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La pratique des ordonnances pendant une pandémie

Note de l'éditeur : 

Pour lire un point de vue différent sur la pratique des ordonnances dans le contexte de la pandémie COVID-19, voir l’article de Bobby Jamieson.

Les églises s’efforcent de trouver comment aimer et prendre bien soin des gens face à un défi sans précédent. Si nous pouvons tirer des enseignements de certains exemples historiques, la technologie nous offre de nouvelles possibilités pour prendre soin des gens et les guider à travers cette crise.

Il est essentiel pour les pasteurs de faire ce qu’ils peuvent pour encourager et nourrir les gens, même quand nous ne pouvons nous réunir physiquement. Ceci a fait surgir la question de savoir comment nous réunir au mieux – soit par des services en streaming, ou en fournissant un guide de liturgie pour l’utiliser à la maison ou en fermant tout complètement – tout en posant les questions appropriées au sujet des ordonnances sur le baptême et le Repas du Seigneur. Les défis et les souffrances nous offrent un riche terrain à labourer pour approfondir les considérations théologiques et nous ne devons pas gaspiller de telles occasions.

L’église ne ferme jamais, même quand la possibilité de nous réunir physiquement a été mise en suspens.

Le baptême

En Matthieu 28:19, Jésus ordonne : « Allez et faites des disciples de toutes les nations, les baptisant dans le nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. » Selon ma compréhension, le baptême est une proclamation unique de la promesse d’alliance de Dieu qui est arrivée à fructification dans la vie d’une personne par la seule grâce de Dieu, par la foi seule et en Christ seul.

Il est essentiel pour les pasteurs de faire ce qu’ils peuvent pour encourager et nourrir les gens, même quand nous ne pouvons nous réunir physiquement.

En général, il est meilleur de baptiser avec la célébration et le témoignage de l’église universelle, manifestée en une église locale particulière. Toutefois, on trouve des précédents bibliques de flexibilité, qui dépendent des circonstances. Nous le voyons avec le baptême par Philippe de l’eunuque éthiopien en Actes 8:38, bien que nous devions être prudents à ne pas lire et interpréter les Actes comme étant nécessairement normatifs pour la pratique d’église aujourd’hui. On doit aussi tirer quelque chose de la réticence de Paul à lier le baptême de qui que ce soit à son ministère (1 Cor. 1:10–17), mettant l’accent plus sur l’Évangile que sur celui qui officie dans le baptême.

Nous savons que les chrétiens sont appelés à faire des disciples et à participer au baptême de nouvelles personnes qui suivent Christ. À cause de la nature temporaire de la crise actuelle, nous devrions encourager les gens à attendre pour être baptisés, mais on doit pratiquer la grâce en adoptant cette vison des choses. Si quelqu’un est près de la mort ou se trouve dans une autre urgence similaire, nous pouvons suivre l’exemple de Philippe.

Le Repas du Seigneur

Alors que le baptême est un événement ponctuel, la Cène est une célébration permanente à l’église. Notre église célèbre la Cène chaque semaine. Cela rend la discussion autour de cette ordonnance plus compliquée.

Pour notre église, il était déjà urgent, ces deux derniers dimanches, de débattre de l’extension ou non de la pratique de notre église. Nous avons choisi de continuer à observer le Repas du Seigneur pendant cette période sans précédent. Voici quelques-uns des facteurs qui nous ont conduit à prendre cette décision.

1. Ceci n’est pas la norme.

La discussion sur le choix de célébrer ou non le Repas du Seigneur en tant qu’église dispersée comme une pratique normative n’est pas du même ordre que de savoir si des changements temporaires peuvent être effectués pour nous adapter à des circonstances anormales. Il est vrai que rien ne peut égaler l’église réunie physiquement en culte.

On trouve des précédents bibliques de flexibilité, qui dépendent des circonstances. Nous le voyons avec le baptême par Philippe de l’eunuque éthiopien en Actes 8:38.

