Le « fusil de Tchekhov » et l’histoire de Jacob
La Genèse raconte beaucoup de choses en relativement peu de mots. Elle nous dit rarement à quoi ressemblent ses personnages, décrit peu les paysages et ne s’attarde presque jamais à peindre un décor simplement pour créer une atmosphère. Lorsqu’un détail concret apparaît dans le récit, il mérite donc souvent qu’on s’y arrête. On peut rapprocher ce constat de ce que l’on appelle, dans la théorie dramatique, la « loi de conservation des détails » également connue sous le nom de « fusil de Tchekhov ». Selon le dramaturge russe, si un auteur prend la peine de signaler au début d’une pièce qu’un...