La grâce de Dieu dans la souffrance

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Job, sa femme et ses trois amis s’entendaient pour dire que la « vie est courte, sans cesse agitée » (Job 14.1), et que la main de Dieu se mêle étroitement à nos difficultés. Cependant, lorsqu’ils ont tenté d’expliquer le lien précis entre Dieu et nos problèmes, ils n’ont pu se mettre d’accord et sont demeurés perplexes. 

Ils ont discuté des causes de la détresse de Job, mais personne n’a pris en compte l’origine du drame cosmique. Ils ont discuté des intentions de Dieu, mais personne n’a compris que les desseins bienveillants de Dieu dépassaient l’entendement humain et qu’il ne punissait pas Job. Ils ont remis en question la sincérité de la foi de Job et sa fidélité, mais personne n’a vu que celui-ci était à la fois authentique et encore en formation. Enfin, ils ont discuté du rôle de chacun des acteurs impliqués dans l’épreuve, mais personne n’a compris que le Seigneur finirait par se révéler, que ce serait lui qui poserait les questions et que ses plans s’accompliraient. Le Seigneur lui-même a décrit Job comme « un homme intègre et droit, craignant Dieu, et se détournant du mal » (Job 1.8). Mais qui aurait pu pressentir qu’il aurait à vivre une expérience aussi traumatisante pour le prouver ? 

Des milliers d’années ont passé, mais la vie est toujours aussi brève et éprouvante. Les difficultés nous laissent encore perplexes. Pourquoi est-ce à moi que ces choses arrivent ? Où est Dieu ? Que fait-il ? Qu’est-ce au juste que la foi ? De quelle manière le Seigneur se révèle-t-il ? Pourquoi vivons-nous des expériences aussi bouleversantes ? 

La grâce de Dieu dans la souffrance
David Powlison
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La grâce de Dieu dans la souffrance
David Powlison
Éditions Impact. 132 pages. 11,90 €.

Il n’existe pas de solutions rapides ou de réponses faciles à la souffrance. Toutefois, nous pouvons avoir la certitude que Dieu agit toujours, même lorsque nous souffrons et qu’il est difficile de percevoir ses interventions. Dans ce livre, David Powlison utilise les Écritures, des témoignages personnels et les paroles d’un cantique afin de nous faire comprendre que Dieu nous accompagne dans nos souffrances et qu’il est à l’oeuvre lorsque nous traversons des difficultés. L’auteur nous amène ainsi à découvrir toute la profondeur de la grâce de Dieu.

Entre les épreuves passées de Job et celles qui sont aujourd’hui les nôtres, la Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, mais cette réalité change-t-elle quelque chose ? Job a déclaré : 

Mais je sais que mon rédempteur est vivant, Et qu’il se lèvera le dernier sur la terre. Quand ma peau sera détruite, il se lèvera ; Après que ma peau aura été détruite, Moi-même je contemplerai Dieu. Je le verrai, et il me sera favorable ; Mes yeux le verront, et non ceux d’un autre ; Mon âme languit d’attente au-dedans de moi (Job 19.25-27). 

Le Rédempteur de Job s’est finalement présenté à lui. L’Éternel lui a parlé du milieu de la tempête, et Job s’est écrié : « maintenant mon œil t’a vu » (Job 42.5). À notre époque, nous voyons les choses avec plus de clarté, car nous voyons Jésus-Christ. Nous voyons mieux le Rédempteur et l’œuvre qu’il a accomplie. Nos paroles transcendent celles de Job : « Car Dieu, qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres ! a fait briller la lumière dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ » (2 Co 4.6). Nous voyons, mais notre vie est encore « courte, sans cesse agitée ». 

Voici la principale question à laquelle ce livre tentera de répondre : de quelle manière le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ vient-il à notre rencontre et nous console-t-il lorsque nous traversons une période d’épreuve, de deuil, de douleur ou d’invalidité ? De quelle manière emploie-t-il sa grâce et sa bonté pour toucher nos vies, les façonner et nous accompagner dans de tels moments ? Nous connaissons sans doute la « bonne réponse » à ces questions, en partie du moins, mais considérons trois vérités cruciales à ce sujet. 

