Notre monde veut dépasser le vieillissement. Les chrétiens devraient s’en saisir.

Image par Gerd Altmann de Pixabay

Ma grand-mère était l’une des personnes les plus fortes que j’ai connues. Tandis que je grandissais, nous étions presque inséparables. Juste avant sa mort, elle serra ma main et je m’assis à côté d’elle – et cela me rappela ce que la Bible dit au sujet de la gloire qu’il y a à vieillir :

Même jusqu’à votre vieillesse et à vos cheveux gris je suis, je suis celui qui vous soutient. Je vous ai faits et je vous porterai ; je vous soutiendrai et je vous sauverai. (Ésa. 46:4)

Il est tentant, dans notre société technologiquement riche, de traiter le grand âge comme un fardeau et une nuisance plutôt que comme quelque chose dont il faut se saisir comme une chance. Bon nombre d’entre nous appréhendent de devenir grisonnants et de ne plus être capables de faire ce qu’ils avaient coutume de faire quand ils étaient plus jeunes. Nous cherchons à masquer ou vaincre le grand âge avec des remèdes anti-âge et les nouvelles avancées médicales révolutionnaires. Pourtant comme Proverbes 20:29 nous le dit : « La gloire des jeunes hommes est leur force, mais la splendeur des hommes âgés est leur chevelure grise. »

Dieu projette une riche vision de la vieillesse – une vision dont les chrétiens devraient se faire les champions dans un monde qui craint de vieillir, qui combat cela et cherche à le cacher.

Des rêves utopiques

Une génération après l’autre a cherché à vaincre le vieillissement avec des élixirs, des médicaments et même la recherche de la « fontaine de jouvence. » À l’époque actuelle nous sommes encore en recherche de la « fontaine de jouvence » insaisissable quand nous proclamons le développement des  solutions anti-âge et que nous espérons repousser les limites naturelles de l’humanité grâce à la technologie.

Les titans de la technologie comme Larry Ellison, Peter Thiel et Elon Musk, de même que des prospectivistes éminents comme Yuval Noah Harari, sont fascinés par ces types de technologies qui pourraient prolonger la vie humaine, et qui de bien des manières perpétuent les buts transhumanistes d’améliorer l’humanité. Les rêves utopiques de vaincre le vieillissement et la mort ont saisi l’attention de beaucoup de monde, des personnes qui croient que la vieillesse est quelque chose qu’il faut éviter à n’importe quel prix plutôt que de l’accepter humblement.

Des pans entiers de la recherche en technologie médicale se concentrent sur les médicaments et le traitement anti-âge. La compagnie biotech resTORbio a conduit l’essai clinique d’un médicament appelé RTB101, qui cherche à ralentir le déclin du système immunitaire lié à l’âge. Alors que ce médicament a pleinement réussi à allonger la durée de vie de levures, de vers et de souris, on ne sait pas clairement s’il fonctionne chez les humains. Le but ultime de ce médicament est de prolonger nos vies en nous gardant plus longtemps en bonne santé.

D’autres nient le fait que vivre une longue vie vaille la peine. L’éthicien médical Ezekiel Emmanuel, qui a été l’architecte en chef de l’Obamacare, affirme que la vie au-delà de 75 ans ne vaut pas la peine d’être vécue, parce que vous devenez plus coûteux en ressources sociales. Il a été célèbre en promettant qu’on refuserait toutes les interventions médicales, vaccinations et administration d’antibiotiques du type acharnement thérapeutique, après l’âge de 75 ans. Sans une contribution à la société active et engagée, nos vies ne valent pas d’être vécues. Des vies authentiques et qui réalisent quelque chose, selon sa vision arbitraire et perturbante, s’arrêtent à 75 ans.

Mais aussi dystopique cette idée peut sembler, il n’en est pas moins vrai que le présupposé utilitariste sous-jacent est largement répandu : votre valeur est fondée sur la contribution que vous pouvez apporter à la société. Cette vision du monde – qui ne cesse de pénétrer dans notre société technologique – est une conception que les chrétiens devraient rejeter totalement.

Une conception utilitariste pour mesurer la valeur de la vie humaine est en totale contradiction avec la vision de notre dignité qu’on trouve dans l’Écriture – laquelle place notre valeur dans le fait que nous sommes faits à l’image de Dieu (Gen. 1:26–27). Cela signifie que même si vous n’avez rien à offrir à la société, vous avez toutefois une valeur infinie, parce que Dieu vous a façonnés à son image. Lui seul détermine votre valeur et la longueur de vos jours.

Une conception utilitariste pour mesurer la valeur de la vie humaine est en totale contradiction avec la vision de notre dignité qu’on trouve dans l’Écriture.

Se saisir de la période où on a les cheveux gris

Même des chrétiens peuvent subtilement verser dans ces idées utilitaristes. Trop souvent nous décrions ces mêmes traitements médicaux qui prolongent la vie et nous traitons les personnes plus âgées comme des fardeaux qu’il faut porter plutôt que comme des porteurs de l’image de Dieu qu’il nous faut chérir. Nous dévalorisons les talents donnés par Dieu aux plus âgés et leurs contributions à la vie de l’église, en préférant souligner les dons et les préférences des jeunes. Nous surestimons la jeunesse en élevant des dirigeants qui n’ont pas été mis à l’épreuve à des positions éminentes d’autorité, plutôt que de prendre des dirigeants chevronnés qui ont été mis à l’épreuve et affinés par le Seigneur (1 Tim. 3:6; 5:22).

Mais les chrétiens ne devraient pas suivre les conceptions pathétiquement basses du monde sur la vieillesse. Car l’Écriture nous appelle, bien au contraire, à une conception radicalement plus élevée (Lév. 19:32; Ps. 71:18).

Poursuivre l’utilisation restauratrice de la technologie, telle que les organes et les membres artificiels, peut être une bonne chose – une voie pour promouvoir la sainteté de la vie dans un monde ravagé par le péché. Les technologies médicales qui combattent les effets de la vieillesse peuvent exprimer la grâce commune de Dieu si elles sont développées et déployées de manière cohérente avec le paradigme biblique que toute vie est de valeur et pointe ultimement vers notre Créateur. Mais, comme de nombreux dirigeants évangéliques l’ont récemment proclamé dans une déclaration de principes sur l’intelligence artificielle, nous devons solennellement nier « que la mort et la maladie – effets de la chute — peuvent ultimement être éradiquées en dehors de l’intervention de Jésus-Christ. »

Si nous vivons comme si cette vie était tout ce que nous avons, nous allons naturellement chercher à l’allonger le plus possible. Et si nous vivons comme si la valeur de la vie humaine était déterminée par les contributions ou les forces, alors nous chercherons à mettre fin à la vie quand sa valeur perçue par les autres a cessé d’être. Mais, au contraire, si nous laissons l’Écriture guider notre vie, nous verrons que la vieillesse n’est pas quelque chose à éviter mais bien plutôt à saisir, car vivre c’est Christ et mourir est un gain (Phil 1:21).

Et quel est le gain ? Il est bien meilleur que quelque rêve utopique ou transhumaniste que ce soit. Nous jouirons éternellement de Celui qui nous a créés et qui, lui-même, détermine notre valeur et notre dignité.

Traduit de : Our World Wants to Transcend Aging. Christians Should Embrace It.

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