Ma première impression de Jonathan Edwards n’était pas bonne. J’ai vécu pendant des années avec la vision déformée (et malheureusement courante) que m’avait transmise un manuel d’histoire du lycée. On aurait dit que la seule chose qu’Edwards avait faite était de prêcher le sermon « Entre les mains d’un Dieu en colère ».
À l’université, un étudiant plus âgé m’a convaincu de lire John Piper, et c’est là que je suis tombé sur des citations d’Edwards. Ces citations étaient étonnamment lumineuses et chaleureuses par rapport à l’image sombre et morose que je m’étais faite de lui.
Mais même cela n’a pas suffi à me donner envie de lire Edwards tout de suite. Je pensais que ces aperçus devaient être des exceptions et que ses livres seraient difficiles d’accès et remplis de feu et de soufre. Il est tragique de constater à quel point les manuels scolaires présentent souvent de manière erronée l’un des esprits et des cœurs les plus remarquables de l’histoire américaine.
Mes enfants méritent une meilleure introduction à Edwards. Les vôtres aussi. Pendant des années, cette première impression erronée m’a empêché de me nourrir du festin spirituel centré sur Dieu et voué à la louange du Christ qui se dégage des œuvres de Jonathan Edwards.
Le garçon qui a vécu — pour Jésus.
L’histoire américaine occupe nos esprits cet été 2026, alors que nous célébrons le 250e anniversaire de notre nation. Lorsque nous enseignons à nos enfants l’histoire de George Washington, d’Abraham Lincoln et de Benjamin Franklin, n’oublions pas les autres figures marquantes de notre histoire. L’œuvre théologique et évangélique d’Edwards a été tout aussi importante pour la formation des États-Unis que les philosophies politiques d’autres grands dirigeants.
Les manuels scolaires minimisent souvent le rôle clé qu’Edwards a joué dans le Premier Grand Réveil et la manière dont ce renouveau spirituel a préparé les esprits et les cœurs des Américains à la Révolution qui allait suivre. Et nous voyons en lui, contrairement à bon nombre des pères fondateurs de notre nation, un amour manifeste pour Jésus et les Écritures chrétiennes. Nous n’avons pas à deviner ce qu’Edwards pensait des questions les plus importantes.
Voici quelques leçons que je souhaite que mes enfants tirent de la vie et du ministère d’Edwards.
1. Dieu parle dans sa Parole et dans le monde.
Bien avant de devenir un grand étudiant et prédicateur de la Parole de Dieu, le jeune Edwards a appris à étudier le monde de Dieu.
Toutefois, ne minimisons pas l’importance d’apprendre à connaître Dieu de sa propre bouche, telle que révélé dans sa Parole. Le fait qu’il ait parlé et qu’il continue de parler dans sa Parole par son Esprit est une merveille qui mérite d’être célébrée tout au long de notre vie.
Edwards a appris à connaître Dieu en passant de longues heures en plein air, en observant attentivement la création, en essayant de comprendre comment elle fonctionne
Pourtant, Dieu veut que son Livre aille de pair avec ce que nous voyons et apprenons de lui à travers son monde. Les cieux aussi racontent la gloire de Dieu (Ps 19.1 LSG). Edwards a appris à connaître Dieu à travers son monde, en passant de longues heures en plein air, en observant attentivement la création, en essayant de comprendre comment elle fonctionne et ce que notre monde nous enseigne sur le Dieu qui l’a créée.
Il faut notamment noter qu’Edwards éprouvait une fascination particulière pour les araignées. Loin de les fuir comme beaucoup d’entre nous, elles éveillaient sa curiosité. Il souhaitait rassembler tout ce qu’il pouvait apprendre à leur sujet, car il savait que leur Créateur avait tout fait dans un but précis.
2. Dieu n’a pas de petits-enfants.
Edwards avait dix sœurs et aucun frère, ce qui, j’en suis sûr, a rendu son enfance atypique. Mais le détail le plus significatif concernant son enfance est qu’il a été élevé dans un foyer chrétien.
Son père était pasteur et tenait profondément à ce que tous ceux qui entendaient ses prêches se repentent personnellement de leurs péchés et parviennent, par la foi, à se reconnaître comme des fils adoptifs de Dieu. Adolescent, Edwards a entendu ce message haut et fort et a développé un souci profond et constant pour son âme et sa foi personnelle. Il ne s’est pas contenté de s’appuyer sur la foi de ses parents, mais s’est efforcé (parfois avec acharnement) de s’assurer que sa foi était bien la sienne et qu’elle était authentique.
Edwards ne se contentait pas de jouer le rôle de « petit-enfant » de Dieu simplement parce que ses parents étaient chrétiens. Il voulait faire l’expérience de la vraie foi qui faisait de lui un enfant de Dieu. Avec le temps, et au prix de nombreuses souffrances, il en vint à reconnaître qu’il appartenait bel et bien à Dieu.
3. Nous n’avons pas à choisir entre la pensée et les sentiments.
Lorsque j’ai découvert Edwards pour la première fois, j’ai supposé que son immense intelligence devait signifier qu’il avait un cœur limité. Mon manuel de lycée renforçait cette impression.
Cependant, lorsque j’ai lu Edwards moi-même, en particulier ses sermons, j’ai compris à quel point un esprit tourné vers Dieu et un cœur tourné vers Jésus vont de pair. Ils se renforcent mutuellement. Un grand esprit, mis à bon escient, est au service d’un grand cœur pour le Dieu qui a créé toutes choses et pour le Fils qu’il a envoyé afin de nous sauver de nos péchés. Edwards aimait à la fois la personne de Jésus et l’étude des paroles de Dieu dans la Bible.
Il comptait parmi les plus grands esprits de son époque et de l’histoire américaine. Pourtant, malgré un esprit aussi rigoureux, il restait émerveillé par Jésus et les Écritures chrétiennes. Les écrits d’Edwards regorgent d’éloges sur la grandeur et la douceur de la connaissance de Jésus.
4. Nous pouvons apprécier des héros imparfaits.
Aucun des héros que l’on rencontre dans l’histoire de l’Église ou dans les pages des Écritures n’est parfait — à l’exception d’un seul. Edwards a commis de nombreuses erreurs en tant que pasteur. L’une d’entre elles a été de mener seul son ministère pendant si longtemps, sans une équipe de collègues pasteurs pour repérer ses angles morts et adoucir ses aspérités.
Les écrits d’Edwards regorgent d’éloges sur la grandeur et la douceur de la connaissance de Jésus.
Bien plus grave encore, comme beaucoup à son époque, il était aveugle aux méfaits de l’esclavage. Il lui arrivait parfois d’agir de manière imprudente dans des situations sociales complexes. Edwards était un pécheur, et son péché a profondément blessé autrui.
Mais nos héros peuvent avoir des défauts s’ils les reconnaissent et s’ils ont pour Héros Jésus. En effet, le grand Héros et les héros imparfaits de l’histoire œuvrent ensemble pour enseigner à nos enfants deux vérités complémentaires. Premièrement, qu’ils sont imparfaits et pécheurs, et qu’ils ont besoin de pardon. Et deuxièmement, qu’en Jésus, Dieu a mis à notre disposition le seul Héros capable de nous sauver de notre péché. Ce n’est que grâce à Jésus que nous pouvons être considérés comme justes devant Dieu ou recevoir la force du Saint-Esprit pour faire le bien autour de nous.
Nous ne sommes pas la première génération à marcher sur les traces de Jésus. Edwards et d’autres héros comme lui peuvent nous aider, ainsi que nos enfants, à suivre le grand Héros. Et plus tôt nous les y initierons, mieux ce sera.