Néanmoins, fournir un rythme régulier pour un temps très irrégulier peut aider notre église à se concentrer sur Christ. Il semble dangereux et inutile d’écrire définitivement sur ce qui doit être fait en des temps aussi instables et temporaires.

2. Ceci n’est pas l’idéal.

Nos rassemblements en streaming ne sont que l’ombre de nos rassemblements de culte en personne. Et il est également vrai que nos modèles normaux de rassemblement sont l’ombre de ce qui est à venir dans l’éternité. La technologie nous offre des moyens d’être présents les uns avec les autres, même si nous sommes physiquement éloignés. Nos groupes communautaires continuent à partager des repas, à ouvrir la Bible ensemble et à prier les uns pour les autres. Bien que ce soit l’ombre du fait d’être dans la même pièce, il est toujours encourageant pour nos cœurs de se rassembler dans la mesure de nos possibilités.

De la même manière qu’il n’est pas idéal d’administrer le Repas du Seigneur individuellement pour les malades et les cloîtrés, cela vaut mieux que de priver un saint qui souffre de la nourriture spirituelle qui vient par le biais de l’ordonnance, donc il peut être préférable de pratiquer quelque chose qui est l’ombre de notre rassemblement alors que nous sommes obligés d’être dispersés.

3. Nous ne sommes pas de ceux qui croient à un groupe sacerdotal spécial.

Les éléments en eux-mêmes ne reçoivent pas un pouvoir spécial de mes mains parce que je suis un pasteur. À la lumière de ce défi temporaire, alors que nous sommes dans l’impossibilité de nous trouver ensemble physiquement, nous continuons à croire dans le sacerdoce universel des croyants et à l’importance de l’encouragement que les chrétiens peuvent recevoir au travers du Repas du Seigneur. Comme Jean Calvin l’explique dans l’Institution :

Ce que nous avons dit jusqu’à présent sur le sacrement montre abondamment que… il a été ordonné pour être utilisé fréquemment par tous les chrétiens afin qu’ils puissent revenir fréquemment à la mémoire de la Passion du Christ, par un tel souvenir soutenir et renforcer leur foi, et se pousser à chanter des actions de grâce à Dieu et à proclamer sa bonté… La Table du Seigneur devrait être dressée au moins une fois par semaine pour l’assemblée des chrétiens, et les promesses qui y sont énoncées devraient nous nourrir spirituellement. . . . Tous, comme des hommes affamés, devraient se rassembler pour un repas aussi généreux.

4. Nous sommes spirituellement présents ensemble.

Alors qu’il est vrai que 1 Corinthiens 11 souligne le fait que le Repas du Seigneur est célébré « quand vous êtes rassemblés tous ensemble, » il est aussi vrai que Paul se considère lui-même comme présent spirituellement avec les Corinthiens quand ils pratiquent la discipline d’église (1 Cor. 5:3).

De plus, Colossiens 2:6 reflète le cœur du pasteur pour une église avec laquelle il ne peut se réunir en personne : « Car quoique je sois absent dans mon corps, je suis pourtant avec vous en esprit, me réjouissant de voir le bon ordre qui règne parmi vous et la fermeté de votre foi en Christ. » Il est puissant et émouvant de savoir que notre église locale est rassemblée (même si ce n’est que virtuellement) pour adorer ensemble en un temps incertain.

Quand nous introduisons le Repas du Seigneur, nous continuons à souligner la communion des saints dans la présence de Dieu, ayant confiance que la présence de Dieu n’est pas dépendante de quelque moyen. Les services en streaming sont faits pour notre église, sous l’autorité de nos pasteurs et anciens, même si d’autres nous rejoignent durant ce temps.

