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Mon épouse est à moitié japonaise. Son arrière-grand-père était samouraï avant que cela ne disparaisse, dans la lignée de nombreuses générations au service de l’Empereur. Elle a du sang de guerrier dans ses veines, donc quand elle parle je l’écoute. C’est mieux pour tout le monde. Comme le katana de ses ancêtres, elle a la langue bien aiguisée, et elle parle avec conviction.

Et quand le sujet de la soumission est évoqué, elle reste rarement calme. Et peut-être pas pour les raisons auxquelles on pourrait s’attendre. « Pourquoi les gens cherchent-ils à détruire quelque chose d’aussi essentiel ? »  me dit-elle souvent.

Une société sans soumission serait terrible. Et pourtant le terme est extrêmement négatif. Inaudible presque. Quand on regarde dans un dictionnaire de synonymes, voici ce qui ressort : « obéissance, subordination, obédience, observance, sujétion, servilité, docilité, discipline, servitude, esclavage ». Pas vraiment le genre de termes qu’on aime entendre dans les vœux de mariage !

En grec dans les textes bibliques, comme en français, le terme soumission vient de deux mots : « se mettre » « dessous ». L’image est puissante, c’est le concept de se placer volontairement sous une autre personne pour la porter.

La soumission est au centre de l’Évangile. C’était l’attitude de Jésus envers le Père. C’est l’attitude que nous sommes tous appelés à avoir vis-a-vis de Dieu, ainsi que l’appel qui génère le plus de rébellion contre lui. Comme le disait Blaise Pascal, « Soumission et usage de la raison, [voici] en quoi consiste le vrai christianisme ».

 

Ce que la soumission biblique n’est pas

La soumission biblique subit des attaques parce que nous la définissons souvent mal.

  1. Ce n’est pas négatif. Aujourd’hui le terme est synonyme d’esclavage. Mais quand on y réfléchit, nous sommes tous appelés à être soumis à la loi de notre pays, et c’est une bonne chose. Le contraire c’est l’insoumission et le chaos. La soumission permet d’avoir de l’ordre, de la sécurité, un équilibre. La soumission biblique dans le mariage n’est pas synonyme d’esclavage mais d’honneur, d’amour, de respect, de fidélité, de loyauté. C’est en réalité quelque chose de très positif.
  2. Ce n’est pas coercitif. La soumission biblique n’est pas quelque chose qui doit être forcé. Jamais la Bible ne demande aux hommes de soumettre leurs femmes, elle demande aux femmes de se soumettre. C’est à la fois volontaire et un geste d’amour. Une femme qui n’est pas libre ne peut pas se soumettre. Le mari qui prend une décision en affirmant « on fait comme cela parce que je suis l’homme et que je le dis » n’a rien compris au leadership biblique et à son obligation d’aimer « sans compter » (comme Christ a aimé l’Église). Un mari qui est abusif ne permet pas à son épouse de pratiquer la soumission biblique.
  3. Ce n’est pas dévalorisant. Jésus lui-même est soumis à Dieu le Père. La soumission ne signifie en rien une notion d’infériorité. Jésus est Dieu fait chair, égal à Dieu le Père. Mon épouse me rappelle souvent l’ironie du fait qu’en critiquant les rôles bibliques de la femme, la société a tendance à la dévaloriser encore plus.
  4. Ce n’est pas unidirectionnel. En Galates, Paul encourage les croyants à se soumettre les uns aux autres. Alors oui, la Bible encourage le mari à prendre le rôle de leader-serviteur, qui porte la charge et qui doit assumer le poids des décisions familiales. Mais cela n’empêche pas le mari d’avoir une attitude d’humilité et d’écoute. Et en ce qui concerne l’application des rôles bibliques, il faut que les deux y mettent du leur pour que cela fonctionne.
  5. Ce n’est pas de la faiblesse. Au contraire, cela prend énormément de force, de persévérance, de sagesse et d’intentionnalité pour mettre en pratique la soumission biblique.

 

Ce que la soumission biblique est

  1. La soumission biblique, c’est l’aide. En Genèse, Dieu crée le monde et pour Adam il crée une épouse pour qu’elle soit son vis-à-vis et qu’elle soit son aide. Dès la création, le rôle de l’épouse est d’apporter un soutien, un renfort, un boost. Et cette image de se mettre sous quelqu’un, se soumettre, c’est l’idée de porter quelqu’un. Certes, soumettre une personne pour qu’elle nous porte, c’est moche. Mais quand une personne emploie volontairement son énergie pour soutenir une autre personne, se met sous elle pour l’aider à porter une charge, c’est magnifique. Et ça c’est vraiment l’idée du mariage. Ensemble, au service l’un de l’autre, on est plus forts. Et personnellement je le sais, le jour où ma femme arrête de me soutenir, je m’écroule.
  2. La soumission biblique, c’est le respect. Lorsque Paul traite du sujet dans sa lettre aux Éphésiens, sa conclusion est : « Du reste, que chacun de vous aime sa femme comme lui-même et que la femme respecte son mari » (Ep 5 :33). La soumission est synonyme de respect. Se mettre sous quelqu’un volontairement, c’est accorder de l’honneur à une personne. Et pour les hommes, c’est un fait, l’approbation des épouses vaut de l’or en barre. Si le monde entier me dit que je suis moche mais que ma femme me dit que je suis beau, je suis l’homme le plus heureux du monde. Et si le monde entier me dit que je suis super mais que ma femme me dit que je suis à côté de la plaque, les paroles de ma femme auront plus de poids. Et c’est pour cela que le respect d’une épouse dans cette attitude de soumission est essentiel pour la famille. Ça construit ou ça détruit un homme, et toute la famille avec.
  3. La soumission biblique, c’est l’humilité. Se mettre sous quelqu’un d’autre demande un cœur humble. Et c’est une des plus belles qualités chrétiennes, l’humilité. C’est la capacité de faire passer les autres avant soi-même. De s’oublier au profit des autres. C’est contre la nature humaine égoïste et cela demande un vrai travail surnaturel de Dieu en nous. Et Paul le sait : si une épouse adopte cette attitude de soumission biblique dans le couple, c’est toute sa vie qui se déclinera avec une attitude qui plaît à Dieu.
  4. La soumission biblique, c’est la fidélité. L’idée de se mettre sous quelqu’un c’est aussi le langage de l’engagement, de la fidélité. C’est la stabilité, la force de la volonté, la consécration du cœur pour un combat quotidien.
  5. La soumission biblique, c’est l’unité. Ce geste de soumission est un pas gigantesque vers l’unité du couple. C’est adopter une mentalité qui vise à avoir une même pensée, un même sentiment, une même direction, un même cœur.

 

Ce que la soumission biblique fait :

Même si elle a du sang de guerrier, mon épouse aime beaucoup parler de soumission. Et voici sa conclusion :

  1. C’est libérateur. L’épouse n’a pas besoin de porter la charge que le mari porte.
  2. C’est sécurisant. Dieu a établi un ordre pour protéger la femme. D’ailleurs c’est un peu la discussion en 1 Timothée 2 : si Ève avait cherché à se soumettre à son mari plutôt que de vouloir prendre les devants, les choses ne se seraient pas passées ainsi.
  3. C’est surnaturel. La soumission, c’est faire passer quelqu’un d’autre avant soi. C’est de l’amour. Mais c’est aussi surnaturel, contre-nature, possible seulement par la force que Dieu donne, et cela nous rapproche de lui.
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