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S’engager en politique ?

Aussi loin que je me souvienne, la politique m’a toujours intéressé ! Adolescent, j’ai suivi des cours d’instruction civique lors desquels nous apprenions le fonctionnement de l’État, en Suisse ou ailleurs dans le monde. Nous devions faire des exposés sur des faits d’actualité nationale ou internationale. Par ailleurs, j’allais régulièrement voir mon grand-papa avec qui je passais de longues heures à parler de l’actualité, de l’histoire et de la politique.

Premiers pas en politique

Peu après le début de mon premier emploi, je suis contacté, car il manque de candidats pour compléter la liste des suppléants pour le législatif communal composé de 35 membres. J’accepte et quelques mois plus tard, par le jeu des démissions, je fais mon entrée au sein du Conseil communal de Ballaigues, un village de 1’100 habitants, dans le Canton de Vaud. Dans ces années-là, la vie politique du village est agitée par un débat au sujet d’un lourd investissement à effectuer pour se doter d’un « Centre villageois » comprenant un magasin de proximité, une salle de spectacle et une halle de gymnastique. De formation financière, je me suis tout de suite impliqué dans le débat pour démontrer que l’investissement n’était pas déraisonnable et pouvait être effectué selon les critères d’analyse financière propres aux communes.

Mon engagement actuel

Voilà maintenant plus de 17 ans que je suis actif dans la politique de mon village. J’ai eu la chance de présider le Conseil communal durant 2 ans, et depuis 10 ans, je préside la commission des finances qui rapporte sur tous les éléments financiers liés à la vie de la commune, soit le niveau des impôts et taxes, le budget, les comptes et les gros investissements. J’ai choisi de me représenter aux élections communales pour un nouveau mandat de 5 ans en mars 2021.

Le but, c’est de servir

Si je me suis engagé de la sorte, c’est pour le bien de la communauté. J’ai eu l’occasion d’être pompier volontaire, mais je crois que je suis plus utile à mon village en siégeant dans son organe législatif. Servir ma communauté en mettant à sa disposition les compétences que le Seigneur m’a données, voilà mon but. D’autres croyants s’engagent dans des œuvres d’entraide, d’aide aux réfugiés, clubs d’enfants et autres. Le but n’est-il pas pour tous de servir et glorifier Dieu ? « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. » (1 Corinthiens 10.31) De plus, travaillant hors du village, c’est aussi une occasion pour moi d’être en lien avec la communauté villageoise et de m’impliquer dans mon lieu de vie.

Pratiquer la justice et rendre visible le fruit de l’Esprit

Mon désir est de mettre en pratique ce conseil de Michée au peuple d’Israël : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; et ce que l’Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. » (Michée 6.8) Il me semble ainsi que la politique communale, comme toutes les autres sphères de la vie, est une occasion pour pratiquer la justice, se préoccuper de pourvoir aux besoins d’autrui et avoir communion avec Dieu en toute modestie. Par ailleurs, c’est aussi l’occasion de rendre visible le fuit de l’Esprit (Galates 5.22). Et c’est précisément un défi car parfois les débats peuvent être passionnés, même pour des enjeux minimes… Est-ce que je fais preuve de bienveillance et de maîtrise de moi ?

Un danger

Le chrétien doit garder les bonnes priorités et je vois un danger réel pour qui s’investit dans la vie politique locale de délaisser d’autres sphères dans lesquelles Dieu nous demande de mettre la priorité. Comme mari et père de deux enfants, ma première priorité va évidemment à ma famille (1 Timothée 5.8). Ensuite, à l’église locale, le projet de Dieu pour l’homme (1 Corinthiens 12.13). Et enfin à divers autres engagements, comme celui de la politique communale. Dans notre village, cet engagement se limite environ à un soir par mois. Si le temps venait à me manquer pour les sphères qui viennent en priorité à la politique communale, il est très clair à mes yeux que je devrais alors lâcher cet engagement. Sollicité il y a quelques années pour me présenter aux élections du législatif cantonal, j’ai choisi de ne pas donner suite à cette proposition afin de garder suffisamment de temps pour ma famille et le ministère.

En conclusion

Tu souhaites t’engager dans la politique locale ? C’est très bien ! Je t’invite à en faire un sujet de prière. Et à réfléchir à tes priorités. Est-ce que tu pourras continuer à être un bon mari (épouse), père (mère) de famille ? Pourras-tu fréquenter régulièrement une église locale et t’y impliquer ? Si oui, et que tu as du temps pour cela, pourquoi ne pas te lancer ? Tu auras l’occasion ainsi de t’impliquer pour la communauté locale, de pratiquer la justice et rendre visible le fruit de l’Esprit !

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