Pasteurs, Dieu ne dort pas, c’est pourquoi vous pouvez dormir

Dormir est un phénomène à la fois étrange et déconcertant. Nous savons tous ce qu’est un sommeil profond, reposant, dont on se réveille en pleine forme le matin. Nous savons aussi ce qu’est un sommeil léger, ou des insomnies qui entraînent un réveil difficile. Mais nous ne comprenons pas vraiment d’où proviennent ces différences entre nos nuits.

Pourtant une chose est claire : vous et moi avons besoin de sommeil. C’est est une marque fondamentale de notre mortalité. Et le Psalmiste nous réprimande quand nous nous comportons comme si nous ne le savions pas :

« C’est inutilement que vous vous levez tôt, que vous vous couchez tard et que vous mangez un pain gagné avec peine : Il en donne autant à ses bien-aimés pendant leur sommeil » (Ps 127.2).

C’est le Seigneur qui « construit la maison » et « qui garde la ville » (Ps 127.1). C’ est le travail de lÉvangile de construire le peuple de Dieu aujourd’hui. Et dans ce contexte nous entendons les reproches d’un manque de sommeil survenant « d’un travail inutile ».

En effet, la Bible ne nous réprimande pas lorsque nous travaillons durement pour Jésus. D’ailleurs ce travail est constamment encouragé dans les Écritures. Remarquez par exemple les exhortations de Romains 16. Rien, dans les Écritures, ne sanctionne ceux qui font des sacrifices pour Jésus et son Évangile. Paul, par exemple, aexpérimenté lui-même le manque de sommeil pour les nécessités de la mission (2Co 6.5, 11.27).

Les reproches adressés dans le Psaume 127 sont pour ceux d’entre- nous qui ne dorment pas àcause d’une anxiété due au travail. Brûlant la bougie par les deux bouts, ils ne veulent pas croire en l’aide de Dieu pour leur travail.

Vu au travers de ces lunettes, le sommeil est une expression de confiance envers notre Dieu. Vous et moi dormons parce que nous croyons que lbâtir le peuple de Dieu ne repose pas sur nos épaules. Nous dormons parce que nous savons que Dieu lui ne dort jamais.

 

Le coup de grâce

Nous sommes en réalité trop fiers de notre énergie et de nos aptitudes. Un jour nous nous sentons comme les conquérants du monde. Et puis, durant une nuit sans sommeil, nous sommes la proie du doute, une « épave » humaine. C’est ce qu’un de mes fils appelle « le coup de Grâce », comme un rappel de notre fragilité.

Mais brûler la bougie par les deux bouts est justement ce que nous ne devrions pas faire si nous ne voulons pas passer des nuits blanches à cause de notre manque de confiance en Dieu. Il est certain qu’il y aura des moments où nous aurons besoin de nous lever tôt. Mais ne pensons pas que nous pouvons continuer à finir de travailler tard et recommencer à travailler plus tôt, tout en justifiant ce schéma récurrent par une surcharge de travail.

Cela manifesterait un refus de confiance de notre part. Ce serait faire le prétentieux en imaginant que nous sommes en quelque sorte des apôtres supérieurs à nos collègues dans le ministère. Non, tout comme se nourrir de la manne au désert, c’est avant tout un exercice de confiance.

 

Les moments sociables du ministère

Un des défis du ministère pastoral est d’y inclure régulièrement des moments de sociabilité. Que nous soyons pasteur à plein temps ou pas, nous avons besoin de rencontrer des personnes lorsqu‘elles sont disponibles. Cela va probablement vouloir dire que les soirées ou les week-ends seront occupés, et ce ne sera alors pas facile de contrôler notre rythme de sommeil. Alors faisons attention.

Nous devons regarder le planning de notre semaine, et faire en sorte qu’il y ait suffisamment de temps pour notre sommeil. Dieu peut nous donner ou pas un bon sommeil (cela est son choix souverain), mais si nous ne prenons pas le temps de dormir, il ne pourra pas nous donner le sommeil réparateur dont nous avons tant besoin.

Il vaut également la peine de voir combien il est important de décompresser avant d’aller au lit. Pendant la soirée, évitez peut-être les choses trop stimulantes. Il est donc conseillé de s’éloigner des écrans lumineux, de ne pas boire de caféine ou de prendre des choses qui stimulent trop les neurones et le cœur par exemple. Comme un coureur qui ralentit à la fin d’une course, nous avons nous aussi besoin à la fin de notre journée, de ralentir, de confier les personnes ou les soucis que nous avons en tête à Celui qui ne dort pas. Et ensuite, d’aller nous reposer.

De plus, si vous êtes mariés, faites en sorte de laisser les difficultés du ministère pastoral et les fardeaux à l’extérieur de la chambre à coucher. Partagez et priez ensemble avant d’aller au lit. Le mari qui dit en allant se coucher : « Oh, j’ai oublié de te raconter ma conversation avec… », peut en une phrase ruiner le sommeil de sa femme, et vice-versa. Partagez-le soit avant d’aller vous coucher et priez ensemble à ce sujet, soit attendez jusqu’au lendemain matin.

 

Quatre façons de finir la journée

  1. Donnez-vous un court moment pour repenser à votre journée et priez pour ceux qui partagent leurs fardeaux avec vous, soit tout seul, soit avec votre épouse. Faites-le avant de vous préparer à aller au lit.
  2. Ensuite, faites quelque chose qui vous aide à vous détendre. Regardez peut-être un épisode d’une série, pas trop crispant, ou lisez un chapitre d’un livre qui ne se réfère ni à votre travail ni au service chrétien, quelque chose qui ralentira votre corps et votre esprit pour vous préparer à dormir.
  3. Gardez un post-it sur votre table de chevet. De sorte que lorsque vous aurez des choses urgentes ou importantes qui vous viennent à l’esprit, vous pourrez les écrire et les régler le lendemain, et ainsi les oublier pendant la nuit.
  4. Finissez la journée en repensant à un verset biblique que vous avez lu le matin, comme une piqûre de rappel concernant Dieu.

 

Le Dieu qui veille sur son peuple “ne dort jamais […] Il ne somnole pas, il ne dort pas” (Ps 121.3-4). Il est toujours attentif, toujours éveillé. Il n’a jamais besoin de s’assoupir et il est toujours attentif, même durant une seconde. Ça, c’est une assurance merveilleuse.

NDE : cet article est un extrait adapté de Zeal without Burnout : Seven Keys to a Lifelong Ministry of Sustainable Sacrifice de Christopher Ash.

Traduction :Sarah G.

 

 

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