"Redécouvrir l'Église locale" nous invite à revenir à la case départ et à nous interroger sur notre conception de l’Église. Il nous oblige à réfléchir à notre rôle en tant que membre, à notre rapport avec l’autorité, à notre besoin de relations significatives, ainsi qu’à notre responsabilité envers un monde en souffrance.

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Ce blog est adapté d’une prédication que j’ai faite l’année dernière sur le sermon de Pierre à la Pentecôte en Actes 2.

Cette ère post-chrétienne dans laquelle nous vivons n’est pas un problème pour Dieu. C’est la première chose dont nous devons nous rappeler.

De bien des manières, et bien que cela puisse paraître paradoxal, le post-christianisme est un avantage pour l’Église. C’est une opportunité de voir ce que seul l’Évangile peut faire.

Dans ce monde « post-tout », nous ne pouvons plus faire appel à la sensibilité religieuse des gens. Il est difficile de présenter une version améliorée de quelque chose auquel ils adhèrent déjà. C’est dans une culture moralement confuse, philosophiquement complexe et théologiquement vide, que nous voyons combien nous avons toujours eu besoin du caractère surnaturel du christianisme.

Nous servons dans des temps difficiles : confusion morale entre le bien et le mal ; confusion au sujet de l’identité sexuelle ; division politique. Et c’est dans ce chaos que l’église Américaine a choisi de naviguer avec un esprit combatif ou consumériste.

Dans ce monde confus spirituellement – et parfois même hostile quand il n’est pas ambivalent – la meilleure chose à faire pour l’Église est de rester elle-même.

Il y a trois conclusions à retirer du sermon de Pierre en Actes 2 : 14-41. Trois vérités immuables que même un monde « post-tout » ne pourra pas changer :

1)    Le monde ne sera jamais « post » – la salinité de l’Église

Ce monde est confus, divisé. L’une des raisons pour laquelle Dieu a établi la bonne nouvelle du Christ et la nouvelle alliance entre les peuples est de leur fournir un témoignage vivant de la réalité de son royaume. Un royaume uni et cohérent. En d’autres termes, l’Église doit donner la direction à un monde perdu. Elle doit montrer que la beauté et la paix du ciel sont vraies.

C’est pourquoi la mission de l’Église commence avec l’action du Saint Esprit. Il y a une différence frappante entre le peuple de Dieu et le statut quo. Cette différence, créée par le Saint Esprit, ne peut pas être ignorée par le monde extérieur (Actes 2 : 13-15). Les premiers témoins de la venue de l’Esprit à la Pentecôte ont supposé qu’ils étaient saouls !

Alors que l’église est formée par la bonne nouvelle de Jésus-Christ, le Saint Esprit descend et pose sur les croyants quelque chose qui ressemble à des langues de feu. C’est ainsi que des personnes qui auparavant ne pouvaient pas se comprendre, se sont soudainement exclamées : « Nous pouvons entendre dans notre propre langue ! » Actes 2 : 7.

La Pentecôte devient la solution à la confusion de Babel (Genèse 11). Là où il y avait de la division et de la confusion, il y a maintenant de la compréhension de l’unité. Là où il y avait des conflits entre des humains centrés sur eux-mêmes, il y a maintenant la paix entre des humains centrés sur Christ.

Le Saint Esprit établit une nouvelle humanité à la Pentecôte.

La repentance et le baptême auxquels appelle Pierre en Actes 2 :38-41 revient à changer d’attitude. Cela va à contre-courant de la culture.  L’Église n’est pas faite pour refléter cette culture, ni pour lui offrir une version plus spirituelle de ce qu’elle est. Si une telle église le fait, elle a perdu toute sa saveur comme l’indique le sermon de Jésus sur la montagne (Matthieu 5 : 13).

Quel est le plan de Dieu pour combattre l’obscurité de ceux qui rejettent son mandat à contre-courant ? L’Église. L’Église fondée sur Christ et guidée par l’Esprit Saint constitue l’espoir de Dieu pour le monde.

L’Église est LA solution de Dieu. Il n’y a pas de plan B.

