Les dieux et sauveurs fonctionnels

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Les dieux fonctionnels

Notre péché originel était l’idolâtrie. Il se peut que vous ayez du mal à le voir ainsi. «L’idolâtrie? Je ne me souviens pas qu’ils se soient agenouillés ou qu’ils aient prié une idole.» À vrai dire, nous ne saisissons pas toujours le sens de l’adoration. On adore ce qu’on estime être le plus essentiel à la vie et au bonheur. Pour Adam et Ève, il s’agissait de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Son fruit était devenu si important à leurs yeux qu’ils étaient prêts à désobéir à Dieu pour l’obtenir. Pour nous, il peut s’agir d’argent, de l’acclamation des autres, d’un bon mariage, d’une famille en santé, d’un certain prestige au travail, ou d’un plaisir sensuel quelconque.

Lorsqu’une chose devient si importante à vos yeux qu’elle dicte vos actions et commande vos émotions, vous l’adorez. Vous êtes prêt à dire «non» à Dieu pour l’obtenir.

Le mot hébreu pour «gloire» (kabod) se traduit littéralement par «poids». Glorifier une chose quelconque dans votre vie (ou l’adorer) consiste à lui accorder tant de poids que vous ne pouvez pas imaginer vivre sans elle. Une idole peut être constituée d’à peu près n’importe quoi : même des bonnes choses que Dieu nous donne. La famille, les amis, les rêves, même l’Église – voilà de bonnes choses, bien entendu. Mais elles deviennent des idoles lorsqu’on leur assigne un poids «divin».

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« Investissez du temps dans la lecture de ce livre. »
— Timothy Keller

Les chrétiens évangéliques auraient-ils perdu de vue l’Évangile ? Dans son ouvrage, J. D. Greear révèle comment l’Évangile a été éclipsé par le moralisme et le légalisme, et ce, même dans les Églises les plus conservatrices. Évangile coupe court à la religiosité superficielle et reconnecte le lecteur à ce message révolutionnaire : Dieu, dans sa grâce, nous accepte en Jésus-Christ. L’Évangile est la puissance de Dieu et la seule vraie source de joie, de liberté, de générosité radicale et de foi audacieuse. L’Évangile fait naître dans le croyant ce que la religion n’a jamais pu susciter : un coeur qui désire Dieu.
Au coeur du livre se trouve « la prière axée sur l’Évangile », laquelle est un outil puissant permettant d’être saturé de l’Évangile quotidiennement. Demeurer en l’Évangile approfondira votre passion pour Dieu et vous mènera vers de nouveaux sommets d’obéissance. Évangile vous offre une vision captivante et pratique de l’oeuvre rédemptrice de Dieu.
« J. D. présente l’Évangile d’une manière claire, humble et empreinte d’humour… Si vous aspirez à vous investir fidèlement dans la mission, à ouvrir les bras tout en tenant ferme, cette oeuvre vous encouragera. »
Mark Dever, pasteur principal, Capitol Hill Baptist Church et l’auteur de L’Église : un bilan de santé

« Je remercie le Seigneur pour mon ami J. D. Greear et pour son appel à enraciner nos vies et nos églises solidement dans le sol fertile de l’Évangile. Ce livre vous aidera à vous ressourcer quotidiennement dans la grâce infinie de Dieu tandis que vous vivez votre vie pour sa gloire infinie. »
David Platt, auteur de Suis-moi : Un appel à mourir. Un appel à vivre.

En fin de compte, l’idolâtrie se cache derrière chacun de nos péchés. Nous accordons un poids supérieur à autre chose qu’à Dieu lui-même. Quelle que soit la chose que nous estimons indispensable et qui dicte notre comportement, cette dernière constitue notre dieu fonctionnel. Bien sûr, nous ne nous prosternons pas physiquement devant ces choses, mais nos cœurs se prosternent devant elles.

Toute personne, religieuse ou non, possède des dieux, car nous sommes tous des adorateurs. Plusieurs personnes croient qu’ils n’en sont pas, puisqu’ils ne pratiquent aucune religion. Il est tout aussi impossible d’éteindre les pulsions qui nous poussent à adorer en n’étant pas religieux que d’éteindre nos pulsions sexuelles en restant célibataire. Tous les êtres humains estiment une chose essentielle à leur vie sans laquelle, croient-ils, ils ne pourraient vivre ni heureux ni complets. Peu importe ce qu’est cette chose pour vous, vous l’adorez, au sens biblique du terme.

Des sauveurs fonctionnels

La première sensation qu’ont éprouvée Adam et Ève après l’engouement produit par le fruit défendu était la honte de constater qu’ils étaient nus. Étaient-ils nus avant de manger du fruit? Bien sûr. Mais c’est seulement après qu’ils en ont mangé que leur nudité les a rendus mal à l’aise. Qu’est-ce qui avait changé?

Les premiers pères de l’Église (des types comme Grégoire de Nazianze et Athanase d’Alexandrie) expliquent qu’avant d’avoir péché, Adam et Ève étaient «revêtus» de l’amour et de l’acceptation de Dieu de sorte que leur nudité ne les gênait pas. Ainsi dévêtus de l’amour et de l’acceptation de Dieu, ils étaient dorénavant en proie à la peur, à la honte, à la culpabilité et au sentiment d’avoir été découverts.

Alors, qu’ont fait Adam et Ève pour remédier à leur sentiment de nudité? La même chose que n’importe qui d’entre nous fait lorsqu’il se sent nu: ils ont cherché de quoi se vêtir! Si, après une crise de somnambulisme, vous vous réveilliez soudainement une nuit au milieu d’un Super Wal-Mart (ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre), nu comme un ver, vous ne saisiriez probablement pas cette occasion pour faire quelques courses pour la maison. Vous vous dirigeriez plutôt immédiatement vers les vêtements pour trouver de quoi vous couvrir, en priant qu’aucune de vos connaissances ne vous ait vu.

Adam et Ève ont fait la même chose. Ils se sont fabriqué des «vêtements de feuilles du figuier» et se sont cachés de Dieu. Leurs vêtements faisaient en sorte qu’ils se sentaient plus acceptables.

Depuis, nous avons tous mené la même quête. Nous nous efforçons de couvrir la honte de notre nudité en tentant d’établir notre valeur d’une manière ou d’une autre. Nous cherchons un moyen de nous démarquer des autres : nous sommes plus intelligents; nous avons été acceptés à telle université; nous avons un bon travail et gagnons beaucoup d’argent; nous sommes de bons parents; nous démontrons plus de ferveur religieuse que d’autres. Nous utilisons à peu près n’importe quoi pour déterminer notre valeur. Ceux qui ne sont pas du tout religieux le font autant que ceux qui le sont. Les athées se voient souvent comme étant des gens honnêtes et de bons citoyens. Des vedettes d’Hollywood se déclarent fièrement militants sociaux. Tony Soprano affirme : «J’assassine peut-être beaucoup de gens… mais je suis un bon fils.» Chacun cherche des moyens de définir sa valeur.

Pour la plupart d’entre nous, la vie est un long épisode de la série Les Survivants : nous tentons de convaincre Dieu et tous les autres que nous sommes qualifiés pour demeurer dans la course.

Cet article est un extrait d’Évangile, redécouvrir la puissance révolutionnaire du christianisme de J. D. Greear.

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