Votre Église n’est peut-être pas aussi centrée sur l’Évangile que vous le pensez

Depuis octobre 2013, Evangile 21 publie chaque semaine de nouveaux articles, ce qui constitue aujourd’hui une base de presque un millier d’articles. Nous désirons profiter de l’été pour revisiter nos archives et vous re-proposer quelques articles publiés au cours de ces années.
Initialement publié le 23 avril 2018


L’épître aux Romains traite d’autres sujets en plus de la « Route de Romains[1] ». Elle n’est pas qu’un livre centré sur le salut individuel (quoiqu’il soit vrai qu’elle communique certainement ce glorieux message). Elle s’occupe aussi de la communauté centrée sur l’Évangile et de la mission centrée sur l’Évangile.

Michael Bird dit que Paul « imprègne de l’Évangile » les croyants de Rome. Il veut que tous les aspects de leur vie soient façonnés et puissamment fortifiés par l’Évangile. Ceci se manifeste particulièrement dans la seconde moitié du livre. C’est pourquoi Romains représente un grand livre à considérer, non seulement pour sa clarté théologique, mais aussi pour les vues pénétrantes qu’il apporte sur une conduite de dirigeant centrée sur l’Évangile.

Avant de discuter des bienfaits du « centrage sur l’Évangile », il est important de comprendre en quoi il diffère des autres approches :

Des églises qui renient l’Évangile

Celles-ci ne peuvent pas être appelées des églises. Des sectes diverses et des types extrêmes du libéralisme peuvent entrer dans cette catégorie. Ils renient les vérités essentielles de l’Évangile.

Des églises qui « redéfinissent » l’Évangile

Elles sont proches de la catégorie précédente et elles ajoutent à l’Évangile ou en retranchent quelque chose. Elles incluent par exemple l’Évangile de la prospérité et l’Évangile social.

Des églises qui présument l’Évangile 

Ces églises disent qu’elles croient à l’Évangile, mais elles ne le prêchent que rarement en profondeur. Cela c’est du « Christianisme-allégé. » Des conversations sur la façon de diriger, des sermons thérapeutiques et des messages pour le développement pratique de la personne en remplissent l’atmosphère.

Des églises qui affirment l’Évangile

Comme le groupe précédent, ces églises croient la doctrine de l’Évangile, mais celui-ci n’est envisagé que comme la base de l’évangélisation et il est séparé de la vie de l’église.

Des églises qui proclament l’Évangile

Ces églises sont connues pour la prédication de l’Évangile chaque semaine au travers de l’adoration corporative. Mais l’Évangile est toujours envisagé seulement dans le but d’évangéliser. L’Évangile sert à faire entrer les gens dans le royaume, mais il n’est pas enseigné comme ce qui façonne les vies des Chrétiens et leur donne la puissance. Ce qui est communiqué aux croyants n’est souvent qu’une forme de moralisme pour ce qui suit la conversion.

Des églises centrées sur l’Évangile

Ces églises prêchent explicitement l’Évangile chaque semaine – mais pas seulement aux incroyants. Elles prêchent et appliquent l’Évangile aux Chrétiens, comme Paul le faisait pour les Romains (Romains 1, 15). Il façonne et rend puissantes l’éthique chrétienne et la vie de la communauté chrétienne.

Par exemple, le mariage est enseigné en considérant l’amour de Christ pour l’Église (Éphésiens 5, 25) ; la générosité est vue au travers du prisme de la générosité de Christ (II Corinthiens 8, 9) ; l’appel à pardonner est enraciné dans le pardon que Christ nous a accordé (Colossiens 3, 13) ; l’hospitalité reflète l’accueil que Christ nous a réservé (Romains 15, 7). L’appel à l’action sociale – comme le fait de prendre soin de l’orphelin, de la veuve, du réfugié et du pauvre – est aussi adressé aux croyants en référence à leur propre identité en Christ.

 

Les implications de l’Évangile

Nous pourrions donner de nombreuses raisons pour lesquelles il nous faut approfondir la centralité de l’Évangile, mais je me limiterai à cinq.

1. L’Évangile change les vies

Si vous êtes un implanteur d’église, un pasteur, missionnaire ou conducteur d’un ministère de quelque sorte que ce soit, il est impératif que vous ayez une confiance inébranlable dans l’Évangile. C’est lui qui est la puissance de Dieu pour le salut (Romains 1, 16). Dieu aime sauver les pécheurs et il le fait quand l’Évangile est proclamé. De plus, Dieu aime sanctifier son peuple et il le fait quand l’Évangile est appliqué.

