Conférence pour femmes "Malachie, le maitre de l'univers à un message pour vous" à Strasbourg les 21 et 22 octobre et Grasse les 4 et 5 novembre.

×

Chaque semaine, il semble que de nouvelles stars de la musique chrétienne contemporaine, d’anciennes célébrités chrétiennes ou des diplômés d’universités chrétiennes annoncent une « évolution » de leurs croyances au sujet christianisme – comment leur parcours de « déconstruction » les amène à reconsidérer ou à abandonner des principes de foi auxquels ils croyaient auparavant. Certains de ces parcours sont des luttes réfléchies et finalement constructives qui aboutissent à une foi plus durable et plus conforme à la doctrine. D’autres sont cyniques, réactionnaires et aboutissent à une « déconversion ». Diverses « questions » servent de catalyseurs à ces parcours de déconstruction, mais d’après mon expérience, l’une d’entre elles se distingue comme étant la pièce de Jenga la plus susceptible de provoquer l’effondrement de toute la tour de la foi : la morale sexuelle biblique.

Dans le paysage du christianisme occidental contemporain, la plupart des routes qui s’éloignent de la foi conforme à la doctrine passent par un arrêt de plus en plus fréquenté appelé « l’affirmation des LGBTQ+ ». Cet arrêt ne se contente pas de modifier l’itinéraire, il reconfigure l’ensemble de la carte. Si nous ignorons, rejetons ou remettons en question ce que l’Écriture dit sur le sexe et l’identité, cela conduit naturellement à une remise en question de plus en plus profonde de l’autorité de l’Écriture et à une foi toujours plus chancelante. Mais de plus en plus de chrétiens – même ceux qui sont imprégnés de l’Écriture et élevés dans l’Église depuis leur plus jeune âge – font ce pas. Pourquoi ?

Des fondations fragiles

Même si tous les chemins mènent finalement à à la ligne de démarcation de l’éthique sexuelle, ils ne proviennent pas tous du même endroit. Il est utile d’examiner certaines des formes différentes et subtiles que peut prendre le christianisme, qui peuvent sembler bénignes au premier abord mais qui, par la suite, exposeront le chrétien à des compromis.

Une foi consumériste est un raccourci vers une foi de compromis.

D’après ce que j’ai pu observer, la plupart des chrétiens « déconstructeurs » qui changent d’avis sur la morale sexuelle viennent d’un milieu religieux qui possède l’une (ou plusieurs) des bases précaires suivantes :

1. Une attitude consumériste

La déformation la plus répandue du christianisme (du moins dans la culture occidentale d’aujourd’hui) est peut-être une orientation consumériste qui comprend la foi principalement en termes d’auto-valorisation, exprimée par la question : « Qu’est-ce que cela m’apporte ? » Il s’agit d’une foi « ecclésio-mercantile », dans laquelle un croyant cherche « l’Église parfaite pour moi » comme il le ferait pour l’achat de la paire de jeans parfaite. Et comme dans tout ce qui relève du consumérisme, il s’agit là d’une foi profondément orientée vers le confort et ancrée dans les principes de l’expression individualiste. La foi est géniale tant qu’elle ajoute mais ne retranche rien à ma vie, tant qu’elle présente des avantages mais peu de coûts. La foi est plausible dans la mesure où elle n’entrave pas mon autonomie ou ne pose pas de limites au « vrai moi » que je veux exprimer à ma propre façon. Cette foi s’épanouit dans des contextes où les croyances chrétiennes ne sont pas controversées, où les pratiques chrétiennes ne sont pas contre-culturelles et où aller à l’église est un gain net (ou neutre) pour le statut social de chaque individu.

2. Une attitude pragmatique

La tendance pragmatique trouve son origine dans une bonne motivation : être aussi efficace que possible sur le versant « évangélisation ». C’est le type de foi qui a donné naissance au mouvement des églises attractionnelles (« seeker-sensitive movement »), aux méga-churches, à l’église émergente, au christianisme « hipster » et à d’autres stratégies variées pour l’église missionnelle et pour l’implantation d’églises. Très à l’écoute des besoins ressentis, de l’opinion publique et de la nécessité de « rencontrer les gens là où ils se trouvent », cette foi tournée vers l’extérieur et soucieuse des relations publiques a de bonnes intentions (= faire tout ce qui est nécessaire pour remplir les bancs de l’église et gagner les perdus) mais obtient souvent de mauvais résultats.

3. Une attitude politique

Lorsque l’affiliation politique et les croyances théologiques se confondent, les secondes sont inévitablement façonnées par la première et mises à son service. Cela crée une situation dans laquelle les chrétiens peuvent « changer d’avis » sur telle ou telle question pour des raisons politiques (soit en changeant de parti, soit en changeant en accord avec leur parti actuel) ou être forcés de « repenser » l’enseignement de l’Écriture sur la question afin de servir des objectifs politiques.

