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« Je suis l’Alpha et l’oméga. Le premier et le dernier, le commencement et la fin. »

Les réflexions qui suivent sont écrites à la suite d’une considération synoptique des premiers chapitres de la Genèse, d’une part, et de l’Apocalypse, d’autre part.

Elles présupposent, avec l’Écriture Sainte elle-même, que l’Auteur premier, principal, du Livre du commencement et du Livre de la fin, comme, au reste, de la Bible dans toutes ses parties, est bien l’Esprit Saint : d’où l’unité profonde et totale de l’ensemble scripturaire. Les auteurs humains, seconds, de la Genèse et de l’Apocalypse, à des siècles de distance, et chacun avec son génie propre, ses dons particuliers, son style, sa place singulière, le premier au début, l’autre au terme, dans l’histoire progressive de la Révélation divine d’où la diversité de leurs œuvres ont écrit, tous deux choisis, portés et conduits par l’Esprit Saint qui les a inspirés, la Parole textuelle, le « discours » que Dieu veut faire recevoir, lire, entendre et croire comme Vérité infaillible, « vivante et permanente » (1 Pi. 1 :23) énoncée par Lui.

Reprises

Le lecteur ou l’exégète ne peut manquer d’être frappé par le parallélisme de certains mots, de certaines expressions, de certaines structures et de certains thèmes qui, trouvés d’abord dans les premiers chapitres de la Genèse, se retrouvent dans l’Apocalypse. Si la langue est l’hébreu dans la Genèse et le grec dans l’Apocalypse, la Parole inspirée reprend, dans la seconde, des données de la première, conjoignant ainsi mystérieusement l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin.

Les réalités essentielles dont parle le Livre du commencement sont « reprises » dans le Livre de la fin ; non pas, certes, reprises telles quelles mais étant transfigurées et plénifiées ; non pas, certes, reprises identiquement, mais reprises analogiquement.

De la Genèse à l’Apocalypse, Dieu nous fait aller du commencement à l’accomplissement. La Genèse nous révèle qu’« au commencement, Dieu créa le ciel et la terre» (1 :1) ; l’Apocalypse nous révèle qu’il y aura « un nouveau ciel et une nouvelle terre » »

(21 :1). Et le Livre Saint nous révèle, entre le commencement et l’accomplissement, le déroulement de l’histoire dramatique, centrée sur l’incarnation, les souffrances, la mort, la résurrection et la glorification du Fils unique de Dieu, et dominée par Lui, qui assure le passage du premier ciel et de la première terre au ciel et à la terre définitifs du Royaume de Dieu, le déroulement de l’œuvre du salut par grâce de l’humanité et du cosmos, créés par Dieu et pour Dieu, abîmés par la chute et le péché, et recréés, renouvelés, dans une gloire resplendissante et sans déclin par le Seigneur Créateur et Sauveur.

Le drame temporel, noué lors de l’intervention du « serpent » qu’écoutèrent l’homme et la femme au mépris de la Parole de Dieu (Gen. 3), est finalement dénoué par le triomphe du Christ, selon l’évangile prophétique promesse-mère de toutes les promesses dont Genèse 3 :15 est l’expression, lorsque « le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan »  est « jeté dans l’étang de feu et de soufre » pour toujours (Apoc. 20 :10).

Le nombre sept

La structure d’ensemble de l’Apocalypse est caractérisée, comme celle du premier chapitre de la Genèse par le nombre arithmologique « sept » (j’emploie ici l’épithète « arithmologique » pour désigner une valeur qui n’est pas seulement quantitative mais aussi qualitative, symbolique, à la distinction de l’épithète « arithmétique » qui n’a qu’une valeur mathématique).

L’Apocalypse, comme le premier chapitre de la Genèse, comprend sept parties :

  1. les chapitres 1, 2 et 3 : « Le Christ au milieu des Sept chandeliers d’or » ; Il y est question de Sept Églises, de Sept Esprits, de Sept étoiles ; cette première partie contient les Sept lettres aux Églises ;
  2. les chapitres 4, 5, 6 et 7 : « Les Sept sceaux » ; il y est question de Sept lampes ardentes ;
  3. les chapitres 8, 9, 10 et 11 : « Les Sept trompettes » ; il y est question de Sept anges, de Sept tonnerres, de Sept mille hommes ;
  4. les chapitres 12, 13 et 14 : « La Femme, l’Enfant et le Dragon » ; il y est question de Sept têtes aux Sept diadèmes du Dragon ;
  5. les chapitres 15 et 16 : « Les Sept coupes d’or de la colère » ; il y est question de Sept anges, de Sept fléaux ;
  6. les chapitres 17, 18 et 19 : « La chute de Babylone » ; il y est question d’une femme ivre du sang des saints et ayant Sept têtes, de Sept montagnes et de Sept rois ;
  7. les chapitres 20, 21 et 22 : « Le Christ vainqueur et la nouvelle Jérusalem » ; il y est question des Sept anges, des Sept coupes, des Sept fléaux.

