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3 principes à prendre en considération avant de rompre avec tes parents

Dans mon travail de conseillère biblique, j’ai rencontré des parents qui se sont mal conduits. J’ai parlé avec leurs enfants (aujourd’hui adultes) qui souffrent des conséquences d’avoir eu des parents irréfléchis et négligents dans leur enfance, et qui continuent d’être en conflit et pleins de critiques à l’âge adulte. J’ai accompagné des personnes qui ont souffert des démonstrations incohérentes d’attention de la part d’un parent, de ses normes élevées irréalistes, de ses opinions sévères et de ses attentes relationnelles égoïstes. Qu’elles soient infligées dans l’enfance ou à l’âge adulte, les blessures causées par les parents sont profondément marquantes.

La pensée courante suggère que dans des relations douloureuses ou dysfonctionnelles comme celles-ci, la seule solution est de couper les ponts. Dans ma pratique, j’ai rencontré de plus en plus d’enfants qui ont déjà rompu avec leurs parents ou s’orientent dans cette direction. Et je peux constater les effets que cela a sur les autres relations familiales, qui, souvent, sont tendues ou perturbées en conséquence. Les petits-enfants peuvent être séparés de leurs grands-parents ; les frères et sœurs peuvent commencer à s’éviter en raison de malentendus ou de désaccords sur la dynamique familiale. La manière dont nous gérons une relation parent-enfant difficile peut avoir des répercussions considérables.

Alors que la culture contemporaine nous présente la rupture avec les parents comme une option valable pour se protéger, ce n’est pas la seule. Que dit la Bible à propos des relations difficiles avec les parents ? À quoi ressemble l’application de la sagesse biblique et de l’espérance évangélique à la relation que nous avons avec ceux qui ont été les premiers à prendre soin de nous ? Voici trois principes bibliques à considérer avant de couper les ponts avec tes parents.

1. Honore ton père et ta mère.

L’Écriture est pleine d’instructions sur la manière de vivre les relations les uns avec les autres, mais le message le plus souvent répété concernant le lien spécifique avec nos parents est que nous devons les honorer (Ex. 20:12; Lév. 19:3; Deut. 5:16; Marc 7:10; Éph. 6:1–3). Comme l’explique Thomas Keene, quand nous sommes enfants, nous les honorons par notre obéissance, mais en tant qu’adultes nous les « honorons étant une bénédiction pour eux ».

Nous aborderons plus tard la complexité des relations difficiles, mais pour l’instant, reconnaissons qu’aucun des commandements de la Bible concernant l’honneur dû aux parents n’est conditionnel. Aucun ne dit : « Honore tes parents si… ». La Bible est incroyablement réaliste quant à la condition humaine. Elle part du principe que nous aurons des parents imparfaits qui nous décevront, et pourtant elle nous demande systématiquement de les honorer.

La Bible part du principe que nous aurons des parents imparfaits qui nous décevront, et pourtant elle nous demande systématiquement de les honorer.

Une manière dont nous pouvons être une bénédiction pour nos parents en tant qu’adultes est de maintenir la relation avec eux, même quand nous diagnostiquons chez eux des types de comportements qui posent problème. Il est difficile d’honorer quelqu’un avec qui nous n’avons aucun contact. Cela n’implique certainement pas le fait d’être d’accord avec nos parents sur tout ; ni d’accepter des abus ou des maltraitances de leur part. Un dysfonctionnement persistant peut exiger une confrontation aimante et la pose de limites réfléchies, mais peu de situations, autres que la maltraitance, présentent une raison impérieuse de rompre complètement une relation.

2. Pardonne comme tu as été pardonné(e).

En tant que disciples de Christ, nous sommes appelés à pardonner aux autres les blessures ou offenses qu’ils nous ont causées, et cela à cause du pardon que nous-mêmes nous avons reçu en Christ (Matt. 18:21–22; Luc 6:37; Éph. 4:31–32; Col. 3:12–13). Mais même dans les meilleures situations, lorsque le parent demande clairement pardon et cherche la restauration, le pardon reste tout de même pénible et difficile. Dans mon expérience de conseillère, j’ai rarement vu des parents exprimer leur repentance de façon si claire qu’un enfant blessé en a été totalement apaisé.

