Il est tout à fait possible de trouver des gens qui affirment que la science nous donne des raisons d’être prudents quant aux déclarations de l’idéologie du transgendérisme. Des scientifiques comme l’homosexuel athée James Cantor iront même jusqu’à vous dire (comme il le fit sur mon podcast) que la science médicale ne devrait pas encourager les traitements et la chirurgie en vue d’un changement de genre, à cause du mal que ceux-ci font aux personnes qui sont en dysphorie de genre. Mais la science a ses limites. Même si toute la communauté scientifique était d’accord en ce qui concerne les problèmes posés par l’idéologie du transgendérisme, elle ne pourrait jamais arriver à un impératif moral pour la sexualité humaine fondé sur la science. Ceci tient au fait que les revendications du mouvement transgenre ne sont pas de vraies revendications scientifiques, médicales ou même psychologiques. Ce sont des revendications d’ordre métaphysique.
En effet, même si une étude venait à démontrer que les petits garçons qui deviennent des filles (ou vice versa) sont plus heureux et ont une meilleure santé mentale, nous ne serions pas plus avancés dans le fait de savoir s’il est possible de changer le sexe d’une personne, et encore moins si c’est bien de le faire à un enfant ou pas. Les études scientifiques peuvent apporter des réponses sur les conséquences et sur la physiologie. Mais elles ne peuvent pas nous dire ce que signifie être un homme, une femme, ou même un être humain.
De la science à la métaphysique
Le dictionnaire définit la « métaphysique » comme étant « la branche de la philosophie qui traite des premiers principes des choses, y compris des concepts abstraits tels que l’être, le savoir, la substance, la cause, l’identité, le temps et l’espace ». Les prétentions métaphysiques du mouvement transgenre sont évidentes dans les efforts minutieux entrepris pour redéfinir les termes « homme » et « femme ». Prenons l’exemple d’une réponse donnée par Healthline, site web médical basé à San Francisco, à la question « Les hommes peuvent-ils tomber enceints ? » :
« Oui. Il est possible à des hommes de devenir enceints et de donner naissance à leurs propres enfants. En fait, c’est probablement beaucoup plus fréquent que vous ne le pensez. Pour l’expliquer, nous devons démonter certaines fausses idées sur la façon dont nous comprenons le terme « homme ». »
Healthline dissocie de la biologie la définition du terme « homme », en en faisant une question d’identification purement subjective, de sorte que même une personne dotée d’un utérus et d’ovaires – et qui peut tomber enceinte – pourrait être considérée comme un homme.
Remarquez ce qui se passe. Le mouvement transgenre a transporté la première question de ce débat culturel entièrement en dehors du champ scientifique. Par tous les caractères physiques identifiables, une personne peut être membre d’un sexe. Mais si, en dépit de tout cela, elle s’identifie comme étant du sexe opposé, c’est alors ce qu’elle est réellement, selon la conception du mouvement transgenre.
Nous ne faisons normalement pas les choses de cette façon. Je ne suis pas le premier à faire remarquer que dans tous les autres cas où le corps d’un patient contredit objectivement sa psychologie, nous le traitons comme un malade mental et le soignons avec compassion en conséquence.
Lorsqu’une patiente anorexique entre à l’hôpital, gravement mal nourrie mais convaincue que son corps est atteint d’obésité morbide, nous ne cédons pas à ce dangereux fantasme en lui faisant suivre un régime.
Les études scientifiques peuvent apporter des réponses sur les résultats et la physiologie. Mais elles ne peuvent pas nous dire ce que signifie être un homme, une femme, ou même un être humain.
Pourtant si cette même patiente se rend aujourd’hui dans de nombreux établissements médicaux et clame qu’elle s’identifie comme étant un homme, elle peut franchir le pas de se voir enlever des seins qui sont tout à fait en bonne santé. Cela est vrai même si la patiente est une enfant. Comme WORLD l’a rapporté, ce scénario se développe en Californie, où des filles qui n’avaient que 13 ans ont subi des doubles mastectomies.
Si nous cherchons à soulager toutes les autres formes de dysphorie corporelle en traitant l’esprit, pourquoi répondons-nous à la dysphorie de genre en « traitant » le corps ? La réponse est simple : nous n’avons plus de définition métaphysique commune des termes « homme », « femme » ou même « être humain ».
