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Pourquoi j’ai contribué à la mise en place de rencontres locales pour les pasteurs

Face aux défis de l’année 2020, de nombreux pasteurs ont ressenti de l’isolement, de la tension dans leurs relations et l’absence d’un espace dans lequel ils pourraient aborder les problèmes majeurs auxquels leurs paroisses et leurs communautés étaient confrontées. Cette situation a engendré un épuisement professionnel et, dans bien des cas, un départ prématuré du ministère pastoral.

Dans ce contexte, j’ai implanté une Église à Sanford, en Floride. Notre Église a cependant rapidement compris que, pour que notre ville prospère à la gloire de Dieu, il faudrait bien plus que notre seule Église pour faire bouger les choses. Nous avions besoin d’une communauté, d’une ville et d’une région disposant de pasteurs engagés à se fortifier mutuellement dans l’unité pour l’Évangile de Jésus-Christ et l’avancement de son royaume.

J’ai l’impression que d’autres pasteurs ressentent le poids du manque de renouveau et d’unité parmi les pasteurs et les Églises. Les défis quotidiens du ministère sont déjà suffisamment difficiles. Un ensemble de pressions culturelles et un climat de plus en plus clivant rendent la tâche encore plus ardue.

Les pasteurs ont besoin les uns des autres. Mais où trouver le renouveau et l’unité dont nous avons besoin ?

Des amitiés pastorales

J’ai commencé par contacter d’autres pasteurs locaux partageant les mêmes idées. Les pasteurs sont souvent sur la défensive lorsqu’ils rencontrent un autre pasteur de leur région. Des questions surgissent naturellement : « Qu’est-ce que ce pasteur veut de moi ? » « Essaie-t-il de détourner des fidèles de notre Église ? » Pour dissiper ces soupçons, nous devons nouer des relations authentiques.

Grâce à des amitiés pastorales, j’ai commencé à voir le Seigneur agir providentiellement, de manière ordinaire mais puissante, pour apporter unité et renouveau. Nombre de pasteurs étaient isolés et épuisés par les exigences du ministère et les pressions du contexte politique et social. En tant que jeune pasteur, j’étais profondément touché par la sincérité avec laquelle des pasteurs expérimentés me confiaient leurs difficultés. Au fil de nos amitiés et de nos prières, beaucoup m’ont fait part de leur vie avec honnêteté et humilité.

Grâce à des amitiés pastorales, j’ai commencé à voir le Seigneur agir providentiellement, de manière ordinaire mais puissante, pour apporter unité et renouveau.

Je pensais qu’en mettant ces hommes en relation, ils pourraient s’encourager mutuellement et s’entraider face aux difficultés du ministère. J’ai donc commencé à mettre en relation des pasteurs entre eux : de jeunes implanteurs avec des pasteurs expérimentés. Au fil du temps, j’ai vu l’œuvre du Saint-Esprit renouveler et unir les pasteurs de notre région, non pas grâce à des programmes ou à des actions de sensibilisation, mais grâce à l’Évangile de Jésus-Christ qui nous unit depuis toujours.

L’unité dans l’Évangile

Après avoir beaucoup prié, et après avoir entendu les témoignages de pasteurs locaux qui aspiraient à un lieu sûr pour se réunir avec d’autres bergers partageant les mêmes convictions, j’ai réuni quelques-uns de mes plus proches amis pasteurs. Notre première rencontre fut un moment magnifique : des pasteurs venus de toute la région échangeaient, riaient, pleuraient, priaient et partageaient un petit-déjeuner et un temps de fraternité. C’était merveilleux.

Un pasteur local nous a guidés dans un temps de prière, nous encourageant à nous mettre en binôme avec une personne que nous ne connaissions pas et à prier ensemble en nous appuyant sur les Écritures, tout en partageant nos fardeaux et nos demandes. Un autre pasteur nous a invités à chanter des louanges à Dieu. Il y a quelque chose de particulièrement émouvant à entendre des pasteurs fatigués chanter ensemble pour le Seigneur. Puis, un pasteur expérimenté a partagé la Parole de Dieu et a évoqué les joies, les défis, les pièges et les embûches de son ministère pastoral, rencontrés au cours de ses nombreuses années d’expérience.

Au moment de conclure par le chant de la doxologie [NdT : cantique traditionnel du XVIIe siècle figurant parmi les cantiques les plus chantés dans l’histoire à la fin des cultes « Gloire à Dieu notre créateur » AF n°5], les hommes avaient les larmes aux yeux et un sourire d’espoir illuminait leur visage. Nous avons ressenti un sentiment d’unité renouvelé et la certitude que nous n’avons pas à exercer notre ministère seuls. Nous ne sommes pas des ouvriers isolés, mais des collaborateurs dans le royaume de Dieu.

La réunion ne devait durer que deux heures, mais elle a finalement duré le double. Les pasteurs ont échangé leurs numéros de téléphone, programmé de futures rencontres et prolongé des conversations enrichissantes.

Nous ne sommes pas des ouvriers isolés, mais des collaborateurs dans le royaume de Dieu.

J’ai éprouvé une grande joie lorsque j’ai finalement dû demander à tout le monde de rentrer chez soi. Je ne peux qu’encourager tous les pasteurs à souhaiter prendre part à ce type de rassemblements.

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