Le pardon est difficile car libérer la personne de sa dette signifie que nous la prenons sur nous maintenant. La perte ne disparaît pas, mais nous ne tenons plus rigueur à l’auteur de l’offense. Si nous attendons de nous sentir à nouveau complètement en paix et satisfaits dans la relation, nous risquons de vivre dans une attente perpétuelle. Pour aller de l’avant sans rester bloqué, il peut s’avérer nécessaire de procéder à des ajustements relationnels afin d’encourager des interactions saines et de réfléchir dans la prière à comment faire preuve de grâce (une faveur non méritée) dans cette relation.

Mais que faire dans des situations dans lesquelles le parent fautif ne se repent pas et ne recherche pas le pardon ? Nous pouvons là encore chercher à honorer nos parents en veillant à ne pas laisser l’amertume grandir dans nos cœurs. Dans ce cas, la poursuite de la relation demande probablement de prudentes précautions pour éviter de nouvelles blessures. Toutefois, nous pouvons toujours maintenir une relation avec les parents qui nous ont causé la blessure, tout en priant que le Seigneur les amène à la repentance. Maintenir la relation peut même, à un certain degré, faire de nous un instrument pour amener ce parent à la repentance.

Lorsque nous poursuivons sincèrement un processus de pardon, nous arriverons rarement à la décision de rompre la relation. L’amour biblique nous pousse à la sagesse relationnelle ; la relation peut se présenter différemment, mais le pardon laisse le plus souvent la place à une connexion qui se poursuit.

Lorsque nous poursuivons sincèrement un processus de pardon, nous arriverons rarement à la décision de rompre la relation.

3. Supportez-vous les uns les autres dans l’amour.

Supporter les autres (Éph. 4:1–2; Col. 3:13) signifie : « endurer », avoir de la patience pour les erreurs et les faiblesses d’autrui, supporter. Dans nos relations avec les autres pécheurs, nous nous sentons poussés à fuir, à condamner ou à tomber nous-mêmes dans le péché. Supporter les autres dans l’amour signifie résister à ces impulsions.

Si un parent a un comportement problématique, il est légitime de lui demander de s’efforcer d’adopter des habitudes plus saines. Mais que votre parent soit ou non disposé à changer, vous pouvez le supporter en apprenant à réagir différemment à son comportement.

Lorsque nous poursuivons sincèrement un processus de pardon, nous arriverons rarement à la décision de rompre la relation.

Si votre parent a tendance à être passif-agressif, vous pouvez décider de ne pas vous laisser entraîner dans la culpabilité par son comportement, ni répondre quand il fait des commentaires passifs-agressifs. Si votre parent a une tendance à se montrer autoritaire ou à avoir des opinions trop tranchées, vous pouvez apprendre à maintenir vos convictions et vos projets tout en faisant preuve de respect et d’attention à son égard. Si votre parent a un comportement dysfonctionnel qui entraîne un comportement dysfonctionnel chez vous, vous pouvez vous repentir de vos réponses pécheresses et réfléchir à la manière de réagir avec sagesse, dans la grâce et la vérité.

Il est important de reconnaître que le but ultime de la mise en place de distance ou de limites, dans n’importe quelle relation, est d’interrompre ou de prévenir tout développement de comportements pécheurs ou dysfonctionnels. Des relations qui ont été marquées par l’abus demandent qu’on mette des limites et qu’on use de sagesse pour se protéger contre des maux futurs. Mais dans la plupart des relations parentales difficiles, il est possible de décourager les comportements qui posent problème en apprenant à réagir différemment, en se supportant mutuellement dans l’amour. Réfléchissez à la manière dont vous pourriez vivre l’humilité, la douceur et la patience (Éph. 4:1-2) avec des parents difficiles au lieu de rompre la relation.

Une occasion de bénir

Avoir une relation difficile avec vos parents est souvent douloureux. Ce que vous espériez ou imaginiez pour vos relations et pour des vacances, célébrations et rassemblements familiaux peut être fort différent de votre expérience vécue. Sans ignorer cette douleur, nous avons encore l’occasion de bénir nos parents, en vivant de la grâce qui nous a été donnée gratuitement en Christ.

Une relation marquée par la grâce et le pardon mutuel est une belle expression tangible de l’Évangile. Bien sûr, nous ne pouvons contrôler qu’un côté de la relation et prier pour que le Seigneur travaille sur l’autre. Alors, dans la mesure où cela dépend de nous, choisissons d’être des personnes qui honorent, pardonnent et supportent dans l’amour en particulier avec nos parents.

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