4. Une attitude émotionnelle (« Tout dans le cœur »)

Il est bien certain que les émotions sont vitales dans un christianisme sain. Mais une foi excessivement émotionnelle peut être chancelante. Il s’agit d’une foi largement centrée sur l’expérience : des cultes passionnants, des sermons exaltants, des expériences d’extase spirituelle « au sommet de la montagne ». C’est une foi souvent évaluée en termes d’intensité et de zèle. Si je « ne sens plus bien l’église » ou si elle commence à devenir ennuyeuse, c’est un problème. Cette foi « qui ne veut ressentir que de bonnes vibrations » a également tendance à éviter de considérer le jugement de Dieu, préférant concevoir Dieu comme une figure toujours réconfortante, semblable au Père Noël ou à un animateur-télé bienveillant.

5. Une attitude cérébrale (« Tout dans la tête »)

La doctrine et la connaissance biblique sont certainement vitales dans un christianisme sain. Mais une foi excessivement cérébrale peut poser un problème, particulièrement quand la « juste foi » est séparée du reste de notre vie et a peu d’impact sur elle. Certaines formes de christianisme peuvent avec raison d’insister sur la catéchèse et la saine doctrine, mais si elles ne sont pas reliées à la formation et à des vies façonnées par ces croyances, elles garantissent un désastre. Trop de chrétiens connaissent la bonne réponse aux questions théoriques mais échouent à vivre dans la justice. Trop d’églises ne font pas de lien approprié entre la croyance et la conduite. Cette déconnexion est mortelle pour fournir une foi durable face à une culture qui change.

Les vents culturels

Si la construction de notre foi chrétienne contient l’un de ces cinq défauts structurels (ou une combinaison de ceux-ci), nous serons probablement chancelants lorsque les vents culturels contraires souffleront. Et sur la question de la morale sexuelle, c’est une véritable tempête qui fait rage.

Voici comment chacune de ces cinq distorsions conduit les chrétiens à des compromis :

1. L’attitude consumériste

La foi conçue en termes de « valorisation de soi » a une faible résistance à la douleur. Elle est forte tant que les bénéfices marginaux rapportent. Dès que des coûts y sont associés (stigmatisation sociale, marginalisation culturelle, amitiés tendues) le chrétien-consommateur pivote pour se créer une spiritualité sur mesure qui élimine commodément la partie « prenez votre croix » liée au fait de suivre Jésus.

La foi conçue en termes de « valorisation de soi » a une faible résistance à la douleur. Elle est forte tant que les bénéfices marginaux rapportent.

Cette foi ne tiendra pas longtemps à une époque où le christianisme conforme à la doctrine — et particulièrement ce qu’il a à dire au sujet du sexe — est coûteux en termes culturels, relationnels et professionnels. Que ce soit parce qu’un chrétien travaille dans une industrie ou vit dans une ville où l’ascension sociale est impossible si on a des liens avec des « croyances chrétiennes bigotes », ou simplement parce qu’un chrétien veut se libérer personnellement des contraintes bibliques « oppressives » sur la sexualité, la foi consumériste est une voie rapide vers une foi compromise.

La primauté de l’individualisme qui s’exprime à tout prix et de l’autonomie – le droit supposé de chaque personne à être heureuse et à s’affirmer de la manière unique qu’elle choisit – produit également une foi consumériste à l’eau de rose sur les questions d’éthique sexuelle. Si le bonheur de l’individualiste qui s’exprime à tout prix est considéré comme un bien supérieur à l’autorité de l’Écriture (ce qui est le cas pour de nombreux chrétiens), il est évident que l’Écriture sera mise de côté au profit du « moi ».

2. L’attitude pragmatique

De plus en plus, l’enseignement clair de l’Écriture sur le sexe va à l’encontre de l’opinion publique. C’est de la mauvaise publicité. Cela présente un dilemme pour les croyants pragmatiques qui veulent que leur foi soit remarquable, acceptable et généralement attrayante pour le plus grand nombre de personnes possible. Que se passe-t-il lorsqu’un thème biblique (la morale sexuelle) rend la foi impossible pour des masses de potentiels convertis ? Le christianisme pragmatique prend la décision calculée qu’ignorer ou réinterpréter la morale sexuelle biblique est la meilleure option.

Cette approche est courante dans les méga-églises, ou dans les ministères et industries (voir CCM) où beaucoup d’argent est en jeu. Si pour survivre, il faut « repenser » la doctrine pour qu’elle corresponde mieux à la direction que prend le public (et l’argent) – par opposition à la direction que la Bible a toujours prise – de nombreux chrétiens feront ce compromis.

