L’archéologie prouve-t-elle l’Ancien Testament ? Après avoir montré en quoi les principaux arguments archéologiques contre la fiabilité du texte biblique ne paraissent pas pertinents, nous nous intéresserons ici aux arguments archéologiques en faveur de l’historicité de la Bible, et plus spécifiquement de l’Ancien Testament.
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L’archéologie prouve-t-elle l’Ancien Testament? Après avoir montré en quoi les principaux arguments archéologiques contre la fiabilité du texte biblique ne paraissent pas pertinents, nous nous intéresserons ici sur des arguments archéologiques en faveur de l’historicité de la Bible et plus spécifiquement de l’Ancien Testament. Avant d’aller plus loin, précisons d’emblée encore une fois qu’il n’est pas pertinent d’attendre de l’archéologie qu’elle prouve l’historicité de l’Ancien Testament. Ceci dit, une fois que les attentes que l’on porte sur l’archéologie sont plus modestes et plus en phase avec la nature de la discipline, il est possible d’en retirer des éléments allant dans le sens d’une confirmation du récit biblique. Ainsi, on ne peut réellement espérer de preuves directes du texte, mais on dispose d’un grand nombre de preuves indirectes, c’est-à-dire contextuelles pour la plupart, qui corroborent les récits bibliques et les ancrent dans des cadres historiques précis. Pour cette émission, je m’appuie principalement sur les travaux du spécialiste Kenneth Kitchen. Ainsi, par exemple, si nous soulignons la grande distance qui sépare de l’époque des patriarches et donc l’absence logique de preuves directes de leur existence, Nous sommes toutefois en mesure de vérifier que ces récits contiennent des détails culturels spécifiques justement du deuxième millénaire avant Jésus-Christ. C’est le cas par exemple des noms personnels. On sait que les noms de type imperfectif amorites comme Jacob, Isaac, Joseph, représentent 55% des noms connus du début du second millénaire, une proportion qui a ensuite été divisée par deux. D’autre part, les détails juridiques et sociaux qui sont décrits dans la Genèse, comme l’adoption d’un héritier par un couple sans enfant, ou la législation sur les deux épouses et l’héritage, correspondent à ce qui se pratiquait à l’époque, comme nous le renseignent les archives de Marie et de Nuzi. Autre élément, la forme et le contenu de l’Alliance du Sinaï correspondent précisément exactement au format des traités de suzeraineté hittite du second millénaire tardif. A noter que ce format en question, qui inclut prologue historique, stipulations, dépôts du texte et lecture publique, est radicalement différent des formats de traités utilisés par la suite au premier millénaire. Kitchen précise que l’existence de ce format sophistiqué implique l’existence d’un chef hébreu, Moïse en l’occurrence, connaissant très bien les pratiques de la cour égyptienne ou des documents diplomatiques de l’époque. Ces éléments témoignent d’un ancrage dans les pratiques de l’Antiquité contre l’hypothèse d’une invention tardive. Plus proche de nous et donc mieux renseigné, La période des rois hébreux fournit là encore de solides éléments en faveur de la fiabilité du récit vétérotestamentaire. Ainsi, la chronologie des rois d’Israël et de Judas rapportée dans les livres des rois, chronologie d’une grande précision concordent étroitement avec les dates fournies par les sources mésopotamiennes. Des personnages des dynasties clés de la Bible sont mentionnés dans des inscriptions étrangères contemporaines, ainsi les rois Omri, Ahab et Jéhu sont attestés dans les textes de Salmanazar III. Le roi Ézéchias est mentionné dans les annales du roi assyrien Sénachérib, ou encore Joas, père de Jéroboam II, est mentionné par Adad Nirari III. Plus connue peut-être la stèle de Teldan, datée d’environ 841 avant Jésus-Christ, contient la première mention non biblique reconnue de la maison de David, confirmant ainsi l’existence de David en tant que fondateur d’une dynastie. environ 150 ans après sa mort supposée. Ajoutons à cela la stèle de Meshah qui mentionne Israël sous la dynastie d’Omri et fait très probablement référence à la maison de David également. Nous sommes également en possession de divers documents étayant à nouveau les données bibliques, ainsi par exemple de nombreux sauts et empreintes d’argile, notamment ceux datant de la chute de Jérusalem en 586 avant Jésus-Christ. Porte les noms de personnages familiers des livres des rois, des chroniques et de Jérémie. D’autres sources externes confirment les détails spécifiques des livres d’Esdras et de Néhémie. comme par exemple la politique de Cyrus de soutenir les cultes locaux, l’utilisation de l’araméen pour la communication officielle ou l’existence des adversaires de Néhémie que sont Sandbalat 1, Tobiya l’ammonite et Geshem l’arabe. En conclusion, ces différents éléments, loin de prouver directement l’historicité du texte biblique, appuient toutefois fortement son ancrage historique et culturel antique contre l’hypothèse souvent avancée d’une fiction tardive.
Nathanaël Delforge est passionné de théologie et de philosophie, il est également le créateur et l’animateur de Kurious, une chaîne YouTube d’apologétique chrétienne. Professeur de mathématiques dans le secondaire, il poursuit des études de théologie en parallèle. Il est marié et père d’une petite fille.





