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De temps en temps, j’essaie de publier des articles courts comme celui-ci, qui constituent une brève introduction à un sujet de théologie systématique. L’objectif est la clarté. L’approche est la concision. Pas plus de 500 mots à partir d’ici.

Je n’ai pas connaissance d’autres mots dans le lexique théologique qui soient tout à fait comme supralapsarisme et infralapsarisme. Ils semblent terriblement ésotériques et désespérément élitistes, comme s’ils étaient intéressés de savoir combien d’anges peuvent danser sur la tête d’une épingle, si celle-ci repose sur un rocher que Dieu a rendu si lourd qu’il ne peut même pas le soulever. Les étudiants en première année de théologie adorent lancer ces termes pour rappeler de manière pas très subtile qu’ils sont en théologie. Il existe aussi une variété de pasteurs qui lancent ces mots lorsqu’ils veulent démontrer à quel point la théologie peut être peu pratique. Les paroissiens entendent ces mots et grimacent.

Alors, de quoi s’agit-il ?

Les théologiens réformés ont souvent débattu de l’ordre dans lequel Dieu a décrété certaines choses. Le débat ne porte pas sur l’ordre temporel des décrets. Après tout, nous parlons de ce que Dieu a déterminé dans l’éternité passée. La question ne concerne pas le temps. Le débat porte plutôt sur l’ordre logique des décrets. Dans l’esprit de Dieu, quelles décisions Dieu a-t-il prises en premier, en deuxième, en troisième et ainsi de suite ?

Plus précisément, lequel des deux est logiquement antérieur à l’autre : le décret d’élection et de réprobation, ou le décret pour créer le monde et permettre la chute ?

Le supralapsarisme

(supra signifiant « au-dessus » ou « avant » et lapsum signifiant « chute ») est la position qui soutient que le décret de Dieu pour sauver est logiquement antérieur à son décret pour créer le monde et permettre la chute.

L’infralapsarisme,

en revanche, insiste sur le fait que le décret de Dieu pour sauver est logiquement postérieur à ses décrets relatifs à la création et à la chute (infra signifiant « en dessous » ou « après »).

Ces deux positions sont bien attestées dans la théologie réformée, bien que l’infralapsarisme soit plus courant.

L’ensemble du débat peut sembler totalement hors de propos, mais avant de rejeter ces termes comme des bêtises de fac de théologie, nous devrions réaliser combien notre compréhension de l’ordre des décrets peut influencer (ou peut-être refléter) notre compréhension de Dieu.

La position supra souligne la totale souveraineté de Dieu. Avant que les jumeaux n’aient fait quoi que ce soit de bon ou de mauvais, le Seigneur aimait Jacob et haïssait Ésaü (Rm 9.11). Ainsi, et c’est ce que soutient le supralapsaire, Dieu a dû avoir, dans un premier temps, l’intention d’ordonner les uns pour la vie et les autres pour la mort. Puis il a décidé de créer le monde et d’ordonner une chute afin que la gloire de l’élection et de la réprobation soit accomplie.

En revanche, la position infra met en évidence la miséricorde de Dieu. Le passage de Rom 9.11 que soutiennent les infralapsaires, parle simplement du mérite – aucun des fils ne méritait le salut plus que l’autre – et n’a rien à voir avec les décrets. En outre, Rom 9.14 décrit l’élection comme Dieu ayant compassion de ceux à qui il fera compassion. Le décret de Dieu assurant le salut doit suivre son décret permettant la chute, sinon comment la compassion serait-elle de la compassion ?

En conclusion,

Je soutiens la position infralapsaire enseignée par les Canons de Dordrecht (premier point de doctrine, articles 6 et 7). Mais je suis également d’accord avec ceux qui mettent en garde contre un dogmatisme excessif sur un sujet qui implique une certaine spéculation. Le débat n’est pas insignifiant, mais il ne faudrait pas non plus en faire son cheval de bataille.

 

Note de l'éditeur : 

Traduction : Joshua Sims

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