Médecine complémentaire et médecine conventionnelle

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Qu’est-ce que la médecine complémentaire, qu’on appelle aussi communément médecine parallèle ou médecine alternative ou encore médecine naturelle ou douce ? Et, en tant que chrétien, est-il possible de pratiquer cette médecine ou de consulter quelqu’un qui l’exerce? Comment faire le tri ?

Il est important de rappeler certaines notions et certaines définitions avant de partir dans une tentative de réponse à ces questions si tant est qu’il existe une seule bonne réponse !

Tous ces termes (complémentaire, parallèle, alternative, naturelle ou douce)1 désignent une médecine qui se veut différente de la médecine conventionnelle ou traditionnelle pratiquée sur notre continent et héritée d’Hippocrate, médecin et philosophe grec du Vème siècle avant J.-C..

La médecine conventionnelle est l’ensemble des connaissances modernes concernant les maladies, les traumatismes et les moyens de les traiter. Cette médecine est pratiquée par des professionnels de la santé reconnus par le système de soins : les professions médicales et paramédicales.

Les médecins et les chirurgiens, professions médicales, sont seuls aptes à poser un diagnostic et à proposer une thérapeutique chirurgicale ou chimique. Chaque profession paramédicale regroupant les infirmiers, les physiothérapeutes, les ergothérapeutes, les sages-femmes etc. évolue avec sa spécialité et sa sphère de compétence pour proposer au patient des soins visant une amélioration de l’état de santé, voire une guérison de la maladie sous délégation et/ou en collaboration plus ou moins étroite avec les acteurs des professions médicales.

La médecine dite complémentaire regroupe des pratiques qui sont choisies aux dépens ou en complément de la médecine conventionnelle et ne sont pas considérées comme partie intégrante de celle-ci.

Pour essayer de faire un petit tour non exhaustif de ces différentes pratiques, les classifier en fonction de leur mode d’action pourrait être une aide. On distingue les thérapies manuelles (massage thérapeutique, chiropractie, ostéopathie, réflexologie, etc.), les thérapies agissant au niveau comportemental, cognitif, émotionnel (programmation neurolinguistique, EDMR, etc.), les thérapies par les plantes (phytothérapie, aromathérapie, fleurs de bach, etc.), les thérapies dites « énergétiques » (acupuncture, shiatsu, etc.) et ainsi de suite2.

Il faut établir une distinction entre la pratique de la médecine complémentaire qui s’apprend dans des lieux de formation possédant un cursus d’enseignement précis et vérifiable d’avec les pratiques dites « de guérisons » (coupeurs de feu, dons de guérisons etc.) qui se transmettent de façon individuelle avec des rites d’initiation plus ou moins obscurs.

Nous ne savons pas exactement ce qu’il en est des pratiques des « guérisseurs » dans le sens d’une fraude ou avérées effectivement efficaces. Il semble d’ailleurs que quelques hôpitaux et services spécialisés (ceux des grands brûlés par exemple) possèdent et utilisent le numéro de téléphone de certains de ces « guérisseurs » qui exercent leur don efficacement et gratuitement.

Ce que nous savons, par contre, c’est que le monde spirituel est une réalité certaine et que beaucoup de choses qui se passent dans ce monde physique interagissent avec le monde spirituel ou une grande bataille est menée par Satan, ennemi séducteur et menteur. Satan et son armée d’anges déchus possèdent incontestablement une puissance surnaturelle. La Bible nous parle très clairement de Satan qui se déguise en ange de lumière pour attirer à lui les humains et il nous faut rester prudents pour ne pas dire en retrait de ces pratiques dont nous ne connaissons rien et qui dépassent notre compréhension humaine.

Pour en revenir à la médecine complémentaire, on ne peut que constater aujourd’hui qu’elle connaît un essor grandissant auprès de la population et que même les professions médicales et paramédicales utilisent ces formations.

Dieu nous a créés relationnels. Cette dimension relationnelle existe vis-à-vis de Dieu, que nous le reconnaissions comme tel ou pas, et vis-à-vis de nos semblables. Nous aspirons aux relations, à l’écoute attentive de l’autre.

Particulièrement lorsque notre santé est altérée, nous avons besoin d’être écouté dans notre parcours de vie et dans notre histoire avec la maladie. Celle-ci ne touche pas seulement un organe ou un système mais elle influence et agit sur notre être tout entier : notre corps mais aussi nos émotions, nos pensées, nos relations avec l’autre, nos activités etc.

Aujourd’hui, les patients ne se sentent plus toujours écoutés et traités de façon holistique par la médecine conventionnelle qui se focalise bien souvent uniquement sur la défaillance physique à rétablir. Ils se tournent donc vers la médecine complémentaire qui vient compléter les soins offerts par la médecine conventionnelle.

