Les fonctions mentorales : survol de l’analyse séculière

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Évoquer les fonctions – le rôle – que les spécialistes attribuent au mentorat, aide à comprendre comment, et dans quels domaines, un mentor apporte une aide à son protégé ou mentoré. Ce qui permettra, dans un prochain article, d’examiner comment Jésus a formé ses disciples par sa divine pédagogie spirituelle.

 

D’un point de vue séculier, le mentorat est peu répandu dans la culture française.[1]

Pas étonnant, du coup, que ce concept rencontre des résistances dans l’Église.

Pourtant la revue Management & Avenir écrit :

« On parle peu de « mentoring » en France, alors que cette pratique d’accompagnement s’est fortement développée et implantée dans le monde anglo-saxon. Une étude auprès de 402 cadres diplômés d’une grande école de management française montre pourtant que ce type de pratique existe bel et bien dans la mesure où les fonctions traditionnelles du « mentoring » repérées dans la littérature sont effectivement identifiées dans les réponses fournies par les managers : développement de carrière et développement psychosocial. La relation hiérarchique de proximité s’avère être le berceau le plus fréquent de cette relation mentorale informelle entre un manager mentor et son protégé.[2] »

 

Ce sont ces fonctions caractérisées dans cet article développement de carrière-ou professionnel- et développement psychosocial que nous allons survoler.

 

Les fonctions mentorales

Elles ont été formalisées par Katy Kram[3], puis par d’autres [4] :

Les fonctions professionnelles

Les fonctions psychosociales

Exposition et visibilité Être un modèle 
Le mentorat permet aux principaux décideurs de reconnaître et apprécier les compétences, capacités et talents spécifiques d’une autre personne. Les actes et comportements doivent être exemplaires. Une personne modèle manifeste des attitudes, valeurs et comportements que les autres cherchent à reproduire.
Accompagnement Conseiller
 Partager des idées, donner des retours, proposer des stratégies afin d’atteindre les objectifs du travail. Écouter et aborder les problèmes professionnels et personnels, les soucis et les peurs que pourrait avoir le protégé ; donner des conseils, témoigner de l’intérêt et de l’empathie.
Parrainage  Acceptation et confirmation
 Soutenir, défendre et être attentif à une personne. Avoir un regard positif sur quelqu’un et lui faire confiance.
Protection Amitié
 Minimiser les facteurs d’implication dans des situations controversées et réduire les risques inutiles.  Interactions informelles au travail, volonté d’aborder des sujets variés.
Lancer des défis
Créer ou donner des missions difficiles et stimulantes.

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Certains ajoutent une fonction « politique » au rôle du mentor.

Bien que celle-ci semble couverte par les fonctions « professionnelles » et « psychosociales », dans le contexte d’un mentorat spirituel, qui accompagne un ministère dans l’Église, cette fonction politique permet d’élargir la vision de l’aide qu’un mentor peut apporter.

« Les fonctions [politiques] peuvent comprendre :

  1. L’accès à l’information
  2. L’accès aux réseaux informels et formels, et la familiarisation avec les aspects officieux
  3. La visibilité
  4. Le soutien : en cautionnant ou répondant et en agissant comme intermédiaire au besoin »[5]

 

Les fonctions mentorales selon Renée Houde[6]

« R. Houde est précurseure dans l’étude du mentorat propose une analyse différente. Voici sa proposition : douze différentes fonctions que peut remplir un mentor. Celles-ci ne se rattachent pas exclusivement à un contexte organisationnel, mais plutôt au mentorat de façon générale, donc appropriées au mentorat spirituel :

  1. Accueillir le protégé dans le milieu, le présenter aux autres membres
  2. Guider le protégé dans le milieu en lui faisant part des normes, des valeurs et des tabous de la culture organisationnelle
  3. Enseigner le protégé
  4. Entraîner le protégé à acquérir des habiletés précises reliées à la pratique d’un travail
  5. Répondre du protégé auprès des autres membres du milieu : le mentor est pour ainsi dire le répondant du protégé
  1. Favoriser l’avancement du protégé dans ce milieu
  2. Être le modèle du protégé : le protégé a besoin de s’identifier à son mentor (avant de s’en différencier)
  3. Présenter des défis au protégé et lui fournir l’occasion de faire ses preuves
  4. Conseiller le protégé sur une question ou une autre
  5. Donner de la rétroaction directe, utile et constructive
  6. Soutenir moralement le protégé, particulièrement en période de stress
  7. Sécuriser le protégé.

Selon l’auteure, ces fonctions peuvent s’exercer en visant le développement professionnel de l’individu ou en favorisant le développement intégral de la personne, parfois l’un à travers l’autre mais peut-être aussi l’un sans l’autre.[7] »

 

Questions :

  • En observant les différentes fonctions mentorales, parvenez-vous à cerner le rôle d’un mentor spirituel dans l’accompagnement d’une personne exerçant des responsabilités dans le Royaume de Dieu,?
  • En attendant le prochain article, qui mettra parallèle les « fonctions mentorales » et la pédagogie de Jésus, identifiez vos propres besoins d’accompagnement dans vos responsabilités dans la mission de Dieu.
  • Qui remplit ce rôle – ces fonctions- pour vous ?
  • Si vous êtes mentor, la relation avec votre-vos- protégé.e.s, recouvre-t-elle pleinement ces fonctions ?

 

[1] https://www.agrh.fr/assets/actes/2010ivanaj-persson.pdf consulté le 13 avril 2018

[2] https://www.cairn.info/revue-management-et-avenir-2012-5-page-79.htm? consulté le 13 avril 2018

[3] Kathy Kram, chercheuse à Boston University, (1985) reprises par 0’Neil (2005) et Ivanaj.

[4] Des variantes existent en fonction de positions professionnelles.

[5] http://www.rsv.espacedoc.net/fileadmin/forres/intro-relation-mentorale-doyon.pdf consulté le 13 avril 2018

[6] R. Houde est professeure associée au département de communication sociale de l’Université du Québec à Montréal, auteure de « Des mentors pour la relève », Presse de l’Université du Québec, 2009

[7] https://www.cairn.info/revue-de-l-entrepreneuriat-2010-2-page-34.htm consulté le 13 avril 2018

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