3. L’attitude politique

L’orthodoxie ne s’intègre pas, et ne s’intégrera jamais, dans le système politique partisan d’un pays. En ce qui concerne la morale sexuelle, par exemple, j’ai vu plus d’un chrétien politiquement à gauche changer régulièrement ses convictions bibliques parce que l’ensemble de son programme politique l’exigeait. Aujourd’hui, il est tout simplement impossible de s’élever au niveau politique de la gauche sans agiter le drapeau arc-en-ciel. Bien sûr, ce problème touche également le christianisme politisé de droite – qui, ces dernières années, a eu tendance à minimiser ou à ignorer le comportement sexuel déviant des dirigeants conservateurs (tout en décriant la morale sexuelle de l’autre camp).

4. L’attitude émotionnelle

Le christianisme thérapeutique, qui « ne recherche que les bonnes vibrations » ne peut imaginer un Dieu qui demanderait, par exemple, à une femme attirée par le même sexe de prendre la croix du célibat plutôt que de vivre selon ses désirs sexuels. Dieu est plus gentil que cela, c’est ce qu’ils supposent. Il ne jugerait jamais quelqu’un parce qu’il est simplement qui il est. La progression tend à être la suivante :

(1) Un ami (ou membre de la famille) chrétien fait son « coming out » en tant que LGBTQ.

(2) Le chrétien suppose (ou on lui dit en termes très clairs) qu’aimer cette personne nécessite d’accepter d’affirmer son identité sexuelle.

(3) Le chrétien se rend compte qu’affirmer l’identité sexuelle de cette personne aimée et affirmer à la fois l’enseignement de la Parole de Dieu sur le sujet, n’est pas compatible.

(4) Le chrétien choisit d’accepter l’affirmation de l’orientation sexuelle de la personne aimée, en minimisant ou en « repensant » l’autorité de l’Écriture sur le sujet.

Ce changement est justifié par un appel au fait que « Dieu est amour ». L’« amour » dans cette phrase, cependant, n’est pas l’amour objectif, défini par Dieu, celui que nous voyons dans l’Écriture, mais un amour subjectif, autoréférencé, tel que nous le définissons (« love is love »).

5. L’attitude cérébrale

On pourrait penser que le chrétien cérébral, imbibé de doctrine, serait sur un terrain solide dans le cyclone culturel qui balaie la morale sexuelle. Pas toujours. Ce qui va souvent mal dans ce cas est la déconnexion fatale entre la croyance et la conduite. Il peut s’agir de l’implanteur d’église qui a une addiction secrète au porno, de l’étudiant de faculté de théologie qui couche avec sa petite amie, du pasteur qui vitupère contre le mariage homosexuel et qui entretient une relation extra-conjugale. Voilà des exemples extrêmes, mais toute déconnexion — quelle qu’en soit la subtilité — entre les réalités cérébrales de la vérité biblique et ses implications dans la sphère du comportement vous amènera presque inévitablement à faire des compromis.

Si de nombreux jeunes, bibliquement compétents, font aujourd’hui des compromis en matière de morale sexuelle, c’est en partie parce qu’ils ont vu trop de chrétiens hypocrites mener des vies cloisonnées – leurs prétendues convictions bibliques ayant peu de rapport avec leur vie réelle. Avec le temps, la question : « La croyance est-elle vraiment vraie ? » devient une question légitime.

Allez-vous tenir contre les vents ?

Peut-être avez-vous lu ces lignes et vous êtes-vous retrouvé dans une ou plusieurs de ces catégories. Ne soyez pas désemparé. Prenez cela comme un avertissement et un défi pour consolider votre foi, colmater les fissures et boucher les trous, afin que votre foi puisse résister à la vague de tempête en matière de morale sexuelle au 21e siècle.

Rester fidèles sur cette question va devenir de plus en plus difficile pour nous, pas de plus en plus facile. Ne vous moquez pas de tous ceux qui font des compromis maintenant et ne pensez pas que cela ne pourrait jamais vous arriver un jour. Vérifiez votre foi. Examinez votre cœur.

Rester fidèle sur cette question va devenir de plus en plus difficile, pas plus facile.

Votre christianisme dépend-il d’autre chose que de Christ ? D’être aimé ? D’être à l’aise ? D’avoir du pouvoir ? D’être heureux ? D’avoir raison ? Si c’est le cas, considérez que toutes ces fondations sont comme du sable mouvant, et que vous êtes le bâtisseur insensé de Matthieu 7.26–27. Quand les vents viendront, votre foi s’effondrera. En revanche, si vous êtes comme le sage bâtisseur, et que votre christianisme repose fermement sur la fondation de Christ seul – avec fermeté et satisfaction de la suffisance de son œuvre et de sa Parole (même si elle est impopulaire) – alors la maison de votre foi tiendra debout.

EN VOIR PLUS
Chargement