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La première déclaration du Petit Catéchisme de Westminster nous dit: «Le but principal de l’homme est de glorifier Dieu et de jouir de lui éternellement.» En tant que membres de la tradition réformée, nous adhérons sans doute à cette déclaration. Dans nos églises, nous nous attendons à ce que les prédications soient remplies de vérités bibliques et révèlent le caractère de Dieu.

Cependant, lorsqu’il s’agit de musique, nous laissons parfois nos standards s’affaiblir. Johann Sebastian Bach, un fidèle luthérien, a écrit que «le but et l’intention finale de toute musique ne devraient être rien d’autre que la gloire de Dieu et le rafraîchissement de l’âme», reflétant Westminster.

En réalité, la musique, comme la prédication est de la louange, a pour but d’édifier, unir, instruire et reprendre (2 Tm 3.16-17). Ainsi, les responsables d’église devraient examiner les chants choisis avec autant d’attention que les paroles prêchées.

La Bible démontre une louange théologiquement riche

Colossiens 3.16 dit: «Que la parole de Christ habite en vous abondamment; instruisez-vous et avertissez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs en vertu de la grâce.»

Avec cette exhortation de Paul, nous pourrions supposer que sa prochaine étape serait d’expliquer comment rédiger une bonne prédication. Mais il continue sur la lancée de la musique en instruisant les Colossiens à «s’enseigner et se reprendre mutuellement par des chants, avec reconnaissance dans leurs cœurs envers Dieu». Pour Paul, la théologie doit être prêchée à la fois par la parole et par le chant.

Tout au long du Nouveau Testament et dans l’Église primitive, l’orthodoxie ou la «bonne doctrine» était renforcée par ces deux façons. À une époque de persécution, l’Église chantait des vérités profondes telles que la Trinité, intégrant la doxologie à leur louange.

Pendant la Réforme protestante, Martin Luther croyait que la musique était un puissant outil de catéchèse. Il trouvait particulièrement utile la simplicité des hymnes pour enseigner aux enfants les vérités de l’Écriture.

La musique nous forme et nous façonne

Si un des buts principaux de la musique est le rafraîchissement de l’âme, nous ne pouvons pas ignorer l’effet communautaire qu’elle a sur nous. La musique nous lie, spirituellement, émotionnellement et physiquement.

Il suffit de regarder la tradition juive de l’Ancien Testament avec les Psaumes qui étaient au cœur du culte, mémorisés et chantés en assemblée. Les psalmistes, comme David, Moïse et Asaph, avaient pour but de composer des chants qui glorifiaient le Créateur et recentraient la chorale sur des vérités doctrinales clés, telles que la paix et le réconfort de Dieu (Psaume 23, Psaume 42), la repentance (Psaume 51, Psaume 130), et la joie qui découle de la confession de nos péchés à Dieu (Psaume 32). L’expression «Chantez à l’Éternel un cantique nouveau» apparaît cinq fois dans les Psaumes (et sept fois au total dans la Bible), soulignant l’importance d’expressions renouvelées et continues de la vérité.

Aujourd’hui, nous savons que la musique nous affecte physiologiquement. Une musique plus lente et apaisante soulage la tension musculaire et réduit même la perception de la douleur.

Chanter en communauté accentue encore ces effets. Harold Kallemeyn, mon ami, théologien et défenseur du chant des Psaumes, souligne cinq avantages à chanter des chants basés sur ou citant, le texte biblique.

Nous suivons un raisonnement. Qu’il s’agisse de renforcer notre foi en la Trinité, d’un chant enseignant le pardon ou simplement la joie de suivre Dieu, le chant bibliquement fondé nous guide clairement et simplement pour mieux comprendre une doctrine particulière.

Nous nous synchronisons. Nos battements de cœur et notre respiration s’unissent, reflétant l’unité trouvée dans le corps de Christ. Cela nous calme.

Nous approfondissons notre communauté. Nous nous enseignons l’orthodoxie par le chant, qui est souvent plus facilement mémorisé qu’une prédication.

Nous adorons avec le cœur. Ceux qui chantent entrent davantage dans une juste relation avec Dieu.

Nous devenons contre-culturels. À une époque où la performance est au centre et où les amplificateurs règnent, nous acceptons les imperfections de notre technique, car notre attention porte sur le contenu chanté, non sur la façon dont il est présenté.

Les dangers des chants superficiels

De nombreuses chansons chantées dans les églises aujourd’hui provoquent une réponse émotionnelle. Bien qu’il n’y ait rien de mal en soi à cela (je suis moi-même souvent émue en pensant à l’amour et à la grâce de Dieu), une théologie confuse peut plus facilement s’infiltrer lorsque «les mains levées» deviennent la finalité.

Ceux qui sont responsables de la louange musicale de l’église doivent être vigilants quant aux chants issus du New Apostolic Reformation (NAR), un mouvement qui privilégie l’expérience plutôt que l’Écriture, et les apôtres modernes plutôt que l’autorité biblique.

Si leur doctrine est ouvertement hérétique, leurs chants, eux, paraissent à première vue bibliques. Mais derrière des paroles «presque justes», une théologie déformée se glisse, et c’est ce petit écart qui finit par corrompre l’ensemble, surtout ceux qui sont à la découverte de Dieu ou nouveaux dans la foi.

Où allons-nous à partir d’ici?

Si nous enseignons à partir de la Parole, notre musique doit elle aussi être profondément enracinée dans ses vérités. Autrement dit, la louange et l’enseignement ne doivent jamais être considérés comme deux choses distinctes.

Dès lors, la question devient pratique: notre musique sert-elle réellement à glorifier Dieu et à rafraîchir l’âme, comme l’affirmait Bach?

Il serait utile d’avoir une grille d’évaluation des chants, autant pour ceux déjà dans l’inventaire que pour en ajouter de nouveaux. Certains critères doivent être stricts: théologie, alignement biblique et intégrité de l’auteur. D’autres peuvent être plus souples, comme l’équilibre entre Dieu et l’homme ou la pertinence du message pour notre contexte. La structure compte aussi: éviter la répétition excessive et la complexité qui décourage la participation.

Les hymnes constituent un excellent point de départ. Des groupes modernes comme CityAlight, Sovereign Grace Music, Impact et Héritage travaillent également à composer ou mettre en valeur des chants qui renforcent une saine doctrine et nourrissent l’assemblée.

En somme, revenir à la question fondamentale du Petit Catéchisme de Westminster: «Le but principal de l’homme est de glorifier Dieu et de jouir de lui éternellement», nous rappelle que la louange musicale n’est pas un simple accessoire. Elle est un puissant moyen d’enseignement, de formation spirituelle et de communion avec Dieu.



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