2. L’Évangile nous conduit à l’adoration

L’Évangile nous transforme en commençant par l’intérieur. Et quand les affections changent, tout change. Si une personne aime profondément Jésus, cela va changer de manière profonde son comportement. La théologie de Paul le conduit régulièrement à la doxologie[2] (Romains 8, 31-39 ; 11, 33-36).

3. L’Évangile nous sort du désespoir

Le péché, la souffrance et la mort nous font désespérer. L’Évangile sort les saints de la sombre nuit de leur âme en leur rappelant que le verdict de Dieu a déjà été prononcé ; que bien que nous souffrions maintenant, nous sommes toujours aux mains de la grâce du Père. Même la mort ne peut pas nous séparer de l’amour de Christ (Romains 8, 31-39).

4. L’Évangile unit des croyants divers dans une même communauté

Dans Romains 8 Paul exulte de joie à cause des glorieuses promesses de l’Évangile. Il est important de relever le fait que Paul utilise le pluriel : « nous », « frères/sœurs » et ainsi de suite. Paul cherche à unir Juifs et païens en Christ et ainsi il travaille à montrer la beauté de l’Évangile pendant plusieurs chapitres des Romains. Il veut les aider à poursuivre l’unité dans l’Évangile et à considérer comment ils doivent s’aimer l’un l’autre de manière pratique (Romains 12 – 14).

Quand nous arrivons au chapitre 15, l’appel de Paul à l’unité atteint son point culminant dans sa prière : « Que le Dieu de la persévérance et de la consolation vous donne de vivre dans une telle harmonie les uns avec les autres, selon le Christ Jésus, afin que tous ensemble, d’une seule voix, vous glorifiez le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ. » (Romains 15, 5-6). Paul applique sa théologie à la construction d’un peuple uni quoique composé d’éléments divers.

5. L’Évangile alimente notre mission

Vous pouvez supporter l’opposition quand vous avez des promesses comme celles de Romains 8. Quand vous avez un Évangile de cette valeur, vous avez envie de le porter à toutes les nations. Beaucoup n’ont pas de passion pour les nations précisément parce qu’ils n’ont pas un Évangile qui vaut la peine d’être prêché.

Aussi il n’est pas surprenant de voir ce à quoi Paul aboutit à la fin des Romains. Au chapitre 15 vous découvrez que l’épître aux Romains est une lettre de soutien missionnaire. Paul veut aller en Espagne avec l’Évangile. Tom Schreiner pense que Paul devait bien avoir 60 ans au moment où il écrit cette lettre ! C’est une grande vision de ce que fait l’Évangile : il alimente notre mission globale.

Continuez à mettre l’Évangile au centre

Ainsi cherchons à créer une culture centrée sur l’Évangile dans nos églises et nos ministères. Donnons l’exemple de la centralité de l’Évangile dans nos vies personnelles. Appliquons l’Évangile dans notre enseignement. Cherchez à voir l’Évangile dans votre ordonnance d’église. Priez l’Évangile. Chantez l’Évangile. Saturez de l’Évangile vos groupes et classes divers. Faites progresser l’Évangile par l’évangélisation et l’implantation d’églises. Célébrez l’Évangile par la transformation des vies. Évaluez votre ministère en notant soigneusement comment l’Évangile est proclamé et magnifié.

Puissions-nous suivre le conseil de Charles Spurgeon :

Tenez-vous en à l’Évangile et de plus en plus. Donnez aux gens Christ et rien d’autre que Christ. Rassasiez-les de l’Évangile, même au point que quelques-uns pourraient dire que vous leur en donnez presque la nausée … Au long des routes, dans les plus petites pièces, dans les théâtres – n’importe où, partout, prêchons Christ. Écrivez des livres si vous voulez et faites quoi que ce soit d’autre qui est en votre pouvoir ; mais même si vous ne pouviez faire autre chose, prêchez Christ.

Depuis le « long des routes » jusqu’aux « petites pièces », dans de vastes centres de culte jusqu’à des églises de maison clandestines, des villes jusqu’aux campagnes, des pauvres urbains jusqu’aux riches des banlieues, des lieux de peine jusqu’aux lieux de vacances, conservons ce qui est de la « première importance » (I Corinthiens 15) la chose principale dans nos vies, ministères et églises.

 

Note de l’éditeur : Les « autres approches » désignées dans cet article sont des catégories qui viennent de Femi Osunnuyi, pasteur de l’église d’Actes 29 à Lagos au Nigéria.

 

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