Aidez-nous à produire des ressources gratuites pour la francophonie.

×

Nous vivons dans un monde agité, bruyant, fatigant. L’Église, elle aussi, est menacée d’agitation, de bruit, de fatigue. Alors, à l’école de l’Écriture Sainte et de l’Esprit Saint, l’Église redécouvre le besoin de prier, l’Église perçoit l’appel à prier et le Seigneur nous ramène à la source si oubliée, si délaissée : la prière.

A travers toute la Bible faut-il rappeler une observation aussi élémentaire ? Il circule tout un courant de prière : de nombreux textes bibliques sont des prières, d’autres des invitations à la prière, des exhortations, des conseils sur la prière.

Voici que parmi les différentes formes de prières que nous sommes invités à retrouver sans cesse, nous distinguons de façon très nette en ce moment, la louange.

La louange parent pauvre de nos cultes souvent trop verbeux, trop monologués, n’est-elle pas comme un souffle de ferveur et comme une force de joie dans un culte ? N’est-elle pas, si nous essayons d’aller au fond des choses, la trame même de tout véritable culte ?

Un conseiller presbytéral le déclarait un jour avec infiniment de raison : « Nous devrions célébrer plus souvent des cultes tout entiers tournés vers la louange. »

Quels sont les motifs de notre louange ?

Entre bien des pages de la Bible qui nous donneraient la réponse à cette question, citons le début de l’Apocalypse et, dans le chapitre 1er, les versets 5 et 6 : « A celui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang et qui a fait de nous un royaume, des sacrificateurs pour Dieu son Père, à lui soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles ! Amen. »

Les motifs de notre louange ?

Voici l’amour de Dieu.

Cet amour éclate, chanté par Jean, le disciple que Jésus aimait, dans ce prélude harmonieux, le chapitre 1 de l’Apocalypse.

C’est 1’amour à la voix forte comme le son d’une trompette, comme le bruit de grandes eaux (v. 10, 15).

C’est l’amour au geste compréhensif comme celui qui accompagne cette parole : « Ne crains point » débouchant sur le fortissimo triomphal : « Je suis le premier et le dernier et le Vivant. J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts » (v. 17, 18).

Les motifs de notre louange ?

Voici la délivrance.

Tout se tient. L’amour du Seigneur est un amour libérateur. Il nous a délivrés par son sang (littéralement : « dans son sang »). Le sang, c’est la vie. Jésus a donné sa vie. Tout est accompli. Notre délivrance est totale : nous sommes délivrés de la condamnation éternelle du péché. Oui, à Celui qui nous délivre si totalement et en payant un tel prix, soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles !

Les motifs de notre louange ?

Voici notre destinée : un royaume

Une fois encore, tout se tient. Aimés et libérés par le Seigneur, nous sommes faits par Lui rois et sacrificateurs. Rois. L’on traduit aussi très correctement « royaume ». Un royaume, donc une communauté. La communauté des sacrificateurs ou des prêtres (c’est le mot employé ici). Il nous veut et II nous fait tels pour Dieu, son Père. C’est, en définitive, par nos sacrifices (disons, plus modestement et plus exactement, par l’offrande de ce que nous sommes et de ce que nous avons) que nous apprendrons à le louer, à lui rendre gloire pour son sacrifice à Lui, le seul qui soit total et rédempteur.

Nous sommes dès maintenant une manifestation du Royaume dans l’attente du Royaume pleinement manifesté.

Oui, à Celui qui nous accorde une telle destinée, soient la gloire et la puissance aux siècles des siècles !

Ah ! si tous ceux qui s’assemblent pour le culte pouvaient évoquer au plus profond de leur cœur ces saintes motivations, il me paraît que la louange qui doit remplir « les siècles des siècles » s’élèverait déjà, très pure et aimable, vers Celui qui seul en est digne. Nos cultes en seraient transformés.

C’est ce que nous souhaitons tous, n’est-ce pas ?

Voulez-vous que, pour y parvenir vraiment et y persévérer avec joie, nous marchions à la suite de Jésus notre Grand Prêtre, notre Souverain Sacrificateur ? Au moment de célébrer la libération de la Pâque, marque de l’amour divin, et en instituant la Sainte-Cène, il a formé avec ses disciples une communauté de louange. C’était, en effet, l’heure de faire monter vers le Père       « les cantiques » que mentionne l’Évangile (Matthieu 26 :30, Marc 14 :26), c’est-à-dire le « grand Hallel » (Alléluia), les psaumes de la grande louange (113 à 118).

Dans la communion du Père, du Fils et sous l’action du Saint-Esprit, nous retrouvons le sens de la louange.

« Nous vous bénissons de la maison de l’Eternel… Louez l’Éternel, car il est bon, car sa miséricorde dure à toujours ! » (Psaume 118 :26, 29).

Note de l'éditeur : 

Ichthus N°35 – Août/Sept 1973– Pages 21 à 23

LA LOUANGE

Par Pierre Guelfucci

EN VOIR PLUS
Chargement