Compte tenu de ce cadre théologique, il n’est pas surprenant que les hommes et les femmes soient remarquablement différents à bien des égards, au-delà des variations culturelles. Non seulement ces différences ne disparaissent pas dans les sociétés qui se prétendent neutres sur le plan sexuel, mais il existe aussi des preuves qui suggèrent que certaines augmentent quand les gens sont libres de faire ce qu’ils veulent vraiment. (Pour reprendre un exemple largement diffusé, les différences entre hommes et femmes au test de rotation mentale sont plus importantes dans les pays où l’égalité des sexes est la plus grande). Les courbes en cloche des hommes et des femmes sont centrées à des endroits différents pour les caractéristiques physiques évidentes (taille, force, pilosité, etc.), mais aussi pour les caractéristiques hormonales, psychologiques et interpersonnelles.
Les hommes sont généralement plus agressifs, compétitifs, intrépides et prompts à prendre des risques. Ils ont aussi des mœurs légères, sont enclins à la violence, et la testostérone est associée à des niveaux plus élevés de confiance en soi, de libido et de statut social. Les femmes sont, en moyenne, prédisposées à la névrose et à l’amabilité. Par conséquent, les hommes sont souvent regroupés aux extrémités supérieures et inférieures de la société : les hommes ne sont pas seulement susceptibles d’être très riches ou très puissants (ce qui suscite toutes sortes de débats publics), mais aussi beaucoup plus susceptibles d’être des criminels, des tueurs, des sans-abri, d’être exclus ou en prison (ce qui ne suscite pas de débats).
Les groupes d’hommes sont davantage caractérisés par la lutte, le combat, les structures de pouvoir et la plaisanterie, tandis que les groupes de femmes sont généralement plus petits, moins directs dans la confrontation, égalitaires dans la structure, verbalement habiles et orientés vers les personnes plutôt que vers les objets. Les différences de genre peuvent être observées avant même que les enfants ne soient conscients de leur sexe (pour prendre un exemple tragique, 40 des 43 fusillades graves perpétrées par des enfants en bas âge en 2015 étaient le fait de garçons), et même chez nos plus proches parents animaux : la préférence masculine pour les camions plutôt que pour les poupées s’étend aux singes rhésus et aux singes vervets.
La complémentarité semble être câblée en nous en tant qu’êtres humains, même du point de vue de la recherche scientifique et sociologique laïque dominante.
La complémentarité semble être câblée en nous en tant qu’êtres humains, même du point de vue de la recherche scientifique et sociologique laïque dominante.
Julie Turner, rédactrice en chef du magazine en ligne Slate, a déclaré que le fait que ses deux jumeaux soient des garçons avait constitué un défi important pour son engagement en faveur du genre en tant que construction sociale, et elle a remarqué, d’une manière assez intéressante, que malgré sa bonne foi égalitaire « Il y a bien quelque chose. » Ce à quoi l’éthicienne Christina Hoff Sommers a répondu ironiquement dans le magazine en ligne The Federalist : « En effet il y a quelque chose. Et il faut un diplôme en arts libéraux pour ne pas le voir. »
Si j’évoque cet exemple ce n’est ni pour valider l’une de ces différences, ni pour excuser la propension des hommes à la promiscuité et à la violence, comme si la science les rendait en quelque sorte vertueuses. J’en parle pour quatre raisons :
- La complémentarité semble être câblée en nous en tant qu’êtres humains, même du point de vue de la recherche scientifique et sociologique laïque dominante. La grande majorité des humains le savent de manière intuitive, mais dans une culture comme la nôtre, où la plupart d’entre nous n’ont jamais combattu pour leur patrie, ne sont pas morts en couches, ne sont jamais descendus dans les mines ou n’ont jamais colonisé de frontière, cela est tombé dans l’oubli. Les faits, cependant, s’obstinent.
- Il existe une correspondance intéressante entre plusieurs de ces aspects et le genre de choses que nous nous attendrions à trouver si Genèse 1-4 était vrai, et si l’homme (adamah=terre) avait été chargé de protéger le jardin des attaques, et que la femme (havah=vie) avait été considérée comme la mère de tout ce qui vit.
- Au niveau pastoral, il peut être rassurant d’entendre que nous ne nous faisons pas d’idées lorsque nous observons que les hommes et les femmes sont généralement prédisposés à différentes sortes de péchés ou faiblesses (#MeToo, #ToxicMasculinity, #HeForShe) et que nous devrions faire des disciples en conséquence.
- Cela éclaire d’une manière intéressante (et très évidente) les différences biologiques entre les hommes et les femmes, ainsi que leur signification. Imaginez un extraterrestre visitant la terre et découvrant qu’un sexe est plus grand, plus fort et plus poilu que l’autre, avec des organes sexuels externes et tournés vers l’extérieur, tandis que les organes sexuels du partenaire plus petit sont internes et servent à la fois pour les rapports sexuels et la grossesse. Imaginez ensuite qu’ils découvrent que, d’une manière générale, l’un d’eux est plus doué pour nouer des relations, faire fonctionner des petits groupes et travailler avec des personnes, tandis que l’autre est plus apte à agir de l’extérieur, à prendre des risques et à travailler avec des objets. Enfin, imaginez qu’on leur présente les catégories bibliques pour décrire les sexes : les tours et les villes, les guerriers et les jardins, les prêtres et les temples, l’époux taché de sang et l’épouse pure et immaculée. A qui notre extraterrestre attribuerait-il telle ou telle caractéristique ?

