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« Veux-tu être mon mentor ? »

Vous pourriez entendre cette question posée par une femme plus jeune et jeter un regard rapide autour de la pièce pour voir à qui elle s’adresse. Vous pourriez penser : Ce n’est certainement pas à moi qu’elle le demande ! Que veut-elle que je fasse exactement ? Je n’en sais pas assez, et j’ai peur de la décevoir.

La plupart d’entre nous ont encore le sentiment d’avoir besoin d’un mentor, et il peut donc être facile de tomber dans le piège de penser que nous n’avons rien à offrir. En théorie, nous voulons investir dans l’église et dans la formation d’une nouvelle génération de femmes chrétiennes. Nous voulons voir nos sœurs en Christ équipées pour servir dans son royaume. Mais nous pouvons avoir peur de nous considérer comme des mentors.

Je sentais mes propres inaptitudes faire surface, plus tôt, ce printemps quand une amie, avec qui je faisais une étude de la Bible, me demanda si je voulais bien être son mentor. Même après avoir passé les deux dernières années à écrire un livre sur le mentorat , ma première pensée fut : Elle est déjà mûre dans sa foi : je n’ai rien à lui offrir. Pourquoi me veut-elle, moi, pour son mentor ?

En plus de nos sentiments d’inaptitude, nous pouvons ne pas savoir ce qui constitue une relation de mentorat. De nombreuses femmes n’ont jamais eu de mentor, aussi est-il difficile d’avoir une vision claire de ce à quoi peut ressembler un tel temps ensemble. Alors que chaque relation de mentorat est différente et qu’il y a de nombreuses façons bénéfiques de s’investir dans les autres, voici quelques pépites de sagesse que j’ai glanées auprès de femmes plus âgées qui m’ont fidèlement encadrée.

1. Le mentorat vous implique, mais ce n’est pas à vous de décider.

Je me souviens qu’étant petite fille, j’ai passé une après-midi à jouer dans la cour de devant pendant que mon père était occupé à ramasser des bâtons et à désherber. À un moment donné, il a arrêté son travail habituel et est allé dans le garage. Il est revenu avec des outils et a commencé à faire quelque chose que je ne l’avais jamais vu faire auparavant. Il y avait un jeune arbre mince qui était plié, souffrant des effets néfastes d’une tempête qui venait de passer.

Mon père a pris une corde et a attaché ce jeune arbre à un arbre beaucoup plus ancien – un arbre robuste et fort, qui se tenait droit. Quand je lui ai demandé pourquoi il attachait les deux arbres ensemble, il m’a expliqué que le plus vieil arbre pouvait offrir un soutien et une force pour empêcher le plus jeune de pousser de travers. Le plus vieil arbre avait résisté à des années de vents et de tempêtes. Le seul fait de se tenir à côté du jeune arbre donnerait à ce dernier de la stabilité.

Cette image me vient à l’esprit quand je pense au discipulat. Pour l’essentiel, une relation de mentorat spirituel consiste dans le fait qu’un croyant plus jeune est attaché à un croyant plus mûr pendant un temps afin qu’il ou elle puisse devenir plus fort dans la foi et être équipé(e) pour le ministère. Cette image apaise mes craintes quant à mes propres insuffisances et me rappelle qu’il faut faire confiance à Dieu.

Une relation de mentorat spirituelle consiste dans le fait qu’un croyant plus jeune est attaché à un croyant plus mûr pendant un temps afin qu’il ou elle puisse devenir plus fort dans la foi et être équipé(e) pour le ministère.

Tout comme l’arbre plus âgé ne peut faire croître l’arbre plus jeune (ce sont l’eau et le soleil qui le font), une mentore n’est pas responsable de la croissance spirituelle de la personne qu’elle aide (C’est Dieu qui le fait). Elle se tient tout simplement à côté de la femme plus jeune, pour lui offrir la force qu’elle a reçue alors que Dieu la faisait grandir au cours des années.

C’est un rappel dont nous avons toutes besoin : Vous n’avez pas besoin d’être parfaite. Vous n’avez pas besoin d’avoir toutes les réponses. Vous n’avez pas besoin de dire toutes les bonnes choses. Le mentorat vous implique, mais il ne dépend pas de vous. C’est Dieu qui assure la croissance spirituelle.

