisons bibliques pour lesquelles nous devrions éviter les platitudes et les clichés lorsque nous parlons à des personnes qui souffrent. Ensuite, il présente une approche qui peut réellement réconforter et encourager ceux qui sont en difficulté.

Dans les versets 13 et 14 cités plus haut, l’auteur de l’Ecclésiaste met l’accent sur la puissance souveraine de Dieu. Certains pensent que la question rhétorique « qui pourra redresser ce qu’il a courbé ? » signifie que si Dieu suscite quelque chose que nous considérons comme mauvais, nous ne pouvons pas le rendre bon (le redresser). En d’autres termes, nous ne pouvons pas contrarier la puissante main de Dieu. Si cette interprétation s’accorde certainement avec le verset 14 et ce qu’il enseigne sur le fait que Dieu provoque l’adversité, je pense que le point de l’auteur est encore plus général. C’est-à-dire que, tout comme personne ne peut redresser ce que Dieu courbe, personne ne peut courber ce qu’il redresse. Personne ne peut contrarier ce que Dieu fait, peu importe ce que c’est ; l’homme doit simplement se soumettre à la providence de Dieu.

Tout cela indique que l’adversité et la prospérité sont toutes deux dans la main de Dieu. D’ailleurs, le sage de l’Ecclésiaste le confirme au verset 14. Dieu envoie à la fois le bonheur et le malheur. Il nous dit d’être heureux dans les bons jours, ce qui peut sembler étrange dans la mesure où la plupart des gens ont tendance à être heureux dans les temps de prospérité. Toutefois, l’injonction à être heureux est très sensée. Certaines personnes ne s’autorisent qu’un temps limité de prospérité avant de commencer à s’inquiéter pour l’avenir. C’est un peu comme s’ils comptaient le nombre de bonnes choses qui leur arrivent, parce qu’ils croient qu’on ne peut avoir de la « chance » que pendant un certain temps avant que la « malchance » n’arrive. C’est comme s’ils pensaient que plus les choses vont bien, plus elles « s’emmagasinent » et retardent quelque désastre majeur. Plutôt que de profiter des bénédictions présentes, ils s’inquiètent de savoir à quel point ils seront frappés quand le bon temps prendra fin. Bien sûr, personne ne sait vraiment ce qui arrivera par la suite, donc toute cette inquiétude au sujet d’un avenir mauvais pointant à l’horizon est inutile. De même qu’il est vrai que des choses qui avaient mal commencé peuvent bien se terminer et vice versa, il est aussi vrai que quand les temps nous sont favorables, ils peuvent très bien être suivis d’autres temps favorables. Même si ce qui nous attend ensuite est la souffrance, pourquoi perdre la jouissance du présent ? Le sage nous dit donc d’être heureux. Ne laissez pas le mal qui peut ou non être imminent anéantir le bonheur de l’instant présent.

L’auteur nous dit ensuite qu’au jour du malheur, nous devrions « réfléchir ». Il ne dit pas qu’au jour du malheur, nous devrions être tristes. Il n’a pas besoin de le faire, cela vient naturellement. Nous devrions plutôt réfléchir. Mais à quoi devrions-nous réfléchir ou songer ? Nous devrions réfléchir à ce qui s’est passé, à l’alternance du bonheur et du malheur et prendre conscience que personne ne sait quand l’un ou l’autre viendra. En fait, ce qui semble bon peut s’avérer mauvais, et vice versa. Les choses ne sont pas toujours ce qu’elles semblent être. Ce à quoi nous devrions réfléchir le plus, c’est que Dieu a fait à la fois le jour du bonheur et le jour du malheur, et qu’il les assemble dans nos vies de telle manière qu’il nous est impossible de savoir ce qui se passera dans l’avenir.

Est-ce bien là ce que dit le passage ? Absolument, car l’auteur dit que Dieu assemble les événements de nos vies de telle manière « que l’homme ne découvre en rien ce qui sera après lui » ; cela signifie que Dieu structure nos histoires personnelles d’une manière qui dissimule l’avenir. Pourquoi nous dissimule-t-il l’avenir ? Je me suis débattu avec cette question, et il n’y avait qu’une seule réponse sensée (bien qu’elle ne soit pas précisée dans le texte). Si nous ne savons pas ce qui arrivera dans l’avenir, la seule option que nous ayons est d’attendre que le Seigneur nous révèle ce qui viendra ensuite et de lui faire confiance pour notre avenir. Il se peut que nous voulions changer ce que Dieu fera, mais le verset 13 nous rappelle que nous ne le pouvons pas. Nous devons nous soumettre à sa providence et simplement lui faire confiance. Si nous connaissions en détail notre avenir, nous pourrions croire que nous pouvons le manipuler et le contrôler sans compter sur Dieu. En bref, nous pourrions penser qu’il n’est pas nécessaire de faire confiance à Dieu.

Dieu dissimule donc l’avenir pour que nous soyons obligés de lui faire confiance.

 

Cet article est un extrait du livre « Quand il n’existe pas de réponses simples, Un regard différent sur Dieu, la souffrance et le mal » publié aux éditions Impact

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