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Note de l'éditeur : 

Pour lire un point de vue différent sur la pratique des ordonnances dans le contexte de la pandémie COVID-19, voir l’article de Bill Riedel.

Le Baptême et la Cène peuvent-ils être pris en ligne ?

Pour la suite de cette période, dont on ne sait combien de temps elle durera, les églises, dans de nombreuses parties du monde vont être dans l’incapacité de se réunir. Aussi des pasteurs comme moi se battent avec amour pour trouver des solutions. Il n’y a pas de manuel pour cela. Lorsque l’église ne peut pas se réunir physiquement, que pouvons-nous faire pour encourager et nourrir le peuple de Dieu ?

La plupart des églises évangéliques mettent en ligne quelque chose qui ressemble à leur culte du dimanche. Quoiqu’on puisse émettre comme questions au sujet de la sagesse de cette pratique, je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit dans l’Écriture qui l’interdise. Mais qu’en est-il du baptême et du Repas du Seigneur ? Ces deux éléments de l’adoration de l’église rassemblée peuvent-ils être accomplis à distance ? Pour ce qui est du baptême, cela dépend de ce que vous entendez par là ; mais pour le Repas du Seigneur, c’est un non catégorique.

Permettez-moi de souligner que mon but dans cet article n’est pas de taper sur les doigts des pasteurs, mais simplement de me tourner vers les Écritures pour être guidé. Lorsque nous avons peu de précédents pratiques auxquels faire appel, il est encore plus important de laisser la Parole de Dieu, qui se suffit à elle-même, diriger nos pas.

Nous allons considérer le baptême en premier, puis le Repas du Seigneur.

Le baptême

En Matthieu 28:19, Jésus ordonne : « Allez donc et faites des disciples de toutes les nations, les baptisant dans le nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Notre question la plus fondamentale est : cela peut-il être pratiqué sans un contact face à face entre celui qui baptise et le le baptisé ? Le mot grec rendu par « baptiser » signifie plonger dans un liquide. Le but de l’ordonnance est que l’acte extérieur de submersion dans l’eau signifie  la réalité spirituelle de l’union avec le Christ dans sa mort, son ensevelissement et sa résurrection (Rom. 6:1–4). Dans le commandement de Jésus que nous avons ici, la responsabilité de baptiser repose sur ceux qui font des disciples ; la responsabilité d’être baptisé repose sur celui qui est devenu un disciple. Celui qui fait des disciples plonge ; celui qui est devenu disciple est plongé.

Aussi je ne pense pas qu’une solution virtuelle soit possible ici. Le commandement n’est pas : « Dites-leur de se baptiser eux-mêmes, » mais « baptisez-les. »

Toutefois, dans ces temps extraordinaires, je pense qu’il est possible pour une église d’être flexible sur la façon dont elle baptise. (Il faut aussi se demander s’il ne serait pas prudent de repousser le baptême jusqu’à ce que l’église puisse se réunir à nouveau.) Par exemple, il convient normalement que le baptême prenne place dans un rassemblement de toute la congrégation. Cela tient au fait que le baptême n’est pas seulement une profession de foi personnelle, mais aussi la façon dont l’église soutient publiquement la profession de foi d’un croyant et l’intègre ainsi à ses membres (Actes 2:38–41).

Ces deux éléments de l’adoration de l’église rassemblée peuvent-ils être accomplis à distance ? Pour ce qui est du baptême, cela dépend de ce que vous entendez par là ; mais pour le Repas du Seigneur, c’est un non catégorique.

Le baptême lie un seul aux autres. Et le fait que tous les « autres » soient témoins de l’acte le souligne merveilleusement. Mais lorsque les « autres » sont dans l’impossibilité de se réunir, je pense qu’il est tout à fait permis à un pasteur, en tant que représentant autorisé de la congrégation, de baptiser quelqu’un dans un cadre moins public. Après tout, le baptême par Philippe de l’eunuque éthiopien n’avait pas plus de témoins que ceux qui pouvaient se trouver dans le char de cet eunuque (Actes 8:38). Un baptême dans une baignoire peut être  inhabituel, mais il n’en est pas moins un baptême.

Le Repas du Seigneur

On ne peut dire la même chose toutefois pour un « Repas du Seigneur » qui serait célébré quand l’église est dispersée. Cela tient au fait que l’acte physique de se rassembler est essentiel, et non accessoire, pour la réalisation de l’ordonnance. En 1 Corinthiens 11, Paul fait cinq fois référence au fait qu’ils célèbrent le Repas du Seigneur quand ils sont tous réunis ensemble comme église, comme une seule assemblée se réunissant en un seul lieu et en un seul moment (par exemple : « Car, en premier lieu, quand vous vous réunissez en église, j’entends qu’il y a des divisions au milieu de vous, » 1 Cor. 11:18 ; cf. versets. 17, 20, 33, 34).

Mais est-ce juste ce qu’ils faisaient ou ce que nous devons faire ? La présence physique de l’église ensemble est-elle essentielle à l’ordonnance ? Paul répondrait par l’affirmative. Considérons 1 Corinthiens 10:17: « Parce qu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs nous formons un seul corps car nous participons tous à un même pain. » Le Repas du Seigneur met en œuvre l’unité de l’église. Elle consomme l’unité de l’église. Elle rassemble les nombreux membres qui partagent les mêmes éléments ensemble, au même endroit, et les rend un. (Ainsi, si le baptême lie un seul aux autres, le Repas du Seigneur réunis les autres en un seul.) Aussi, célébrer le Repas du Seigneur d’une autre manière que sous la forme d’un repas de toute l’église, assise ensemble dans une seule pièce c’est en faire quelque chose d’autre que le Repas du Seigneur.

Aussi, célébrer le Repas du Seigneur d’une autre manière que sous la forme d’un repas de toute l’église, assise ensemble dans une seule pièce c’est en faire quelque chose d’autre que le Repas du Seigneur.

Ainsi, on ne peut dire qu’un Repas du Seigneur sur les médias virtuels, pour des croyants physiquement dispersés soit moins qu’optimal : ce n’est tout simplement pas le Repas du Seigneur.

Ce repas-ci et ce repas là

Toute souffrance implique une perte ; toute perte est une forme de souffrance. En ces moments, au milieu de bien des pertes et souffrances, les chrétiens partout sur la terre souffrent de la perte de la communion fraternelle hebdomadaire en face à face. La compassion nous pousse à diminuer cette perte autant que nous le pouvons. Mais nous ne pouvons l’éliminer. Et nous devrions donc apprendre ce que Dieu veut nous enseigner par la perte temporaire de ces ordonnances incarnées, tangibles, pratiquées nécessairement face à face, en particulier le Repas du Seigneur. La maison du festin – ensemble, en Christ, dans son Repas – est fermée pour l’instant. Qu’allez-vous apprendre au cours de cette visite providentielle forcée à la maison du deuil (Éccles. 7:2, 4) ?

Ainsi, on ne peut dire qu’un Repas du Seigneur sur les médias virtuels, pour des croyants physiquement dispersés, soit moins qu’optimal : ce n’est tout simplement pas le Repas du Seigneur.

Le Repas du Seigneur lui-même est destiné non seulement à rassasier nos cœurs de la bonté de Christ, mais aussi à alimenter le désir du moment où nous verrons son visage : « Je vous le dis, je ne boirai plus du fruit de la vigne jusqu’au jour où j’en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père » (Matt. 26:29).

Que l’absence de ce repas-ci vous donne encore plus faim pour ce futur repas là.

Traduit de : Can Baptism and the Lord’s Supper Go Online?

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