L’engouement et le retour vers tout ce qui est naturel, bio que connaît aujourd’hui notre société ainsi que les différents scandales sanitaires pharmaceutiques peuvent également expliquer cet élan vers la médecine complémentaire par définition naturelle et sans effets secondaires.

Enfin, le stress engendré par le rythme et les contraintes de notre structure (ou déstructure) sociétale, tant sur le plan professionnel familial ou au niveau des relations interpersonnelles, provoque des troubles physiques et psychoaffectifs pas toujours évidents à prendre en charge en médecine conventionnelle et la médecine complémentaire offre une perspective de prise en charge multidimensionnelle.

Il n’est plus rare de voir certains médecins aller jusqu’en Chine pour se former à la médecine traditionnelle chinoise dans les instituts ou universités du pays. En Chine, les futurs médecins sont évidemment formés à leur propre médecine traditionnelle tout en intégrant dans leur cursus notre médecine occidentale. Aujourd’hui dans certains pays et certaines universités de médecine en Europe, c’est également le cas. Certaines pratiques de médecine chinoise et complémentaires sont apprises ou du moins exposées aux étudiants et futurs médecins.

On parle de plus en plus de médecine intégrative : les deux médecines se complètent et interagissent.

Malgré les connaissances scientifiques, les progrès indéniables de la médecine et des thérapeutiques, selon que nous nous trouvions ici en Europe ou sur un autre continent, la notion et la définition de médecine traditionnelle varient et il nous faut reconnaître l’impact culturel sur notre façon de se soigner et de prendre soin.

Il nous faut également avoir l’humilité de reconnaître que dans le domaine de la science et donc de la médecine, nous sommes loin d’avoir tout découvert du fonctionnement du corps humain et donc loin d’avoir tout exploré et tout expliqué en termes de fonctionnement des thérapeutiques. Prenons, pour illustrer ces propos, les travaux des dix dernières années concernant les fascias, tissus conjonctifs présents dans tout le corps enveloppant muscles, tendons et organes. Ils font l’objet de recherches et de belles découvertes quant au rôle déterminant qu’ils pourraient jouer dans certaines pathologies, l’explication de certains mécanismes ou dysfonctionnements et l’espoir thérapeutique qui va de pair.

Concernant les pratiques de médecine complémentaire, il est très facile d’être suspicieux de ce que nous ne connaissons pas et tout rejeter en bloc. D’un autre côté, nous pouvons aussi être tentés de suivre la société dans son évolution et ses propositions des différentes pratiques de soins sans vraiment y regarder de plus près.

Faire l’autruche ou plonger tête baissée sont les deux extrêmes qui ne glorifient pas Celui qui nous a créés à son image et a fait de nous des êtres doués d’une intelligence et d’une capacité de raisonner à la lumière de sa Parole pour distinguer ce qui paraît être bon dans ce qui nous est proposé en médecine conventionnelle et complémentaire.

Nous avons la liberté de choisir notre médecin en fonction de sa réputation, de son sérieux quant à sa pratique mais également en fonction de la relation qu’il arrivera à établir avec le patient que nous sommes.

Nous avons également la liberté de choisir une médecine complémentaire en addition ou en parallèle de la médecine traditionnelle de notre continent. Il nous faut nous renseigner sur la pratique (ses origines historiques et culturelles, sa philosophie, son mode et son champ d’action mais également ses limites thérapeutiques), le praticien et la formation (toutes ne se valent pas) suivie par celui-ci.

Soyons fermes et résolus, utilisons notre intelligence et notre connaissance des thérapeutiques que nous voulons utiliser ou pratiquer. En nous basant également sur les principes exposés en 1 Corinthiens 8 concernant notre conscience, ayons cette confiance que l’Esprit de Dieu qui habite en nous, nous éclairera.

Pour conclure, voici une liste non exhaustive de questions qu’il est intéressant de se poser avant de consulter ou de pratiquer ces différentes médecines conventionnelles ou complémentaires :

  1. Est-ce que cette pratique thérapeutique est formellement interdite par la Parole de Dieu ?
  2. Est-ce que le thérapeute exerce son métier en faisant appel à des principes ou des pratiques qui ne sont pas en adéquation avec la Parole de Dieu ?
  3. Quels sont les évidences scientifiques ou expérimentales en faveur de cette thérapeutique ?
  4. Quels sont les risques ou effets secondaires de cette thérapie ?
  5. Comment est-ce que j’intègre cette pratique dans ma compréhension biblique du monde, de l’être humain et de Dieu ?

1 Pour plus de commodité et de simplicité, j’utiliserai le terme médecine complémentaire afin de parler de ces médecines.

2 La France compte plus de 300 thérapies dites alternatives et complémentaires. Difficile d’en faire le tour et de les classifier. Cette classification n’est ni officielle ni exhaustive mais le résultat d’une simple réflexion personnelle.

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