Un cadeau pour le roi

Il était une fois un roi, qui regardant par la fenêtre, aperçut l’un de ses enfants qui cueillait des fleurs dans un champ au loin. Le roi vit l’enfant cueillir les fleurs et les entourer d’un ruban aux couleurs royales. Il sourit, car le ruban signifiait que les fleurs lui étaient destinées. Elles étaient un cadeau destiné à lui plaire. Le roi remarqua ensuite que l’enfant, parce qu’il était encore jeune, ne cueillait pas que des fleurs. De temps en temps, il ajoutait aussi quelques mauvaises herbes, et du lierre, qui poussait en bordure de forêt, ainsi que quelques chardons au bord des fossés qui n’avaient pas été tondus.

Pour aider son enfant dans son travail, le roi confia une mission à son fils aîné, qui était assis à sa droite. Le roi lui dit :

— Va dans mon jardin, et cueille quelques fleurs parmi celles qui y poussent. Puis, lorsque ton frère viendra devant mon trône avec son cadeau, ôte de son bouquet tout ce qui est inapproprié pour mon palais. À la place, ajoute les fleurs que j’ai cultivées.

Grâce Infinie
Bryan Chapell
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Grâce Infinie
Bryan Chapell
BLF Éditions & Évangile21. 208 pages. 14,90 €.

Nous parlons si souvent de la « grâce de Dieu » que nous en oublions parfois sa puissance surnaturelle. Par sa grâce, Dieu ferme la porte à toutes nos tentatives de lui être agréables pour éviter sa colère ou gagner sa faveur. Mais cela va bien plus loin.

Comment la grâce de Dieu modifie-t-elle nos motivations et nos affections ? Comment s’appuyer sur elle pour fuir le péché et obéir enfin de tout cœur comme Dieu l’attend de nous ?

Ce livre fourmille de références aux Écritures qui vous permettront de saisir pourquoi vous devez vous appuyer sur cette ressource infinie. Plus vous puiserez en elle, plus l’Évangile produira en vous une joie qui transformera votre vie de l’intérieur. Non seulement vous désirerez mieux connaître Dieu et ses plans, mais vous serez aussi libres de lui obéir sans compromis.

Le fils aîné fit exactement ce que son père lui avait demandé. Lorsque son jeune frère arriva devant la salle du trône, il ôta les mauvaises herbes, le lierre et les chardons, et les remplaça par les fleurs du jardin royal. Puis, le fils premier-né enroula de nouveau le ruban autour des fleurs, afin que son frère puisse présenter son cadeau au roi. Avec un sourire radieux, le jeune enfant entra dans la salle du trône, et présenta le bouquet en disant :

  • Voici, mon père, un beau bouquet que j’ai préparé pour vous.

Ce n’est que plus tard qu’il comprit que son père, dans sa grâce, avait lui-même fait en sorte de rendre son cadeau acceptable.

 

De la grâce pour les mauvaises herbes

Cette ancienne parabole nous rappelle tendrement la grâce de notre Père céleste. Chacun de nous est cet enfant, qui s’approche avec un bouquet… un bouquet rempli des mauvaises herbes de ses bonnes œuvres. Nous pouvons nous efforcer d’honorer Dieu, avec énergie et avec zèle, mais nos actions ne seront jamais réellement dignes de la salle de son trône et de sa sainteté. C’est pourquoi notre Roi éternel a pourvu à tout ce qu’il fallait pour qu’en émane la sainteté qu’il exigeait. Il a envoyé son Fils éternel Jésus-Christ pour nous rendre, nous et nos efforts, dignes du ciel.

La vie du Christ exempte de péché, le sacrifice de sa mort et sa résurrection victorieuse sont les fleurs parfaites que Dieu a pré- parées afin qu’elles se substituent aux « mauvaises herbes » de nos œuvres. C’est ainsi que nous comptons sur la manière que Jésus a de pourvoir à cette transformation, plutôt que sur nos bonnes œuvres ou nos bonnes intentions. Il remplace les actes imparfaits et empreints de péché du bouquet de nos vies, pour les remplacer par ses perfections. Quand nous nous tenons devant Dieu dans la salle du trône céleste, tout ce que nous donnons à Dieu est rendu juste par l’œuvre de Christ accomplie pour nous. Les fleurs de Christ sont offertes par la grâce de Dieu. C’est sa grâce qui lui rend les bouquets de notre vie acceptables et agréables.