Peu importe l’état de notre monde, il ne gagnera pas face au témoignage prophétique que peut avoir une église centrée sur la bonne nouvelle du Christ et qui marche dans la sanctification. Le climat culturel peut nous paraître insurmontable. Mais c’est précisément pour des moments comme ceux-ci que Dieu a établi l’expérience de l’Église. Il ne l’a pas établi pour que nous naviguions dans des eaux paisibles et calmes. Cette « génération pervertie » n’est pas plus puissante qu’un groupe de pécheurs brisés qui ont décidé de changer d’attitude et qui dans leur humilité, se sont tournés vers la gloire salvatrice du Seigneur. Même l’enfer lui-même n’est pas de taille face à la lumière et au sel de l’Église.

Est-ce que tu transmets cette réalité autour de toi ? Tu devrais.

Il ne devrait plus y avoir de victimisation dans l’Église. Le Saint Esprit s’est déversé en nous. Même si nous devrions être tués, nous en serions plus forts.

2)    Le monde ne sera jamais « post » – la souveraineté de Dieu

Dans ce texte, Pierre connecte les événements historiques du moment avec les prophéties de l’Ancien Testament. C’est sa façon de dire : « Le Seigneur l’avait prévu ».

Si nous nous concentrons sur les défis et les difficultés du ministère dans ce contexte de post-christianisme, le découragement va vite arriver… Et peut-être même nous nous sentirons consternés. Mais Dieu est le maître des temps ! Il dit : « Je révèle dès le début ce qui doit arriver, et longtemps à l’avance ce qui n’est pas encore mis en œuvre. Je dis : Mon projet se réalisera et je mettrai en œuvre tout ce que je désire» (Esaïe 46 : 10).

Le message de l’Évangile lui-même introduit cette vérité : ce qui paraît souvent être une défaite est un moyen prédestiné qui mène à la victoire. Rappelle-toi la croix du Christ où notre Roi a été torturé jusqu’à la mort.

Cette croix est maintenant le moyen par lequel nous sommes sauvés. Quand ils l’ont cloué à la croix, ils ont pensé que c’était fini. Mais ils l’ont élevé sans le savoir. Ils l’ont couronné d’épines, inconscients de la majesté à laquelle ils se soumettaient. Dans cette économie de l’Évangile, ces moqueries étaient des bénédictions, et cette lance était un sceptre. Ils l’ont rendu petit et brisé, sans savoir qu’Il rachetait le monde !

Ils l’ont crucifié, sans savoir que sa mort était une victoire. Là où ils amenaient l’obscurité, Il amenait la lumière. Sa honte a racheté notre salut. Son sang nous a apporté notre beauté.  Son corps ressuscité a brisé les chaînes de la mort.

Et tout cela faisait partie du plan !

Notre Dieu, avec toute sa providence, tient l’Histoire dans ses mains. Il la tient jusqu’à sa conclusion qu’Il a déjà déterminée depuis les temps anciens. Ceci est vrai pour toutes les grandes époques de l’Histoire mondiale. Et c’est tout aussi vrai pour les tenants et aboutissants quotidiens de ton petit coin de ministère.

Bien des pasteurs auxquels je parle donnent l’impression qu’ils subissent leur ministère. Mais je fais tout mon possible pour les aider à voir la souveraineté de Dieu. Dieu les a désignés pour ces moments très précis. En effet, Il les a confrontés à leurs insuffisances afin qu’ils apprennent à y faire face. Et, Il a géré ces situations pour eux.

Le leadership n’est pas seulement pour les beaux jours. Il est aussi fait pour les jours difficiles.  Nous pouvons tous avoir la confiance et l’humilité de dire que Dieu savait que cela allait arriver. Et Il a voulu spécifiquement que nous soyons dans cette situation à ce moment précis.

Le Seigneur a établi son Église pour cette saison, pour cette ère dans laquelle nous sommes. En examinant les difficultés du ministère dans ce monde « post -tout », tu crois que Christ est le Messie. Crois-tu qu’il soit aussi le Seigneur ?

Tu peux te sentir dépassé et court-circuité par ces défis dans ton contexte missionnaire, mais le Seigneur ne l’est pas. Actes 2 : 24 dit que même la mort ne peut pas le retenir.

Laisse ce monde errer et se diviser. Il ne peut en aucun cas surpasser le plan souverain de notre Dieu et Seigneur.

