Obtenez gratuitement votre accès aux 8 plénières et 12 ateliers de la conférence "L'Exode, un peuple libéré"

×
Parcourir

J’aime Noël [et je ne suis pas la seule]. J’aime surtout les préparatifs de Noël, toute cette ambiance « magique » dont on peut profiter, ces illuminations, ces décorations, les musiques à n’en plus finir, l’odeur de la cannelle, les flocons espérés et le son des cloches… Tout ce temps avant… pour vivre l’Avent. Un dimanche, une bougie, un jour de décembre, un chocolat… les cadeaux qu’on prépare et qu’on cache, les films pleins de neige qu’on regarde, lovés dans le canapé, chocolat chaud à la main, chaussettes de grand-mère aux pieds. Cliché ? Oui. Mais réalité ? Certainement.

Ce mois de décembre, c’est un peu comme une pause dans une année au rythme effréné, un concentré de moments partagés, de souvenirs d’enfance, comme si les choses devenaient moins compliquées, les éléments troublants se mettaient en trêve et que l’on repoussait à l’année suivante ce qui peut peser, embarrasser, importuner. Une pause. Mais, assez paradoxalement, j’ai l’impression que plus le temps passe, plus Noël prend la forme d’un stress rajouté à une année déjà bien chargée. Trop de sollicitations. Trop de possibilités. Trop d’opportunités de magasins, de choix d’articles, de marques, de couleurs, de matières, de styles, de tailles, de moyens de paiement, de moyens de livraison…

Et ce constat, je le vois encore plus cette année, avec le calendrier de l’Avent. Avant, le calendrier de l’Avent rimait avec chocolat en forme d’objet de Noël, un exemplaire partagé pour la famille dans des boîtes customisées pour les plus créatifs, dans des boîtes cartonnées pour les plus pressés. Aujourd’hui, l’Avent et son célèbre calendrier, c’est la foire aux parfums, aux thés, aux bières, aux produits de beauté, aux biscuits, aux fromages, aux chips, aux pâtés et même aux surprises pour les chiens !

Et pour donner à ce moment l’authenticité du premier Noël, les organismes chrétiens proposent un calendrier plein de versets, de lectures bibliques, de cantiques, de bricolages et de jeux bibliques pour enfants…un jour à la fois. Je pourrais passer les 24 jours qui précèdent Noël à ouvrir ces petites fenêtres qui colorieront mes oreilles, enchanteront mes papilles, réjouiront mon palais… et, je l’espère, pousseront mon âme à louer Celui dont on tait trop le nom… le nom de Celui-là même qui est supplanté par le blafard bonhomme rouge, Celui qui n’est même pas évoqué dans les écoles, dont l’histoire n’est même pas proposée dans la « sélection du mois » des bibliothèques et qui n’a pas sa place dans les programmes télé. Je pourrais en ouvrir plein des petites fenêtres. Mais je n’y arrive pas. Trop de choix. Trop d’opportunités. Un chocolat, un verset, une pensée qui fait réfléchir, une confiture, une image, un cantique de Noël… tout ça le même jour ? Je n’arriverai pas à suivre. Aucune de ces fenêtres n’est mauvaise en soi, bien au contraire, leur contenu peut me faire réfléchir à tant de choses et bénir Dieu pour tant de variétés… Mais cette effusion de trop ne va-t-elle pas me noyer dans l’oubli de l’essentiel ? Cette profusion d’opportunités ne va-t-elle pas plutôt pousser mon cerveau à zapper une fois de plus au milieu des innombrables sollicitations qui peuplent mes journées ? Quel calendrier poser sur le buffet ou suspendre sur les murs de ma maison ? Quelle formule choisir pour que cette période qui précède la célébration de la venue du Messie (=adventus en latin/Avent) ait du sens ?

Comment assimiler en un jour renouvelé 24 fois toutes ces possibilités de phrases encourageantes, de cantiques édifiants, de versets bien choisis ? Je n’y parviens pas ! Je ne peux plus. Je me disperse… et je me perds. Je ne veux pas subir ces effluves de choix qui font qu’à la fin, je n’ai plus le choix que de me laisser porter par ce qui s’impose à moi, même si je le redis, ce n’est pas mal en soi que de manger un bout de chocolat, fabriquer une décoration pour le sapin, écouter un message ciblé sur Noël ou réfléchir à comment en parler à mes voisins !