L’objectif de ce livre est double : saisir comment ces vérités sur la grâce influent sur ce que nous comprenons de l’approbation de Dieu à la fin de nos vies, mais aussi comment elles donnent à nos efforts le pouvoir d’honorer Dieu chaque jour. Comment la grâce peut permettre à nos vies quotidiennes de ressembler davantage à celle de Christ, voilà qui n’est pas toujours évident à comprendre. Après tout, aussi précieuse que soit la grâce, qui substitue la justice de Christ à nos péchés, et aussi réconfortant que cela puisse être de savoir que Dieu pourvoira à la sainteté qu’il exige, de telles assurances peuvent donner l’impression que nous sommes pour l’instant tirés d’affaire.

Si nos œuvres ne sont pas la base sur laquelle nous nous tenons devant Dieu, cela veut-il dire qu’elles ne comptent pas vraiment ? Et, si Dieu nous crédite en fin de compte de la justice de Christ, alors pourquoi devrions-nous nous donner la peine de combattre les tentations, ou de lui obéir ?

 

Les mathématiques du moi

Pour répondre à ces questions, reconnaissons une chose: affirmer que Dieu substituera la justice de Christ à nos imperfections soulève de vrais problèmes bien concrets. De nos esprits tordus jaillit rapidement ce genre de calcul: Si Dieu substitue au bout du compte les bonnes œuvres de Dieu à mon mauvais comportement, pourquoi ne pas pécher aujourd’hui? Inutile de chanter : « Mangeons, buvons, car demain nous mourrons ». Nous pouvons aller bien plus loin encore et dire, dans un grand éclat de rire : « Mangeons, buvons, réjouissons-nous, car demain Dieu pardonne ! ». L’assurance du pardon de Dieu risque de nous faire raisonner comme le roi Hérode imaginaire du poète Auden, qui parlait ainsi : «J’aime commettre des crimes. Dieu aime pardonner les crimes. Le monde est vraiment admirablement bien organisé».

Comment répondre à une telle logique ?

Premièrement, nous devons faire preuve de prudence, et ne pas trahir les vérités de l’Évangile dans le but de contrer ces mathématiques charnelles. Imaginez que vous répondiez en disant : « Dieu ne pardonnera pas ». Cela peut effrayer certaines personnes et les pousser à adopter temporairement un meilleur comportement. Un tel message trahit Christ. Il a enseigné et donné sa vie pour annoncer que Dieu pardonnera pleinement à tous ceux qui croient que Jésus a définitivement payé le prix pour leur péché (Jean 3 : 16). Dieu pardonnera réellement à ceux qui placent leur confiance en lui, et en lui seul, pour obtenir le pardon. Chaque fois qu’ils se tourneront humblement vers Dieu et demanderont sa grâce, il la leur accordera.

En tant que « Chrétien », vous ne pouvez pas nier que la grâce de Dieu est plus grande que tout notre péché et toujours capable de le couvrir. Une obéissance nouvelle, et une vie quotidienne en harmonie avec les exigences de Christ nous permettent d’expérimenter le pardon de Dieu, mais jamais de le mériter. Dieu n’attend pas de nous que nous devenions suffisamment bons pour mériter sa miséricorde et son pardon. La Bible enseigne que ceux qui confessent sincèrement leur besoin de la miséricorde de Dieu sont réellement pardonnés (1 Jean 1:9). Même si nos péchés nous accusent, et font comme des taches rouge sang sur nos vêtements, Dieu nous lavera toujours, pour nous rendre plus blancs que la neige (Ésaïe 1:18). Il pardonne aux meurtriers, aux adultères, aux abuseurs, aux médisants, aux voleurs et aux menteurs (1 Timothée 1 : 8-16). Il nous pardonne. Aucun péché ne surpasse la façon dont Christ arrange les choses pour nous (Romains 5:20; 1 Pierre 2:24). Christ ôte les pires mauvaises herbes du bouquet de nos vies et les remplace par des fleurs, dont le doux parfum est celui du pardon éternel de Dieu.

Cet article est un extrait du livre Grâce infinie de Bryan Chapell

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