5 façons pour les anciens de s’épauler

by Yusuke64 on Pixaybay

Les pasteurs ont eux-mêmes besoin d’accompagnement pastoral.

Alors qu’on pourrait penser que les anciens savent presque tout, vivent une vie exemplaire, gèrent facilement les crises et disposent d’énormes réserves de forces spirituelles, cette idée s’effondre devant les réalités de la vie. Les pasteurs affrontent les mêmes combats que les membres de leur assemblée sur le terrain de la discipline, de l’obéissance, de l’humilité et de quantité de problèmes spirituels.

Alors qui va encourager les responsables ? Qui va les aider à rester fermes dans leur marche avec Christ ? Qui va les stimuler quand ils sont découragés ? Qui va s’occuper d’eux quand ils sont blessés ?

Quel que soit leur statut, rémunérés ou non par l’église, les anciens ont grand besoin de soins pastoraux. Les responsables doivent prendre soin du troupeau ensemble, mais ils doivent aussi faire corps pour s’encourager mutuellement.

C’est ce que Paul avait à l’esprit lorsqu’il dit aux anciens d’Éphèse : « Faites bien attention à vous-mêmes et à tout le troupeau » (Actes 20.28). « Vous-mêmes » implique les autres responsables. Veillez sur vos collègues anciens tout comme vous veillez sur le troupeau. Le devoir envers le troupeau  va de pair avec celui envers vos collègues anciens.

Pourtant, nous pouvons facilement présumer de nos capacités et penser qu’en tant qu’anciens, il va de soi que nous travaillons de concert. Nous le faisons certes parfois, mais que dire des nombreuses fois où ce n’est pas le cas ? Si vous, les bergers, vous ne vous souciez pas les uns des autres, qui le fera ?

Voici 5 suggestions pour aider les anciens à s’épauler dans leur ministère :

1. Priez chaque jour les uns pour les autres.

 Comme vous priez chaque jour pour vos besoins spirituels et ceux de votre famille, priez aussi pour vos frères responsables. Ceux que vous apportez régulièrement au trône de la grâce restent plus proches de votre cœur. La prière quotidienne pour eux vous remet en mémoire leurs besoins spécifiques, ceux que vous avez pu discerner en les voyant vivre et en conversant avec eux.

Vous partagez leurs besoins avec le Père tout comme   vous partagez la vie avec eux.

Soyez attentifs à vos frères anciens. Échangez avec eux sur leur famille, leur travail et sur votre activité pastorale commune. Sachez discerner comment l’adversaire les assaille. Observez quelles sont leurs forces et leurs faiblesses. Élevez-les devant le Seigneur puisqu’ils travaillent main dans la main avec vous. Implorez le Seigneur pour leur discipline personnelle, leur mariage, leurs enfants et leur ministère.

2. Soyez des amis et pas des partenaires d’entreprise.

On peut tomber dans le piège de traiter nos frères responsables simplement comme les membres d’un conseil d’administration. C’est pour cela que je préfère ne pas employer le terme de « conseil d’anciens ». Nous ne sommes pas un conseil. Nous sommes un corps qui servons ensemble l’assemblée au nom du Christ. Les membres d’un conseil peuvent rester quelque peu indifférents les uns aux autres pour autant que le conseil fonctionne. Ils peuvent discuter, délibérer, prendre des décisions et penser que leurs responsabilités s’achèvent lorsque la réunion se termine. Mais quand vous êtes membres d’un corps, vous apprenez à vous aimer, à pleurer et à rire ensemble, à connaître les combats des autres et à porter leurs fardeaux.

Entre amis anciens nous partageons avec joie la naissance des enfants et petits-enfants. Nous pleurons la mort de parents ou de frères ou de sœurs. Nous combattons dans la prière pour les enfants et  petits-enfants. Nous traversons des douleurs, des situations d’urgence comme aussi des fêtes. Des amis ont à cœur de se connaître et de s’entraider.

3. Interférez dans la vie des autres.

Quand nous sommes amis plutôt que simplement les membres d’un conseil, nous avons le droit d’interférer dans la vie les uns des autres. Quand Paul encourage l’église à croître et à maintenir la clarté doctrinale, cela exige de dire « la vérité dans l’amour » (Éphésiens 4.14-16) ; il en va de même pour les anciens. Si les responsables d’église ne se disent pas mutuellement la vérité dans l’amour, ils ne le feront probablement pas avec le troupeau.

Cependant interférer dans la vie de l’autre demande une concordance d’attitudes : celui qui parle doit s’approcher de son frère avec humilité et amour, animé de la volonté d’écouter son frère et de l’accompagner.

Celui qui reçoit l’aide doit partager cette même humilité dans l’écoute, ce même amour et la soumission pour accepter la réprimande du frère. Cela implique que celui qui parle comme celui qui reçoit doivent cultiver un cœur ouvert et humble. Un ancien qui pense ne jamais avoir besoin de correction ni de remontrance n’a pas sa place comme ancien. Jusqu’au jour où nous nous tiendrons devant Christ, transformés, sans tache ni défaut, nous aurons besoin que d’autres aient un regard sur notre vie, en particulier des aînés qui prient pour nous, nous aiment et nous portent dans leur cœur.

4. Ayez un regard attentionné sur vos frères anciens.

Un de nos responsables et son épouse ont dû faire face au grand chagrin de perdre un fils, moins d’une heure après sa naissance. Je n’oublierai jamais la scène émouvante de mes amis anciens et leurs épouses pleurant et priant, rassemblés autour du lit, dans un élan d’amour pour ce frère et sa femme.

Ces soins pastoraux peuvent prendre diverses formes, par exemple lors d’une maladie ou d’un décès dans une famille ; lors du départ d’un enfant à l’université ou à l’armée ; à la naissance d’un enfant ou d’un petit-enfant ou encore lors d’un changement éprouvant dans la vie, l’emploi ou la famille. Parfois les anciens doivent venir auprès de leurs frères pour aider à gérer un conflit spirituel particulièrement intense.

Ne comptez pas qu’un autre ancien servira le frère qui est dans le besoin. Prenez vous-même l’initiative d’entourer votre frère. Le moment viendra où vous-mêmes bénéficierez d’une aide semblable.

5. Vivez ensemble dans le corps.

Par vivre ensemble dans le corps, j’entends ce que partagent les membres ordinaires de l’église, et qui prend encore plus d’intensité parmi les anciens. Nous lisons des livres et en discutons. Nous partageons nos expériences vécues avec Dieu. Nous échangeons sur les messages ou études bibliques que nous allons enseigner. Nous partageons nos faiblesses et nos péchés. Nous faisons des visites aux membres de l’église qui en ont le plus besoin. Nous participons à des voyages missionnaires. Nous œuvrons côte à côte dans divers projets d’église ou journées de travaux. Nous partageons des repas fraternels. Nous prions ensemble. Nous rions. Nous vivons ensemble tout simplement.

Oui, les anciens ont besoin d’être encouragés et épaulés par leurs frères anciens comme eux. On peut certes développer des structures formelles pour y parvenir comme des moments d’évaluation, des mises au point bibliques, de la redevabilité à des pairs etc., mais je recommande une approche plus holistique : un engagement fraternel main dans la main et cœur à cœur dans le creuset du ministère.

Bien se connaître et s’entraider fidèlement les uns les autres.

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