Implanteurs d’Églises : rejetez la mentalité corinthienne

Osman Rana on Unsplash

C’est un danger pour chaque implanteur d’églises. Nous découvrons soudain que le point sur lequel se fixe notre cœur s’est déplacé, que nous avons commencé à nous confier, quant à notre fonctionnement, dans de mauvaises choses.

Il est bien entendu que nous n’avons pas planifié de faire cela. Mais, le temps passant, et les épreuves du ministère commençant à prélever leur tribut, nous pouvons faire des compromis sur les convictions essentielles que nous avions autrefois. Comme des voitures qui perdent leur puissance, nos cœurs se tournent vers une pratique du ministère selon les méthodes du monde.

Peut-être qu’au début, quand l’équipe qui constitue le noyau se rassemble, elle réalise humblement et quotidiennement sa faiblesse et sa dépendance à l’égard de Dieu. Mais, par la suite, plus de personnes s’ajoutent, l’élan rassemble et il faut créer et élaborer un site web et il faut imprimer des tracts et … vous voyez ce dont je parle.

Une dépendance quasi désespérée à l’égard de Dieu peut si facilement se transformer en une confiance en soi subtile. Notre préoccupation glisse de la recherche de la sainteté vers le fait d’attirer des foules. Nous nous emballons pour des tactiques de marketing mondaines, passant des temps démesurés à décider du type de police qui a la meilleure apparence ou s’il vaut la peine de dépenser pour de la publicité en ligne.

L’attrait du monde

À la lumière de tout cela, la seconde lettre de Paul à l’église à Corinthe apparaît comme devant être relue chaque année par tout pasteur implanteur d’églises, parce que cette église à laquelle il écrit a fait l’expérience de l’attrait du monde. Il veut aussi s’occuper de l’enjeu des « super-apôtres, » dont le type de ministère semblait valable et attractif.

Une humble dépendance envers Dieu peut si facilement se transformer en une confiance en soi subtile.

Visiter Corinthe à l’époque de Paul pourrait de bien des manières ressembler au fait de faire du tourisme dans de nombreuses et diverses mégapoles d’aujourd’hui. Se glorifiant de disposer de deux ports de commerce, elle était une cité d’une très grande richesse. L’élitisme social et le péché sexuel diffus se trouvaient partout. Ainsi la cité fournissait de nombreuses occasions de satisfaction superficielle.

Quand Paul visita Corinthe en Actes 18, c’était la plus grande cité de Grèce. Elle était vaste, puissante et impressionnante. Il aurait été si facile pour les jeunes Chrétiens de se sentir submergés.

La sagesse contre la faiblesse

Considérez donc la signification, de la manière dont Paul commence sa première lettre destinée à cette église :

Car je décidai de ne savoir, parmi vous rien d’autre que Jésus-Christ et lui crucifié . . . et mon discours et mon message ne consistaient pas en des paroles crédibles de sagesse, mais en une démonstration de l’Esprit et de la puissance, de sorte que votre foi ne repose pas sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. (1 Cor. 2:2–5)

Voyez-vous la tactique de Paul ? Sachant que les Corinthiens étaient entichés de sagesse, d’éloquence, et de puissance, il refuse délibérément de mettre l’accent sur de telles choses. Paul connaît la culture ; il est conscient de la tendance du peuple à se fier à la communication plus qu’au contenu, au style plus qu’à la substance. Aussi, intentionnellement, il montre comment l’évangile renverse de telles idées.

C’est comme s’il disait : Je sais par quoi vous êtes impressionnés et séduits, Corinthiens. Une rhétorique majestueuse et de grandes idées. Aussi, que vous donnerai-je ? Rien de tout cela. Je viens vers vous dans la faiblesse et le besoin, de façon à ce que vous compreniez où – et auprès de qui – réside la vraie puissance.

Mais, dans la seconde lettre de Paul, il semble que les idées qui régnaient à Corinthe s’étaient effectivement infiltrées dans l’église. Des « apôtres imposteurs » étaient venus et avaient gagné l’oreille – et peut-être la confiance – du peuple de Dieu.

Toutefois si vous lisez la lettre — tous les 13 chapitres — on voit très peu du contenu du message de ces  super-apôtres. Il n’y a pas d’hérésie évidente à laquelle faire face. Ce n’est pas la Galatie, où le peuple de Dieu se tourne vers un évangile différent (Gal. 1:6). La préoccupation de Paul pour les Corinthiens porte plus sur la philosophie du ministère.

Paul montre clairement que les ministres de Dieu sont des vases d’argile faibles et peu impressionnants.

Un certain nombre d’affirmations de Paul mettent en évidence ce souci. Son ministère ne repose pas sur la sagesse mondaine, mais sur la grâce divine (2 Cor. 1:12). Il ne tord pas la vérité, mais la met pleinement en évidence (2 Cor. 4:2). Il ne regarde pas à ce qui est visible, mais à ce qui est invisible (2 Cor. 4:18). Les ministres de Dieu sont des vases d’argile faibles et peu impressionnants (2 Cor. 4:7). Nous ne faisons pas la guerre comment le monde la fait (2 Cor. 10:3).

Fixez vos yeux

De telles idées sont étrangères aux super-apôtres. Leur type de ministère reflète ce qui est la tendance à Corinthe. Ils chérissent l’éloquence. Ils sont impressionnés par la force. Aussi, quand ils regardent à Paul, ils ne voient qu’un homme risiblement ordinaire (2 Cor. 10:10). Et selon la logique corinthienne, ils ont raison. Mais dans les termes de l’évangile, Paul ne fait que suivre le modèle de Jésus.

Cela nous interpelle de voir combien aisément nous pouvons devenir corinthiens dans notre façon de penser, particulièrement en Occident, où nous sommes de plus en plus marginalisés et méprisés. Combien il est aisé pour nous de vouloir apparaître comme sages, éloquents, puissants et faisant impression. Quel implanteur d’églises ne souhaiterait une telle réputation ?

Mais le coup décisif arrive à la fin. Les super-apôtres n’étaient pas des ministres qui pensaient justement et ils avaient des idées quelque peu égarées au sujet de Jésus :

Car de tels hommes sont de faux apôtres, des ouvriers séducteurs, qui se déguisent en apôtres de Christ. Et cela n’a rien d’étonnant, puisque Satan lui-même se déguise en ange de lumière. Aussi n’est-il pas surprenant que ses serviteurs, aussi, se déguisent en serviteurs de la justice. Leur fin correspondra à leurs œuvres. (2 Cor. 11:13–15)

Ainsi, implanteurs d’églises, prenez garde de tomber. Fixez vos yeux sur Jésus – sinon le système de navigation de votre sœur va tourner dans la mauvaise direction, et vous finirez par vous confier dans les mauvaises choses.

Les types de ministères qui visent à faire impression peuvent, en vérité, rassembler de grandes foules. Ils peuvent même sembler supérieurs. Mais souvenez-vous de l’endroit où se trouve la vraie puissance (1 Cor. 2:5), et ne devenez pas la proie de celui qui se déguise en ange de lumière.

Article source : Church Planter, Reject the Corinthian Mindset

Autres ressources : Acts 29:

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