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Note de l'éditeur : 

Cet article est la suite de : Toute une vie de repentance

Imaginez un cortège de police qui traverse une ville en trombe…

Il y a d’abord des motards, avec des gyrophares bleus clignotants. À leur approche, tous les gens se précipitent sur le bord de la route. Tout le monde sait ce qui est en train de se passer : le Président, parti depuis longtemps en voyage, est enfin de retour ! Deux grandes voitures noires, aux vitres teintées, passent, remplies de gardes du corps et de fonctionnaires. Et puis, la voiture avec un drapeau à l’avant, contenant le Président, arrive. À ce moment-là, la route est dégagée : aucune autre voiture n’est en vue ; tout le monde s’arrête et regarde ! Vous avez l’image en tête ? Ça y est ?[1]

Maintenant, revenez 2’000 ans en arrière, dans le désert chaud et poussiéreux d’Israël. Le Roi est parti depuis longtemps, mais la nouvelle circule qu’il est enfin de retour ! D’où est partie cette rumeur ? De Jean-Baptiste, qui annonce : « Repentez-vous car le règne [de Dieu] est tout proche » (Mt 3.1-2). Jean-Baptiste est l’équivalent pour l’époque d’une moto avec un gyrophare bleu : il vrombit dans le désert et tout le monde s’arrête et regarde !

Qu’implique la repentance ?

Pourquoi Jean-Baptiste attirait-il ainsi les foules (cf. Mt 3.5-6) ? Car cela faisait plus de 400 ans que les Israélites étaient rentrés d’exil (physiquement), mais qu’ils étaient toujours spirituellement en exil, loin de Dieu. Or, à la fin de l’Ancien Testament, Dieu avait promis qu’un jour, il mettrait fin à cet exil en venant rétablir son règne. Et pour préparer le chemin de son retour, Dieu enverrai le prophète Élie (Ml 3.23) – prophète dont la Bible nous dit que « c’était un homme avec un vêtement de poil ; il avait une ceinture de cuir aux reins » (2 R 1.8).

Et c’est pourquoi, quand les gens ont entendu Jean-Baptiste, sapé comme Élie (Mt 3.4), annoncer : « Le Roi arrive : faites-lui une route ! Dieu, notre Roi, revient : préparez-vous pour son règne ! » En voyant et entendant ça, tout le monde s’est arrêté : dans le langage d’aujourd’hui, ils ont vu les lumières bleues clignotantes et ont arrêté ce qu’ils faisaient pour se préparer… Parce qu’ils n’étaient pas prêts, loin de là ! Les prophètes avaient dit que Dieu reviendrait lorsque le peuple se repentirait, se détournant de leur péché pour se tourner vers Lui de tout son cœur !

Et la condition est la même aujourd’hui, pour dégager le chemin de notre cœur à Dieu et qu’Il y fasse son entrée avec puissance, pour y régner : « Repentez-vous », nous dit Jean-Baptiste ! Mais qu’est-ce que ça veut dire, alors, « se repentir » ? Qu’implique la repentance ? Trois choses : confession, contrition, conversion !

Confession

D’abord, la repentance implique la confession de mes péchés, comme nous le voyons en Matthieu 3.5-6 : « Les habitants… venaient à [Jean], et ils se faisaient baptiser par lui dans le fleuve du Jourdain, en confessant leurs péchés. »

Tant que le péché n’est pas nommé, tant que je me cherche des excuses plutôt que de reconnaître « Seigneur, j’ai péché contre toi, contre toi seul, et j’ai fait le mal à tes yeux » (Ps 51.6), il n’y a ni de pardon du péché, ni de victoire contre le péché possible ! Est-ce que vous vous rappelez ce que David dit au Ps 32 ? « Tant que je ne reconnaissais pas ma faute, mes dernières forces s’épuisaient en plaintes quotidiennes… Mais je t’ai avoué ma faute, je ne t’ai pas caché mes torts. J’ai dit : ‘Je suis rebelle au Seigneur, je dois le reconnaître devant lui.’ Et toi, tu m’as déchargé du poids de ma faute » (Ps 32.3s NFC ; cf. Pr 28.13 ; 1 Jn 1.8-9)

Mais la repentance ne s’arrête pas là : le seul fait de confesser votre péché ne suffit pas ! En Exode 9.27, le Pharaon confesse son péché ; en Josué 7.20, Achan confesse son péché ; en 1 Samuel 15.24, le roi Saül confesse son péché. Mais il n’y pas de repentance, dans aucun de ces cas ! Qu’est-ce que cela signifie ? Cela signifie que la repentance n’est pas moins que la confession des péchés, mais c’est beaucoup plus que ça…

Contrition

Elle implique, ensuite, la contrition à l’égard de mon péché – une tristesse, une douleur même, face à l’horreur de mon péché. (On imagine que tous ces gens qui venaient au baptême de Jean devaient avoir l’esprit abattu, attristés par leur péché!)

De quelle sorte de tristesse parle-t-on ? C’est important d’être clair là-dessus ! Car il y a deux sortes de tristesses, nous dit Paul en 2 Corinthiens 7.10 : la « tristesse du monde » qui mène à la mort, et la « tristesse selon Dieu », qui mène à la vie ! Il y a une différence éternelle entre ces deux « sortes » de tristesse, il est donc crucial de savoir quelle est la différence ?

  • La « tristesse du monde », c’est simplement, en fait, être désolé des effets du péché. Je suis triste, mais je suis triste pour moi, en fait. Parce que je me sens coupable et je n’aime pas cette sensation, ou parce que je souffre des conséquences de mon péché – et je m’apitoie, je « m’autoflagelle » !
  • La « tristesse selon Dieu », c’est être affligé du fond du cœur par mon péché, parce que je vois le péché pour ce qu’il est – une offense terrible envers mon Dieu !

