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L’inévitable misère de vivre pour soi-même

Plus par Kristen Wetherell

Une des barrières qui retient de nombreuses personnes de connaître l’amour du Christ et d'être remplies et contrôlées par lui est l'idée qu’on ne peut trouver le vrai bonheur que si l’on est libre de vivre poursoi-même, ce qui est l'option par défaut pour chacun. Cela signifie qu'à moins d'un changement, nous finissons par vivre pour nous-mêmes. La Bible le dit très clairement: “Tous, en effet, cherchent leurs propres intérêts, et non ceux de Jésus-Christ.” (Phil. 2.21). Je veux que vous voyiez la misère absolue de cette façon de vivre.

Un patron malheureux

Si vous vivez pour vous-même, vous êtes à la fois le patron et le serviteur. Vous êtes à la fois débiteur et créditeur. Vous êtes celui qui est servi, et vous êtes celui qui fait le service. Les exigences que vous avez définies sont les exigences que vous devez respecter. L'expérience de la personne qui vit pour elle-même est comme “déshabiller Pierre pour habiller Paul”, et vous êtes toujours en conflit. Si vous vivez pour vous-même, vous serez dans la position étrange de vous rendre responsable de ne pas être satisfait. Voyez si l'un des profils suivants vous semble familier.

La beauté contrariée

Vous vous regardez dans le miroir et “moi la patronne” n'est pas heureuse parce qu'elle voudrait une plus belle image. Bien qu'elle ait été merveilleusement “tissée” par Dieu, tout ce qu'elle voit ce sont les imperfections du visage et du corps. Les magazines de mode sont sa bible; là est sa référence de la manière dont une jeune femme doit paraître aux yeux d'un monde critique et matérialiste. “Moi la patronne” est perpétuellement mécontente, peu importe le nombre d'heures qu'elle passe à la salle de gym, à se maquiller ou à s'habiller de façon à plaire au monde. Alors, elle en veut à “moi la servante” de n'être pas assez jolie. Au lieu de méditer la façon dont Dieu la voit, une créature merveilleuse, elle se punit avec des mensonges disant qu'elle ne pourra jamais être aimée. Elle s'enveloppe dans la peur associée au rejet causé par la laideur. “Moi la servante” ferait mieux de renforcer et de cultiver la beauté, ou alors elle sera à jamais perdue pour ce monde qui piétine les gens inintéressants. 

Le retraité déçu

Vous regardez votre vie, et “moi le patron” dit : tu n’as pas accompli le maximum. Il regarde les dernières décennies et tout ce qu'il voit ce sont des relations familiales brisées qui doivent être réparées et des années de travail insatisfaisant. “Moi le patron” accuse d'avoir perdu du temps, des dons et de l'argent à essayer de devenir cette personne qu'il n'est jamais devenu. Il se demande, est-ce que ma vie a produit quelque chose de bon? Qui blâmer? “Moi le serviteur” se fait rabrouer de n'avoir pas su être à la hauteur. Il se tourne vers l'alcool pour fuir ses souvenirs et se terre à la maison. “Moi le serviteur” conclut que sa vie n'a rien apporté à personne et que ce n'est donc plus la peine de faire des efforts. “Moi le serviteur” affichera désormais un masque de faux contentement, en espérant que personne ne remarque qu'il a échoué.

Le cadre frénétique

Vous considérez vos réalisations professionnelles et votre compte bancaire, et “moi le patron” n'est jamais content. Bien qu'il soit un cadre dont le travail consiste à superviser le travail des autres, la personne qu'il supervise de plus près est lui-même. L'argent et l'approbation de ses supérieurs déterminent son bien-être, alors si l'un des deux fait défaut “moi le patron” est encore plus mécontent, irrité contre les autres, et redoute l'échec. Quand le voisin arrive avec une voiture neuve, “moi le patron” se dit, il y arrive mieux que toi. Aie comme objectif de le rejoindre!“Moi le serviteur” se jette alors à corpsperdu dans son travail, essayant d'apaiser “moi le patron,” de gagner plus d'argent, d'acheter des choses plus chères, et de gagner l'approbation des autres. Mais “moi le serviteur” n'est jamais vraiment satisfait, car à la fin de chaque journée quand il va au lit, il n’est pas plus heureux que lorsqu'il s'est réveillé le matin.

Le parent inquiet

Vous regardez à vos enfants, et “moi le patron” désire la réussite scolaire, une bonne santé physique, et un bonheur durable. “Moi la patronne” s'attend à être parfaite dans sa capacité à guider, enseigner, et nourrir la foi de ses enfants. La norme pour “moi la patronne” est d'élever des enfants qui reflètent positivement tout le travail qu'elle a fait pendant tant d'années. Donc, “moi la servante” ne peut pas comprendre pourquoi elle stresse tant lorsque ses enfants prennent de mauvaises décisions, ont des problèmes avec d'autres enfants, ou ont des difficultés avec leur scolarité. “Moi la servante” s'endort la nuit en pleurant, se demandant où elle a failli dans son rôle parental. Elle angoisse pour l'avenir de ses enfants, parce que “moi la servante” a déterminé que leur succès dépend d'elle.

Le chrétien modèle

Vous considérez le fruit de votre vie de l'année passée, et “moi le patron” voit de bonnes choses : la bonté, la maîtrise de soi, l'amour. Il croit que c'est le fruit des nombreuses matinées passées à étudier la Bible, à prier, à aller fidèlement à l'église, et à passer du temps avec d'autres chrétiens. “Moi le patron” contemple sa liste de bonnes œuvres et il en est fier. Mais, lorsqu'il se rend compte que le fruit de l'humilité manque, “moi le serviteur” se culpabilise. Il cherche alors à comprendre ce qu'il doit faire pour résoudre le problème : faut-il prier davantage ? Lire plus la Bible ? Confesser plus à Dieu ses fautes ? “Moi le serviteur” se décourage en pensant que sa foi n'est simplement pas à la hauteur.

Un serviteur sans salaire et un roi sans couronne

Supposons que vous finissez par vous dire, “ça ne va pas, je vis pour moi-même et je ne suis pourtant pas heureux. Je suis trop dur avec moi-même. Je dois me détendre et m'accorder une pause.” C'est donc ce que vous faites, mais il y a un problème : vous n'êtes toujours pas satisfait, car si “moi le serviteur” décroche, “moi le patron” n'est plus servi ! Vivre pour soi-même est un cauchemar absolu. Quand vous placez le moi comme maître, vous finissez comme un serviteur écrasé. Mais, quand vous allégez votre charge de serviteur, vous vous flouez en tant que maître. Vous ne pouvez jamais gagner. Et tout autour de nous se trouve une culture qui dit, “vivez pour vous-même !” 

La Bible nous dit que Jésus est venu dans le monde afin que nous puissions vivre d'une autre manière : “C’est que l’amour de Christ nous presse, parce que nous sommes convaincus que si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts. Et s’il est mort pour tous, c’était afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux.” (2 Co 5:14-15) Il est hasardeux de servir un patron insatisfait et encore plus de servir un roi non couronné. Le moi est un prétendant au trône de Dieu. Qu'arrivera-t-il au moi et à ses serviteurs quand le véritable Roi reviendra ?


Traduction : Benoît Baslé

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