3)   Le monde ne pourra jamais être « post » – le caractère surnaturel de l’Évangile

Tu remarqueras que ce message est basé sur un message. C’est un sermon basé sur un sermon. Le sermon de Pierre à la Pentecôte est utile tant sur le fond que sur la forme. Et ce, parce que c’est essentiellement un exposé de Joël, Chapitre 2. Dans cet exposé, il inclut bien sûr,  d’autres passages prophétiques, comme Psaumes 16 : 24-28 et Psaumes 110 : 34-35.

Pierre croit clairement que la prédication expositoire est la meilleure façon de procéder. Mais ce n’est pas simplement un commentaire suivi du texte. Ce n’est pas du tout la marque de fabrique de Pierre.

Dans son exposé de Joël et des Psaumes, Pierre utilise l’herméneutique – une façon de lire et de prêcher la Parole nous-mêmes. Il nous montre que :

  • Les Écritures sont bien vivantes et efficaces
  • Le témoignage central des Écritures se résume en la puissante bonne nouvelle de Jésus-Christ !

Le sermon de Pierre à la Pentecôte est rempli de l’Esprit. Le rôle de ce dernier est de braquer les projecteurs sur Christ et d’amener des pécheurs repentants à être de plus en plus semblables à Lui. Son discours met le Christ ressuscité à une place centrale dans les Écritures.

Pierre sait que le seul pouvoir qu’il a à disposition est le Saint Esprit travaillant au travers du message de la folie de la croix. Et chers frères et sœurs, le Saint Esprit travaillant au travers du message de la croix, c’est le seul pouvoir que nous avons nous aussi.

En fait, L’Évangile est la seule chose que le Nouveau Testament présente comme une puissance.

Ce monde « post-tout » ne sera pas plus transformé par des proverbes inspirationnels, des discours motivationnels, ou des lois et commandements – que d’autres avant nous. La loi ne peut changer aucun cœur. Tes sermons présentant 7 étapes pratiques pour changer un cœur non plus.

Le Christianisme est surnaturel. Nous ne sommes pas face à un mode de vie, un code religieux, ou des instructions et astuces pour arriver à changer notre comportement. Seul l’Évangile est puissant (Romains 1 : 16).

La bonne nouvelle de Jésus-Christ contient une puissance extérieure à nous, en dépit de nous. Elle puise dans le Saint Esprit dont la mission est de favoriser la gloire de Jésus Christ par la proclamation de sa vie, de sa mort et de sa résurrection.

Ce que nos stratégies missionnaires et nos manières culturelles de voir les choses ne peuvent pas faire, la bonne nouvelle de Jésus-Christ le fait. Frères et sœurs, l’Évangile est le seul espoir de ce monde. Et par conséquent, notre seul espoir de changer ce monde.

Même si l’époque dans laquelle nous vivons est très éloignée des valeurs chrétiennes ou de la pensée chrétienne, elle ne sera jamais trop éloignée pour la puissance de l’Évangile.

C’est pourquoi Paul dit aux Corinthiens : « Car j’avais décidé de ne connaître parmi vous rien d’autre que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié » (1 Corinthiens 2 : 2).

L’espérance de la gloire n’est pas dans une grande Église. Elle est dans une Église qui réussit. L’espérance de la gloire est Christ. Et ton petit coin du royaume peut ne pas être comme tu l’avais imaginé, mais la bonne nouvelle de Christ ne retourne pas à Lui sans effet. Il aura ce qui lui revient.

Le plan de Dieu ne sera certainement pas pour ta gloire, mais assurément pour la sienne. La question est : Est-ce que cela sera suffisant pour toi ? Peux-tu te satisfaire de croire que le Saint Esprit est à l’œuvre au travers de la bonne nouvelle de Jésus-Christ ? Peux-tu te repentir d’avoir mis ta confiance dans des techniques pour convaincre et attirer ? Peux-tu, comme Paul, ne connaître que Christ et Christ crucifié ? Si oui, tu verras où se trouve la réalité de cette puissance et de cette gloire.

« C’est pourquoi mon cœur est dans la joie, et mon esprit dans l’allégresse. Même mon corps reposera en sécurité » (Psaumes 16 : 9).

Il nous a fait connaître les chemins de la vie. Est-ce que cela ne suffit pas à rendre ta joie complète ?

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