5. Il existe des précédents bibliques pour une flexibilité du Sabbat.

Jésus a été accusé de façon répétée parce qu’il ne répondait pas aux attentes des chefs religieux le jour du sabbat. Il a continué à guérir les gens (Luc 13:10–17) et à défier les normes (Matt. 12:1–8), citant des exemples, dans la loi et dans la vie de David, de circonstances atténuantes qui conduisirent à une flexibilité quant aux normes sur le sabbat. Nous sommes dans une circonstance atténuante. Si une église choisit de ne pas observer le Repas du Seigneur, elle peut envisager de le célébrer à nouveau lorsque les gens pourront se rassembler physiquement.

Il est puissant et émouvant de savoir que notre église locale est rassemblée (même si ce n’est que virtuellement) pour adorer ensemble en un temps incertain.

De même, si une église étend la pratique du Repas du Seigneur, elle peut s’attendre à ce qu’il soit doux de le célébrer lorsqu’elle se réunira à nouveau physiquement.

Lorsque les pasteurs et les anciens discernent ce qui est le mieux – dans les limites des Écritures – pour leur église, il y a une certaine souplesse.

6. Il existe des précédents bibliques à la célébration du Repas du Seigneur l’église étant dispersée.

Actes 2:42–47 nous montre la puissance du témoignage de l’église en tant que communauté et le fait que le témoignage de l’église n’est pas limité aux seuls événements où elle est assemblée. Lorsque les gens se réunissaient dans les parvis du temple et rompaient le pain chez eux, leur cœur était nourri et encouragé. Ils adoraient Dieu ensemble et « le Seigneur ajoutait à leur nombre, jour après jour, ceux qui étaient sauvés ».

Chaque fois que les chrétiens partagent un repas ensemble, ils reflètent Christ comme étant le seul qui a dressé la table pour leur amitié et leur unité, ce qui est l’ombre de notre unité dans le Repas du Seigneur. Nous célébrons la fête en anticipant le festin de noces ultimes de l’Agneau et nous élevons la coupe en l’honneur de notre Roi ressuscité et de son Royaume.

La même chose peut être appliquée pour la situation temporaire dans laquelle nos églises continuent à se rassembler, en familles, en petits groupes, ou en réunions avec Zoom. Nous encourageons nos membres à préparer les éléments du Repas du Seigneur avant que nos services ne commencent du mieux qu’ils peuvent et à se préparer à participer à tout le service au mieux de leurs capacités.

Christ nourrit toujours, même dans les temps incertains

Tous ces arguments peuvent s’appliquer au reste de la liturgie du dimanche : appel à l’adoration, confession et assurance, chant ensemble, écoute de la lecture de la Parole de Dieu, prière ensemble, réception de la proclamation de la Parole de Dieu par la prédication, appel à l’adoration par les offrandes et envoi par une bénédiction.

Bien sûr, il est préférable d’être ensemble physiquement. Si le Seigneur le veut, nous le serons. Pour l’instant, nous faisons de notre mieux pour continuer à fournir aux gens ce que seule l’Église de Jésus peut fournir. Même si c’est l’ombre de nos rythmes et de nos rassemblements normaux, c’est une ombre qui nous indique la réalité et l’espoir ultimes auxquels nous nous accrochons dans les moments de souffrance et d’incertitude. Le baptême et le Repas du Seigneur, lorsqu’ils sont célébrés dans une foi authentique, confirment et nourrissent toujours le croyant en Christ, même s’ils sont célébrés en ligne.

Quelle que soit la position que vous adoptez dans cette discussion, faisons preuve de charité envers les autres. Les pasteurs et les églises doivent travailler dur pour développer notre théologie et notre ecclésiologie face aux nouveaux défis. Nous avons la possibilité d’indiquer aux gens la seule véritable source d’espoir face à l’incertitude et à la souffrance. En temps et hors de temps, proclamez la Parole de Dieu et les excellences de celui qui nous a sauvés des ténèbres à la lumière.

Traduit de : Practicing the Ordinances in a Pandemic

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