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Nous avons besoin d’eschatologie dès maintenant

Plus par Michael J. Kruger

Certaines des parties les plus négligées de toute la trilogie du « Seigneur des Anneaux » sont les chapitres qui suivent la bataille finale dans Le Retour du Roi. Dans ces chapitres, J. R. R. Tolkien exprime une vision du renouveau cosmique qui suit de près celle qui est exposée dans les récits bibliques.

On lit en Apocalypse 21.5 : «  Et celui qui était assis sur le trône dit : Voici, je fais toutes choses nouvelles. » Dieu a déclaré qu’un jour il remettra toutes choses en ordre. De même, à la fin du livre Le retour du roi, Tolkien décrit comment le mal a été vaincu et comment toutes choses ont été remises en ordre.

Après tout, dans ces derniers chapitres, il y a un rassemblement des « saints », une grande fête, de nouveaux chants de louange, et même, pour clore le tout, un mariage. Frodon et Sam reçoivent une couronne.

Ce sentiment est bien rendu par l’une des déclarations de Sam, qui est l’une de mes préférées dans toute l’histoire. Après la destruction de l’anneau au Mont du Destin, Sam se réveille de son sommeil, surpris d’être encore en vie et surpris de voir Gandalf. Il demande alors : « Est-ce que tout ce qui est triste cessera d’être ? Qu’est-il arrivé au monde ? »

Cette déclaration est assez profonde, parce qu’il ne s’agit pas là de savoir si les bonnes choses vont se réaliser. Il s’agit au contraire de se demander si les choses tristes vont prendre fin.

Ainsi, la déclaration de Sam, tout comme l’eschatologie chrétienne, reconnaît qu’il y a quelque chose de terriblement mauvais dans le monde. Ce dernier est rempli de tristesse, maudit par le péché, gémissant dans l’attente de sa rédemption. Et dans l’achèvement final, ces choses tristes vont prendre fin. La malédiction sera annulée. Le monde sera changé.

Tout le monde a une eschatologie

La déclaration de Sam nous rappelle tout l’intérêt de l’eschatologie.

L’eschatologie ne concerne pas tant les positions sur le millénium ou la structure de l’Apocalypse.

Il s’agit avant tout du problème du mal et de la façon dont ce problème sera résolu. L’eschatologie concerne la façon dont on traite les choses tristes du monde.

En ce sens, donc, tout le monde a une eschatologie. Le croyant, l’athée, l’agnostique, l’hindouiste – tout le monde doit rendre compte de la façon dont le mal sera traité. La question n’est donc pas de savoir si les gens ont une eschatologie, mais s’il s’agit d’une eschatologie convaincante et cohérente.

Et la vision chrétienne du monde a une eschatologie convaincante et cohérente. Elle peut expliquer pourquoi le monde est tel qu’il est (la chute), elle donne une définition du mal (violation de la loi de Dieu), et elle donne un réel espoir pour l’avenir (Dieu détruira le mal et restaurera toutes choses).

Soyons des chrétiens eschatologiques

C’est pourquoi l’eschatologie n’est pas un sujet qui devrait être réservé aux théologiens ou aux universitaires. C’est un sujet qui concerne chaque chrétien et d’ailleurs, chaque personne. Nous vivons tous dans un monde sombre. Et aucun message n’est plus pertinent pour un monde sombre que celui qui explique comment, un jour, ce monde sera changé.

Et ce message, peut-être aujourd’hui plus que jamais, est nécessaire dans un monde hanté par le coronavirus.

Alors, soyons des chrétiens eschatologiques. Non pas dans le but de gagner des débats sur la question de savoir quelle est la bonne vision du millénium, mais dans le but de proclamer l’espoir à un monde qui en a désespérément besoin.

Note de l'éditeur : 

Cet article a été publié à l’origine chez Canon Fodder.

Traduction : Joshua Sims

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