Le plus grand danger des jeunes n’est ni la drogue ni la pornographie

Photo by Leio McLaren on Unsplash

Il m’est souvent arrivé de discuter avec une personne plus âgée que moi, qui partageait ses craintes pour la jeunesse. Avec l’évolution de la société, et l’afflux des nouvelles technologies, on voit une foule de dangers menacer les jeunes : addiction aux écrans, abus d’alcool devenu banal, consommation de drogue généralisée, pornographie répandue, etc.

Si certains de ces dangers sont stéréotypés, d’autres sont bien réels. Cependant, je suis convaincu que le plus grand danger des jeunes ne se trouve pas là. Le plus grand problème des jeunes du 21èmesiècle n’est pas la drogue, l’addiction aux écrans, le manque de politesse ou la pornographie. Le vrai problème se trouve ailleurs, et nous avons besoin d’en être conscients.

Pourquoi il est crucial d’être au clair avec le vrai problème des jeunes ?

Sans connaître le problème, nous ne pouvons pas offrir de solution, ou alors nous allons en donner une qui est inadéquate. Il ne suffit pas qu’un médecin sache que son patient a mal, il faut aussi qu’il trouve la raison de son mal pour lui prescrire le traitement qu’il convient.

Également , si nous ne sommes pas au clair avec le véritable problème, nous risquons de traiter la surface du problème uniquement, plutôt que sa racine. Un médecin pourrait facilement atténuer les symptômes causés par une maladie, mais ce qu’il cherche à faire c’est éliminer la maladie elle-même, afin que les symptômes disparaissent ! Le même danger est face à nous en ce qui concerne le ministère auprès des jeunes. Il est tellement tentant, devant l’urgence du péché, de traiter la surface des problèmes uniquement.

Si par exemple nous croyons que la pornographie est le plus grand danger des jeunes aujourd’hui, et leur problème principal, nous allons faire tout un tas de chose qui régleront la surface du problème uniquement. Nous allons limiter les écrans, supprimer l’accès à internet, imposer une morale plus stricte et un code de conduite plus respectable. Ce sont des bonnes choses, mais qui ne changeront pas le cœur pour autant, d’où vient pourtant la convoitise sexuelle. Et si le cœur n’est pas changé, la racine du problème reste là – même si les symptômes ont disparu pour un temps.

Un cœur dangereux

Le plus grand danger des jeunes aujourd’hui concerne leur cœur. Nous connaissons ces paroles de Jésus en Marc 7 :

« C’est ce qui sort de l’homme qui le rend impur. En effet, c’est de l’intérieur, c’est du cœur des hommes que sortent les mauvaises pensées, les adultères, l’immoralité sexuelle, les meurtres, les vols, la soif de posséder, les méchancetés, la fraude, la débauche, le regard envieux, la calomnie, l’orgueil, la folie. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et rendent l’homme impur. » – Marc 7.20-23

Le problème de l’humanité toute entière – et donc des jeunes également – concerne le cœur. Comme le dit souvent un ami, « le cœur du problème est le problème du cœur ».

Dans un précédent article sur le blog Le Bon Combat, je l’exprimais ainsi :

« Le vrai problème des jeunes n’a pas changé. C’est le même au 21ème siècle que ça l’était au 20ème, au 16ème ou au 1er siècle. Le problème des jeunes n’est pas la pornographie, la paresse ou le manque de passion pour Christ. Ce n’est pas le désintéressement, l’afflux de nouvelles technologies ou l’amour pour le monde. Le vrai problème, c’est le péché dans le cœur de l’homme. »

Nous devons être conscients de cela pour apporter la solution adéquate.

Une conviction qui change notre manière de faire

Avoir cette conviction implique plusieurs choses dans la pratique.

Visons le cœur, et pas les changements moralistes.

Etant né dans une famille chrétienne, je peux témoigner qu’il est facile d’avoir un comportement « chrétien » respectable sans avoir un cœur changé pour autant. Nous avons baigné dans une culture chrétienne, nous savons ce qu’un chrétien fait ou ne fait pas. C’est facile à imiter. N’encourageons pas cela, mais visons une transformation du cœur. Ne cherchons pas simplement à ce que nos jeunes aient un bon comportement en surface, mais avant tout que leur cœur soit touché par l’Evangile.

Arrêtons de présupposer l’Evangile.

Il est facile de penser que nos jeunes n’ont pas besoin d’entendre à nouveau l’Evangile puisqu’ils le connaissent par cœur, ayant grandi dans l’Eglise pour la plupart. Face à cela, nous « assumons » l’Evangile dans nos enseignements. L’Evangile n’y est pas présent de manière explicite, mais de manière implicite. Nous assumons que les jeunes connaissent déjà l’Evangile, et nous ne mettons pas cet Evangile au centre de nos enseignements. Pourtant, c’est à travers la prédication de l’Evangile que l’Esprit se plaît à œuvrer pour transformer des cœurs – ce dont les jeunes ont le plus besoin.

Mettons l’Evangile au centre.

Il n’y a pas de véritable croissance dans la vie chrétienne sans l’Evangile comme moteur. Concernant la lutte contre le péché, la croissance dans la grâce et tous les autres éléments de la marche chrétienne, tout est en Christ. Nous avons tout pleinement en lui (cf. Colossiens 2.10) et il serait insensé de chercher des choses en dehors de Jésus. Dressons devant nos jeunes, semaine après semaine, un portrait de la grandeur de Jésus. Prêchons Christ, et Christ crucifié (cf. 1 Corinthiens 2.2), n’ayant pas peur de trop insister sur ce point. Que nos jeunes soient actuellement chrétiens ou pas, ils ont besoin de l’Evangile.

Soyons donc conscients, chers amis, du plus grand danger des jeunes. Cela nous amènera à y répondre avec la bonne solution – celle qui marche –, à savoir l’Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ. Les fruits en seront éternels.

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