Bref, l’une est centrée sur soi, l’autre est centrée sur Dieu ; l’une ne produit que des regrets et mène à la mort, l’autre produit une repentance qui mène à la vie ! Et c’est de cette tristesse-là dont David parle lorsqu’il dit au Psaume 51 : « Un cœur brisé et contrit, ô Dieu, tu ne le dédaignes pas ! » (cf. Ps 34.19).

Mais à nouveau, la repentance ne s’arrête pas là. Le seul fait d’être attristé par votre péché ne suffit pas. Après avoir trahi Jésus pour quelques pièces d’argent, Judas Iscariot fut attristé par son péché. Mais, comme nous le verrons par la suite, cela ne veut pas dire qu’il y eut de vraie repentance de sa part ! Autrement dit, la repentance n’est pas moins que la contrition à l’égard du péché, mais c’est plus que cela encore…

Conversion

Elle implique, enfin, une conversion, qui consiste à se détourner du péché.

En voyant les chefs religieux venir à son baptême, Jean leur dit : « Race de vipère, qui vous a appris à fuir la colère à venir ! » (Mt 3.7). Et on a envie de dire : « Merci pour eux ! » Quel accueil ! Pourquoi Jean-Baptiste les accueille-t-il aussi durement ? Parce qu’ils ne montraient aucun signe de changement réel. Sans doute venaient-ils se faire baptiser pour les mêmes raisons qu’ils priaient au coin des rues ou qu’ils sonnaient de la trompette lorsqu’ils donnaient l’aumône – pour être vus (cf. Mt 6.2, 5) ! En Matthieu 3, tout dans leur attitude démontre qu’ils n’avaient pas le cœur brisé, mais le cœur enflé… d’orgueil (v. 9).

C’est pourquoi Jean-Baptiste leur dit : « Produisez donc du fruit digne de la repentance » (v. 8) ! Autrement dit, la repentance c’est reconnaître son péché, oui ; c’est être attristé par son péché, oui ; mais aussi (et peut-être surtout) y renoncer, s’en détourner, et montrer un changement de vie (qui, clairement, était absent chez les chefs religieux).

Et alors ?

Est-ce qu’il est possible de rendre tout cela un peu plus concret ? Je pense que oui : voilà quelques questions que vous pouvez vous poser, afin d’examiner votre cœur…

  • Y a-t-il un péché dans votre vie que vous refusez de nommer ? Peut-être s’agit-il de la colère : vous pensez « Mais non, je ne suis pas en colère, je suis juste énervé ! C’est mon tempérament. » Ou peut-être s’agit-il de l’inquiétude : vous pensez « Mais non, je ne suis pas inquiet, je suis juste préoccupé ! Et puis, c’est mon caractère, je suis quelqu’un de soucieux. » Il est vrai que nous avons tous des tempéraments différents : certains sont plus colériques, d’autres plus anxieux ! Mais si notre tempérament explique pourquoi l’on tombe plus facilement dans certains péchés que d’autres, cela ne l’excuse jamais. Y a-t-il un péché dans votre vie que vous refusez de nommer ? Nous ne pouvons pas remporter la victoire sur le péché, comme la colère ou l’inquiétude, si nous n’avons pas d’abord reconnu leur présence dans notre vie ;
  • Ensuite, y a-t-il un péché dans votre vie qui ne vous attriste pas comme il le devrait ? On m’a raconté l’histoire d’une jeune fille qui luttait avec des problèmes de poids et des troubles alimentaires. Ça l’attristait, bien sûr, de ne pas pouvoir contrôler ses envies compulsives de nourritures. Mais c’était de l’apitoiement, parce qu’elle se sentait mal dans sa peau. Et elle ne voyait aucun progrès dans ce domaine… jusqu’à ce qu’elle réalise l’horreur non pas des effets du péché dans sa vie, mais du péché lui-même ! « Je cherche dans la nourriture, » a-t-elle réalisé, « le plaisir et le réconfort que je devrais trouver en Dieu seul : c’est de l’idolâtrie, de l’adultère spirituel ! » En mettant ainsi un nom sur son péché, et surtout, en voyant son péché pour ce qu’il est (que le manque de maîtrise de soi est beaucoup plus grave que ce qu’elle avait imaginé), elle a vu de vraies victoires dans ce domaine de sa vie ! Êtes-vous attristé par votre péché ?
  • Et enfin, y a-t-il un péché dans votre vie dont vous ne voulez pas vraiment vous débarrasser ? Un péché « mignon », un jardin secret… Un péché dont vous savez qu’il offense Dieu, dont vous aimeriez peut-être même bien être débarrassé (parce qu’il vous pourrit la vie), mais que vous n’êtes pas prêt de mettre à mort ?

En bref, comment pouvez-vous préparer votre cœur pour que Dieu vienne y établisse son règne avec puissance ? C’est par la confession de votre péché, la contrition à l’égard de votre péché, et la conversion, par laquelle vous vous détournez de votre péché – c’est ce qu’on appelle la repentance !

Voilà, premièrement, qu’est-ce que se repentir ! Mais demandons-nous, deuxièmement, comment se repentir ? Autrement dit, qu’est-ce qui doit nous pousser à la repentance ?

[1]Cette image est reprise du commentaire de N. T. Wright, Matthew for Everyone, Part 1 : Chapters 1-15, Londres, SPCK, 2004, p. 16-17.

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