D’abord, les Écritures et notre expérience personnelle témoignent que, de toute évidence, Dieu n’a jamais établi de zone d’exclusion pour nous garder à l’abri des problèmes. Il n’a jamais promis que la vie serait facile, paisible et prospère, exempte de danger ou de maladie. Au contraire, nous savons que les dangers, les épreuves, les boule- versements, les maladies et les séparations font partie de la vie. Nous savons également que certains enfants de Dieu bien-aimés vivent des vies nettement marquées par la douleur physique, la pauvreté, l’isolement, la trahison et les privations. Enfin, la mort constitue pour chacun de nous l’ultime détresse, inévitable et imminente. L’être humain ressemble au lys mariposa qui pousse dans un désert après la pluie, comme c’est le cas dans la vallée de la Mort, en Californie. Il fleurit un moment, puis le vent souffle, et le lys disparaît sans laisser aucune trace. C’est ainsi que les Écritures décrivent les enfants de Dieu bien-aimés et bénis (Ps 103.15,16). Bien entendu, ceux qui sont séparés de Dieu vivent également des vies brèves et éprouvantes. Une vie difficile n’est pas un signe de la faveur ou de la défaveur de Dieu à notre égard. 

Ensuite, les Écritures et notre expérience personnelle témoignent que, de toute évidence, les joies et les dons viennent de Dieu. Au temps de sa floraison, le lys mariposa est magnifique. La plupart des gens profitent des bonnes choses de la vie, comme des liens familiaux chaleureux, trois repas par jour, des festins occasionnels, une santé relativement bonne, des amis et des rapports agréables, les beautés de ce monde, l’occasion d’exceller dans un certain domaine, la fidélité d’une relation amoureuse, le rire d’un enfant, un travail bien fait, le simple plaisir de se reposer après le travail et peut-être même de jouir d’une bonne nuit de sommeil… Aucun de ces bienfaits ne nous est assuré sur la terre, mais nous pouvons certes en profiter avec un cœur reconnaissant. 

Certaines personnes semblent recevoir des bénédictions exceptionnelles sur cette terre. Job a été abondamment béni, autant au début qu’à la fin de sa vie. D’ailleurs, Satan a accusé le Seigneur d’acheter la foi de Job en lui donnant une vie particulièrement bénie. Certains individus arrogants, opposés à Dieu et qui ne comptent que sur eux-mêmes, peuvent également jouir d’une belle vie, d’une bonne santé, de richesses considérables et de l’admiration générale. C’est ainsi que le Psaume 73.3-12 décrit ceux qui prospèrent tout en estimant l’idée de Dieu dépassée et sans importance. Une vie facile et sans problème n’est pas un signe de la faveur ou de la défaveur de Dieu à notre égard. 

Enfin, les Écritures, de même que nos expériences douloureuses, témoignent que, de toute évidence, Dieu parle et agit à travers la souffrance. C. S. Lewis a écrit : « Dieu murmure dans nos plaisirs, il parle à notre conscience, mais sa voix devient une clameur dans nos peines. Elles sont le porte-voix dont il se sert pour éveiller un monde sourd. » Le but de ce livre est d’enraciner encore plus profondément notre expérience personnelle dans la bonté de Dieu. La souffrance révèle l’authenticité de la foi en Jésus-Christ et elle produit une foi authentique. Par exemple, dans la souffrance causée par l’affliction, les Psaumes deviennent plus concrets. La foi véritable devient plus profonde, plus claire, plus sage. On prend de la maturité en connaissant Dieu davantage. Un croyant authentique est toujours en formation. 

Non seulement la souffrance sert-elle d’épreuve de vérité, mais elle sert également de catalyseur. Elle révèle et façonne la foi authentique, puis démasque et détruit la fausse foi. Les épreuves mettent au jour nos espoirs illusoires dans des dieux imaginaires. Il est bon de perdre ainsi ses illusions ; c’est en fait la compassion qui se manifeste sous cet aspect sévère. La destruction du mensonge invite à la repentance et à la foi en Dieu pour ce qu’il est véritablement. À ceux qui ne croient pas au seul Sauveur du monde, lui-même don de Dieu et don de vie, la souffrance donne un avant-goût du jour où ils seront privés de tout bienfait. L’affliction exerce une pression sur l’incrédulité et pousse à l’amertume ou au désespoir, à la dépendance ou à plus d’illusions vaines, à une complaisance mortelle ou encore à une réévaluation des choses durables. La perte de trésors qui constituent une raison de vivre, lorsque ces trésors ne sont que vanité, favorise une véritable repentance. La manière dont un individu réagit à l’épreuve est un signe de la faveur ou de la défaveur de Dieu à son égard. 

