Parler de la souffrance

Un grand nombre de conversations auxquelles nous prenons part concernent les épreuves. Pour cette raison, nous voulons savoir ce que Dieu dit à ceux qui souffrent. La plupart d’entre nous y ont déjà réfléchi. Nous avons tous une idée de ce que le Seigneur dit. À vrai dire, nous cherchons à affiner cette connaissance et à la compléter. 

Comment s’y prendre ? 

Certaines de nos difficultés sont clairement définies dans les Écritures. Par exemple, on peut chercher le mot «peur» ou « crainte » dans une concordance biblique et y trouver immédiate- ment des centaines de passages. Or, que faire quand les Écritures demeurent silencieuses à propos d’un problème particulier ? Par exemple, elles semblent muettes en ce qui concerne les troubles psychiatriques, une question pressante pour plusieurs personnes. Dans de tels cas, nous demandons l’aide d’individus sages et demeurons à l’écoute de ceux qui éprouvent des difficultés. Ce faisant, nous remarquons deux choses : 

Prendre soin les uns des autres
WELCH EDWARD T.
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Prendre soin les uns des autres
WELCH EDWARD T.
Editions Impact. 84 pages. 9,90 €.

Imaginez que vous puissiez vous joindre à un groupe de personnes où les membres se confieraient véritablement les uns aux autres. Dans ce groupe, vous pourriez parler de vos souffrances, sachant que quelqu’un vous répondra avec compassion. Vous pourriez aussi parler de vos joies, sachant que quelqu’un se réjouira avec vous. Vous pourriez même demander de l’aide pour lutter contre le péché, sachant que quelqu’un priera avec vous. Ne serait-ce pas merveilleux ?

Le but de ce livre est de faire en sorte que ce genre de relations profondes fassent partie intégrante de la vie quotidienne de votre Église. Par de courts chapitres et des questions de discussion, Ed Welch guide le lecteur à travers huit leçons pour montrer à quoi ressemble la vie quotidienne de croyants ordinaires qui désirent s’aider mutuellement dans leur marche avec Christ.

  1. Chaque difficulté est unique. Aucune forme de souffrance n’est identique à une autre. 
  2. Les difficultés ont toutes un dénominateur commun. Elles sont toutes pénibles et laissent ceux qui les vivent à bout de forces. C’est pour cette raison qu’un psaume peut s’appliquer à tant de problèmes différents.

L’histoire qui suit couvre un large éventail de souffrances humaines. Elle ne décrit pas toutes les formes d’attaques qu’il est possible de subir, mais constitue un récit type qui nous sert de guide. 

L’histoire du désert 

L’histoire de l’Exode commence par les compassions de Dieu et la délivrance de son peuple : « les enfants d’Israël gémissaient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu’à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements » (Ex 2.23,24). Le Seigneur leur montra alors sa puissance, qui surpassait celle de l’Égypte, et les en fit sortir. Le plan original consistait à traverser le désert, pour atteindre la Terre promise, mais le voyage à travers le désert se prolongea considérablement et fut plus difficile qu’on aurait pu l’anticiper. 

Puisque le désert est pénible, nous répondons avec compassion 

Le désert est bel et bien un lieu de détresse et d’impuissance. Cette histoire concerne tous ceux qui se sont déjà sentis faibles et misérables au milieu de leur souffrance. Dans le désert, on a l’impression que tout est perdu et qu’il est impossible de faire un pas de plus. Les dangers y sont multiples. Puisque nous cherchons à aider les autres, la marche à travers le désert de ceux que nous aimons éveillera notre compassion envers eux. Nous pleurons avec ceux qui pleurent, nous nous approchons d’eux et prions pour qu’ils soient affermis. 

On ne trouve pas que des épreuves dans le désert 

Les choses ne sont pas exactement comme elles le semblent. Bien que nos sens nous laissent entendre que nous sommes seuls, le Seigneur se tient tout près. Or, puisqu’il est la source de la vie, celle-ci paraîtra même sur une terre en apparence dénuée. Ce désert est l’endroit où l’eau jaillit des rochers et où la manne tombe chaque matin. 

C’est aussi là que le Seigneur met ses enfants royaux à l’épreuve et les forme afin qu’ils puissent sonder leurs propres cœurs et qu’ils parviennent à s’élever en maturité et en sagesse jusqu’à sa cour royale (De 8.1-3 ; Ja 1.2-5). Cette mise à l’épreuve pénètre jusqu’aux profondeurs de l’âme. Lui accorderons-nous notre foi et notre confiance quand les circonstances semblent insurmontables ? 

Lors de l’épreuve du désert, Israël a oublié Dieu. Son peuple s’est plaint, l’a critiqué et outragé ; il a voulu retourner en Égypte et a cherché son secours ailleurs qu’en l’Éternel. Trop souvent, nous agissons de la même manière durant notre propre périple. Et quand la vie est difficile, nous croyons davantage ce que la raison nous dit que ce que Dieu nous a promis. 