Des affirmations qu’on ne peut prouver
Existe-t-il une nature humaine ? La sexualité est-elle plus qu’une simple question de plomberie malléable ? Sommes-nous des hommes et des femmes au plus profond de nous-mêmes, et ces catégories nous disent-elles quelque chose sur le but de notre présence dans l’univers ?
La réponse que donne le Christianisme – et la réponse de presque tous les philosophes jusqu’à la dernière décennie – était un « oui » ferme. Pourtant aujourd’hui une idéologie qui dit autre chose est en train de prendre le contrôle des sciences, des académies, de l’industrie des médias et des institutions médicales. Ce coup d’État est fondé non pas sur des preuves empiriques, mais sur la volonté d’affirmer une hypothèse métaphysique indémontrable. Et ces révolutionnaires exigent – souvent sous peine de licenciement et de censure professionnelle – que les scientifiques et les médecins se taisent et se conforment à cette affirmation.
La réponse est simple : nous n’avons plus de définition métaphysique commune des termes « homme », « femme » ou même « être humain ».
Pourtant cette idéologie porte les germes de sa propre perte. Outre le fait qu’il est révoltant de faire des expérimentations sur le corps d’enfants, le mouvement transgenre n’a pas de véritable réponse à la question de savoir pourquoi nous avons le devoir moral de soutenir ses revendications ou de répondre à ses demandes. Après tout, s’il n’existe pas de nature humaine objective, ni de masculinité ou de féminité, il n’est pas très logique de parler d’une obligation d’aider les gens à « aligner » leur corps sur leurs sentiments. Cela fait-il partie de l’objectif humain de se sentir « naturel » dans son corps et d’aider les autres à le faire ? Qu’est-ce que le bonheur, et pourquoi est-il important ? Qui l’a dit ?
Répondre aux affirmations par des questions
À une époque où les faits les plus fondamentaux qui nous concernent sont remis en question, ces interrogations doivent être posées. En fait, si vous avez des amis, des membres de votre famille ou des professeurs qui font écho aux affirmations des transgenres , pourquoi ne pas utiliser des questions pour démasquer les hypothèses métaphysiques qui les sous-tendent ?
Par exemple, si quelqu’un affirme que les enfants en dysphorie de genre vont tenter de se suicider si leurs parents et leurs médecins ne corroborent pas leur opinion, demandez-lui si nous traitons ainsi d’autres patients qui s’auto-mutilent. Si une adolescente anorexique s’affamait parce qu’elle se croit obèse, la conforterions-nous dans cette croyance fausse et dangereuse ?
Ou prenons le cas de quelqu’un qui répète les slogans devenus populaires : « les femmes trans sont des femmes » et « les hommes trans sont des hommes ». Demandez à cette personne de définir les termes « homme » et « femme ». Si ces mots ne sont pas des descriptions de ce que nous sommes dans chaque cellule et dans chaque organe de notre corps (et même dans notre âme), alors que signifient-ils ? Inévitablement, cette personne devra répondre que celui qui se sent homme est un homme, et que celui qui se sent femme est une femme. Mais ceci, comme je l’ai souligné, est une affirmation métaphysique plutôt que scientifique.
Il est essentiel d’entendre les voix des critiques courageux comme Cantor qui condamnent à juste titre la transition de genre, en particulier chez les mineurs, comme une science de pacotille sans preuve à l’appui. Mais en dernière analyse, nous devons réaliser que ce qui motive réellement l’engouement pour la transidentité n’est pas une mauvaise science, ou n’importe quelle sorte de science.
Il s’agit d’une mauvaise philosophie—un ensemble de revendications métaphysiques qui définissent les êtres humains en dehors des réalités de l’existence. Et si nous avons l’espoir de restaurer la santé de nos institutions et de sauver de jeunes patients des abus psychologiques et physiques, nous devons affronter ces affirmations courageusement, en cherchant avant tout à comprendre comment nous avons été créés avant de permettre à quiconque de nous recréer.




























