×
Note de l'éditeur : 

L’article suivant est un extrait du livre de John Piper, Le coronavirus et Christ. Ce livre vous sera envoyé gratuitement sous forme de livre audio et de livre électronique après avoir rempli le formulaire que vous trouverez ici: www.publicationschretiennes.com/coronavirus

Par le coronavirus, Dieu appelle son peuple à surmonter l’apitoiement sur soi et la peur, afin d’accomplir avec joie et courage les bonnes œuvres d’amour qui glorifient Dieu.

Jésus a enseigné à ses disciples ce qui suit : « Que votre lumière luise ainsi devant les hommes, afin qu’ils voient vos bonnes œuvres, et qu’ils glorifient votre Père qui est dans les cieux » (Mt 5.16). Ce qui passe souvent inaperçu, c’est que les bonnes actions de ceux qui sont le sel de la terre et la lumière du monde sont d’autant plus évidentes puisqu’elles sont accomplies même au milieu de la souffrance.

Luire dans l’obscurité du danger

Jésus vient de dire : « Heureux serez-vous, lorsqu’on vous outragera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement de vous toute sorte de mal, à cause de moi. Réjouissez-vous et soyez dans l’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans les cieux » (Mt 5.11,12). Puis il enchaîne ainsi, sans interruption : « Vous êtes le sel de la terre […] Vous êtes la lumière du monde » (Mt 5.13-16).

Ce ne sont pas seulement les bonnes actions qui donnent au christianisme sa saveur et son éclat. Ce sont les bonnes actions accomplies en dépit du danger. De nombreux non‑croyants font de bonnes actions, mais il est rare que les gens rendent gloire à Dieu pour celles-ci.

Le danger dans Matthieu 5 était la persécution et non la maladie, mais le principe demeure. Les actes d’amour faits dans un contexte dangereux, qu’il s’agisse de maladie ou de persécution, indiquent plus clairement qu’ils sont soutenus par l’espérance en Dieu. Par exemple, Jésus dit :

Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux de ce qu’ils ne peuvent pas te rendre la pareille ; car elle te sera rendue à la résurrection des justes (Lu 14.13,14).

L’espérance en Dieu au-delà de la mort (« elle te sera rendue à la résurrection des justes ») soutient et renforce les bonnes actions qui ne nous offrent aucune perspective de récompense dans cette vie. Il en va de même des bonnes actions qui nous mettent en danger, en particulier celles qui nous mettent en danger de mort.

Pierre applique l’enseignement de Jésus

L’apôtre Pierre, plus que tout autre écrivain du Nouveau Testament, reprend l’enseignement explicite de Jésus à propos des bonnes actions :

Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera (1 Pi 2.12).

Pierre fait la même remarque à propos des bonnes actions accomplies face au danger. Il dit : « Que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leur âme au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien » (1 Pi 4.19). Autrement dit, ne laissons pas la possibilité ou la réalité de la souffrance nous empêcher de faire de bonnes actions.

Christ est mort pour créer de bonnes actions dans des conditions dangereuses

Pierre lie cette nouvelle manière de vivre notre vie chrétienne à la mort de Jésus pour nos péchés : « [Christ] a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice » (1 Pi 2.24). À cause de Christ, les chrétiens mettent le péché à mort et se consacrent aux bonnes œuvres de la justice.

Paul établit le même lien entre la mort de Jésus et le zèle des chrétiens pour les bonnes œuvres : « [Christ] s’est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes œuvres » (Tit 2.14).

Paul précise également que ces bonnes œuvres sont destinées aussi bien aux chrétiens qu’aux non-croyants. « Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi » (Ga 6.10). « Prenez garde que personne ne rende à autrui le mal pour le mal ; mais recherchez toujours le bien, soit entre vous, soit envers tous » (1 Th 5.15).

Christ est magnifié dans la bonté qui prend des risques

Dieu désire avant tout que son peuple glorifie sa grandeur et qu’il magnifie la valeur de son Fils, Jésus-Christ. « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu » (1 Co 10.31). « Selon ma ferme attente et mon espérance […] Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par ma vie, soit par ma mort » (Ph 1.20). Que Dieu soit glorifié en toutes choses. Que Christ soit magnifié dans la vie comme dans la mort. Tel est le grand but que Dieu a fixé pour l’humanité.

C’est pourquoi l’un des objectifs que vise Dieu par le coronavirus est que son peuple mette à mort l’apitoiement sur soi et la peur pour se consacrer à de bonnes actions en présence du danger. Les chrétiens privilégient le besoin, et non le confort. L’amour, plutôt que la sécurité. C’est à cela que ressemble notre Sauveur. C’est pour cela qu’il est mort.

L’exemple de l’Église primitive

Rodney Stark, dans son livre The Triumph of Christianity (Le triomphe du christianisme), souligne qu’au cours des premiers siècles de l’Église chrétienne, le « principe véritablement révolutionnaire était que la charité et l’amour chrétiens devaient s’étendre au-delà des frontières de la famille et même de celles de la foi, à tous ceux qui étaient dans le besoin1».

