Le counseling biblique et les cas difficiles

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Redéfinir les diagnostics de la psychologie séculière 

Les psychologies modernes ont un point de départ anthropocentrique profane, ce qui entraîne des répercussions profondes, à commencer par les catégories diagnostiques. Dès le début, les psychologues ont cherché à aider les gens avec leurs problèmes de cette vie sans référence à Dieu, à Christ, au péché, au but que Dieu assigne à la souffrance, aux Saintes Écritures. La psychologie séculière part du principe que les êtres humains peuvent être compris et leurs problèmes atténués, selon une vision entièrement anthropocentrique. Cela n’a évidemment rien de choquant. Les chrétiens ne s’attendent pas à ce que des individus non régénérés se conduisent comme des personnes régénérées (1 Co 2.14-16). En revanche, ce qui est choquant, c’est que pour venir en aide à autrui, les chrétiens eux-mêmes considèrent si souvent comme ressources centrales les théories des non-chrétiens à propos de l’être humain, de leur compréhension de ses problèmes, et de leurs efforts pour l’aider à les résoudre. Trop fréquemment, les chrétiens négligent de voir que Dieu a révélé sa propre compréhension concurrente de ce qui ne va pas chez l’être humain, et il a établi des ordonnances radicalement différentes de ce dont les gens ont besoin, et indiqué comment leur venir en aide. 

Quand Adams a fondé le mouvement du counseling biblique, il était attristé de constater que l’Église avait importé les catégories diagnostiques séculières et ignoré la manière dont, dans ses pages, la Bible explique les problèmes. Il déclara : 

Les dysfonctionnements organiques touchant le cerveau et causés par des dommages cérébraux, des tumeurs, une hérédité génétique, des troubles glandulaires ou chimiques, peuvent valablement être qualifiés de maladies mentales. Mais en même temps, un très grand nombre d’autres troubles humains ont été classés comme maladies mentales sans la moindre preuve qu’ils aient été engendrés par une quelconque maladie. En tant que description de bon nombre de ces problèmes, l’expression « maladie mentale » n’est qu’une figure de style et, dans la plupart des cas une piètre figure… [Le problème des «malades mentaux»] est autogène; le mal est interne. Le penchant fondamental de la nature humaine déchue consiste à s’éloigner de Dieu. L’homme naît dans le péché et s’égare «au sortir du ventre de [sa] mère» (Ps 58.4); il va donc naturellement (par nature) tenter différentes esquives pour éviter de faire face à son péché. Il tombe dans différents styles de péché, suivant les succès ou les échecs à court terme des réactions coupables particulières qu’il adopte en présence des problèmes de la vie. En dehors des difficultés générées organiquement, les « malades mentaux » sont vraiment des gens dont les problèmes personnels ne sont pas résolus. 

Le counseling biblique et les cas difficiles
David Powlison
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Le counseling biblique et les cas difficiles
David Powlison
Impact. 336 pages.

Les conseillers bibliques s’acharnent depuis des décennies à démontrer que les ressources offertes par Dieu dans les Écritures sont suffisantes pour aider les gens à résoudre leurs problèmes. Dans ce livre, Stuart Scott et Heath Lambert utilisent des cas réels pour montrer comment les vérités de la Parole de Dieu peuvent être utilisées pour apporter l’espoir et la guérison dans la vie de ceux qui luttent avec certains des diagnostics psychiatriques les plus difficiles.

Dans cet ouvrage, une équipe de conseillers hautement qualifiés, composée de pasteurs, d’universitaires, de médecins et de psychiatres, donne des exemples de récits bibliques qui ont aidé plusieurs personnes à lutter contre les troubles bipolaires, le trouble dissociatif de l’identité, le trouble obsessionnel compulsif, la dépression post-partum, les crises de panique, la dépendance, les problèmes liés aux abus sexuels durant l’enfance, l’homosexualité, et plus encore. Tous ces contributeurs nous montrent comment la grâce de Christ, telle que révélée dans la Bible, a apporté de puissants changements spirituels dans la vie de ces personnes qui étaient auparavant accablées par des problèmes mentaux et émotionnels.

Adams a bien exprimé la critique fondamentale à l’encontre de la psychologie séculière : sa compréhension des problèmes humains s’écarte de Dieu. Lorsque des psychologues examinent des personnes présentant des troubles, ils voient des problèmes médicaux, des difficultés de développement et des comportements dysfonctionnels. Ils ne remarquent pas les œuvres du péché. Ils ne voient pas des personnes coupables qui, par leur faillite morale devant Dieu, se créent des difficultés et accentuent des problèmes existants. Ils ne voient pas des gens innocents qui sont menacés par ceux qui pèchent contre eux. Ils ne voient pas Dieu, le Sauveur des pécheurs, comme le refuge des affligés. En ne voyant pas ces catégories, les sécularités passent à côté de la réalité (Ro 1.18-23). 

Les psychologues sécularistes ne peuvent pas vraiment comprendre les problèmes des gens parce que ces problèmes sont de nature profondément théologique. Les sécularistes étouffent la vérité dans l’injustice et passent ainsi à côté de la dimension qui oriente vers Dieu, et qui se trouve à la racine de toutes les difficultés qui nécessitent un counseling. Or, cela ne veut pas dire que pour venir en aide aux gens, les défenseurs de la suffisance biblique n’ont rien à apprendre de la science ou des efforts des chercheurs non chrétiens. Les conseillers bibliques peuvent apprendre énormément, et ils l’affirment depuis le commencement. En fait, les conseillers bibliques ont systématiquement affirmé que les observations de la psychologie séculière peuvent combler des lacunes dans toutes sortes de domaines, et obliger les conseillers bibliques à une réflexion biblique plus soignée dans ces domaines. Les conseillers bibliques ont dénoncé les interprétations séculières de ces observations (et des efforts déployés dans l’exercice du ministère de counseling) par les psychologues, puisqu’elles sont contaminées par une vision athée du monde. Pour les conseillers bibliques, la psychologie séculière – bien que capable d’observer de nombreuses choses – est incapable d’interpréter la signification qui se cache derrière leurs observations. 

On ne saurait exagérer l’importance de cet argument. Les conseillers chrétiens, qui croient que les Écritures sont somme toute insuffisantes pour le counseling, prétendent que les approches profanes du counseling concernent plus de cas et les abordent de manière plus profonde que les auteurs bibliques. Ils ne parviennent pas à comprendre que tous les problèmes de la vie – émotionnels, mentaux, relationnels, comportementaux – ont une cause spirituelle. Ce fait est un argument puissant en faveur de la validité des ressources des Écritures en matière de counseling. Selon cet argument, la compréhension biblique des difficultés que rencontrent les êtres humains, et qui est ancrée dans une vie menée devant un Dieu souverain, a été détournée et sécularisée par les penseurs humanistes. Dès lors, le débat est inversé : la vraie question n’est pas la suffisance des Écritures, mais la suffisance de la psychologie. Lorsque les problèmes sont examinés à la lumière de Christ, c’est la psychologie – et non les Écritures – qui se révèle vraiment insuffisante pour aider les gens. 

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