2. Fixer des attentes claires vous aide toutes les deux.

La communication est importante dans toute relation, en particulier dans une relation de mentorat. Après des mois de rencontre avec une femme plus jeune, je me suis rendu compte que nous avions des attentes complètement différentes sur ce à quoi devrait ressembler le mentorat. Dans son esprit, je n’étais pas à la hauteur de ce qu’elle avait espéré trouver dans une mentore . Dans mon esprit, elle ne consacrait pas le temps et les efforts nécessaires à nos réunions. Elle espérait passer du temps ensemble et se retrouver entre amies ; je lui demandais de travailler sur un programme d’étude biblique et j’étais frustrée qu’elle n’ait jamais terminé ses devoirs. Nous n’avions pas de rendez-vous réguliers, et notre relation a fini par se transformer en un étrange « Hé, on devrait se voir un jour ! »

J’ai appris beaucoup de cette relation. Depuis, j’ai modifié la façon dont je m’y prends dans quelques directions importantes. La première est de clarifier dès le début ce que nous espérons accomplir ensemble. Le but de la relation de mentorat est de passer le temps qu’on a ensemble pour un but de progrès spirituel. Ceci peut être réalisé en lisant la Bible ensemble, en priant ensemble ou en étudiant un livre ensemble. (Si vous cherchez un programme de mentorat, c’est le contenu de mon nouveau livre Growing Together – Grandir ensemble). Quoi que ce soit que vous décidiez de faire, il est important de discuter du but de ce temps ensemble avant de commencer à vous réunir.

Le mentorat vous implique, mais il ne dépend pas de vous. C’est Dieu qui assure la croissance spirituelle.

Un autre point important est de déterminer à quelle fréquence vous vous attendez pour ces rencontres et pour quelle durée. Fixez une date particulière, une durée et un lieu. Voulez-vous vous retrouver une fois par mois, ou deux fois ou une fois par semaine ? Peut-être vous retrouverez-vous le premier mardi de chaque mois pour un petit-déjeuner ou un jeudi soir sur deux au parc. Décidez quel est le meilleur jour et le meilleur moment pour chacune de vous deux et réservez avec soin ce temps ensemble.

Il est aussi utile de fixer une période spécifique pour savoir quand vous vous retrouverez pour faire un bilan. Cela peut être au bout de six mois, un an ou jusqu’à ce que vous ayez fini une étude, mais il est bon d’avoir une heure fixe pour que vous puissiez toutes les deux regarder vos horaires et voir si vous avez le temps de vous rencontrer. Communiquer clairement dès le début permet de nourrir de bonnes attentes quant au temps que vous passerez ensemble.

3. Il n’y a jamais de meilleur moment pour être une mentore .

Vous n’avez peut-être pas le temps d’être une mentore  – la vie vous semble trop chargée. Mais il n’y a jamais de moment parfaitement propice. Chaque période a sa propre activité. Il est donc utile de réfléchir à des moyens naturels d’inviter les autres à entrer dans votre vie.

Le but de la relation de mentorat est de passer le temps qu’on a ensemble pour un but de progrès spirituel.

Regardez autour de vous et pensez à votre routine quotidienne. Qui est la jeune femme que vous aimez fréquenter ? Peut-être pourriez-vous l’inviter à dîner tous les dimanches soir ou à faire une promenade ensemble le samedi matin. Peut-être pourriez-vous servir ensemble dans la crèche de l’église. Que faites-vous déjà régulièrement, que vous pourriez faire ensemble ?

En l’invitant à entrer dans votre vie, elle apprendra. Elle grandira dans l’hospitalité à mesure qu’elle fera l’expérience de votre hospitalité. Elle grandira dans l’affection pour Dieu en vous entendant parler de votre amour pour lui. Elle grandira en compréhension en apprenant à appliquer la Parole dans sa propre vie. Elle apprendra à prier alors qu’elle priera avec vous.

Vous ne vous sentez peut-être pas équipée, mais si vous marchez avec le Seigneur, vous pouvez partager ce que vous avez appris avec les autres. La sagesse que vous avez est une sagesse dont elle a besoin. Priez avec elle. Mémorisez ou lisez les Écritures avec elle. Soyez une oreille attentive. Indiquez-lui fidèlement le chemin vers Jésus. L’effort en vaut la peine et les bénédictions s’étendront à vous deux – vous grandirez ensemble en apprenant ensemble.

 

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