E21 répond | Comment avoir une vue équilibrée entre l’annonce de l’Évangile et les œuvres qui découlent de l’Évangile ?

Pour bien répondre à cette question, il me semble nécessaire de définir ce que nous appelons les « œuvres qui découlent de l’Évangile ».

Dans sa lettre aux  Éphésiens, Paul nous dresse dans les trois premiers chapitres le tableau de l’histoire du salut qui va de l’éternité passée (1.4) à l’éternité future (3.20-21) et qui est marquée par l’initiative divine. Á partir de  cette présentation, il nous exhorte, en tant qu’élus sauvés par grâce, « à marcher d’une manière digne de la vocation qui (nous) a été adressée » (4.1).  Puis, jusqu’à la fin, il consacre son épître à nous décrire ce que signifie « marcher d’une manière digne » de notre vocation. Nous pouvons en relever les points suivants : 

  • Travailler à l’unité au sein de l’Église non seulement universelle mais aussi locale (4.2-16),
  • Construire des relations marquées par la grâce (par nos paroles, par la gestion de notre colère, par notre profession, par nos attitudes) à l’exemple de Christ qui nous a aimés en prenant l’initiative de venir jusqu’à nous les offenseurs. De la même manière, aimer jusqu’à prendre l’initiative envers celui qui nous a offensés (4.17-5.2),
  • Avoir un haut degré de moralité, notamment dans notre sexualité, dans nos paroles et dans notre gestion des biens matériels (5.3-21),
  • Recevoir et exercer l’autorité que Dieu a instaurée pour notre bien au sein des relations humaines, et particulièrement au niveau de la famille (5.22-6.9),
  • Comprendre et s’engager dans le combat spirituel qui imprègne tous les domaines précédemment cités (c.à.d. que l’ennemi n’est jamais le frère en Christ, ni les parents, ni le patron, etc. mais toujours Satan) (6.10-20).

Nous pouvons donc affirmer que selon Paul, mais aussi selon toute la Bible, les œuvres qui découlent de l’Évangile ne sont pas des œuvres sociales, des œuvres en faveur des plus défavorisés comme Artisanat SEL, le Défi Michée ou le parrainage d’enfants. Tout cela est très bien et nécessaire … à pratiquer. Mais restreindre les œuvres qui découlent de l’Évangile à ces derniers exemples est trop limitatif. Et cela engendre une dichotomie dans la vie Chrétienne. 

« Marcher d’une manière digne de la vocation qui (nous) a été adressée » recouvre tous les aspects de notre vie, pas un seul n’y échappe, que ce soit de la moindre pensée à la moindre action en passant par la moindre parole. Et cela est vrai quelle que soit la personne avec qui je me trouve et quel que soit le lieu où je me trouve. Que tout cela serve à célébrer la gloire de la grâce que Dieu nous a accordée en Jésus-Christ.

Ainsi, par notre manière de vivre, l’Évangile est annoncé. Paul va dans le même sens dans chacune de ses épîtres et il est très bon de relire Tite dans cette optique. Mais Paul ne s’arrête pas là. L’Évangile doit aussi et nécessairement être formulé verbalement.

Dans ce contexte d’une marche digne de la vocation que Dieu a adressée à ses enfants, Paul demande à l’Église de prier pour lui, pour qu’il puisse annoncer l’Évangile avec hardiesse. Il applique ce principe de prier pour l’annonce de l’Évangile à tous les chrétiens en Colossiens 4.3-6. Parce qu’une vie marquée par l’Évangile se voit, Paul nous invite à prier afin que nous soyons prêts à répondre à ceux qui nous posent des questions sur notre manière de vivre. Pierre va dans le même sens en 1 Pierre 3.15-16, même dans le cadre de l’opposition. En fin de vie, Paul insistera là-dessus auprès de Timothée : 

“Prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, convaincs, reprends, exhorte, avec toute patience et en instruisant.” (2 Timothée 4:2)

Cette injonction ne signifie pas que si les personnes nous demandent de nous taire il faille continuer jusqu’à les exaspérer. Il s’agit d’occasions qui nous sont ou non favorables, malgré les menaces ou les risques de représailles. Remarquons que dans les Évangiles et en Actes, ni Jésus ni Paul n’ont parlé quand leurs auditeurs non croyants ne voulaient plus les entendre.

Alors prions que Dieu nous donne des occasions pour expliquer l’Évangile de manière claire. Prions que Dieu nous aide à parler de lui, et préparons-nous aussi à le faire. Et osons le faire, car si l’Évangile entraîne l’opposition, il entraîne aussi la conversion.


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Pour conclure, nous pouvons dire que pour la plupart d’entre nous, l’annonce de l’Évangile est à faire dans notre cadre relationnel, où l’on nous voit vivre (famille, travail, associations, voisinages). Une annonce de l’Évangile sans relation ne se voit que rarement.

Cela ne signifie pas qu’il ne faut pas faire de campagne d’évangélisation. Faisons-en, mais jamais comme un remplacement de notre premier devoir : vivre en tant que disciples.

En effet, l’évangélisation n’est pas qu’une activité, mais la manière de vivre du disciple de Jésus-Christ.


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