Je continue d’aller travailler en période de confinement

Photo by Ani Kolleshi on Unsplash

Je fais partie des rares qui ont encore le privilège ou l’obligation d’aller travailler dans cette période bien particulière que traverse notre pays et le monde entier. En effet, je suis infirmière…

En parcourant les différents articles de journaux, les réseaux sociaux, en écoutant la radio ou la télévision, je constate les différentes initiatives qui se mettent en place pour honorer le travail des soignants et leur rendre hommage d’une manière ou d’une autre en les saluant tels des héros et des sauveurs !

Je me rends compte qu’il est très facile pour mon cœur pêcheur de rater la cible alors que je me rends à mon travail dans cette ambiance si particulière.

Je crois qu’il est bon de me rappeler qui je suis, et surtout qui est Dieu dans tout cela. Comment désire-t-il que nous vivions, lorsque nous nous rendons au travail en traversant les rues presque vides, en passant les frontières (je suis travailleuse frontalière) où les contrôles de police nous déroulent le tapis rouge dès lors que nous montrons notre attestation professionnelle ?

Avant tout, alors que je peux aller travailler pendant que d’autres sont confinés à la maison, au lieu d’être jalouse du temps qui leur est donné malgré eux (ce que je dois dire, je suis un peu…), je veux me rappeler que le travail est une bonne chose, qu’il soit rémunéré ou non d’ailleurs. Dieu ne nous a pas créé oisifs, et je crois que beaucoup, confinés chez eux, vont expérimenter cette vérité d’une manière ou d’une autre. En effet, Dieu nous a créés pour œuvrer, travailler, accomplir quelque chose et ainsi refléter qui Il est en tant que Créateur qui ne sommeille ni ne dort, mais qui œuvre à notre salut. Dans ce sens, alors que je travaille, j’accomplis une des missions que Dieu donne à l’humanité en Genèse 1 et 2. Je nous encourage à réfléchir au sens du travail – et si nous voulons aller plus loin dans cette réflexion, de très bons articles[1] sur le travail sont disponibles sur le site E21.

Si je peux exercer ma profession de soignante et que j’ai eu le privilège de faire les études me permettant d’accéder à cette profession, c’est d’une part parce que j’ai les capacités physiques et la bonne santé pour pouvoir exercer mon métier, et d’autre part parce que j’ai les neurones qui connectent assez bien pour suivre les études qui y correspondent. Cependant, ces capacités ne viennent pas de moi :

« Car qui est-ce qui te distingue ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te glorifies-tu, comme si tu ne l’avais pas reçu ? »

(1 Cor 4.7 ). Si j’ai pu étudier plus ou moins longtemps pour obtenir un diplôme de soignant et pour exercer ma profession, c’est à la base parce que Dieu m’a donné des dons et que tout vient de lui.

Ainsi, alors que je peux aller travailler en tant qu’infirmière, je veux être reconnaissante de ce que j’ai reçu et l’utiliser pour glorifier celui qui m’a donné les capacités d’exercer ce métier.

Alors que j’exerce ma profession, il est facile de se glorifier soi-même surtout dans les temps actuels où nos professions de soignants sont portées aux nues (cela passera, ne nous leurrons pas). Cependant, je ne dois pas oublier à la lumière de ce que me dit la Parole de Dieu dans Éphésiens 1.4-6, 11-12 par exemple, que j’ai été créé non pour me glorifier moi-même, mais pour glorifier Dieu seul ! Que cela soit dans le cadre de mon rôle professionnel, mais également dans toutes les activités et différents rôles qui sont les miens au quotidien et qui peuvent me paraître si insignifiants parfois.

Alors que je soigne des personnes faibles et dépendantes, ayant besoin de soins et de protection, je veux également me souvenir que si j’ai la capacité d’en prendre soin, c’est tout simplement aussi parce que je suis créée à l’image de Celui qui prend soin de moi et qui seul peut guérir non seulement le corps physique, mais surtout l’homme perdu et mort spirituellement.

Je ne suis pas le « sauveur » comme certains messages Facebook ou certains articles veulent me faire croire et que mon orgueil aurait bien envie de croire. J’ai le privilège, en exerçant ma profession de soignante, de pouvoir être le pâle reflet du Seul Sauveur et ainsi d’être son témoin dans ce monde qui a désespérément besoin du Sauveur.  Est-ce que ce temps de trajet jusqu’à mon lieu de travail ne serait pas le temps idéal pour prier pour ceux dont je vais avoir la charge durant mon temps de travail ? Est-ce que ce temps troublé ne serait pas le temps propice pour témoigner auprès de mes collègues ? En portant attention, écoute et en effectuant les gestes dont les patients ont besoin dans cette période de maladie pas toujours évidente à vivre, je prie que je puisse refléter Dieu lui-même. Je crois que là aussi est le but de notre travail, quel qu’il soit.

Je sais aussi que ma responsabilité, en tant que sage intendante et citoyenne dans ce monde terrestre, est d’obéir aux autorités de mon pays et de prendre au sérieux les recommandations de confinement et les mesures de protection ou mesures barrières pour me protéger et protéger ceux qui m’entourent. Ce que je sais aussi, c’est que je cours le risque d’être contaminée au contact de patients porteurs du coronavirus. Dans cette anxiété qui est la mienne face à ce risque, je veux m’appuyer sur la vérité de la Parole de Dieu qui me dit que Dieu n’est pas dépassé par ce qui arrive et qu’Il reste aux commandes. Je veux aussi me souvenir à quel point je suis précieuse pour Lui et qu’Il prend soin de moi. Je veux enfin me rappeler que quoi qu’il m’arrive ou quoi qu’il arrive à mes proches, Dieu veut toujours et encore, avec patience et persévérance, me transformer chaque jour un peu plus à son image au travers des joies, des peines, des souffrances et des épreuves qu’il me permet de vivre ici-bas (Éphésiens 4.11-13).

Pour terminer ma réflexion, je veux me souvenir également, durant ces temps de stress important pour beaucoup d’entre nous, que ceux que je soigne sont également porteurs de l’image de Dieu, quelle que soit la connaissance qu’ils ont de Lui. Alors que je vais faire face à leur souffrance, leur mécontentement, leur récrimination, leur violence peut-être, je prie que dans les réponses données, je me souvienne de Celui dont ils portent l’image afin de les traiter tel que Jésus les aurait traités, avec compassion, patience et amour désintéressé.

[1] Voir les articles suivants

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