Deux grandes pestes ont frappé l’Empire romain, d’abord en 165 puis en 251 apr. J.-C. À l’exception de l’Église chrétienne, il n’y avait aucun fondement culturel ou religieux pour exercer la miséricorde et le sacrifice. « On ne croyait pas que les dieux se souciaient des affaires humaines2. » « La miséricorde était considérée comme un défaut de caractère et la pitié comme une émotion pathologique : parce que la miséricorde motive à apporter une aide ou un secours non mérité, elle est contraire à la justice3. »

Ainsi, alors qu’un tiers de l’Empire périssait à cause de la maladie, les médecins fuyaient vers leurs domaines. Ceux qui présentaient des symptômes étaient chassés de leurs maisons. Les prêtres abandonnaient les temples. Stark observe toutefois que « les chrétiens prétendaient avoir des réponses et, surtout, ils prenaient les mesures appropriées pour répondre aux besoins4 ».

Les réponses comprenaient le pardon des péchés par Christ et l’espérance d’une vie éternelle au-delà de la mort. C’était un message précieux dans une période d’impuissance médicale et de désespoir total.

Quant aux actions, un grand nombre de chrétiens ont pris soin des malades et des mourants. Vers la fin du deuxième fléau, l’évêque Denys d’Alexandrie a écrit une lettre dans laquelle il vantait les membres de son Église ainsi :

La plupart de nos frères ont fait preuve d’un amour et d’une loyauté sans bornes, ne s’épargnant aucune peine et ne pensant que l’un à l’autre. Sans se soucier du danger, ils se sont employés aux soins des malades, s’occupant de tous leurs besoins et les soignant en Christ. Avec eux, ils ont quitté cette vie, sereinement heureux5.

Faire taire l’ignorance des empereurs

Au fil du temps, ces soins contre-culturels et soutenus par Christ pour les malades et les pauvres ont eu pour effet de détourner de nombreuses personnes du paganisme environnant et de les gagner à la foi chrétienne. Deux siècles plus tard, lorsque l’empereur romain Julien (332‑363 apr. J.‑C.) a voulu redonner vie à l’ancienne religion romaine et a vu le christianisme comme une menace croissante, il a écrit, frustré, au grand prêtre romain de Galatie :

L’athéisme [c’est-à-dire la foi chrétienne] a particulièrement progressé grâce au service empreint d’amour rendu aux étrangers et au souci que [les chrétiens] ont de veiller à l’enterrement des morts. Il est scandaleux qu’il n’y ait pas un seul Juif qui soit mendiant, et que les Galiléens impies [c’est-à-dire les chrétiens] se soucient non seulement de leurs propres pauvres, mais aussi des nôtres, alors que ceux qui nous appartiennent cherchent en vain l’aide que nous devrions leur apporter6.

Soulager les souffrances envoyées par Dieu

Il n’y a pas de contradiction entre le fait de considérer le coronavirus comme un acte de Dieu et celui d’appeler les chrétiens à prendre des risques pour soulager les souffrances qu’il provoque. Depuis que Dieu a soumis le monde au péché et à la misère lors de la chute, il a ordonné que son peuple cherche à sauver ceux qui périssent, même si c’est lui qui a fixé le jugement de la mort. Dieu lui-même est venu dans le monde en la personne de Jésus-Christ pour sauver les hommes de son juste jugement (Ro 5.9). Tel est le but de la croix de Christ.

C’est pourquoi les bonnes actions du peuple de Dieu comprennent des prières pour la guérison des malades, des prières pour que Dieu retienne sa main et fasse reculer la pandémie, et d’autres pour qu’il fournisse un remède. Nous prions au sujet du coronavirus, et nous travaillons pour soulager la souffrance qu’il produit, comme Abraham Lincoln a prié en vue de la fin de la Guerre de Sécession et a travaillé pour y mettre fin, même s’il y a vu un jugement de Dieu :

Nous espérons ardemment – et nous prions avec ferveur – que ce puissant fléau de la guerre disparaisse rapidement. Cependant, si Dieu veut qu’il continue, jusqu’à ce que toutes les richesses accumulées par les deux cent cinquante années de labeur non rémunéré de l’esclave soient englouties et que chaque goutte de sang tirée du fouet soit payée par une autre tirée de l’épée, comme on l’a dit il y a trois mille ans, il faut encore dire que « les jugements de l’Éternel sont vrais, ils sont tous justes ».

Dieu accomplit son œuvre – en grande partie en secret. Nous avons la nôtre. Si nous lui faisons confiance et si nous obéissons à sa Parole, il fera en sorte que sa souveraineté et notre service accomplissent ses sages et bons desseins.

 

 

  1. Rodney Stark, The Triumph of Christianity: How the Jesus Movement Became the World’s Largest Religion, trad. libre, New York, Harper, 2011, p. 113.
  2. Stark, Triumph of Christianity, trad. libre, p. 115.
  3. Stark, Triumph of Christianity, trad. libre, p. 112.
  4. Stark, Triumph of Christianity, trad. libre, p. 116.
  5. Stark, Triumph of Christianity, trad. libre, p. 117.
  6. Stephen Neill, A History of Christian Missions, trad. libre, 2e éd., New York, Penguin, 1986, p. 37, 38.
EN VOIR PLUS
Chargement