Mais, à la distinction du premier chapitre de la Genèse, au long duquel les six premiers jours de la Création se succèdent chronologiquement pour tendre vers le Septième jour, celui du Repos de Dieu, les Sept mouvements historiques de l’Apocalypse parcourent Sept parallèles temporelles, reprenant avec des images différentes la même ligne chronologique, et partent tous de la première Venue du Christ, pour aller, de plus en plus loin en avant, vers Sa Venue en gloire, jusqu’au «Jour du Seigneur », Huitième Jour, « premier Jour de la Semaine » éternelle du Royaume définitif et pleinement manifesté de Dieu, Jour au-delà des jours, des années et des siècles présents (cf. Apoc. 1 :10).

Le nombre arithmologique « Sept », nombre d’accomplissement et de perfection conjoignant par addition « un », nombre de Dieu, et « six », nombre de l’homme, ou « trois », autre nombre de Dieu, et « quatre », nombre de la terre, marque de son empreinte significative aussi bien le dynamisme, visant à la plénitude, de l’Œuvre divine de Création (Genèse 1) que celui de l’Œuvre divine de re-création ou de renouvellement de la Création (Apocalypse). Ces deux dynamismes, distincts et analogues, sont ainsi caractérisés par le nombre Sept : Six vers Sept dans Genèse 1, Sept vers Huit dans l’Apocalypse.

L’arbre de vie

A trois reprises dans les premiers chapitres de la Genèse et quatre fois dans l’Apocalypse se trouve l’expression : « L’arbre de vie » (Gen. 2 :9 ; 3 :22 ; 3 : 24 ; Apoc. 2 : 7 ; 22 : 2 ; 22 :14 ; 22 :19). Dans la Genèse comme dans l’Apocalypse cet arbre de vie est « dans le paradis de  Dieu », et la « vie » dont il s’agit est la vie au sens plein et fort, la vie éternelle dans la communion avec Dieu. La version des Septante de la Genèse a traduit l’hébreu etz par le grec xylon : « bois » et non pas dendron : « arbre » et c’est ce mot xylon qu’utilisent Actes 5 :30 ; 10 : 39 ; 13 : 29 ; Gai. 3 :13 ; 1 Pi. 2 :24 pour désigner la « croix » sur laquelle Jésus est mort. Gal. 3 :13 cite Deut. 21 :22, 23, qui, dans les Septante, affirme qu’est « malédiction de Dieu celui qui est pendu au bois » (xylon).

Avant la chute, l’homme avait libre accès, à l’arbre, au bois, de la vie, dans le paradis de Dieu. Après la chute, et en suite conséquente de la chute, l’homme se voit justement interdire, par un jugement de Dieu, le chemin de l’arbre, du bois, de la vie. En Jésus-Christ, qui a subi la malédiction de Dieu, qui est devenu malédiction de Dieu, à la place des Siens comme leur substitut (Gai. 3 :13), la vie éternelle est rendue par grâce à ceux-ci, par le moyen de la foi : « Heureux ceux qui lavent leurs robes afin d’avoir droit à l’arbre de vie et d’entrer, par les portes, dans la Cité ! » (Apoc. 22 :14).

La différence, c’est que le jardin, le paradis « terrestre » perdu de la Genèse, fait place dans l’Apocalypse au paradis « céleste » ouvert miséricordieusement par la mort et la glorification de Jésus (cf. Luc 23 : 43 et 2 Cor. 12 :4).

L’arbre, le bois, de vie de la Genèse est l’arbre réel et sacramentel préfigurant prophétiquement la croix, le bois, de l’Agneau immolé dont parle l’Apocalypse (5:6 et 12 ; 7 :10 et 14 ; 13:8 ; 21 :23). Comme « la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts ; et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1 Cor. 15 : 21, 22).

A la réalité concrète, objective, temporelle, historique, d’Adam, de l’arbre de vie, de la chute, dans la Genèse, correspond analogiquement la réalité concrète, objective, temporelle, historique, du Christ, de la croix et de la rédemption, dans l’Apocalypse, réalité constituant le prélude nécessaire au Royaume du Jour éternel et définitif de Dieu.

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