Je ne veux pas subir ces effluves de choix qui font qu’à la fin, je n’ai plus le choix que de me laisser porter par ce qui s’impose à moi

Mais pourquoi ne pourrais-je pas garder toutes ces idées et les répartir sur les 11 mois qui suivront ? Et pourquoi pas cette année faire le choix de ne pas avoir à choisir entre l’une ou l’autre sollicitation ? Si je choisissais justement d’être intentionnelle ? D’inverser les courants, de réfléchir plus avant sans me laisser porter par la frénésie et dire « STOP » à toutes ces offres qui se présentent à moi ? … Et si mon calendrier de l’Avent, cette année, c’était un « Attends » ? Si ma fenêtre du jour, c’était justement cette fenêtre ouverte sur Celui qui donne tout ce qu’on met dedans ? « Attends ! » Ce précieux mot que j’ai banni de mon langage quand la voiture devant moi ne réagit pas assez vite lorsque le feu passe au vert… ce verbe que je ne sais pas conjuguer au présent quand l’ouverture de mes contacts traine un peu sur ma boîte mail, que la caissière passe les articles trop lentement, que la vidéo que je veux voir met du temps à télécharger, que ma dernière enfant tarde à lacer ses chaussures, etc.

Le « Attends » de Dieu pousse à la contemplation. Il s’est dessiné le 7è jour de la création, a bercé les flots de l’Arche, a échappé à Sara qui offrit Agar à son époux malgré la promesse, a accompagné Moïse les 40 ans chez Jethro, tenu Jacob 7 ans, s’est couché près de Joseph en prison, a gardé les Hébreux dans le désert… Le « Attends » de Dieu fait du bien à notre âme. Il a porté Anne aux entrailles désespérément vides, gardé David blotti dans la grotte, survolé 400 ans un peuple têtu qui ne savait plus distinguer les idoles du seul Dieu vivant jusqu’à cette fameuse venue qu’on va célébrer dans quelques jours. Le « Attends » de Dieu a permis au Roi des Rois de vivre une incarnation sacrificielle au temps voulu, à l’heure donnée, au moment parfait, si parfait même qu’une étoile est apparue en ce temps-là. C’est ce même « attends » qui a sans doute blessé Marthe et Marie à mesure que leur frère se mourait, s’est échappé d’un Pierre pressé de porter secours au Messie arrêté dans le jardin et a tenu les femmes au parfum loin du tombeau pendant quelques heures. On ne s’arrête jamais assez sur les « attends » de l’histoire, sur ces événements qui imposent la patience, ces moments de calme et d’incertitude à la fois où nous n’avons de choix que de nous accrocher à l’Eternel. Il n’est de ce fait pas étonnant de voir que ce verbe qui nous pousse à nous poser, qui nous éloigne pour un temps de ce dont on rêve ou dont on a besoin, puisse avoir un objet indirect… Quand « j’attends », je peux aussi « m’attendre à »… « Attends-toi à l’Éternel ; fortifie-toi, et que ton cœur soit ferme : oui, attends-toi à l’Éternel » (Psaume 27.14).

On ne s’arrête jamais assez sur les « attends » de l’histoire, sur ces événements qui imposent la patience, ces moments de calme et d’incertitude à la fois où nous n’avons de choix que de nous accrocher à l’Eternel.

L’attente fait partie de l’humanité. Elle a juste tendance à fuir notre quotidien parce qu’elle nous dérange, elle nous cadre, elle nous rend vulnérables. Si l’attente ne se mouvait pas sur la terre, dans quel état le papillon prendrait-il son envol ? La chenille aurait-elle le temps de se transformer ? Si l’attente n’habitait pas notre quotidien, comment pourrions-nous accueillir si vite le bébé désiré ? Et n’est-ce pas un moment édifiant que celui où les fiancés se préparent pour jouir du festin de leurs noces ? Alors, cette attente bienfaisante, je veux me l’offrir au gré de ce calendrier pressé.  Dans ce rush de préparatifs en tous genres, dans cette course folle aux célébrations diverses, je veux juste, avant d’ouvrir ma fenêtre et ce chocolat (ce sachet de thé pour ma part !), me poser. Juste un peu chaque jour. Un moment de silence où je pense à Dieu. Sans bruit. Un moment de calme où je fléchis le genou. Où je courbe ma tête. Comme les mages aux pieds du Petit Enfant. Comme la femme Cananéenne à la fille possédée devant le Sauveur. Comme le lépreux guéri, seul parmi les 10 qui est revenu voir Jésus. Comme Jaïrus. Comme les femmes au matin de Pâques qui ont saisi les pieds de Jésus. A genoux. L’adoration. La contemplation. Pas une liste de courses, pas une exégèse de textes ni un épanchement de malheurs, il y a d’autres moments pour cela. Juste un moment de silence et de recueillement. Chacun de ces 24 jours et plus encore. Selah. Pause. […]

Dans ce rush de préparatifs en tous genres, dans cette course folle aux célébrations diverses, je veux juste, avant d’ouvrir ma fenêtre, me poser. Juste un peu chaque jour. Un moment de silence où je pense à Dieu. Sans bruit. Un moment de calme où je fléchis le genou.

Je l’ai trouvé mon calendrier de l’Avent 2022. . . Une fenêtre que j’ouvre. Calme. Posée. Sincère. Juste un « Waouh » aux pieds de la personne de Jésus.

EN VOIR PLUS
Chargement