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Lorsque nous jugeons notre souffrance inutile – sans raison –, nous sommes tentés de céder au désespoir. La femme qui est en travail est capable de supporter sa douleur parce qu’elle engendrera la vie. Ceux qui sont atteints d’une maladie en phase terminale ne sont pas animés du même espoir que la femme qui donne naissance à un enfant. Si la mort est une fin en soi, la souffrance dont elle s’accompagne devrait nous faire sombrer dans un désespoir absolu et infini.

Il reste que le message de Christ indique que la mort n’est point à la mort, mais à la vie. Ainsi, l’analogie de l’accouchement s’applique. Elle s’emploie en fait pour décrire la souffrance de Christ et de toute la création. À ce sujet, Ésaïe a écrit: «À cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards» (És53.11). De même, Paul nous a dit: «Or, nous savons que, jusqu’à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l’enfantement. Et ce n’est pas elle seulement; mais nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous soupirons en nous‐mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps » (Ro 8.22,23).

Surpris par la souffrance

Surpris par la souffrance

Éditions Impact. 168 pages.

Dans cet ouvrage, R. C. Sproul soutient que nous ne devons pas être surpris par la souffrance ; au contraire, nous devrions nous attendre à connaître la douleur et le chagrin dans cette vie. Certains sont particulièrement appelés à une « vocation » de souffrance, mais nous sommes tous destinés à subir la souffrance ultime de la mort. Dans sa Parole, Dieu promet que nous connaîtrons des temps difficiles, mais il promet aussi qu’il permet la souffrance pour notre bien et pour sa gloire, et qu’il ne permettra pas que nous soyons éprouvés au-delà de ce que nous sommes capables de supporter avec son aide.

Le Dr Sproul offre des conseils bibliques solides ainsi qu’un réconfort aussi bien aux personnes qui souffrent qu’à celles qui en prennent soin. À travers ce livre, il aide les croyants à faire face aux épreuves en les invitant à placer leur confiance en un Dieu qui est à la fois aimant et bon.

Éditions Impact. 168 pages.

Il se peut que nous soyons dans la détresse, mais nous ne devrions pas désespérer. Si nous n’étions pas convaincus de la rédemption qui nous attend, la douleur en soi suffirait à nous mener au désespoir

Il se peut que nous soyons dans la détresse, mais nous ne devrions pas désespérer. Si nous n’étions pas convaincus de la rédemption qui nous attend, la douleur en soi suffirait à nous mener au désespoir.

Même cette rédemption ne suffit néanmoins pas toujours à nous éviter de côtoyer le désespoir. La Bible révèle maintes fois les luttes que les plus grands saints ont menées contre le désespoir. Plus d’un personnage biblique a maudit le jour de sa naissance et a supplié Dieu de lui accorder le privilège de mourir.

Moïse a fait face à la sombre nuit de son âme en criant à Dieu: «Plutôt que de me traiter ainsi, tue‐moi, je te prie, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, et que je ne voie pas mon malheur» (No11.15). Job a ainsi maudit le jour où il est né : « Pourquoi ne suis‐je pas mort dans le ventre de ma mère ? Pourquoi n’ai‐je pas expiré au sortir de ses entrailles ? Pourquoi ai‐je trouvé des genoux pour me recevoir, et des mamelles pour m’allaiter ? Je serais couché maintenant, je serais tranquille, je dormirais, je reposerais» (Job3.11‐13). Jérémie a exprimé le même sentiment: «Maudit soit le jour où je suis né! Que le jour où ma mère m’a enfanté ne soit pas béni! Maudit soit l’homme qui porta cette nouvelle à mon père : Il t’est né un fils, et qui le combla de joie ! […] Pourquoi suis‐je sorti du sein maternel pour voir la souffrance et la douleur, et pour consumer mes jours dans la honte ? » (Jé 20.14,15,18.)

Lorsque la souffrance se prolonge, c’est alors que nous sombrons dans les profondeurs du désespoir. Le philosophe danois Søren Kierkegaard a fait remarquer un jour que l’un des pires états dans lequel un être humain peut se retrouver est celui de désirer mourir et d’en être empêché. J’ai moi‐même rencontré des gens dans cette situation. Bon nombre de personnes âgées m’ont dit : « J’aimerais que le Seigneur vienne me chercher. Pourquoi me laisse‐t‐il encore ici ? »

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