L’éveil à la grâce dans l’approche du travail missionnaire
La grâce et ses ennemis
L’une des principales raisons qui m’ont décidé à écrire ce livre est de pousser un cri du cœur en faveur de l’« éveil à la grâce » dans le domaine du travail missionnaire. Cette expression « éveil à la grâce » trouve son origine dans le titre du livre de Charles Swindoll, Éveil à la grâce, qui m’a parlé avec tant de force, comme à des milliers d’autres personnes, au cours de ces dernières années. Ce livre commence en nous rappelant que les chrétiens sont sauvés par la foi, à travers la mort sacrificielle de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix, et que nous n’avons rien à lui offrir en retour. Nous ne pouvons qu’accepter son don gratuit qui nous a été accordé dans la grâce. Selon Swindoll, « une fois que nous avons compris la signification verticale [de sa grâce] comme étant un cadeau gratuit de la part de Dieu, une bonne partie de la grâce horizontale — que nous-mêmes transmettons aux autres — se met automatiquement en place. »
C’est de cette « grâce horizontale » dont je veux parler dans ce chapitre. Il s’agit de la qualité qui nous permet de reconnaître que les chrétiens, en tant qu’individus, et les groupes de chrétiens, dont le nôtre, ne sont pas soumis au légalisme en Christ, afin de croître et de travailler sous sa direction.

Sortir de la zone de confort
George Verwer
Les temps ont changé depuis les premières oeuvres missionnaires ; des adaptations s’imposent. Georges Verwer, fondateur de la mission Opération Mobilisation, déborde d’expérience pratique et de sagesse dans ce domaine. Il souligne les nouveaux besoins et propose des plans d’actions. Ce livre explore les différentes formes de missions possibles pour notre époque et pousse à un respect et une collaboration entre les diverses oeuvres existantes. Un encouragement à ne pas abandonner la mission au loin comme au près.
Christ nous a rendus libres pour que nous connaissions la vraie liberté. C’est pourquoi tenez bon et ne vous mettez pas à nouveau sous le joug de l’esclavage. Galates 5.1
Nous nous réjouissons de cette liberté, mais nous ne nous en vantons pas. Nous l’utilisons pour édifier les autres et pour leur montrer que nous respectons leur marche avec Dieu et leur travail pour lui.
Oui, mes frères et sœurs, vous avez été appelés à la liberté. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre comme des hommes livrés à eux-mêmes. Au contraire, par amour, mettez-vous au service les uns des autres. Galates 5.13
De nombreux auteurs spirituels ont souligné ce même passage, comme dans « Le chemin du calvaire » de Roy Hession, dont la lecture est recommandée au sein d’Opération Mobilisation depuis les tout premiers jours du mouvement. Ces livres, ainsi que beaucoup d’autres, nous ramènent à la Bible où de grands passages tels que 1 Corinthiens 13 et Éphésiens 4 nous montrent comment vivre en relation avec les autres.
L’amour est patient, il est plein de bonté, l’amour. Il n’est pas envieux, il ne cherche pas à se faire valoir, il ne s’enfle pas d’orgueil. Il ne fait rien d’inconvenant. Il ne cherche pas son propre intérêt, il ne s’aigrit pas contre les autres, il ne trame pas le mal. L’injustice l’attriste, la vérité le réjouit. En toute occasion, il pardonne, il fait confiance, il espère, il persévère. 1 Corinthiens 13.4-7
Soyez bons et compréhensifs les uns envers les autres. Pardonnez-vous réciproquement comme Dieu vous a pardonné en Christ. Éphésiens 4.32
J’utilise parfois une autre expression pour décrire cette qualité : c’est « avoir un grand cœur ». Je pense à cet incident rapporté dans les Évangiles de Marc et de Luc où Jean raconte à Jésus comment les disciples ont interrompu quelqu’un qui chassait les démons en son nom, mais qui n’était pas l’un d’entre eux. Jean a adopté le point de vue étroit, légaliste, mais le récit continue :
— Ne l’en empêchez pas, répondit Jésus, car personne ne peut accomplir un miracle en mon nom et, aussitôt après, dire du mal de moi. Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Marc 9.39-40
Jésus a adopté le point de vue généreux.
Le verset bien connu, Romains 8.28, est un autre texte au grand cœur :
Nous savons en outre que Dieu fait concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment, de ceux qui ont été appelés conformément au plan divin.
Nous utilisons souvent ce verset pour nous encourager ou encourager ceux qui nous sont proches lorsque les choses ne semblent pas aller bien, afin de nous rappeler que la compassion de Dieu nous entoure toujours. Mais nous pouvons bien sûr l’appliquer également à d’autres personnes quand nous croyons que les choses vont « mal » pour elles parce qu’elles n’agissent pas correctement ou parce qu’elles suivent une politique ou une stratégie avec laquelle nous sommes en désaccord.
Le besoin d’une telle approche, éveillée à la grâce et au grand cœur, existe dans le travail missionnaire. Il y a tant de domaines où le manque de grâce cause des blessures et des tensions et entrave franchement l’œuvre de Dieu à travers le monde.




























