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Note de l'éditeur : 

Cet article est une traduction de l’article paru le 4 août 2026 sur http://thegospelcoalition.org/article/odyssey-story-glory-misery/

Provenance : TGC USA

Homère commence son conte sur Ulysse de cette manière: «Parle-moi d’un homme complexe. Muse, raconte-moi comment il errait et était perdu.»

Peu d’œuvres ont marqué l’imaginaire comme l’ont fait L’Iliade et L’Odyssée. L’histoire intemporelle de L’Odyssée a récemment été adaptée pour un public moderne dans le film de Christopher Nolan. Son récit est à son meilleur lorsqu’il reste fidèle au classique d’Homère et il s’écarte du but lorsqu’il y ajoute des éléments modernes. Reprendre le livre en main en vaut largement la peine. Les lecteurs qui ne l’ont jamais lu apprécieront peut-être la traduction trépidante et accessible d’Emily Wilson, ou préféreront prendre leur temps avec la traduction plus poétique de Robert Fitzgerald. Mais qu’est-ce qui fait du poème épique d’Homère un classique fondamental de la littérature occidentale?

Ulysse est présenté comme un mystère complexe. Il est le génie qui se cache derrière la victoire sur Troie. La gloire de la victoire revient à son ingéniosité et à sa ruse. Et pourtant, L’Odyssée s’ouvre alors qu’il est loin de chez lui, brisé et réduit en esclavage, tandis que les prétendants de sa femme chapardent sa demeure.

L’Odyssée d’Homère résiste à l’épreuve du temps parce qu’elle reconnaît l’énigme — le mystère — de la gloire et de la misère humaines. La phrase «Parle-moi d’un homme complexe» résonne à travers l’histoire. Les réinterprétations de l’histoire d’Ulysse ne cessent d’apparaître parce que chaque génération se bat avec la même question concernant la complexité de l’être humain.

La gloire et la misère 

Dans la vision du monde de la Grèce antique, la célébrité et la gloire étaient désirées par-dessus tout. L’Iliade montre cette volonté d’accomplir des exploits glorieux au combat et de gagner la renommée et la reconnaissance. Les actes héroïques étaient vus comme un moyen d’atteindre une forme de vie immortelle — être à jamais gardé en mémoire au travers des chants des poètes et dans le cœur de tous.

Ulysse a gagné cette gloire et cet honneur. Sa célébrité, affirme-t-il, «s’élève jusqu’aux cieux». Les poètes et les musiciens chantent ses louanges. Il a gagné la gloire que les Grecs valorisent.

Pourtant, ironiquement, presque chaque fois que les louanges d’Ulysse sont chantées dans L’Odyssée, elles se terminent par des larmes et du chagrin. Sa femme, Pénélope, implore qu’on mette un terme à ces chants clamant la renommée d’Ulysse, car ils lui brisent le cœur. Après tout, sa notoriété glorieuse a été acquise au prix de la perte de sa famille et de son foyer.

Mais ce n’est pas seulement la femme d’Ulysse qui répond aux chants de sa gloire par des larmes. Ulysse lui-même finit par connaître la vaine folie de la «gloire» qu’il a gagnée. Le prix en est terrible: dix-neuf années de souffrance acharnée.

Dans L’Odyssée, même ceux qui avaient obtenu le plus de gloire dans L’Iliade se trouvent désormais à languir dans les enfers. L’un de ces héros morts déplore qu’il échangerait la gloire qu’il a acquise pour être simplement un serviteur vivant. Cette gloire est vide et signifie bien peu face à la misère présente.

Mal comprendre la gloire 

Homère touche du doigt le désir humain de gloire et le fait que, livrés à nous-mêmes, nous comprenons mal cette gloire. Désirer la gloire fait partie de ce que signifie être humain. Nous avons l’éternité gravée dans nos cœurs (Ec 3.11). Nous aspirons à une gloire éternelle dans laquelle nous pourrions nous réjouir. Mais cette gloire ne nous appartient pas, et nous n’avons pas le droit de la définir nous-mêmes. L’histoire de l’humanité est l’histoire d’une mauvaise conception de la gloire dont nous avons soif — et sur la manière de l’atteindre.

Lorsque nous échangeons la gloire du Dieu éternel contre notre propre renommée et nos accomplissements, nous finissons toujours dans la misère et la souffrance, même lorsque nous atteignons la gloire.

Lorsque nous échangeons la gloire du Dieu éternel contre notre propre renommée et nos accomplissements, nous finissons toujours dans la misère et la souffrance, même lorsque nous atteignons la gloire.

L’Odyssée pose les bonnes questions sur l’humanité: Qu’est-ce que cet être complexe? Comment faisons-nous face à la souffrance et y survivons? Quelle est la clé de la bonne vie?

Elle propose même une réponse en partie juste : la véritable gloire ne se trouve ni dans la guerre ni dans les accomplissements ; elle se trouve dans la joie du foyer. Ulysse n’est pas complet tant qu’il n’a pas retrouvé sa femme et son fils, accepté les bonnes limites qu’impose le foyer et renoncé au combat. La satisfaction se trouve dans un mariage fidèle et dans la famille.

L’Odyssée de Nolan affirme cela, mais y ajoute le message selon lequel il faut surmonter les traumatismes du passé et vivre dans l’espérance de l’avenir: «Abandonne le combat, abandonne le contrôle et vis.»

La définition de la gloire selon Dieu 

Cette présentation de la vie bonne reste, toutefois, incomplète. La vision d’Homère est courte par rapport à la gloire pour laquelle Dieu a destiné les êtres humains. Il en est de même pour Nolan. La conception biblique de la gloire de l’homme est très différente de celle des Grecs anciens et de sa réinterprétation moderne.

La Bible nous parle d’un homme complexe — Jésus-Christ — qui s’éloigne des splendeurs du ciel (Ph 2.1-11). Le Dieu fait homme ne voyage pas comme quelqu’un qui erre et est perdu. Il vient chercher et sauver une humanité perdue et complexe (Lc 19.10).

La conception biblique de la gloire de l’homme est très différente de celle des Grecs anciens et de sa réinterprétation moderne.

Comme le dit l’un des Pères de l’Église: «La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant.» La gloire de Dieu, c’est cet homme: Jésus-Christ. En Jésus, la gloire et la misère de l’humanité se rencontrent et trouvent leur résolution. Notre gloire et notre satisfaction dans la vie peuvent seulement être trouvées en le connaissant. Notre soif de gloire et de satisfaction est, ultimement, une soif de Dieu lui-même.

L’Odyssée reconnaît ce que Herman Bavinck appelle la «grandeur et la misère de l’homme». Mais Homère ne peut résoudre cette complexité comme Dieu le fait dans sa Parole. Comme nous le rappelle Bavinck: «Les Écritures connaissent les deux et elles répandent leur lumière sur l’homme et sur l’humanité; les contradictions sont réconciliées, les brumes sont dissipées et les choses cachées sont révélées. L’homme est une énigme dont la solution ne peut être trouvée qu’en Dieu.»

Ulysse était une énigme, un homme complexe qui soulevait des questions sur la vie. Les poètes anciens et les cinéastes modernes ne peuvent que poser ces questions et apporter des réponses partielles. Mais Dieu nous révèle le chemin et la promesse de la vie dans «la liberté de la gloire des enfants de Dieu» (Rm 8.21).

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