La main de Dieu se mêle étroitement à nos malheurs. « À chaque jour suffit sa peine » (Mt 6.34). Certaines difficultés sont mineures et temporaires ; elles surviennent aujourd’hui et sont résolues le lendemain. Certaines épreuves durent pendant une période plus ou moins longue, d’autres refont surface et se règlent de façon cyclique ; certaines souffrances deviennent chroniques tandis que d’autres ne cessent d’empirer, causant une douleur croissante et débilitante. Enfin, le caractère irrévocable de certaines épreuves nous frappe de plein fouet : la mort d’un rêve, la mort d’un bien- aimé, notre agonie et notre propre mort. Pourtant, les événements douloureux prennent un tout autre sens en raison de la résurrection de Jésus-Christ et de la promesse que nous vivrons également avec lui. La foi peut gagner en maturité. Nous pouvons apprendre à dire de tout cœur, avec la grande nuée de témoins : « C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour. Car nos légères afflictions du moment présent produisent pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire » (2 Co 4.16,17). Nous pouvons apprendre à le dire et à le penser réellement, parce que c’est vrai. 

Si on a lu les Psaumes avec sérieux, réfléchi à la seconde moitié de Romains 8, tenté de comprendre le livre de Job ou assimilé les enseignements de Pierre dans sa première épître, on possède déjà une bonne idée de la manière dont la grâce de Dieu œuvre dans les épreuves. Cependant, on fait continuellement face à de nouveaux défis. La sagesse pour bien souffrir est comme la manne : on doit la recevoir et s’en nourrir chaque jour. On ne peut pas la garder en réserve, bien qu’avec le temps, on devienne plus habile à la chercher et à la trouver au quotidien. 

De quelle manière Dieu s’y prend-il, de façon concrète, pour faire intervenir sa grâce dans nos souffrances ? Nous connaissons peut-être la réponse exacte en théorie, ou encore par l’expérience en raison de difficultés passées. Pourtant, notre connaissance de Dieu s’avère incomplète pour affronter le prochain défi ; il y manque toujours quelque chose. 

Dieu donne une réponse difficile, mais nous la transformons en formule stéréotypée. Sa réponse tend à enclencher un long et lent processus, mais nous cherchons une solution rapide. Il insiste pour que nous vivions sa réponse de manière progressive dans les circonstances particulières de la vie. Nous agissons comme si, en prononçant simplement les bonnes paroles, elles devenaient réa- lité. La réponse de Dieu suppose un changement profond de notre personne, mais nous nous comportons comme si une vérité, un principe, une stratégie ou une perspective pouvait tout simplement se greffer à notre être dans sa forme actuelle. Dieu personnalise sa réponse pour chaque cœur avec une flexibilité remarquable, mais nous la transformons en formule toute faite : Si seulement tu croyais ceci. Si seulement tu faisais cela. Si seulement tu te rap- pelais cela… L’énoncé d’une vérité importante ne contient jamais l’expression « si seulement ». 

La bonne réponse peut avoir l’air dépassée, mais soyez assuré que Dieu nous étonnera. Il nous forcera à nous arrêter. Nous aurons des difficultés, nous serons décontenancés, nous souffrirons… Il prendra son temps. Notre foi et notre amour gagneront en maturité. Il sera notre joie la plus profonde. Le processus semblera plus difficile, mais meilleur que ce que nous avions imaginé. Le bonheur et la grâce nous accompagneront tous les jours de notre vie. À la fin de ce long parcours, nous parviendrons enfin à destination. Peu importe que nous l’ayons entendue souvent, peu importe que nous la connaissions depuis longtemps, peu importe que nous la récitions par cœur, la réponse de Dieu se traduit toujours par quelque chose de mieux que ce à quoi nous avions pensé. 

Il est lui-même la réponse. 


Cet article est un extrait de « La grâce de Dieu dans la souffrance » publié par Éditions Impact

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