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J’ai été récemment invité à prêcher dans une Église et après le sermon, une femme est venue me voir et m’a dit : « Vous prêchez avec tellement de bonté ». Je n’ai jamais oublié cette remarque (et pas uniquement parce que c’était un compliment !) Elle m’a parue significative pour plusieurs raisons.

D’abord, j’avais prêché sur Genèse 18:16-33, où Abraham intercède en faveur de Sodome. La bonté n’est pas vraiment le premier terme qui nous viendrait à l’esprit en lisant ce passage. En plus, cette Église organisait deux cultes et à la fin du premier, je m’inquiétais de n’avoir pas assez marqué de changement de ton en passant de la thématique de la juste colère de Dieu envers les pécheurs à la bonne nouvelle de Christ, qui prend cette colère sur lui à la croix. En effet, j’avais prêché les deux premiers tiers avec beaucoup de sérieux sur le péché, la justice et la condamnation, assez dans le style de la prédication de Jonathan Edwards « Des pécheurs entre les mains d’un Dieu en colère » et je craignais n’avoir pas été dans une disposition assez joyeuse quand je suis arrivé au point culminant de la bonne nouvelle du message.

Mais la remarque de cette femme m’a aussi parue significative par son caractère unique. A quand remonte la dernière fois où vous avez qualifié une prédication de « pleine de bonté » ? Pensez-vous que, dans l’ensemble, les prédications d’aujourd’hui pourraient être caractérisées par le terme bonté ?

Comme je l’ai écrit, j’ai pris cette remarque comme un compliment et je l’ai trouvée extrêmement encourageante. Bien-sûr, la bonté est une facette importante de la personnalité d’un pasteur et prêcher est sa tâche principale. Pour ma part, je veux m’efforcer à montrer plus de bonté dans mes prédications et je crois que si vous prêchez, vous le devriez aussi.

Voici trois raisons :

1. La bonté participe de l’essence de l’Esprit

Le fruit de l’Esprit comprend la bonté (Gal. 5:22), et donc une prédication qui peut être qualifié de « pleine de bonté » sera alignée avec la puissance surnaturelle de Dieu. Si vous souhaitez que votre prédication ait une puissance spirituelle et pas simplement une puissance rhétorique, vous devez refléter la disposition qu’a l’Esprit envers ceux qu’il habite.

La prédication peut aussi être un tas d’autres choses : sévère, passionnée, gaie ou grave selon le ton du texte que vous prêchez, mais parce que l’Esprit de Dieu est bonté (2 Cor. 6:6), elle ne devrait jamais manquer de bonté. Une prédication pleine de bonté met en exergue la compassion – le souffrir avec – que les pasteurs fidèles éprouvent envers leurs troupeaux.

2. La bonté est un commandement

Michée 6:8, Zacharie 7:9, Éphésiens 4:32, Colossiens 3:2

La bonté n’est pas une option. Nous devons nous en « souvenir », l’« aimer », en montrer et même la revêtir.

La bonté n’est pas une option. Nous devons nous en « souvenir », l’« aimer », en montrer et même la revêtir. N’ayez pas peur, prêcher avec bonté ne veut pas dire édulcorer ou enrober les choses. Cela peut impliquer d’adopter un ton de voix plus doux ou une approche plus pastorale, ou les deux, mais cela ne doit pas être un mauvais type de compromis.

Est-ce qu’en vous écoutant, l’assemblée a toujours l’impression que vous êtes en colère ? (Est-ce qu’elle le dirait de vous alors même que vous ne l’êtes pas ?) Si oui, pourquoi ? Souvenez-vous : les bergers du Seigneur réconfortent le peuple de Dieu, lui parlent tendrement et lui apportent un message de paix et de pardon (Esaïe 40:1-2). Ce n’est ni une question de personnalité, ni une question de style de discours que l’on adapterait en fonction des circonstances, c’est une affaire d’obéissance.

3. La bonté honore l’évangile

Est-ce que vous voulez que les membres de vos églises sachent se repentir ?

Bien sûr que oui. Eh bien Paul écrit dans Romains 2:4 que c’est la bonté de Dieu qui nous pousse à la repentance.

Si vos prédications sont ennuyeuses ou véhémentes, vous ne rendrez pas cette bonne nouvelle crédible.

Dans Tite 3:4-7, Paul décrit la bonne nouvelle de la croix et de la résurrection de Christ comme étant la manifestation de l’amour et de la bonté de Dieu.

Puisque c’est ça l’Évangile, une bonne nouvelle, nous devrions le proclamer d’une manière qui honore le fait qu’il s’agisse de la manifestation ultime de la bonté éternelle de Dieu. Si vos prédications sont ennuyeuses ou véhémentes, vous ne rendrez pas cette bonne nouvelle crédible. Beaucoup prêchent la bonne nouvelle d’une manière qui la dessert, ce qui ne fait que décrédibiliser le message. Mais si vous prêchez avec bonté, vous honorerez ce message qui sauve avec pertinence, beauté et crédibilité.

La puissance de l’Évangile ne dépend pas de nous. Il est puissant, quoi que nous fassions. L’Esprit Saint n’a pas besoin de notre éloquence ou de notre capacité à transmettre des émotions pour accomplir son œuvre. Mais parce que l’Esprit daigne utiliser nos prédications, nous ne devrions pas oublier de refléter la bonté de Dieu en prêchant.

 

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