En réponse à cette loyauté précaire chez l’être humain, Jésus lui-même est entré dans le désert. On découvre que le voyage dans le désert, le chemin par lequel Dieu fait passer ses enfants royaux, est le chemin du Roi Jésus (Mt 4.1-11). Après que l’humanité y a subi d’innombrables défaites, son champion a pris la relève. Néanmoins, sa voie fut différente. Tandis que le peuple avait reçu la manne, Jésus ne se nourrissait pas de pain mais des seules paroles de son Père. Bien que Satan fût dans l’ombre durant la marche de l’Exode, il s’est présenté directement pour combattre le Messie affaibli et a dirigé tout son arsenal spirituel contre lui. Cependant, les stratégies de l’ennemi étaient familières : « Les voies de Dieu sont mauvaises. Aie confiance en toi, en moi, en ces idoles mortes. » Au moment où les difficultés surviennent, nous entendons assurément Satan débiter ses mensonges qui mettent en cause l’amour, la générosité et la véracité du Seigneur. 

Notre Roi s’est délibérément engagé dans la situation la plus pénible qui soit. Là, il a cru et a récité les paroles de son Père. Ces paroles étaient sa nourriture et sa satisfaction. Elles étaient tout ce dont il avait besoin pour se fortifier et triompher. Son succès a tout changé. 

En d’autres mots, au milieu de notre propre désert, nous aspirons à avoir des yeux qui nous permettent de voir Jésus. 

Le désert est une occasion d’exercer la foi 

Nous entrons maintenant dans le désert en sachant que Jésus a déjà triomphé et qu’il nous a donné son Esprit pour accomplir ce qui nous était impossible auparavant. Dans les temps de tribulations intenses, il est possible de se tourner vers le Seigneur plutôt que de se détourner de lui. 

Cette nouvelle histoire est pour nous tous : ceux qui connaissent le stress post-traumatique, la victimisation et les mauvais traitements, les pertes et les craintes. C’est aussi une histoire phare pour lutter contre la tentation ; elle est donc essentielle pour contrer toutes les dépendances. Notre tâche consiste à l’habiter et à nous l’approprier. 

Que se passe-t-il quand nous faisons de l’Exode notre propre histoire ? Celle-ci commence par notre propre délivrance de l’esclavage : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude » (Ex 20.2). Dieu a entendu nos gémissements avant même que nous fassions appel à lui. Il a démontré qu’il avait le dessus sur Satan et décrété que nous lui appartenions. 

Puisque le Roi que nous suivons a été conduit dans un lieu de désolation, nous serons très certainement nous aussi menés vers des lieux arides. Nous avons tendance à croire qu’un bon père devrait épargner à ses enfants les plus terribles épreuves. Une éraflure au genou nous permet encore de croire en son amour, mais quel genre de père laisserait son enfant subir les sévices les plus honteux ? Il est difficile de répondre à cette question, mais nous savons ceci : le Père a aimé son Fils parfait, et cependant ce dernier a connu les pires souffrances et l’humiliation ultime. Or, puisque nous sommes unis au Fils par la foi, le Père nous aime assurément. Nous pouvons aussi croire qu’un jour, le Père, qui est le juste juge, redressera tous les torts. C’est cette confiance qui a soutenu Jésus à travers son humiliation, « lui qui, injurié, ne rendait point d’injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s’en remettait à celui qui juge justement » (1 Pi 2.23). Nous pouvons avoir la même confiance. 

Les difficultés viendront. Jésus est passé le premier par ces épreuves et il connaît ses brebis. L’amour du Père nous accompagne à travers les souffrances. La justice du Père, celle qui réduit au silence tous les malfaiteurs et restaure son peuple, est assurée. 

Jésus nous accompagne maintenant par son Esprit et nous pré- pare une place sur la Terre promise. Le Christ, après avoir vaincu Satan, pardonné nos péchés et triomphé en traversant le désert à notre place, nous y conduit maintenant jusqu’à la demeure qu’il nous a préparée. Lorsque nous persévérons par la foi, il nous fortifie dans nos faiblesses. Ainsi, nous rendons honneur à son nom. 

Crier vers le Seigneur 

La principale manière d’exprimer cette confiance – ou force au sein de la faiblesse – consiste à lui parler : 

Du fond de l’abîme je t’invoque, ô Éternel ! Seigneur, écoute ma voix ! Que tes oreilles soient attentives À la voix de mes supplications ! (Ps 130.1,2.) 

C’est à la fois l’une des choses les plus simples et les plus difficiles à faire. Les enfants peuvent le faire, mais cela exige une combinaison complexe de besoins humains et de foi en Jésus. Cela peut sembler contre-intuitif de prime abord et ressemble sans doute à un langage enfantin. Cependant, c’est bien plus que cela, puisque le Saint-Esprit nous donne les mots qu’il faut dire. Ces paroles sont empreintes d’honnêteté, d’ouverture, de questionnement, et elles s’accrochent, parfois désespérément, à Jésus-Christ et à son œuvre. 

Les Écritures, la méthode de communication personnelle de Dieu, s’adressent à nous dans le malheur. Bien qu’elles ne précisent pas nécessairement la nature exacte des tribulations du désert, une fois que nous avons défini nos propres difficultés comme étant des souffrances, la Parole de Dieu en aura long à dire sur le sujet. 

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